‹ Traité du microscopeChapitre 554 sur 578 · PROSPECTUS · texte numérisé non relu

PROSPECTUS

Tout le monde reconnaît aujourd'hui l'utilité pratique de l'anatomie pathologique. Les lésions, qu'elles soient cause ou effet, jouent un si grand rôle dans l'évolution des maladies , qu'il est presque toujours nécessaire de les bien connaître pour porter un diagnostic précis et pour diriger le traitement. L'anatomie pathologique est indispensable au pathologiste.

Réunir dans un corps d'ouvrage la description et l'image fidèle de toutes les lésions morbides , en laissant aux parties malades leur forme et leur couleur naturelles, c'est mettre à la portée de tout le monde l'élude d'une science qui est devenue indispensable pour le praticien. Déjà plusieurs publications importantes ont répondu à ce besoin et ont été accueillies avec une faveur marquée. No^s citerons principalement les planches de Baillie, de Carswell, et surtout le grand Traité d'unatomie pathologique de M. Cruveilhier. Ce dernier et important ouvrage restera dans les annales de la science comme un monument précieux de faits bien observés et figurés d'après nature avec la plus grande exactitude. Ces travaux indi-

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querolU aux générations futures l'état des connaissances anatomo-palhologiques h l'époque où chacun d'eux a été publié.

Mais l'analomie pathologique , science qui date à peine d'un siècle , et qui n'a acquis toute son importance que depuis environ cinquante ans , vient de subir en peu d'années de profondes niodificalions. L'a])plication du microscope à l'étude des lésions lui a ouvert des horizons nouveaux et l'a poussée dans de nouvelles voies. Il ne s'agit plus seulement aujourd'hui de déterminer la couleur, la consislance et les autres caractères extérieurs des tissus morbides ; grâce aux lentilles grossissantes , l'œil de l'observateur pénètre jusque dans les replis les plus cachés de leur organisation. Ce nouveau et puissant moyen d'investigation a efïectué depuis quinze ans une révolution complète dans l'anatoniic pathologique ; on peut dire hardiment que les iconographies pathologiques anciennes ne suffisent plus aux besoins de notre époque, et il est devenu nécessaire de publier une nouvelle anatomie pathologique avec planches, conçue sur un plus vaste plan et en harmonie avec l'état actuel de la science.

Nul n'était en état, mieux que M. Lebert, d'entreprendre celte tâche immense; c'est lui que l'on considère, à juste titre, comme le fondîiteur de l'école micrographique française. Membre assidu de la Société anatomique, où viennent toutes les pièces pathologiques importantes des hôpitaux de Paris , il a constamment fréquenté, pendant plus de dix ans , les grands services de médecine et de chirurgie , recueillant d'abord les observations au lit des malades , puis assistant aux autopsies ou les pratiquant lui-même , examinant successivement les pièces pathologiques à l'œil nu , au microscope , faisant de fréquents appels à l'art des injections et à l'analyse chimique , mettant en usage , en un mot , tous les moyens connus d'observation et d'investigation.

Toutes les pièces importantes, recueillies pendant celte longue période d'études continuelles , ont été fidèlement reproduites, sous sa direction , par l'habile pinceau de M. Lackerbauer. Les dessins microscopiques ont été exécutés soit par cet artiste distingué , soit par M. Lebert lui-même. C'est seulement lorsque ces immenses matériaux ont été entièrement recueillis , que l'auteur, groupant ses planches et dépouillant ses observations, a entrepris la rédaction définitive d'un ouvrage commencé depuis si longtemps.

Cette rédaction était déjà fort avancée lorsque M. Lebert fut appelé, d'aborden 1853, par l'Université de Zurich au poste émincntde Professeur de Clinique médicale et, en 1859, à la chaire plus importante encore de Professeur de Clinique dans la célèbre Université de Breslau. En quittant Paris où s'étaient écoulées le.s plus belles années de sa vie scientifique, M. Lebert ne se sépara pas sans regret des maîtres illustres qui l'avaient libéralement accueilli et des savants plus jeunes qui l'avaient fraternellement secondé dans ses travaux. Ces souvenirs lui sont toujours chers : H se plaît, dans son Introduction, h rappeler les services que lui ont rendus

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MM. Andral, Cruveilhier, Larrey, Lenoir, Louis, Rayer, Ricord, Robert et Velpeaii, en mettant b sa disposition les richesses de leurs services d'hôpital: MM. Claude Bernard, Broca, Follin, Leudet, Ch. Robin et Verneuil , en lui prêtant l'appui de leur amitié dévouée et le concours de leur zèle éclairé.

Placé depuis, douze ans à la tête des grands hôpitaux de Zurich et de Breslau, où plus de cent malades sont conslanimejit confiés à ses soins, M. Lebert a continué à recueillir des faits nouveaux pendant la publication de cet ouvrage. A mesure que ces faits se produisaient sous ses yeux, il les a comparés à ceux qu'il a si laborieusement recueillis dans les hôpitaux de Paris; il a contrôlé et complété ainsi chaque jour les résultats de ses premières observations. C'est pour ainsi dire au lit du malade qu'il a achevé la rédaction du texte, complété l'allas par l'addition importante de figures-types.

Après l'examen des planches de M. Lebert, l'un des professeurs les plus compétents et les plus illustres de la Faculté de Paris écrivait : « J'ai admiré l'exactitude, la beauté, la nouveauté des planches qui composent la majeure partie de cet ouvrage; j'ai été frappé de l'immensité des recherches originales et toutes propres à l'auteur qu'il a dû exiger. Cet ouvrage n'a pas d'analogue erf France ni dans aucun autre pays. »

Cet important ouvrage se compose de deux parties.

