PRÉPARATION DES CELLULES URTICANTES
Les Hydres, les AlcyoncUos et les Crislatelles se trouvent dans cerlaines eaux slagnaiitcs, mais pures, ou peu courantes, peuplées d'herbes aquatiques cl reposant sur un fond vaseux ; c'est ordinairement à la face inférieure des feuilles de Nymphéa ou de Potamogeton, ou sur les tiges et entre les feuilles des Myriophylles et des Céralophylles, qu'on les voit se développer, quand on a mis ces herbes dans des vases de verre, avec une suffisante quantité d'eau. Les Zoophytes, beaucoup plus nombreux dans les eaux de la mer, fourniront aux observateurs établis dans le voisinage des côtes une source inépuisable de découvertes sur l'embryogénie, sur les phénomènes de circulation dans l'intérieur des tiges des Sertulaires, dans les tentacules des Alcyons et de la plupart des Zoanthaires ; la structure du têt et des pointes mobiles des échinodermes et les cils vibratiles dont ces organes sont revêtus ; la structure des cellules des Eschares et des autres Bryozoaires, etc. (Dujardin, 1843.)
Les coupes et les dilacérations des éjwnges d'eau douce ou marines, aidées de l'action des acides, permettront d'étudier les cellules de leurs conduits aquifères, leurs spicules calcaires et siliceuses, etc. Des cellules urticantes ou némalocytes .
861. Parmi les organes dont le microscope fait découvrir l'existence dans les observations des épithéliums tégumentaires des Âcalèphes et d'autres animaux de la classe des Polypes, il faut signaler encore les cellules ou organes uriicantsK Ils se présentent sous forme de cellules plus grosses que celles de l'épithélium voism, réfractant un peu plus fortement la lumière qu'elles, à paroi homogène à cavité nettement distincte de la paroi et pleine d un liquide hyalin sans granulations ; mais on y voit, en outre, soit des corps bacillaires ou aciculaires, soit un long et mmce filament enroulé faisant suite, ou non (fig. 215), tantôt à un bâtonnet, tantôt à un corpuscule en forme de flèche, d'hameçon, etc., ou à un petit o-lobule Ce fdament, très-élastique, se déroule à la moindre près, sion en entraînant son appendice, quand il en a un. On le trouve déroulé et saillant sur presque toutes les nématocytes des ammaux conserves dans les liquides durcissants.
Grégarines.
862. Les Grégarines nommées et décrites pour la première fois
i Svnommic : capsules, vésicules, acicules. spicules, niigcres, filileres ou urliÏes; cellules a' fil spiral, organes urlica..ts. nématocystes. (J. liaune.)
PRÉPARATION DES GRÉGAUINES
par L. Diifour* comme étant des Vers entozoaires, ot longtemps considérées comme telles, sont aujourd'hui regardées comme des protozoaires formant une classe venant se ranger entre les Noctiluques et lesRhizopodes, près des Spongiaires.
Ces animaux se rencontrent si souvent durant les recherches microscopiques faitessur lecontenu intestinal, etc., des inverlébrés, qu'il est très-important de les connaître.
Les Grégarines se distinguent par leur configuration vermiforme aplatie, ovalaire, allongée, avec une extrémité cépbalique mousse ou non, avec ou sans trompe ou ventouse, et un noyau clair ovoïde central. Elles peuvent, en se contractant, prendre des formes et des positions les plus variées (fig. 214).
Le microscope montre les Grégarines vivant en parasites, soit dans l'intestin, soit dans la cavité péri viscérale, soit dans les organes reproducteurs d'animaux appartenant à différentes classes.
On en a signalé dans les divers groupes dont se constitue la classe des vers, depuis les Turbellariés (P.-J. vanBeneden et Claparède) et les Sagitta (Diesing) jusqu'aux Nématoïdes (Yalter), aux Annélides (fig. 215), où elles sont d'une abondance extrême, et aux insectes. Ce sont surtout les Grégarines du Lombric qui ont servi de sujet aux nombreux travaux dont ces animaux ont été l'objet. Schneider a signalé une espèce propre aux
ve[uiZ^'l!.TP,^r" '«^'''^^«"ne, notwcau <j'anre de ver. qui vie m Iran- Cellules urlicantes du niihmtnimr rnn.'o-; „ r„u i i. .
eui m spiiai enroule, f, f. i,-^ | es mômes avec leur lilanient déroulé. (j. KoniN. — Microscope.
786 1>11ÉI'AI\ATI0N DES GUÉGAlUNES.
liolotliunes ; on en coiiiiait dans les Mollusques, même Tuniciers {Salpa, Dicsing). Ces ôlrcs sont Irès-abondants chez un grand
Fig. Ui \
nombre d'insectes ; on en a vu dans les Myriapodes (les Scolopendres et les Iules) et les Crustacés. Gavolini les a observées dans les oro-anes appendiculaires de l'estomac du Cancer depressus ; de
Siebold a fait connaître la Grégarine du Gammarus Pulex ; Lachmann celle du Gammarus puteanus, et Kœlliker la Gregarina Balani, observée chez le Balanus pusillus. E. van Beneden a décrit une nouvelle espèce de Grégarines , qui vit dans l'intestin homard (G. Gigantea).
grêle du
Fig. •ilii
' ^và.■^y■mp d'un helminthe, nématoïde vivant librement sur les côtes de la ««"che. voisin dfs scaSeis du genr'e Heterakis. Dujardin. (Ch. Robin, A^»^- --f SiM»... Paris, 1848, p. 16.) A. Grégarine à 1 eta de repos^ "^^f S
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montrant les slnes. i.e uuies "'^ '"V . . .„,A,.jp,,re ou céplial que d'une Crc- S i rinlesUn. Orossiisemenl de 500 dimou-es.
