‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 91 sur 95 · CUBA · texte numérisé non relu

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construction détermina l'impulsion donnée aux travaux souterrains.

Les pitons et les crêtes sont principalement composés de grunsteins et de serpentines qui ont soulevé et modifié des terrains argilo-schisteux dont l'âge géognostique n'est pas encore déterminé. Les roches de contact offrent des altérations métamorphiques très-prononcées et qui rappellent toutes les apparences des gabbros verts ou bariolés de rouge , et les échantillons qui nous ont été rapportés par M. Arieta permettent d'établir des passages très-ménagés des strates argileux dans leur état normal, aux grunsteins et aux serpentines. Les gîtes cuprifères accumulés auprès de Cobre sont enclavés dans des argiles schisteuses vertes, dont la nature stéatiteuse indique le voisinage des roches éruptives , et qui sont trèsabondamment pénétrées de fer sulfuré cristallin.

Les mines principales paraissent ouvertes dans des gîtes irréguliers de contact , insérés suivant la stratification des couches soulevées. La manière dont sont disposées les pertenencias ( concessions ) suffit déjà pour indiquer l'accumulation qui caractérise souvent les gîtes irréguliers, car les principales mines de Cobre sont concentrées dans un rectangle de 1200 mètres sur 600, et non disposées en lignes, comme lorsqu'il s'agit de véritables filons.

Parmi ces mines, celle d'Isabelita présente des formes bien définies et assez expressives. C'est une espèce de cheminée, dont la section est celle d'une moitié d'ellipse coupée suivant son grand axe, et qui s'enfonce suivant l'inclinaison des schistes stéatiteux , relevés par les grunsteins. La base linéaire de la section forme le mur du gîte ; elle a une longueur variable de 3m,50 à 7 mètres, la hauteur varie de 2 mètres à 4 mètres. La section totale varie donc de 6 mètres carrés à 18; l'exploitation, arrivée à 200 mètres de profondeur, poursuit le gîte à son maximum de section. Suivant l'expression des mineurs, ce gîte s'enfonce comme un clou dans le sol.

Les gangues qui remplissent le gîte, concurremment avec

les matières stéatileuses qui semblent empruntées aux roches encaissantes, sont le quartz cristallin et la dolomie. Ces deux gangues, souvent isolées, forment des magmats cristallins, mélangés à la pyrite cuivreuse qui est le minerai normal ; elles sont souvent éliminées par des gangues argileuses , pénétrées par des cristaux de pyrite de fer plutôt que par la pyrite cuivreuse. Enfin, des hydroxydes de fer, pénétrés de cuivre natif et oxydé, jouent parfois un rôle assez important dans le remplissage. Les gîtes Blanca, Arieta, etc., paraissent dans des conditions analogues à celles de risabelita sous le rapport du gisement, et lui sont identiques sous le rapport de la composition.

Les travaux poursuivis à Cobre depuis quinze années ont mis en évidence des enseignements précieux qui prouvent combien il y a d'unité dans les lois qui régissent le gisement , l'allure et la composition des gîtes métallifères. Sous le rapport géognostique , nous y retrouvons les gîtes de contact et l'influence des roches trappéennes. Soua le rapport de la composition , nous voyons le minerai sulfuré normal en profondeur, mais transformé vers la surface , de manière à changer complètement l'apparence des mines ; les sulfures de fer ont, en se décomposant, bariolé de teintes ocreuses toutes les gangues et quelquefois les roches encaissantes, et donné naissance au gossan caractéristique ; les minerais de cuivre sont transformés à l'état d'oxydules, parmi lesquels se trouvent les variétés cubiques et capillaires, à l'état de cuivre natif. On a cité des concentrations de cuivre natif en masses de plusieurs quintaux.

A cet exemple des gîtes de cuivre liés aux roches trappéennes de l'île de Cuba, nous ajouterons celui des minerais de cuivre de l'Amérique du Nord.