Après avoir, dans une introduction rapide, présenté l'histoire de l'anatomie pathologique depuis le xvi" siècle jusqu'à nos jours, M. Lebert embrasse dans la première partie de son livre I'Anatomie pathologique GÉNÉRALE. Il passe successivement en revue l'Hyperhémie et l'Inflammation , l'Ulcération , la Gangrène, l'Héniorrhagie, l'Alrophie, l'Hypertrophie, glandulaire en particulier, les tumeurs (qu'il divise en productions Hypertropliiques, Homœomorphes hélérotopiques, Hétéroraorphes et Parasitiques), enfin les Vices congénitaux de conformation. Cette première partie comprend les pages 1 à 426 du tome P% et les planches 1 à 61.

La deuxième partie, sous le nom d'ANATOMiE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE, traite des lésions considérées dans chaque organe en particulier. M. Lebert étudie successivement dans le livre I (pages 427 à 581, et planches 62 à 78) les maladies du Cœur et des Artères, les altérations des Veines, des Vaisseaux et Glandes lymphatiques ; dans le livre II , les maladies du Larynx et de la Trachée, des Bronches, de la Plèvre, de la Glande thyroïde et du Thymus (pages 582 à 753 et planches 79 à 94). Telles sont les matières traitées dans le 1" volume du texte et les lésions figurées dans le tome I" de l'atlas.

Avec le tome II commence le livre III, qui comprend (pages 1 à 132 cl planches 95 à 104) les Maladies du système nerveux, de l'Encéphale et de ses membranes, de la iMoelle épinière et de ses enveloppes, des Nerfs, etc.

Le Livre IV (pages liiS à 327 el planches 105 à 135) est consacré aux Maladies du tube digestif et de ses annexes (maladies du Foie et de la Rate, du Pancréas, du Péritoine, altérations qui frappent lé Tissu cellulaire rélro-périlonéal, Hémorrhoïdes).

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Le Livre V (pages 328 à 381 et planches 136 à 1^2) iraile des maladifs des Voies uriiiaircs (maladies des Reins, des Capsules surrénales, Alléralioiis de la Vessie, Altérations de l'Urètlire).

Le Livre VI (pages 382 à liSk el planches 143 à 164), sous le titre de Maladies des organes génitaux, comprend deux sections : 1° Altérations anatomiques des organes génitaux de l'homme (Altérations du pénis et du scrotum, Maladies de la prostate, maladies des glandes de Méry et des vésicules Semraait, Altérations du Testicule et de ses enveloppes) ; 2« Maladies des organes génitaux de la femme (maladies de la vulve, du vagin, de l'utérus, des mamelles, etc.).

Le livre VII (pages 485 à 604 et planches 165 à 182) traite des maladies des Organes de la locomotion, des Os et des Articulations, des Muscles, etc.

Le livre VIII (pages 605 à 658 et planches 183 à 196) : Anatomie pathologique de la peau.

Le livre IX (pages 662 à 696 et planches 197 à 200): Changements moléculaires que les maladies produisent dans les tissus el les organes du corps humain. — Table générale alphabétique, 38 pages.

L'œuvre de M. Lebert acquiert ainsi âne grande utilité pratique. Nous croyons que cela suffit pour prouver que l'ouvrage n'a pas été conçu sous le point de vue exclusif de la micrographie. Pour M. Lebert, le microscope n'est pas Vultima ratio de l'anatomie pathologique; c'est un moyen de plus ajouté aux autres, et son rôle ne commence qu'après l'observation exacte des symptômes et l'étude rigoureuse de tous les caractères visibles à l'œil nu. Au surplus, nous croyons inutile d'msisier plus longtemps sur la manière de voir de l'auteur dont le but constant a été l'union de la clinique et de l'anatomie pathologique, ainsi que leur application au perfectionnement de la thérapeutique.

BOUCHUT (E ). IVonveanx éléments de pathologie génépale et de

sémiologie, comprenant : la nature de Hiomme, l'histou-e générale de la maladie, les différentes classes de maladie, l'anatomie pathologique générale et l'histologie pathologique, le pronostic, la thérapeutique générale; les éléments du diagnostic par l'étude des symptômes et 1 emploi des moyens physiques : auscultation, percussion, cérébroscopie, laryngoscopie, microscopie, chimie pathologique, spirométrie, etc Deuxième édition, revue et augmentée. Paris, 1869, 1 vol. gr. in-8 de 1312 pages, avec 282 figures. J° .';

— Le même, cartonné en toile. n "

CRUVEILHIER (J.). Traité d'anatomîc patliologiqne générale. Ouvragd

complet. Paris, 1849-1864, 5 vol. in-8. J^Mi ,

Séparément : Tome V et dernier. Dégénérations aveolaires et gelalmi-

formes, Dégénérations cancéreuses proprement dites, par J. Cruveilhieu ;

Pseudo-cancers et Tables alphabétiques, par Ch. Houel. Pans, 1864,^ni-8

de 420 pages.

p„,.is. Impriuu'rie de E. M.uitinet, me Mignon, 2.

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J..B. BAIIililÈRI^ et riliS,

LIBRAIRES DE l'aCADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE, Hue Hauiefcuillc, 19, ù Paris.

. Octobre 18ÏO. —

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