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SIÉGÉ DES GLOBULES ET DES FILAMENTS

ncnl brillantes. Quelquefois les filaments se montrent quand on met les yeux sur l'instrument, mais ils disparaissent après quelques instants. Les globules peuvent toujours être vus quand on porte son attention sur eux; mais on ne les aperçoit pas habituellement à cause de leur pâleur et de leur petitesse ; ils apparaissent moins le jour que lorsqu'on étudie à la lumière de la lampe.

Il est important de savoir distinguer ces mouches des objets qu'on étudie. Les différents moyens déjà indiqués pour les voir ou les faire disparaître apprennent bien vite qu'elles dépendent de l'œil et non de la préparation. Il n'y a, du reste, qu'à faire mouvoir celle-ci sur la platine du microscope pour reconnaître que lés mouches conservent leur position habituelle, et que leurs déplacements ne suivent pas ceux qu'on imprime au porte-objet; déplus, elles suivent tous les mouvements des yeux, et conservent toujours la même disposition sur chaque œil. (Voy. aussi la. note p. 401.)

De la nature et du siège des corpuscules donnant lieu à la production des images dites mouches volantes.

588. Comme il arrive quelquefois que ce n'est qu'après avoir pris l'habitude de se servir du microscope qu'on s'aperçoit de l'existence de ces mouches volantes, plusieurs personnes s'en inquiètent et se croient menacées de cataracte, d'amaurose ou de quelque autre affection de l'organe de la vue. Mais il faut être prévenu que leur existence est tout à fait insignifiante, .en ce sens qu'elles existent chez tous les individus sans exception, aussi bien chez les commençants qui senties premiers à s'en préoccuper, que chez ceux qui emploient le microscope depuis longtemps et ont perdu l'habitude d'y faire attention.

Beaucoup de personnes aussi sont portées à en attribuer l'origine à un usage trop prolongé du microscope, parce que, sans qu'on sache trop pourquoi, on se figure toujours que l'emploi de cet instrument est irès-fatigant et très-pernicieux pour la vue. Ce sont là de pures suppositions ; car depuis Leeuwenhoeck, qui conserva d'excellents yeux jusque dans une exirême vieillesse, tous ceux qui ont beaucoup observé s'accordent à reconnaître que jamais ils n'ont ressenti de trouble visuel proprement dit. (Voy. p. 426 à 427.)

Ouel est le siège et l'origine de ces mouches volantes? Elles ne dépendent pas des larmes, car les frottements exercés à la surface de la cornée par les paupières ne changent rien à la disposition des fdaments ni des globules.

SIEGE DES GLOBULES ET DES FILAMENTS. 439 En 1849, dans la première édition do ce livre, j'ai admis avec M. Donné, qui a étudié ces filaments et ces globules de la manière la plus exacte, qu'ils siégeaient dans le liquide dit humeur de Morgagni, dont alors on admettait communément l'existence. Je reconnais avec lui que c'était une simple supposition dont rien, du reste, ne démontrait encore la réalité. .

Ayant vu peu après des filaments et des globules, dont je n"avais pas bien déterminé la nature, dans la partie postérieure du corps vitré, j'ai considéré les mouches volantes commedues à la projection de l'ombre de ces corps sur la rétine. (Ch. Robin, article Microscope du supplément au Dictionnaire des dictionnaires de médecine, Paris 1851, p. 487.)

C'est bien en effet l'ombre de ces filaments et de ces globules projetée sur la rétine dans de telles conditions, qu'elle est bien plus grande que l'objet qui impressionne cette membrane et donne les sensations signalées^, plus haut. Donders , Janssen, Harting, Sclirœder van der Kolk, ont en effet démontré l'existence de corpuscules ronds, larges de 0""»,010 à 0'°'",016, et défibres droites ou flexueuses, parfois variqueuses qui siègent dans la partie postérieure du corps vitré. (Voy. Harting, Das Mikroskop, Braunschweig 1859; in-8°, p. 88-89.) Ces globules sont des leucocytes (voy. Ch. Robin, Journal de la phijsiologie, Paris 1859, in-8'', p. 44) qui existent dans le corps vitré, non-seulement dans le jeune âge, mais encore pendant toute la vie. Les filaments ne sont pas des fibres lamineuses comme celles qu'on trouve au voisinage des branches de l'artère hyaloïde pendant la vie intra-utérine, mais des filaments striés ou non, englobant des leucocytes et que montre la substance organique coagulable du corps vitré, tels qu'en présentent beaucoup de substances albuminoïdes , des mucus , des sérosités, etc.

On sait également aujourd'hui que l'ophthalmoscope aidé de la lentille biconvexe fait apercevoir dans le corps vitré une grande quantité de fins corpuscules qui sont mobiles entre certaines limites et qui viennent se Cacher derrière l'iris, quand le globe oculaire demeure immobile. (Yoy. Follin, Leçons sur V exploitation de l'œil^ Paris 1865, in-S" p. 93.)

DE L'EXAMEN DES l'RÉPAUATIOlNS EN GÉNÉRAL.

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