EXAMEN DES PRÉPARATIONS FRAICHES
trent, sous une certaine mise au point, peu différentes de la moyenne, tant les dimensions sont faibles ; elles se montrent, dis-je, rouges, claires, quand on baisse la mise au point; foncées, quand on l'élève. Il n'y a de différence théorique que dans le cas où la sphère produit une image réelle nette, qui se trouve au-dessus de l'image virtuelle rouge ; dans ce cas, il n'y a pas confusion possible. Mais généralement, dans la plupart des cas qui sont douteux, même pour les mi- '• crographes les plus expérimentés, ce critérium est insuffisant; chaque cas demande à être considéré isolément, et l'observateur seul peut le résoudre.
Dans beaucoup de circonstances, on se trouvera bien de mettre l'objet sous divers instruments connus; les différents aspects de l'image microscopique peuvent en effet mettre en garde contre des conclusions trop précipitées.
ART. n. — DE l'examen DES PRÉPARATIONS FRAICHES on EXTRMPORANÉES.
616. Dans les conditions dont il s'agit ici, l'examen des préparations nécessite toutes les précations dontiVa été question précédemment, mais il en est d'autres qui s'ajoutent aux premières.
Notons d'abord que les préparations de cet ordre exigent souvent qu'on les examine à nu et à un faible grossissement, avant de les recouvrir d'une lamelle mince, afin de bien placer celle-ci sur l'objet même qu'on veut étudier. C'est ce qu'il est ordinairement nécessaire de faire dans l'étude des ovules, des embryons, des petits articulés, dans la recherche des helminthes au sein d'un mucus, etc. 11 est même utile à cet égard d'avoir à côté l'un de l'autre deux microscopes, l'un avec un faible grossissement à grande distance focale, l'autre avec un grossissement convenable pour l'examen définitif; on gagne ainsi beaucoup de temps, parce qu'on n'a pas besoin de remplacer incessamment un objectif par un autre.
Malgré que l'absence de couvre-objet fasse que la préparation est irréguliére, à surface mamelonnée et que le contour des corpuscules ne soit pas net, on peut néanmoins déjà déterminer, si l'on a trouvé celui que l'on cherche. Cet examen préalable à l'aide d'un faible grossissement est souvent nécessaire aussi sur une préparation achevée pour prendre une idée de l'ensemble de celle-ci, ou pour placer {rapidement dans l'axe optique de l'instrument quelque partie d'un objet que l'on veut spécialement observer a l'aide d'un fort grossissement et que l'on arriverait que lentement
EXAMEN DES PRÈPAUA.TIONS rRAICIlES. 477
à trouver si la place n'en était déterminée d'abord de la sorte.
017. La préparation une fois recouverte d'une dos petites lamelles, préalablement bien essuyée, choisie assez mince pour permettre l'emploi du plus fort objectif dont on pense avoir besoin, il faut avoir soin de ne pas presser sur elle ; car alors on dérange la préparation ; les globules et les libres paraissent quelquefois comme écrasés, devenus cohérents, et leurs bords ne se voient plus nettement.
La pression n'a pourtant pas toujours ces inconvénients; ainsi, lorsque quelque fragment de tissu dilacéré maintient la petite plaque trop soulevée, on peut presser sur elle. Il n'y a alors de déprimés que les plus gros fragments, qui, par leur épaisseur, protègent les éléments plus petits ; ils peuvent même encore être examinés sur leurs bords, qui, étant plus minces, ont été ménagés et présentent ordinairement des fibres, etc., flottantes et isolées par la dilacération. Lorsqu'on a employé trop d'eau pour la préparation et que dans les mouvements de glissement imprimés au porte-objet elle vient toucher l'objectif et empêcher de voir nettement on enlève le corps du microscope et on essuie avec soin la lentille inférieure de l'objectif.
La préparation ainsi disposée, si l'objectif est à peu prés au point où il doit être pour que l'objet préparé se trouve à son foyer, on glisse le verre porte-objet sur la platine de manière que le centre de la lamelle carrée qui recouvre le tout soit au-dessous de l'objectif. Si ce dernier n'est pas au point, on place d'abord la préparation comme il vient d'être dit, et l'on fait glisser le corps du microscope dans l'anneau de la branche horizontale du pied jusqu'à ce que l'on aperçoive vaguement les , objets préparés: on achève ensuite de les placer au foyer à l'aide de la vis micrométrique. 11 faut avoir soin, dans ces mouvements, de ne pas aller trop brusquement, jusqu'à presser sur la préparation, parce qu'on l'altère ou on brise la lamelle de verre. Cet accident arrive de temps à autre dans les commencements ; maïs on parvient bientôt à donner assez de précision à ces mouvements pour ne se servir de la vis micromètrique que lors de l'emploi des forts grossissements.
On étudie ainsi les éléments anatomiques considérés isolément Sous le point de vue de la forme^ du volume absolu et compafatif, dé la régularité au de l'irrégularité de leurs bords, du contenu, etc. Dans les premiers moments, il s'établit des courants de liquide en divers sens, sOit à cause de Tevaporation qui a lieu sur les bofds et dès lors le liquide du centre leild à y affluer, soit parce
478 EXAMEN DES PRÉI'ARiVTIONS FRAICHES.
(lu'ilsc trouve plus de liquide d'un côté de la plaque que de l'autre, et les courants durent jusqu'à ce que l'équilibre soit établi. On utilise ces mouvements en étudiant l'épaisseur des cellules et des fibres qui l'oulcnt sur elles-mêmes entraînées par le courant, et viennent montrer à l'observateur successivement leurs bords et leurs faces.
