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MÉDICATIONS ADJUVANTES 369
verdi en Italie, John Le^vis et Warren aux Etats-Unis ont appelé l'attention sur cette propriété de la quinine (jui a été contestée par bon nombre d'autres observateurs : Chiara, Bazin, Bertrand, etc.
Le paludisme, par lui-même, provoque souvent l'avortement (p. 250) ; la plupart des auteurs admettent aujourd'hui qu'une femme enceinte, afîectée de paludisme, est plus exposée à avorter si on ne lui donne pas de quinine que si on lui en donne ; on doit craindre en outre de voir la fièvre prendre chez elle le caractère pernicieux.
M. le D"" J.-L. Bérard, qui a eu fréquemment l'occasion d'observer, en Algérie, le paludisme dans le cours de la grossesse, n'a jamais vu survenir de complications à la suite de l'emploi de la quinine; il résulte des observations qu'il rapporte que la quinine, loin de provoquer l'avortement chez les femmes atteintes de paludisme, peut au contraire l'empêcher.
D'après Duboué, Cordes, Bontils et Schwab, la quinine n'est pas un agent abortif, mais elle a une action réelle sur le muscle utérin qu'elle excite, quand sa contractilité a été déjà mise enjeu.
C'est ainsi que la quinine pourrait rendre des services pendant le travail de l'accouchement, lorsque le travail s'arrête ou languit.
Le sulfate de quinine serait préférable à l'ergot de seigle, parce que l'ergot provoque une contraction tétanique de l'utérus, tandis que la quinine ne fait qu'activer les contractions intermittentes physiologiques (Schwab).
On peut donc, et l'on doit, donner de la quinine aux femmes enceintes qui présentent des accidents de nature palustre, on procédera seulement, dans ce cas, avec plus de prudence encore que dans les cas ordinaires; on ne prescrira, surtout au début du traitement, que des doses faibles ou moyennes de quinine, si la vie n'est pas en danger.
V. Médicatioiss adjuvantes. Traitement de quelques complications. — Bien que la quinine mérite le titre de spécifique du paludisme, il est souvent nécessaire de recourir à des médications adjuvantes, spécialement dans le traitement des accidents pernicieux et de la cachexie palustre.
On a admis pendant longtemps qu'avant de faire prendre de la quinine à un malade qui a la fièvre et qui présente des symptômes manifestes d'embarras gastrique, il fallait prescrire un vomitif ou un purgatif et au besoin l'un et l'autre ; la saignée était aussi très employée autrefois dans les fièvres palustres.
Laveran, Paludisme. 24
J'ai déjà eu roccasion de dire (p. 351) qu'il était inutile, le plus souvent, de combattre l'embarras gastrique avant de donner la quinine.
Lind insistait sur la nécessité de prescrire immédiatement le quinquina dans les formes graves.
Fodéré s'élève contre l'emploi de la saignée et des éméto-cathartiques dans les fièvres intermittentes subintrantes et dans les accès graves de fièvre palustre. Au sujet de la céphalalgie et de l'état saburral des premières voies qu'on s'attachait à combattre, avant de donner du quinquina, Fodéré dit très justement* : « J'ai appris par mon expérience qu'ici le principal emporte l'accessoire et que le praticien ne doit pas perdre un temps précieux à combattre des accidents qui ne sont que l'ombre de la maladie. »
A Maillot surtout revient le mérite d'avoir montré qu'on devait donner la quinine immédiatement, et à forte dose, aux malades atteints de fièvre continue palustre, sans se préoccuper de combattre les phénomènes inflammatoires, ni les symptômes d'embarras gastrique'.
Tous les médecins c[ui ont exercé dans les contrées palustres, et surtout dans les pays chauds, sont aujourd'hui d'accord pour reconnaître que les évacuants sont inutiles au début du traitement des fièvres palustres, alors même qu'il existe un embarras gastrique très prononcé, et qu'ils sont même dangereux parce qu'ils retardent l'emploi du sulfate de quinine ; on prescrira donc immédiatement les sels de quinine, quitte à reA-enir aux évacuants si l'embarras gastrique persiste, après la disparition de la fièvre.
Tandis qu'on s'efforce de combattre l'embarras gastrique chez un palustre, à l'aide des vomitifs ou des purgatifs, la fièvre peut prendre le caractère pernicieux et entraîner la mort; en donnant immédiatement de la quinine, on fait tomber la fièvre et l'embarras gastrique est ensuite beaucoup plus facile à combattre, si même il ne se dissipe de lui-même, ce qui arrive le plus souvent.
Dans les fièvres intermittentes simples, la médication adjuvante a peu d'importance, il faut seulement soulager le malade, en particulier pendant le stade de frisson des accès.
On donne des boissons chaudes et un peu excitantes, du thé par
1. Fodéré, Leçons sur les épid., t. II, p. 231 ; cité par Maillot, Traité des fièvres intermit., p. 370.