DE LA REPRÉSENTATION DES ÊTRES MICROSCOPIQUES
accidents de préparation, variant d'un cas ù l'autre ; en représentant les organes tels que l'étude a prouvé qu'ils sont constitués, mais non tels que certains hasards de préparation les montrent.
Quelques auteurs adoptent la première manière de procéder, qui est celle que suivent aussi tous les commençants, en donnant pour raison que les dessins anatomiques étant faits d'après nature doivent représenter les choses telles qu'on les voit. Beaucoup considèrent même comme plus exacts que les autres les dessins dans lesquels la représentation des organes est compliquée par celle des objets que le mode d'examen qu'on est obligé de choisir fait voir en même temps qu'eux. Mais en procédant ainsi, l'animal est figuré, non tel qu'il est habituellement, mais tel qu'on l'a plus ou moins aplati, déformé, etc. ; de telle sorte qu'on ne retrouve jamais ensuite une préparation semblable à ce dessin qui est donné comme semblable à la nature; en effet, les moyens employés pour faire les observations modifient toujours les organes sous quelques rapports. Lorsque, sous prétexte de représenter la natere, on figure ainsi les déformations ou ruptures qu'on a causées en cherchant à voir un organe, on agit comme le feraient les dessinateurs qui, en anatomie descriptive, reproduiraient les coups de scalpel donnés trop profondément pendant la dissection d'un muscle ou les lambeaux de tissu adipeux qui peuvent y rester adhérents.
Or, comme le résultat général des études anatomiques et zoologiques est de montrer en définitive : 1» qu'il y a régularité et svmétrie déterminées dans la disposition des organes ; 2» que les rapports entre ces derniers sont constants, même dans les cas d'ano- . malie ; que les déformations qui surviennent parfois durant certaines ' phases de l'évolution naturelle ont elles-mêmes une constante au milieu de leurs variations; le mieux est donc de figurer les objets anatomiques sous ces aspects, bien qu'ils soient presque toujours un peu dérangés par les moyens employés pour les voir.
Du reste, les dissections faites pour vérifier des recherches montrent plus souvent une régularité des organes égale à celle des figures qu'elles ne conduisent à retomber sur la déformation, due à la préparation, qu'on peut avoir choisie pour type du dessin en suivant la méthode opposée. Comme somme toute, le résultat de l'étude est de montrer l'existence d'une régularité et d'un ordre déterminés dans la constitution d'un organe ou, dans un animal entier, il est certain qu'il faut suivre les indications de cet ordre pendant l'exécution des figuros; c'est lui qui donne le type du d.ssin, type autour du^ t. UOBiN. — Microscope.
quel viennent osciller en quelque sorte les dérangements dont nous venons de parler. Cela vaut mieux sans aucun doute que de fixer par le dessin une déformation accidentelle, fût-ce môme la plus habiluellemenl produite; celle dernière manière de faire laissant toujours au lecteur l'obligation de rétablir par l'esprit la symétrie naturelle, quand elle est négligée par le dessinateur.
Étude microscopique des Acariens.
848. Les médecins et les vétérinaires sont fréquemment appelés à observer des acariens autres même que ceux qui sont parasites. Vivant dans des objets qui servent à des usages journaliers, il n'est pas rare de les rencontrer sur des plaies, sur des pièces à pansement ou dans diverses déjections. Ce sont, dans ce cas, des enveloppes provenant de leurs mues qui ont été portées dans les vases, etc. , avec des poussières.
A chaque mue, en effet, leur enveloppe chitineuse extérieure est abandonnée en conservant jusque dans les moindres détails les dispositions anatomiques caractéristiques de l'animal ; elle ne s'en distingue que par une transparence extrême et par une légèreté qui lui permet d'être emportée comme les particules de poussière les plus petites. Aussi trouve-t-on ces enveloppes ou leurs fragments plus souvent encore que l'animal entier ; mais, en raison des particularités quejeviens de mentionner plus haut, la connaissance des caractères de l'un entraîne celle des autres. 11 importe plus au médecin qu'on ne le croit généralement d'être bien pénétré de ces caractères. Comme il existe des affections parasitaires animales chez l'homme, il faut que le médecin ne confonde pas avec le sarcopte de la gale, etc., acariens qui ne se trouvent sur nous qu'accidentellement et ne peuvent vivre que peu de temps sur la peau ou sur les vêtements sans s'y reproduire. D'autre part, j'ai vu combien est grand le nombre de ceux qui croient que tous les accidents sin-uliers pour eux, et dont ils ne peuvent se rendre compte, sont dus à la présence de quelque parasite, jouant en quelque sorte le rôle de poison ou de matière virulente. Il faut non-seulement repousser ces croyances illusoires, mais encore pouvoir distinguer les acariens les uns des autres , afin de ne pas considérer comme parasite quelque articulé vivant habituellement sur les objets inanimés qui nous entourent, tels qne les Tyroglyphes qui viennent du fromage (fig. 194), de diverses poussières, etc.
849. Pour ôludier et préparer les acariens, il faut savoir que tous les individus présentent, pendant la durée de leur existence hors de l'œuf, trois états qui se montrent brusquement après une mue et chacun d'une durée différente, bien que variable selon les conditions de température, etc. Les œufs sont des corpuscules ovoïdes plus ou moins allongés, quelquefois un peu aplatis d'un côté, à enveloppe lisse ou grenue, qui se trouvent souvent mêlés
Fig. 194 ".
Fig. m '".
aux individus déjà éclos et se voient dans leur corps ou avec eux dans les préparations qu'on en fait.
Le premier état des individus éclos est celui de larve (de Geer) toujours hexapode, que présente (fig. m, b) l'animal en sortant de 1 œuf. Il^est caractérisé par le volume de l'Arachnide, qui est toujours momdre que dans les phases ultérieures de l'évolution. Bien que sa forme soit dans le plus grand nombre des types analogue d une espèce à l'autre, les formes caractéristiques ne commencent a se dessmer qu'après les autres mues et particulièrement lors de celle qui met à découvert les organes sexuels.
La deuxième état est celui de nymphe (Dugés) (fig. 196). Il com-
nus. e. Poil latéral. A^a^d^ux^me pa/^e dTSs' ' P""""