Kcucna Point. — La région qui forme les bords sud-ouest du lac Supérieur, paraît devoir prendre un rang important dans l'exploitation des minerais de cuivre. Cette région est principalement formée de trapps qui ont soulevé et traversé des

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psammites dont l'âge est encore incertain, et que M. Jackson a rapportés au vieux grès rouge. Le littoral qui s'étend à l'ouest du cap de Kewena-Point , sur les bords méridionaux du lac , est la partie la plus étudiée de cette région encore peu habitée, et le cuivre natif que l'on y exploite paraît, sur beaucoup de points, constituer des filons subordonnés aux trapps et même remplir les cavités d'un trapp amygdaloïde disposé en dykes très-épais.

Parmi les caractères particuliers du trapp métallifère, M. Jackson cite l'existence de veines de datholite qui le sillonnent, et contiennent du cuivre métallique en écailles ; il cite la prehnite, qui est dans le même cas; enfin l'analcime, la laumonite et le spath calcaire. Le cuivre de ces trapps est argentifère , et l'argent s'isole en petites veines et petits nodules cristallins dans un cuivre qui en contient une proportion d'un à trois millièmes.

Cette localité a été visitée en 1846 par M. de Verneuil, qui y a trouvé une grande activité d'exploitation, et en a rapporté des échantillons intéressants qui confirment la description de M. Jackson et subordonnent les minerais de cuivre aux roches trappéennes*.

Ici, comme à Cuba, la connaissance des gîtes était antérieure à la colonisation européenne, et les sauvages du Canada recueillaient depuis longtemps, parmi les alluvions des ruisseaux, de véritables galets de cuivre natif, enlevés aux affleurements par les eaux courantes. Ces indices directs, longtemps négligés à cause des difficultés que présente le parcours du pays, ont enfin été appréciés ; une colonie de mineurs s'est disséminée dans de nombreuses concessions, et la petite ville de Kewena- Point , devenue le centre de ce mouvement , possède déjà un journal hebdomadaire dans lequel on trouve consignées les découvertes principales des explorateurs et des exploitants.

Les cuivres natif et oxydulé qui forment le trait caractéristique de cette formation métallifère , se trouvent principalement en filons qui traversent à la fois les trapps et les grès

soulevés. Ces filons sont composés de quartz , de spath calcaire , de prehnite et de laumonite, contenant du cuivre natif en lames , en dendrites cristallines, en plaquettes, enfin en rognons lenticulaires, quelquefois tellement considérables que pour l'exploitation de certains filous il a fallu faire construire un outillage spécial afin de pouvoir entamer et débiter le cuivre en fragments transportables.

Ces filons sont concentrés dms des champs de fracture toujours en partie composés de roches trappéennes, et leur liaison avec les trapps est un exemple de plus en faveur des relations géognostiques que nous avons indiquées entre les minerais et les roches éruptives .

Nassau. — Cette extension des relations géognostiques entre les gîtes exclusivement cuprifères et les roches trappéennes, donne quelque importance à une étude plus détaillée que nous avons eu occasion de faire sur les minerais de cuivre et les trapps du Dillenburg. Nous trouvons, en effet, entre les filons cuprifères et les grunsteins qui forment les traits principaux de l'accidentation et de la composition de ce pays, une liaison différente de celle que nous avons indiquée en Toscane, liaison qui ajoute quelques faits nouveaux aux relations qui subordonnent , en tant de points, les minerais de cuivre aux roches trappéennes.

Si l'on examine, sur la carte géologique de l'Allemagne, les environs de Dillenburg , on voit que ce pays , situé vers la li sière septentrionale du Nassau, constitue, dans le massif de transition , un îlot remarquable par une composition spéciale. Des zones étroites , formées par des alternances schisteuses et calcaires supposées dévoniennes, courent du sud-ouest au nordest, en suivant le mouvement général de direction de la grande zone des calcaires anthraxifères qui traversent, plus au nord, la Prusse rhénane et la Belgique. Ces schistes et calcaires dévoniens sont superposés aux grauwakes et schistes siluriens du massif, et accidentés par des roches trappéennes très-développées, formant elles-mêmes des zones, qui suivent la même di-

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rection. Un second groupe des mêmes roches, affectant la même disposition, se trouve un peu plus au sud, de Limburg à Weilburg et Braunfels.

