ÉTUDE DE LA GERMINATION DES MOUSSES
former une enveloppe protectrice pour le jeune fruit, une sorte de coiffe. Dans les hépathiques, cette coiffe n'est déchirée qu'à l'époque de la maturité du fruit, par suite de rallongement subit de la tige de ce fruit ; dans les mousses à feuilles, au contraire, elle se détruit de bonne heure et est emportée, comme une sorte de coiffe par le fruit, dont la tige s'est allongée progressivement, ce qui est très-visible dans le Polythricimi.
919. Dans les mousses à feuilles, on doit commencer par observer la disposition des cellules à spores, qui sont rangées circulairement autour d'une colonne parenchyraateuse centrale (columelle), et le mode de formation de la paroi de la capsule, paroi dont l'épiderme contient des stomates. (Dans les Hépatiques, l'Anthoceros présente aussi une columelle et des stomates sur l'épiderme.) C'est d'après la forme de la capsule et de son couvercle, et d'après l'absence ou la présence d'une colerette que l'on peut distinguer les espèces ; cette colerette tantôt simple, tantôt double se compose de cellules en forme de dents qui se dressent à l'ouverture de la capsule. Des coupes longitudinales et transversales, faites soit à main libre, soit entre la moelle de sureau, à différentes périodes du développement de la plante, permettent de se rendre compte de toutes les particularités anatomiques dufruit.(Schacht, p. 185.)
On peut suivi-e la germination des mousses (fig. 279) à feuilles et des hépatiques en les semant sur le sable mouillé, recouvert d'une cloche, dans un lieu modérément chaud et convenablement ombragé. Dans les mousses, il sort de la spore un fil cellulaire, tubuleux (mycélium), et sur ce fil naissent çà et là des bourgeons qui constituent de jeunes tiges. Dans les Sphaçjnitm, ce proerabryonest aplati; dans les Hépatiques, il prend différentes formes plus ou moins irrégulières. Dans le Blasia, on voit se développer sur ce proembryon des organes dontla signification n'est pas connue.
• Germination d'une mouffe {I-nnaria lii/fiivmelrica Uedw.). s. Spore dont l-i se mentalion successive a donné lieu à la forinalion d'un prolliallium filamenleu.v (vr) a La jeune plante naissant sur le prothallium. r. Mycélium radiculaire. (D'après Schimper )
900 PIIÉI'AUATIÛN DliS SPEKMATOZOÏDliS UES MAUcHaMIA.
On essayera l'aclion de l'acide sulfiiriquc concenlr/i sur les spores, et on peul y faire des coupes transversales minces par le procédé qui a été indiqué à la page 831. (SchachI, p. 18(5.)
Dans les Marchaniia, en comprimant latéralement les scutelles mâles, on peul se procurer des spermatozoïdes mobiles avec la plus grande facilité : il en jaillit un liquide ressemblant à du lait, dans lequel les spermatozoïdes se trouvent par milliers. Si on laisse cette substance se dessécher lentement, sur le verre du microscope, à l'abri de la poussière, on reconnaît trés-aisément la présence de filaments très-déliés qui d'ailleurs peuvent très-bien se conserver. En laissant ainsi le liquide se dessécher peu à peu, on verra que, parmi les spermatozoïdes, les uns s'allongent [Pellia] tandis que les autres s'enroulent, et, au point le plus épais de leur corps, on reconnaîtra la présence tantôt de deux cils, tantôt d'un seul. La dissolution d'iode, l'alcool, et tous les autres réactifs qui agissent sur les matières albuminoïdes, arrêtent immédiatement le mouvement des spermatozoïdes; au contraire, ils résistent à une dissolution d'acide prussique ou de strychnine. Dans toutes les mousses à fronde, dont les organes mâles sont à l'extrémité de petits pédoncules, on peut, en pressant ces organes avec les doigts se procurer une grande quantité de spermatozoïdes. (Schacht,p. 18b.)