‹ Traité du palper abdominal: au point de vue obstétrical, et de la version par manoeuvres externesChapitre 28 sur 37 · MORT ET MACÉRÉ. « V · texte numérisé non relu

MORT ET MACÉRÉ. « V

Lorsqu'un fœtus meurt dans la cavité utérine, il subit des modifications ou plutôt des transformations d'autant plus accusées qu'il séjourne plus longtemps. Tous ses tissus se ramollissent, toutes ses formes disparaissent ; il n'y a plus là d'ovoïde fœtal, mais bien une masse inerte et bieptôt informe. Aussi. les sensations qu'on éprouve en pratiquant le palper dans ces conditions sont-elles toutes différentes de celles qu'on constate quand le fœtus est vivant. Mais pour qu'il y ait une différence sensible et bien appréciable, il est nécessaire que la mort remonte au moins à huit jours avant l'examen. C'est du moins ce qui résulte de deux observations dans lesquelles j'ai pu noter le jour de la mort du fœtus et pratiquer le palper tous les jours jusqu'au moment de l'expulsion qui

eut lieu, dans le V^ cas le 16® jour, dans le 2« le 23® jour.

Dans les premiers jours qui suivent la mort, les sensations sont presque les mêmes, surtoutquandle fœtus est accommodé, c'est-à'dire quand la tête plonge dans l'excavation. La résistance cépbalique est nettement perçue et se maintient avec ses caractères pendant 5 à 6 jours. Quant à l'extrémité pelvienne, ses changements propres s'accusent peu, mais il devient de plus en plus facile de la déplacer ; enfin, elle semble se rapprocher de l'extrémité cépbalique, le tronc s'incurvant ou plutôt s'affaissant sur lui-même. Quand, au contraire, la mort a précédé l'accommodation, quelques jours après on trouve la masse fœtale occupant le grand bassin, se massant, se tassant de plus en plus au niveau dû segment inférieur de l'utérus.

Aussi, en pratiquant le palper dans ces circonstances, n'éprouve-t-on qu'une résistance à peine accusée au niveau de l'excavation; en déprimant le segment inférieur de l'utérus, la sensation perçue^ est la même.

Au contraire, dans la région supérieure, on perçoit la résistance très-nette du liquide amniotique.

Une ligne presque franchement horizontale sépare nettement la région au niveau de laquelle on ne trouve qu'une résistance molle, que de l'empâtement, d& celle où se trouve la fluctuation normale.

DES SENSATIONS FOURNIES PAR LE PALPER DANS LES GROSSESSES Dl^.GÉNÉRÉES (mOLE HYDATIFORME, DÉGÉNÉRESCENCE VÉSICU- LAIRE DES VILLOSITÉS) .

N'ayant eu qu'une seule fois l'occasion de pratiquer le palper chez line femme ayjnt une grossesse vésiculaire, j'ai donc peu d'expérience à ce sujet. Le palper me fit constater un

énorme développement de la cavité utérine relativement à rage supposé de la grossesse. Je sentis pendant mon examen plusieurs fois Tatéms se contracter sous mes mains, et naturellement il me fut impossible de percevoir la moindre résistance fœtale, la môle n'étant pas embryonnée.

Je ne pus rencontrer également les saillies arrondies, les bosselures profondes ou superficielles signalées par les auteurs; je ne trouvai que de la résistance, de remi>âtement et pas autre chose.

Cependant la réunion de ces deux circonstances, à savoir : la cavité utérine développée et renfermant une masse gélatiniforme ou liquide, Tabsence de toutes parties solides, pourra être fort utile et, dans nombre de cas, mettre tout au moins le médecin sur la voie du diagnostic.

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