Les roches trappéennes du Dillenburg couvrent une surface considérable (huit à dix lieues carrées), sans être très apparentes , parce que leurs formes émoussées ne présentent guère que des pentes douces, couvertes par une végétation active. On peut cependant les étudier dans des excavations et des carrières assez nombreuses, où l'on reconnaît de suite la structure massive des grunsteins , structure souvent globuleuse et présentant des surfaces inégales et mamelonnées.

Ces roches ont généralement une texture homogène et compacte; leur couleur est foncée, souvent ocreuse à la surface, mais verdâtre dans les cassures qui atteignent la roche saine. Leurs caractères sont d'ailleurs sujets à des variations suffisamment désignées par la multitude des noms qu'on leur applique, grunsteins, trapps, variolites , amphibolites, diorites, etc. On ne peut mieux les comparer qu'à toutes les roches qui portent les mêmes noms dans le groupe des montagnes du Harz.

En étudiant avec attention quelques-unes des masses principales , on reconnaît que la partie centrale de ces masses est généralement très-constante dans ses caractères ; c'est toujours une roche verte, homogène et compacte, véritable type du grunstein. Les variations qui ont amené tant de dénominations différentes ont lieu principalement vers les zones extérieures , à l'approche du contact des roches soulevées ; condition que nous avons signalée pour les masses serpentineuses de la Toscane, et qui existe également pour les grunsteins du Harz. Examinons les véritables roches du contact de Dillenburg et nous les verrons affecter des caractères encore plus complexes, mais qui rappellent toujours quelques-uns de ceux du type trappéen.

Ces roches de contact sont désignées dans le Nassau sous la dénomination générale de schalsteins.

Les schalsteins ont depuis longtemps attiré l'attention de tous ceux qui ont étudié les roches du Nassau. Bêcher, Walchner,

Stiflt, Leonardt, de Dechen, etc., ont signalé les caractères de ces roches, et distingué : 1° les schalsteins proprement dits ou trapps schisteux ; 2° les kalk-trapps, qui sont des roches compactes , homogènes , vertes ou rouges , caractérisées par une plus grande abondance du principe calcaire; 3° les mandelsteins, qui ne sont autre chose que nos amygdaloïdes ; roches de contact, qui lient les précédentes aux grunsteins.

M. Oppermann a publié, en 1836, une thèse sur le schalstein et le kalk-trapp, où il résume toutes les opinions publiées précédemment. Ces roches sont ordinairement situées au contact des grunsteins avec les grauwackes, les schistes, ou les calcaires ; de telle sorte qu'on peut, suivant les localités, les étudier dans les milieux très-différents dont elles reflètent les caractères. C'est ainsi, dit M. Oppermann, que Bêcher a étudié principalement les schalsteins dans la formation calcaire, Walchner dans la formation des schistes argileux , et Stifft dans les grunsteins ; de telle sorte que chacun d'eux a caractérisé ces roches par la prédominance du calcaire, de l'argile ou des principes talqueux.

Tous ces observateurs paraissent être d'accord pour regarder les schalsteins, les kalk-trapps et les mandelsteins, comme des roches subordonnées aux grunsteins, formant passage entre les roches cristallines et les roches stratifiées, argileuses ou calcaires. Cependant, quelques-uns ont séparé les schalsteins argileux, qu'ils considéraient comme une roche stratifiée, subordonnée aux roches schisteuses et placée généralement entre ces roches et celle de la formation trappéenne ; tandis qu'ils ne pouvaient supposer pour les kalk-trapps et les mandelsteins une autre origine que celle des grunsteins.