PRÉPARATION. DES GRÉGARlNIiS. 781
On voit sur ces animaux une membrane à double contour, parfaitement transparente et sans structure. Elle ne présente en général aucune ouverture, et son épaisseur est partout la môme, sauf parfois cependant à la partie antérieure du corps. Celte partie représente la membrane cellulaire de cet animal monocellulaire. (E. van Beneden, 1869.)
Sous cette membrane on distingue nettement une couche assez résistante, formée d'une substance transparente et dépourvue de granulations. C'est dans cette couche que se produisent les stries parallèles d'où résulte pour l'animal cet aspect fibrillaire que l'on saisit avec de forts grossissements. C'est quand la Grégarine se contracte que l'on voit apparaître ces stries, qui disparaissent dès qu'elle est en repos. Leidy, Ray, Lankester et van Beneden croient que la substance qui constitue cette couche jouit essentiellement de la contractilité, et que c'est elle qui intervient dans la production des mouvements dont l'animal est susceptible.
La cavité du corps des Grégarines est remplie d'une matière granuleuse, formée d'un liquide visqueux, transparent qui lient en suspension de fines granulations arrondies, très-réfringentes et légèrement jaunâtres. La quantité de granules dont le liquide est chargé augmente avec la dimension des Grégarines ; aussi l'opacité de l'animal est d'autant plus grande que ses dimensions sont plus considérables. Ce liquide granuleux est très-mobile, et on le voit avec les granules se déplacer à l'intérieur de la membrane, pendant que l'animal exécute ses mouvements.
On distingue toujours un noyau nucléolé dans le liquide granuleux. Il a normalement une forme ellipsoïdale régulière, et ses dimensions varient avec celles de la Grégarine. Ce noyau n'est pas un corps solide dépourvu de membrane, comme le pensait M. de Frantzius. En isolant le noyau et en le soumettant à une pression croissante, on voit à un moment donné une déchirure de la membrane se produire et le contenu liquide du noyau s'écouler par la fente qui s'est produite. La membrane du noyau est très-mince, et c'est ce qui rend compte des modifications de forme que subit là vésicule, lorsqu'une pression extérieure vient à agir sur elle.
Une seule Grégarine peut s'enkyster, et le fait fréquent de l'existence de deux masses granuleuses dans un même kyste s'explique par la division du contenu de la Grégarine enkystée et non par la réqnion de deux Grégarines dans un seule et même kyste. .'V la suite d'une sorte de fraclionnement des masses granuleuses
788 PUÉPAUATION DES GHÉGARINES.
des kystes, ces masses se transformenl en petites vésicules, qui elles-mômcs donnent dit-on naissance à des psorospermies ou ■pseiido-navicelles ; Lieberltùhn a montré que les psorospermies produisent des corps tels que ceux que l'on appelle Amibes, et il pense que ces amibes elles-mêmes se transforment en Grégarines ou eno-endrent les Grégarines. Mais cette dernière phase de l'évolution de ces êtres est encore problématique.
Le contenu granuleux des kystes est d'abord une sphère unique, toujours dépourvue de noyau, et les deux masses arrondies que l'on observe fréquemment dans les kystes proviennent des premiers, à la suite d'une segmentation, telle que celle du vitellus. Un sillon apparaît d'abord à la surface de la sphère granuleuse, sur laquelle est appliquée immédiatement la paroi du kyste. Ce sillon s'avance progressivement vers le centre de la sphère, et finit par la diviser en deux parties; chacune d'elles a la forme d'une demisphère et elles sont accolées l'une à l'autre par leur surface plane. Mais bientôt le diamètre du kyste s'accroît; un espace qui se remplit d'un liquide limpide et incolore, au fur et à mesure qu'il se orme, apparaît entre la paroi du kyste et la surtace des deux masses granuleuses, qui perdent peu à peu leur forme de demisphère, pour s'arrondir progressivement. Le diamètre du kyste continue à s'accroître, et les deux masses finissent par devenir l'une et l'autre un globe parfaitement arrondi. Tous ces changements se produisent sur le porte-objet du microscope. (E. van
Beneden.) , , i i
Après cette division de la sphère primitive en deux globes, la paroi du kyste, formée de plusieurs couches concentriques d'une substance diaphane, se désorganise en une matière granuleuse molle, après que chacun des deux globes s'est entouré d'une nouvelle membrane. Les globes s'agrandissent peu à peu, en même temps que leur enveloppe s'épaissit. Dès lors, on reconnaît dans chacun d'eux un nouveau kyste dont le contenu va se diviser à son tour. (E. van Beneden.)
863 Depuis Dujardin, beaucoup d'auteurs ont rangé les Eponges parmi les Rhizopodes. Mais les parties molles des premières ont des cellules nucléées, des œufs et des capsules ou ovules mâles dans lesquels se forment des spermatozoïdes, des ouvertures d'ingestion alimentaire en nombre plus ou moins grand, des cônes d'égestion ciliés à l'intérieur (Lieberkûhn), un système de canaux parcourant tout le corps, etc.* organes qui manquent aux Rhizopodes.
PRÉPARATION DES RIlIZOPODES.