Ce mode d'observation est un des meilleurs moyens pour arriver à se faire une idée nette des objets étudiés au microscope. Beaucoup de détails ne peuvent être bien vus qu'après la cessation des courants. Si, après avoir observé, on a besoin d'en déterminer de nouveaux dans le but qui vient d'être signalé, ou pour écarter des corpuscules en contact ou superposés, on presse légèrement sur un des côtés de la lamelle qui couvre la préparation, ou bien on dépose une goutte d'eau sur ses bords, et elle pénètre par capillarité en déterminant des courants.
618. Après avoir étudié sous tous les rapports les éléments anatomiques des fibres-cellules, etc., ceux qui sont caractéristiques du tissu et ceux qui ne sont qu'accessoires, il faut porter son attention sur les bulles d'air, sur les granulations moléculaires graisseuses ou autres qui flottent dans le liquide ; il faut comparer ces dernières à celles qui peuvent être contenues dans les cellules ou les fibres, étudier leur mouvement brownien, comparer celles qui en sont douées et sont libres à celles qui sont immobiles par suite de leur inclusion dans une substance demi-solide.' 11 faut ensuite chercher à étudier sur les fragments incomplètement dilacèrés l'arrangement des éléments les uns parrapporf aux autres, afin de chercher à se faire une idée nette de la texture des tissus.
Enfin, beaucoup de détails des éléments anatomiques relatifs à leurs contours, à leurs granulations, etc., certains éléments même, comme les petits corpuscules du liquide de la thyrèoïde, des ganglions lymphatiques, et d'autres encore, qui n'étaient pas bien visibles d'abord, deviennent de plus en plus nets au fur et à mesure qu'on étudie plus longtemps, que l'œil s'adapte mieux à la vision de ces petites images,' que la rétine cessant d'être trop vivement impressionnée par la lumière du dehors peut l'être par ces dernières, etc.
Parmi les objets de la préparation qui peuvent être des corps étrangers à ceux qu'on veut examiner, il faut, indépendamment des bulles d'air,des gouttes d'huile, en signaler d'autres encore qu'il faut avoir étudiés avant de faire des recherches, afin de les reconnaître
EMPLOI UOIIJIÎCTIFS DIVERS DANS CET EXAMEN. 47p
aisément et d'en faire abstraction dès qu'on les renconlre ; tels sont Iqs grains de féoiile, les filaments de chanvre et de coton, les granules de charbon et autres des particules qu'on trouve dans toutes les poussières., 11 en sera question plus loin. De plus, pendant la mise au point, la vue de ces corpuscules sur le couvre-objet apprend à reconnaître qu'on n'est encore arrivé qu'à sa face supérieure, et qu'il faut abaisser l'objectif de toute l'épaisseur de cette lamelle avant de rencontrer la matière préparée.
Il faut savoir aussi que, quelques minces que soient ces corpuscules, et la couche de liquide interposée aux deux lames de la préparation, ceux d'entre les premiers qui sont plus denses que le fluide tombent sur le porte-objet, tandis que les autres viennent se rassembler contre le couvre-objet. C'est ici, par exemple., qu'en tournant la vis micrométrique il faut venir chercher les granules de noir de fumée dans les préparations qui en renferment, tandis que, dans celles qui contiennent des granules siliceux, calcaires, métaniques,etc., il faut abaisser l'objectif jusqu'à ce qu'on descende son foyer sur la face supérieure du porte-objet.
AiiT. ni — SUR l'emploi des grossissements forts ou Faibles haks l'examen des préparations.
619. Il est Irés-souvent nécessaire d'examiner le même objet successivement avec des grossissements divers, depuis les plus faibles jusqu'aux plus puissants. Les objectifs grossissant depuis 20 jusqu'à 60 ou 100 diamètres sont trés-uliies pour examiner l'ensemble d'un tissu morbide, d'une préparation des glandes en grappes, ou vasculaires, etc. C'est avec eux qu'on doit étudier tout ce qui tient à la vascularité des tissus, soit ordinairement par transparence et quelquefois par la lumière réfléchie, tant chez les embryons que sur des tissus normaux ou pathologiques. (Voy. p. 6 et suiv.) C'est par ces grossissements qu'il faut commencer à observer les animaux de petit volume, quels qu'ils soient, pour ensuite les porter sous un microscope voisin muni d'un objectif plus fort, ou remplacer le premier par celui-ci.
Les pouvoirs amplifiants de 100 à 300 diamètres servent à étudier les os, les dents, les poils, les bulbes pileux, les culs-de-sac glandulaires, mais seulement en ce qui concerne leur groupement dans chaque acinus ; l'examen de leurs épithéliums demande l'emploi de plus forts objectifs. Ils servent aussi à l'étude de certaines particularités des muscles, surtout chez les poissons et les reptiles qui