‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 177 sur 251 · CoMBY, Médecine moderne, 17 avril · texte numérisé non relu

CoMBY, Médecine moderne, 17 avril

MODES D\A.DMINISTRATION DE LA QUININE 34o

On a conseillé aussi de mettre la quinine dans du café, mais il se fait, dans le café, un précipité de tannate de quinine, et par suite le sel de quinine devient moins actif.

Les enfants de 8 à 10 ans et au-dessus peuvent avaler des cachets ou des capsules de quinine.

Pour éviter la sensation de brûlure de la région épig-astrique que quelques personnes éprouvent, à la suite de Fingestion de la quinine, M. le D'Liég^eois recommande de faire prendre la quinine en 2 ou 3 prises à une demi-heure d'intervalle et de Tassocier à moitié d'antipyrine \

Quand on prescrit des lavements de quinine, on n'est jamais sur qu'ils ne seront pas rejetés, avant que l'absorption du médicament ait pu se faire, et on ne sait jamais exactement quelle est la quantité du médicament qui a été absorbée; on ne doit donc employer la voie rectale qu'en cas de nécessité.

Chez les enfants, les lavements de quinine rendent des services, en raison de la difficulté qu'on a de faire avaler le médicament.

On prescrira, pour un adulte, 1 gr. 50 à 2 g'r. de chlorhydrate de quinine dans 120 g'r. d'eau tiède; il est bon d'ajouter quelques gouttes de teinture d'opium pour que le lavement soit mieux toléré. Le lavement médicamenteux sera précédé d'un grand lavement tiède pour vider le rectum.

Chez les enfants au-dessous d'un an, M. le D'' J. Simon donne le chlorhydro-sulfate de quinine en lavements ou en suppositoires, à la dose de 0 gr. 10 à 0 gr. 15, et à celle de 0 gr. 15 à 0 gr. 20 de 1 an à 2 ans.

L'absorption est moins rapide et moins sûre que par les voies digestives supérieures.

Les lavements de quinine et les suppositoires à la quinine sont utiles lorsque les malades ont des nausées ou des vomissements ; on leur préférera les injections hypodermiques toutes les fois que les accidents présenteront de la gravité ; il est indispensable aussi de recourir à la méthode hypodermique s'il existe de la diarrhée en même temps que des vomissements.

La méthode endermique qui consiste à faire absorber les sels de quinine par la peau dépouillée de son épiderme est condamnée; les sels de quinine appliqués sur le derme dénudé provoquent des douleurs et une inflammation très vive, parfois même une gan-

1. Liégeois, Journ. des praticiens, 16 janv. 1896. On verra plus loin que l'antipyrine augmente la solubilité de la quinine.

grcne superficielle. L'absorption de la quinine se fait d'ailleurs difficilement par cette voie.

Les injections hypodermiques qui permettent d'introduire rapidement et avec sûreté dans le sang les doses voulues de quinine, rendent de très grands services dans le traitement des fièvres palustres; on peut dire que, grâce à elles, le pronostic des accidents pernicieux est devenu moins grave qu'il n'était autrefois '.

Le chlorhydrate de quinine, en raison de sa solubilité et de sa stabilité, est de tous les sels de quinine le plus employé pour les injections hypodermiques.

Le chlorhydrate basique de quinine ne se dissout que dans 21 fois son poids d'eau, mais le chlorhydrate neutre est beaucoup plus soluble ; une partie de chlorhydrate neutre de quinine se dissout dans 0, 66 d'eau.

De Beurmann et Villejean recommandent, pour les injections hypodermiques, la solution suivante :

Bichlorhydrate de quinine 3 gr.

Eau distillée . Q. S. pour faire 10 cm^

1 cm'"* de cette solution représente exactement 0 gr. 50 de bichlorhydrate de quinine ^

A défaut de bichlorhydrate solide, on peut utiliser le chlorhydrate basique du commerce, en procédant de la manière suivante : étendre avec de l'eau distillée une certaine quantité d'acide chlorhydrique pur, jusqu'à ce que la liqueur donne au pèse-urine une densité de i, 045 à + 15°. Introduire dans une petite éprou-

1. Arnould, Ballet, de Ihérap., 186o. — Borils, Arch. de méd. nav., 1869. — ViNSON, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 16 octobre 1874. — Gubler, Féréol, Soc. de thérap., 12 janv. 1876. — Dziewonski, Étude clin, sur les inject. hypoderm. de bromhydrate et de sulfovinate de quinine, Th., Paris, 1878. — Jaillard, Dn sulfovinate de quinine au point de vue de la méthode hypodermique. Rec. mém. de méd. milit., 1878, p. 607. — De Beurmann et Vu.lejean, BuUet. (jén. de Ihérap.., 1888, p. 193 et 261. — Pasqcier, De l'emploi du bichlorhydrate de quinine pour les injections hypod.. Th. Paris, 1889. — Marty, Journ. de pharmacie et de chimie, 15 juillet 1894. — Kelsch, Note sur les inject. hypod. de quinine. Arch. de méd. milit., 1895. t. XXV, p. 81.

2. Pour éviter la confusion du chlorhydrate de quinine avec le chlorhydrate de morphine, confusion qui a entraîné quelquefois de très graves accidents, Vigier et Delpech ont proposé avec raison d'écrire en premier, sur les ordonnances et les étiquettes, le nom de l'alcaloïde comme il suit :

MoRPmNE (chlorhydrate).

Quinine (chlorhydrate), au lieu de :

Chlorhydrate de morphine.

Chorhydrate de quinine.

Page 1