Même après avoir lu les diverses publications dont ils ont été l'objet, il reste bien difficile de définir les schalsteins; ce sont, le plus souvent, des roches compactes et lithoïdes, vertes ou rougeâtres , très-fendillées , surtout suivant le sens général de la stratification, de manière à être plateuses. Quelques variétés sont schisteuses ; d'autres sont brechiformes , massives , et se

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décomposent en boules et zones concentriques, comme les grunsteins eux-mêmes. La couleur rouge des schalsteins devient quelquefois très-prononcée, et ils contiennent accidentellement des bancs concordants de peroxyde rouge de fer. Enfin, les amygdaloïdes variolitiques à noyaux calcaires, appelées mandelsteins , font encore partie des schalsteins , et se développent surtout dans les parties du sol où il existe des calcaires dévoniens.

Abstraction faite des amygdaloïdes, les schalsteins reproduisent la plus grande partie des caractères assignés aux gabbros verts et rouges de l'Italie. Par les amygdaloïdes et les bancs subordonnés de fer olygiste, ils se confondent avec les blat tersteins du Harz.

Toutes les considérations que nous avons énumérées pour démontrer que les gabbros étaient stratifiés, peuvent s'appliquer aux schalsteins et aux blattersteins, car ces trois types de roches présentent des identités remarquables dans les conditions de leur gisement. Toutes trois se trouvent vers les périmètres des groupes trappéens auxquels elles sont subordonnées, suivent les contours des masses éruptives, et, en même temps, les allures stratifiées des dépôts soulevés. Toutes trois présentent les passages minéralogiques les plus ménagés qui les lient, d'une part, avec les roches évidemment éruptives, et, d'autre part, avec les roches évidemment stratifiées. Enfin, toutes trois sont partiellement surchargées de peroxyde rouge de fer, trop abondant pour qu'on puisse le supposer dû à la suroxydation du fer préexistant , et qui a été , suivant toute probabilité, surajouté par des émanations spéciales.

En étudiant les rapports des schalsteins avec les gîtes métallifères , nous aurons encore occasion de signaler d'autres analogies. Prenons un exemple qui nous permettra de préciser les conditions du gisement des grunsteins, des schalsteins et des roches stratifiées du Dillenburg , puis de décrire l'allure et la composition des gîtes métallifères qui se trouvent dans ces terrains.

Au nord de Dillenburg , la valide de la Dill se trouve encaissée par des groupes montagneux surbaissés, qui renferment des mines de cuivre exploitées depuis longtemps. Sur la rive gauche , une compagnie anglaise a ouvert des travaux assez développés aux environs de Nanzenbach ; sur la rive droite , plusieurs compagnies allemandes sont disséminées, notamment au-dessus du village de Weidmansheil, où se trouvent les mines de Stangenwaage , Bergmansglucke et Haus-Nassau. Le terrain qui encaisse ces divers gîtes est en strates fortement inclinées, dirigées du nord-ouest au sud-ouest, suivant le mouvement général des couches dévoniennes et siluriennes du pays ; de telle sorte que la projection horizontale des diverses couches forme une succession de bandes parallèles assez disparates et qui coupent la vallée de la Dill.

Ces couches appartiennent à des thonschiefer bleuâtres alternant avec quelques bancs calcaires ; elles sont accidentées par des grunsteins très-dé veloppés qui , le plus souvent , se sont insérés suivant les plans de la stratification . et se montrent avec toutes les roches annexes, c'est-à dire, les thonschiefer rouges qui représentent un premier degré d'altération du terrain soulevé, et les schalsteir.s 1

On peut étudier les diverses roches du terrain en se rendant aux mines par la petite route située au nord ouest de Dillenburg. route qui côtoie des escarpements dénudés. On reconnaît de fort loin les surfaces massives et ondulées des grunsteins , et l'on trouve, sur les haldes des mines, les échantillons les plus variés des roches traversées par les galeries qui , la plupart , sont percées perpendiculairement à la direction des couches , de manière à les traverser toutes. En s'aidant de la carte des mines, on arrive à une connaissance précise des caractères minéralogiques de ces roches et de leur position relative.

I. Il y a encore un rapprochement intéressant à faire entre les roche» altérées du Dillenburg et celle, «le la Toscnnc II exi«tc deux degrés d'altération repré*enté4 dam le» deux localité», le premier par le» schistes rouge» du Dillenburg et Us gulestri du la Toscane qui reproduisent les mêmes caractère» minéralogiques; le »econd par le» schalsteina et lus gHbbro».

