DuBERGÉ, Le paludisme, Paris
5. Quennec, Topographie médicale de Majunga. Arch. de méd. nav., 1895.
MM. Yincent et Burot, médecins de la marine, estiment que la quinine donnée préventivement à la dose de 0 gx. 30 par jour et, dans certains cas, à la dose de 0 gr. 50 à 0 gr. 7S, rend de grands services. « Si la quinine préventive n'empêche pas d'une manière absolue les efTets du paludisme, écrivent ces auteurs, elle les atténue certainement et elle contribue à restreindre les cas d'accès pernicieux et à en diminuer la gravité » (Acad. de médecine, 7 avril 1896).
Pendant les colonnes du Haut Song-Cau (avril-mai 1895), M. le D' Fruitet fit distribuer à tous les soldats européens une dose de 0 gr. 20 de sulfate de quinine par jour; les résultats furent très satisfaisants ^
Le D'' Bonnefoy, cité par le D"" Fruitet, et le D"" Manin ^ ont eu à se louer aussi de l'administration préventive de la quinine.
Le fait suivant, cité par Dubois, témoigne encore de l'efficacité de la quinine administrée d'une façon préventive : 12 officiers quittent ensemble Kayes pour rejoindre leurs postes respectifs sur le Niger; ils ont à traverser le même pays, vivent de la même vie, supportent les mêmes fatigues. A tous on avait conseillé de prendre journellement une petite dose de quinine à titre préventif; trois seulement suivent ce conseil, ils arrivent indemnes à Bammako, des neuf autres un seul échappe à la fièvre ^
M. le D"" Saint-Macary a eu beaucoup à se louer de l'emploi préventif de la quinine pendant l'expédition du Dahomey en 1893 ^
N'ayant pu employer, pendant les premières semaines de l'expédition, la médication préventive contre le paludisme, M. Saint- Macary perdit trois hommes d'accès pernicieux. Du jour, au contraire, oii il put administrer le sulfate de quinine aux doses de 0 gr. 10 à 0 gr. 25, il n'observa plus un seul accès pernicieux.
Au mois de février 1893, une compagnie qui reçut l'ordre de se transporter à Goho, plateau relativement salubre, abandonna la médication préventive ; les hommes de cette compagnie présentèrent, dans le mois qui suivit, de nombreux accès pernicieux dont plusieurs entraînèrent la mort.
Le D"" Le Ray, dans son rapport sur la colonne expéditionnaire
1. Fhuitet, Rapport d'ensemble concernant le service médical des colonnes du Haut Song-Cau, Arch. de méd. nav., 1896, 2, p. 5.
2. Manin, Rapport médical sur la colonne dirigée dans le Haut-Niger contre Bossi, Ibid., 1896, 2, p. 50.