PRÉPARATIONS DES OBJETS MICROSCOPIQUES
garder de confondre ces deux choses et de croire que lorsque l'un de ces deux ordres de conditions est rempli, l'autre l'est égaleraenlou n'a aucunement besoin de l'être. Rien de plus commun en effet, et pourtant de plus nuisible pour la science que de prendre le procédé qui permet d'apprendre pour le savoir réel qu'il aide à acquérir. C'est là une question de principe qui semble des plus élémentaires et qui est en effet des plus nettes, mais qui, faute d'être bien déterminée, fait croire à certains esprits empiriques que toute l'anatomie et la physiologie normales et pathologiques gisent dans une question de procédé, adopté à l'exclusion des autres par tel ou tel de ces investigateurs. On ne saurait dire combien est grand le nombre des erreurs que fait journellement commettre ce vice de méthode, et combien de travaux cette confusion rend nuls ou seulement bons à être recommencés.
474. Ajoutons que selonla nature normale ou morbide, cristalline . ou organisée du corps qu'il s'agit de préparer, l'extraction, l'isolement, la réduction à l'état de lames transparentes, et la préparation proprement dite se font naturellement en suivant des procédés très-divers. Mais quelle que soit celte nature, ces procédéssont toujours fondés : 1° sur ce qu'on sait déjà de la constitution de l'objet solide ou liquide dont on relire cette partie ; 2° sur ce que l'on sait, ou ce que l'on suppose touchant les caractères de celle-ci. L'opération est naturellement plus facile quand on connaît déjà ces caractères, comme par exemple ce qui altère, ou au contraire ce qui conserve les corps qu'il s'agit d'observer. Dans le cas où les attributs de celui-ci ne sont pas encore connus, il y a plus de difficulté en raison des tâtonnements par lesquels on est obligé dépasser. En tout cas, il y a toujours lieu de tenir compte de ces deux circonstances, savoir : celle dans laquelle la nature du corps qu'il faut préparer est déjà connue, et celle dans laquelle elle ne l'est pas encore.
Quand au manuel opératoire, il parait difficile tant qu'on ne l'a pas exécuté, mais chacun des procédés qui à la lecture semblait d'abord inexécutable, devient facile après un très-petit nombre d'essais, sauf les cas où l'on recherche quelque disposition anatomique spéciale et encore inconnue.
475. Le contenu du paragraphe précédent montre nettement quelles doivent êtres les divisions de cette section.
Quelle que soit du reste la diversité des arrangements réciproques des parties simples, auxquelles sont immanentes les propriétés dont les actes qui nous frappent directement sont la résultante, la ma-
■m l'RÉPARATIOiN DES CORPS NATURELLEMENT ISOLÉS,
nière d' exécuter les préparations qui montrent ces parties et leurs arrangements, est tellement subordonnée à la nature géométrique ou physique de celles-là (comme leur volume, leur forme ou leur consistance par exemple) que les procédés se trouvent être les mêmes pour des parties douées d'actions physiologiques trèsdiverses. De là vient aussi que la description de ce que présentent de commun les procédés à employer dans les préparations en trénéral, se réduit à un nombre de données relativement assez restreint.