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Sous le rapport minéralogique , les schalsteins, dont les caractères sont si mobiles, sont les roches qui intéressent le plus. On y reconnaît les variétés brechiformes à fragments anguleux, verts ou rougeâtres; les variétés amygdaloïdes à mélange de spath calcaire , tantôt en veines irrégulières , tantôt en globules radiées de toutes dimensions ; enfin , ces variétés vertes ou rouges, compactes et homogènes, qui jettent tant d'incertitude sur leur origine. Parmi les roches liées aux schalsteins et partageant leur allure, se trouve le peroxyde rouge de fer, qui forme des bancs irréguliers.

Ces bancs de fer olygiste reproduisent toutes les conditions de gisement et de composition des bancs de fer olygiste subordonnés aux blattersteins dans la vallée de Lerbach au Harz.

Sur les haldes , on est frappé de la forme plateuse de tous les fragments de schalsteins , et , en examinant les couches en place , on reconnaît que les fissures principales qui déterminent cette structure , et même donnent quelquefois à la roche une structure schistoïde, sont parallèles aux plans de la stratification.

Les couches de schalstein sont quelquefois comprises entre des couches schisteuses ou calcaires, sans le contact immédiat des grunsteins. Cet isolement est assez fréquent, et si on le rapproche de cet autre fait , que plus souvent encore le grunstein est en contact immédiat avec le terrain schisteux sans lisières intermédiaires de schalstein , on arrive à conclure que la formation du schalstein n'est pas simplement due à des circonstances de contact. Ces roches dérivent probablement, ainsi que les couches de fer olygiste , de phénomènes d'émanations complexes et prolongées qui ont suivi les éruptions trappéennes et transformé des roches préexistantes.

Examinons maintenant les gîtes cuprifères : ils consistent en filons assez nombreux. Les uns, continus et assez puissants, ont une allure généralement perpendiculaire à la direction des couches , quoique cette allure soit assez tortueuse : ce sont les filons principaux. Les autres, beaucoup plus nombreux, sont

très-courts et très-minces ; leur allure se confond avec les plans de la stratification.

Le filon principal du Stangenwaage traverse la série de toutes les couches du terrain, perpendiculairement au plan de leur stratification , et se trouve , par conséquent , dans des milieux trèsdifférents , suivant que le toit et le mur sont formés par des calcaires , des schistes argileux , des schalsteins ou des grunsteins. Le remplissage principal est formé de quartz , auquel se joignent, en plus ou moins grande quantité , du peroxyde de fer et des débris empruntés aux roches du toit et du mur. La pyrite cuivreuse pure, souvent cristallisée , se trouve engagée dans ces gangues, et l'expérience de l'exploitation a démontré depuis longtemps que les filons ri étaient puissants et ricïiesen pyrites cuivreuses que lorsqu'ils traversaient ïesgrnns teins ou les schalsteins.

Les mineurs du Dillenburg ont donné le nom de milieu-noble (edle-mittel) aux parties qui contiennent la pyrite cuivreuse en proportions avantageuses; or, ces milieux n'existent précisément que lorsque les filons traversent les roches précitées.

On voit qu'il y a là une loi d'enrichissement qui peut s'expliquer par ce fait, observé dans les filons d'autres contrées, que les cassures étant mal développées dans les terrains schisteux, les filons y sont peu puissants et remplis de débris stériles , tandis que les grunsteins et les schalsteins , par la nature nette et franche des cassures, ont offert aux émanations métallifères des é vents larges et plus durables. Cependant, une seconde loi vient ajouter à l'importance de la première , et peut faire attribuer à ces roches une influence métallifère plus directe et plus prononcée ; c'est que ces filons-fentes , qui , par leur origine , sont généralement peu dépendants des roches encaissantes , n'existent que dans des positions analogues à celles que nous venons de décrire, c'est-à-dire sont réellement subordonnés à la proximité des roches trappéennes.

