ULE DE LA RATE
deviennent beaucoup plus sensibles à l'infection charbonneuse qu'ils ne le sont à l'état normal; la rate protégerait le sang- contre l'invasion des microbes, grâce à sa fonction phagocy taire.
Les travaux de Metchnikoff et de Soudakewitch sur le rôle de la rate dans le typhus à rechute tendent à faire admettre la même conclusion.
En examinant la rate des singes auxquels il avait inoculé le typhus à rechute, Metchnikoff a vu qu'à la fin de l'accès la rate renfermait un grand nombre de spirilles inclus dans les leucocytes.
D'après les expériences de Soudakewitch, les singes dératés résisteraient moins à l'inoculation des spirilles d'Obermeyer que les singes normaux; mais ces expériences ont été infirmées par celles de Tiktine.
Quelques observateurs ont émis l'opinion que la rate contenait une substance bactéricide.
M. leD"" Bezançon qui, dans sa thèse (Paris, 1895), a bien résumé l'état de nos connaissances sur le rôle de la rate dans les maladies infectieuses, arrive à conclure que la fonction de la rate consiste à fabriquer des leucocytes qui se répandent dans tout l'organisme pour accomplir leur œuvre de protection; la rate, dit-il, est moins un organe de combat, dans lequel les microbes sont détruits, qu'un centre de production des leucocytes phagocitaires.
D'après MM. Courmont et Duffau, qui ont expérimenté sur des lapins splénectomisés, la rate, utile dans la défense contre le bacille pyocyanique et le staphylocoque pyogène, serait nuisible dans la lutte contre le streptocoque \
Enfin il résulte des expériences de Blumreich et Jacoby que les cobayes auxquels on a enlevé la rate résistent mieux à l'inoculation des bacilles diphtérique, pyocyanique et cholérique que les animaux non dératés ; leur résistance aux toxines n'est pas augmentée. Avec la bactéridie charbonneuse les résultats expérimentaux sont moins nets ^
Essayons donc, sans tenir compte des données assez confuses de la pathologie générale, de déterminer le rôle de la rate chez les sujets atteints de paludisme.