‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 114 sur 251 · Voir notamment l'Observ. III du mémoire cité. j · texte numérisé non relu

Voir notamment l'Observ. III du mémoire cité. j

e. Abcès de la rate. — Les abcès de la rate sont rares chez les palustres ^ Mallet en a rapporté 2 observations et E. Gollin 3.

Dans un des cas de Mallet l'abcès s'ouvrit à l'extérieur, et le malade guérit.

Chez un des malades de E. Gollin l'abcès, qui occupait presque toute la rate, s'ouvrit à travers le diaphragme dans la plèvre gauche. J'ai vu le même accident se produire, mais, dans ce cas, l'abcès de la rate était consécutif à une fièvre typhoïde.

MM. Doué, Villemin et Boutfeu ont publié chacun une observation d'abcès de la rate; dans les trois cas il s'agissait d'anciens palustres.

Fassina dans sa thèse a réuni 9 observations dont 2 nouvelles.

J'ai observé un cas d'abcès de la rate chez un malade qui avait eu plusieurs atteintes de fièvre intermittente, et qui mourut à Bône le 18 octobre 1878 d'une pneumonie chronique avec dilatation des bronches.

La rate était volumineuse, et présentait la teinte brunâtre caractéristique du paludisme ; à la face interne il existait une large plaque fibreuse de périsplénite, l'incision de cette plaque donna issue à un liquide puriforme qui s'échappa avec force, et mit à jour une poche arrondie, de la grosseur d'une pomme de moyen volume; les parois de la poche étaient tomenteuses, recouvertes de pus.

L'examen histologique démontra que la poche était formée par un tissu fibreux très dense ; l'abcès était évidemment en voie de cicatrisation ; la poche exerçait sur le contenu une compression qui aurait facilité la résorption du pus. Il n'y avait pas d'échinocoques dans le liquide, ni de poche kystique tapissant la paroi.

Les abcès de la rate se révèlent d'ordinaire par l'existence d'un point splénique douloureux et par une fièvre hectique ou intermittente irrégulière qui ne cède pas à la quinine. La rate est grosse, sensible à la pression. Lorsque l'abcès est volumineux et situé à la face externe, on constate parfois l'existence d'une poche fluctuante.

L'ouverture de l'abcès peut se faire dans le poumon, dans la

1. Mallet, Des abcès de la rate, Rec. mém. deméd. milit., 1859. — E. Collix, Abcès et gangrènes de la rate dans les affect. palud., Rec. mém. de méd. milit., 1S60. — Doué, Ai^ch. de méd. nav., 1882, p. 478. — Villemin, Rec. mém. de méd. miLit., 1880. — Boutfeu, Arcli. méd. belges, oct. 1888, p. 224. — Fassina, Des abcès de la^rate clans les malad. infectieuses et particulièrement dans la malaria, Th. Paris, 1889.

plèvre gauche, à travers la paroi thoracique ou dans les organes abdominaux : côlon, estomac, péritoine, etc.

f. Gangrène de la rate. — Dans son mémoire sur les abcès de la rate, E. Collin cite 2 cas de gangrène partielle de la rate chez d'anciens fébricitants ; dans un de ces cas la capsule s'était rompue, ce qui avait entraîné une péritonite aiguë.

B. Complications du côté du foie. Ascite. — a. Hépatite chronique. — L'hépatite chronique est une complication fréquente de la cachexie palustre.

Il s'agit d'abord d'une congestion inflammatoire avec augmentation de volume du foie.

Cette congestion se termine souvent par résolution, quand le malade se trouve dans de bonnes conditions au point de vue de l'hygiène générale et du traitement, mais elle peut aboutir à l'hépatite chronique.

La forme la plus commune est la cirrhose atrophique ; dans beaucoup de cas il est difficile de faire la part du paludisme et celle de l'alcoolisme ', mais il n'est pas douteux que le paludisme puisse, à lui seul, donner lieu à la cirrhose atrophique du foie.

J'ai observé, en Algérie, cette complication chez des indigènes qui s'abstenaient complètement de boissons alcooliques.

M. le D'' de Brun a cité des faits semblables ^

Dans deux cas j'ai observé la cirrhose hypertrophique.

Les hépatites chroniques se montrent chez les palustres avec leur ■cortège symptomatique habituel.

Il arrive souvent que le paludisme guérit alors que l'hépatite qu'il a provoquée s'aggrave de plus en plus et finit par entraîner la mort.

b. Ascite. — La cirrhose atrophique du foie d'origine palustre s'accompagne d'ordinaire, comme les cirrhoses atrophiques qui relèvent d'autres causes, d'un épanchement ascitique qui nécessite souvent des ponctions répétées et qui se reproduit avec une grande ténacité.

L'ascite peut aussi être la conséquence de la périsplénite ^

Bien entendu, lorsqu'il existe de l'anasarque avec ou sans albuminurie, on observe également de l'ascite, mais dans ce cas c'est

I.Vekon, Cirrhoses paludo-alcooliques, Arcli. rjén. de méd., 1884, t. II. p. 308.

2. H. DE Brun, Pathogénie et formes cliniques de l'ascite paludéenne, 3° Congrès français de méd. int., Nancy, 1896.

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