Ainsi , dans le vaste massif de transition des provinces rhénanes , les caractéristiques de la richesse minérale sont le fer

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spathique, la blende et la galène; il s'y trouve peu de mines de cuivre proprement dites, à l'exception des filons de Rheinbreitbach. Dans tous les pays trappéens du Dillenburg, nous voyons, au contraire, une multitude de filons exclusivement caractérisés par le fer olygiste, la pyrite cuivreuse et le cuivre gris , et toujours la richesse y présente des relations de voisinage et de contact avec les roches trappéennes. Quittons les trapps pour aller vers le pays de Siegen , si riche en minerais , la pyrite cuivreuse disparaît et n'est déjà plus qu'un minerai rare et accidentel4.

Le seul point sur lequel on trouve unanimité de tous les observateurs qui ont décrit les schalsteins, est l'existence d'une véritable intimité géognostique entre la formation des schalsteins et celles des filons cuprifères et des bancs de fer olygiste. Ainsi, d'après Stifft, les schalsteins doivent être considérés comme le gisement principal des gîtes de fer et de cuivre dans le Dillenburg. D'après Schneider, les schalsteins sont spécialement caractérisés par des bancs subordonnés d'oxyde rouge de fer, qui ont un caractère de stratification ; en même temps ils sont traversés par des filons de pyrite cuivreuse et de cuivre gris argentifère . D'après Cramer, les filons cuivreux qui traversent les schalsteins et les roches alternantes sont constamment ennoblis dans les schalsteins et mandelsteins , et sont d'autant plus riches et puissants que ces roches sont plus chargées de peroxyde rouge de fer ; dans la grauwacke et les schistes, ils sont peu puissants, difficiles à suivre et souvent se perdent tout à fait.

La constitution du terrain métallifère du Dillenburg et les relations qui y régissent l'enrichissement des filons donnent lieu à une disposition toute particulière des minerais.

Les couches alternantes qui forment le massif du Stangenwaage sont fortement relevées et plongent sous des angles de

I. Ces relations géologiques des minerais de cuivre avec les trapps da Dillenbnrg ont été depuis longtemps signalées par M. Heusler

55 à 75 degrés ; or, comme les filons qui traversent ces alternances presque perpendiculairement à leur direction ne s'enrichissent que dans les grunstcins et dans les schalsteins, il en résulte que les zones métallifères des filons sont inclinées comme les sections verticales des milieux traversés. Ainsi donc , en rapportant l'allure des zones métallifères à la direction et à l'inclinaison des filons , on trouve que ces zones d'enrichissement suivent des lignes inclinées, diagonales entre l'inclinaison et la direction des Jilons.

Cette allure diagonale des zones métallifères dans les filons n'est pas un fait exceptionnel. On a cité des exemples dans les filons qui sillonnent la rive droite du Rhin, d'Holzappel à Saint- Goar ; mais ici le fait est expliqué par l'influence et l'allure des roches encaissantes.

Voici donc encore un exemple où l'étude de la théorie des filons et de leurs relations géognostiques doit servir de guide aux exploitants. On voit, en effet, que des travaux verticaux, entrepris pour recouper en profondeur les parties reconnues avantageuses dans les premiers niveaux , finissent par conduire dans des zones stériles ; dès lors , tel esprit superficiel eût pu s'emparer d'un insuccès de cette nature et déclarer que les filons ne présentaient aucune garantie de richesse en profondeur, tandis qu'en réalité si les travaux sont maintenus suivant l'inclinaison des schalsteins, ils ne cessent pas de rencontrer des minerais. Cette étude des relations qui peuvent exister entre la nature des épontes et la distribution des minerais dans les filons eût été plus naturellement à sa place dans la partie de ce travail , où nous traiterons de la continuité des minerais en profondeur ; si nous l'avons placée ici , c'est parce qu'elle démontre combien les minerais se trouvent liés aux roches trappéennes.

