Labbé, Arch. de zoologie expérim
noyaux secondaires, les sporozoïtes sont groupés tantôt en rosace, tantôt en éventail, ils restent attachés plus ou moins long-temps au reliquat central oii sont accumulés les g-rains chromatoïdes et les grains de pigment, enfin ils se séparent et se trouvent à l'état libre dans le sang-. La forme flag-ellée serait une phase de dégénérescence.
Proleosoma se montre d'abord, comme le parasite précédent, sous l'aspect de vacuoles claires, dans lesquelles le pigment n'apparaît que plus tard; il existe un noyau et un nucléole.
A une phase plus avancée, le parasite se présente tantôt sous l'aspect de corps pyriformes ou réniformes, tantôt sous la forme amiboïde; d'où le nom de Proteosoma. Les deux formes donnent des corps sphériques dans lesquels prennent naissance des sporozoïtes. Il peut y avoir deux sortes de sporulation : sporulation précoce en rosette ou en morula, sporulation tardive donnant lieu à un grand nombre de sporozoïtes.
Le parasite est toujours endoglobulaire.
Il y a un stade à flagelles.
Les mouvements des formes amiboïdes sont très lents, très peu prononcés.
Les oiseaux ont souvent des accès de fièvre. On voit que les deux espèces décrites par M. Labbé correspondent aux formes chroniques et aiguës de Danilewsky; il est bien probable qu'il s'agit, non d'espèces distinctes, mais de variétés d'un même parasite.
On trouve souvent les deux formes dans le sans- des mêmes oiseaux (alouettes, pinsons) ; il faudrait donc admettre, dans l'hypothèse de deux espèces distinctes, que les infections mixtes sont de règle.
En général la présence des hématozoaires n'entraîne pas de troubles morbides chez les oiseaux; mais, à cet égard, il faut distinguer la forme aiguë de la forme chronique.
Dans la forme chronique l'absence de troubles morbides est la règle ; dans la forme aiguë, caractérisée par les éléments sporulés, on observe au contraire des troubles morbides plus ou moins graves : élévation de la température, perte de l'appétit, amaigrissement; quelquefois des mouvements convulsifs se produisent et les animaux meurent (Danilewsky).
J'ai constaté, comme Danilewsky, que la forme aiguë de la maladie entraînait souvent la mort.
HÉMATOZOAIRES ENDOGLOBULAIRES CHEZ LES ANIMAUX 461
Di Mattei a contesté l'existence de ces troubles morbides et en particulier de la fièvre chez les oiseaux infectés, mais il a fait ses observations chez des oiseaux atteints de la forme chronique de l'infection; on comprend, par suite, qu'il soit arrivé à des conclusions qui diffèrent de celles de Danilewsky et des miennes.
Lorsque les oiseaux meurent, on trouve à l'autopsie des lésions qui rappellent de très près celles du paludisme aigu : le sang est très pauvre en globules rouges et on y rencontre beaucoup d'éléments pigmentés, la rate est tuméfiée, brunâtre ; lorsqu'on examine une parcelle du parenchyme splénique on y trouve, comme dans la rate des sujets morts de fièvre pernicieuse, un grand nombre d'éléments pigmentés.
La moelle des os ne semble pas être chez les oiseaux, comme elle l'est chez les tortues, un siège d'élection des parasites.
C. Comment se fait l'infection? — Lorsque Danilewsky eut fait connaître ces parasites des oiseaux, si voisins de ceux du paludisme, j'espérai qu'on allait pouvoir instituer des expériences, bien difficiles à faire sur l'homme, qu'on découvrirait comment se fait l'infection chez les oiseaux et qu'on arriverait ainsi à résoudre la question du mode d'infection dans le paludisme. On va voir que cet espoir a été déçu et que la question du mode d'infection est ici aussi obscure, sinon plus, que dans le paludisme.
Danilewsky a constaté que de jeunes oiseaux qui ne volent pas encore, et qui sont dans des nids situés sur des arbres élevés, peuvent être infectés; en règle générale tous les jeunes recueillis dans un même nid sont infectés ou sains; d'autre part on n'observe pas d'hématozoaires chez les jeunes oiseaux qui se nourrissent eux-mêmes en sortant de l'œuf \
Danilewsky a conclu de ces faits que les parents peuvent infecter leurs petits en les nourrissant.
Ce mode d'infection des oiseaux a été contesté; Grassi, Feletti et di Mattei n'ont pas trouvé d'hématozoaires dans le sang des oiseaux nouveau-nés ; d'après ces observateurs, les parasites ne se rencontrent que chez les jeunes qui peuvent déjà voler, et l'infection a lieu par le milieu ambiant ^
Grassi et Feletti ont constaté l'existence de petites amibes dans les fosses nasales de pigeons sains qui avaient été exposés pendant