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PRÉPARATION DE LA FIBUINE DE U COUENNE

755. En se coagulant la fibrine peut avoir englobé et entraîné les hématies, de manière à former un ccCHlot, comme on le voit dans les couches récentes des poches anévrysmales, dans les foyers apoplectiques les plus divers ; quand alors les fibrilles de la fibrine ne sont pas colorées, par la présence des hématies, elles sont plus immédiatement contiguës les unes aux autres, leur masse offre plus de résistance, une élasticité plus prononcée que celle du caillot rouge; de là un aspect stratifié, une déchirure en couches ou lames trés-caractéristiques. La connaissance de la cause si simple (l'absence d'hématies), qui apporte tant de dissemblances entre les masses de fibrine prises dans ces deux ordres de conditions, suffit pour montrer qu'il n'y a pas plus organisation dans ce dernier cas que dans le premier.

Avec le temps, sauf le cas de nouvelles hémorrhagies, le caillot va en diminuant de masse au lieu d'augmenter. 11 est facile, en outre, de voir la fibrine passer graduellement à l'état amorphe plus ou moins granuleux, sans qu'il naisse trace d'éléments anatomiques nouveaux, soit fibres, soit cellules. Alors aussi s'observent les phases de disparition des hématies dont l'hématosine vient colorer la fibrine, par un phénomène analogue à ceux dits de teinture, ou se mêler à elle, soit à l'état granuleux, soit sous forme cristalline, lorsqu'elle est arrivée à l'état d'hématoïdine.

La fibrine, coagulée après épanchement du sang liquide, peut (prés des bords des masses qu'elle forme) être tellement enchevêtrée aux éléments anatomiques des tissus au sein desquels elle se trouve, qu'il devient quelquefois impossible à l'œil nu de distinguer nettement le point où elle cesse d'exister. L'examen microscopique, aidé de l'emploi des réactifs, lève assez vite ces difficultés.

La fibrine, coagulée lentement hors ou dans l'intérieur des vaisseaux, mais incolore et ayant l'aspect de la couenne, ne diffère du caillot que par l'absence d'hématies, et c'est l'absence de cellesci qui fait qu'elle offre une consistance, une ténacité, une élasticité et un mode de déchirure tout particuliers. De là vient que souvent la fibrine, sous cet état, a été considérée comme un tissu ou comme susceptible de s'organiser, de se vasculariser, de devenir l'origine d'un tissu morbide ; elle asous ce rapport été assimilée à un blast^ème. Or il n'y a pas plus de raisons pour regarder celte fibrine comme un tissu qUe pour donner ce nom aux caillots apoplectiques ; car l'absence d'hématies ne suffira jamais à elle seule pour faire

FIBRINE DES CAILLOTS ET DES PSEUDO-MEMBRANES. 617 dire que la fibrine constitue un tissu, dans ce cas plutôt que dans

aulre.

Dans l'épaisseur des tissus, tels que le cerveau, le poumon, etc., comme dans les poches anévrysmales, le bout des artères liées, les concrétions polypiformes du cœur, les grosses veines comprimées par une tumeur, etc., la fibrine passe graduellement de l'état fibrillaire à l'état amorphe plus ou moins granuleux, etc. Nulle part il ne se produit à son aide d'éléments anatomiques d'aucune sorte. En un mot, dans l'épaisseur des tissus pas plus que dans les poches anévrysmales et les artères liées, la fibrine incolore ne devient l'origine d'un produit morbide se nourrissant et se développant. Partout, au contraire, sa masse diminue graduellement, et l'apparence d'organisation par intrication fibrillaire qu'elle offrait extérieurement disparaît peu à peu avec le temps.

La mince couche incolore qui, quelquefois dans un caillot intravasculaire (fig. 165, f) est interposée aux parois artérielles ou veineuses d'une part, et à une partie profonde plus foncée du caillot d'autre part, se comporte avec le temps comme de la fibrine et ne donne point naissance à des noyaux embryo-plastiques, des fibres lamineuses et des capillaires. Quant aux vaisseaux qu'on a cru souvent trouver dans les caillots ou voir passer des parois vasculaires jusqu'à ceux-ci, l'observation montre que ce sont des filaments de fibrine qui, en raison de l'adhérence de cette dernière aux parois, se déchirent en restant adhérents au caillot d'une part, au vaisseau de l'autre.

La coloration de ces filaments, s'ils sont colorés, et celle des stries ou points étoilés rougeâtres des caillots, sont dues à des amas ou à des traînées volumineuses de globules sanguins quand les caillots sont récents, à des granulations d'hématoïdine s'ils sont anciens et lorsque les globules sont détruits. Jamais on n'y trouve les parois propres des capillaires qu'on rencontre au contraire partout- où il y a circulation, quelque rapidement qu'elle se soit établie au sein d'un blastérae en voie d'organisation plus complète, comme on l'observe dans les bourgeons charnus, etc.

La fibrine en couches ou pseudo-membranes à la surface des muqueuses où elle englobe souvent des leucocytes ou des cellules épithéhalesdans les cas de diplithérite, à la surface des séreuses enfiammées où elle est parsemée de leucocytes, a souvent été assimilée aux b astèmes en tant que point de départ d'une organisatiou plus complète, sous forme de néo-membranes, ou d'autres produits rnorbides. Pourtant la présence des éléments ci-dessus, dans les couches

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