Les grunsteins des environs de Dillenburg présentent un cas remarquable de dissémination de minerai dans la pâte même de la roche éruptive. C'est un dyke de 5 à 10 mètres de puissance , pénétré de sulfure de nickel , en cristaux ou aiguilles

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répandus dans toute la pâte , de manière à laisser peu de doutes sur le fait de contemporanéité. L'exploitation, qui date déjà de longtemps , a trouvé dans ce grunstein une source de production de nickel d'un grand intérêt, puisqu'elle repose sur un minerai jusqu'ici fort rare et dont l'origine éruptive est de toute évidence.

La liaison des schalsteins du Dillenburg avec les minerais de cuirre est une considération à ajouter à celles sur lesquelles nous avons appuyé leur assimilation avec les gabbros du nordouest de l'Italie ; leur liaison encore plus intime avec les gîtes de fer olygiste et leur rubéfaction fréquente les identifient d'une manière non moins directe avec les blattersteins du Harz.

En résumant ce qui vient d'être exposé sur les relations des grunsteins et schalsteins avec les gîtes métallifères, nous trouvons les roches trappéennes du Dillenburg : 1° exerçant des influences d'enrichissement sur de nombreux filons cuprifères qui les traversent, et dont le développement leur est d'ailleurs subordonné ; 2° contenant accidentellement du fer olygiste englobé dans leur masse, et du sulfure de nickel disséminé en cristaux contemporains ; 3° présentant des relations de contact avec des gîtes multipliés de fer olygiste.

Altaï-Oural. — Les ingénieurs des mines russes ont principalement étudié les gîtes de l'Allemagne ; aussi , dans toutes les descriptions qu'ils ont données des gîtes métallifères de l'Altaï et de l'Oural, se sont-ils attachés à faire ressortir les relations qu'ils ont observées entre les minerais et les roches éruptives.

Ainsi les gîtes argentifères de Nicolaïefs , dans l'Altaï (district de Kolyvan), sont compris entre un toit et un mur de porphyre quartzifère, et le gîte est lui-même une veine de quartz. La masse métallifère repose immédiatement sur le porphyre et est si intimement liée avec lui qu'il est impossible de reconnaître l'endroit où commence le quartz et où finit le por-

RELATION DES GITES METALLIFERES.

phyre*. Les mines d'argent de Tcherepanofsk se composent également d'une série de veines enclavées dans un porphyre et y formant une sorte de stockwerk qui paraît contemporain de la masse éruptive.

Dans le même district, les minerais de cuivre de Zolotonchinsk et de Loktiefsk sont compris dans des masses de porphyres et d'eurites. En se rapprochant du minerai , ces porphyres perdent leurs cristaux et passent à une roche argileuse qui contient du fer hydroxydé et du cuivre earbonaté ou silicaté, minerais qui, en profondeur, se transforment en sulfures.

Les mêmes relations existent dans l'Oural , et l'on cite les gîtes de Turjinsk comme présentant le cuivre natif, oxydé, earbonaté , silicaté et pyriteux , dans les roches de contact qui entourent les masses de porphyres dioritiques. Les roches traversées par les diorites sont principalement calcaires et fréquemment accompagnées de grandes masses de grenats qui. d'après M. Élie de Beaumont, doivent être attribuées à l'influence des phénomènes éruptifs. Il semble exister une certaine analogie entre ces diorites et les amphibolites de la Toscane , qui traversent également des calcaires, et ont donné naissance, non pas à des grenats , mais à des yénites qui accompagnent souvent les minerais de cuivre et de fer.

Ajoutons enfin que M. Le Play a signalé, dans l'Oural, les roches serpentineuses comme le point de départ du platine qu'on rencontre dans certaines alluvions. Le platine y est associé avec du fer chromé.

Ainsi les observations dont les contrées métallifères de l'Allemagne ont été le point de départ s'étendent successive • ment à toutes les parties du globe : aux porphyres métallifères de l'Erzgebirge et aux grunsteins du Harz , sont venus s'ajouter les porphyres du Cornwall, ceux des Vosges et de la Forêt-Noire, les trapps du palatinat. du Nassau, de Santiago de Cuba, des bords du lac Supérieur les serpentines de la Tos-

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