‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 73 sur 251 · Mégnin, Acad. de méd., 15 oct · texte numérisé non relu

Mégnin, Acad. de méd., 15 oct

Le Nagana fournit un exemple remarquable d'une maladie produite par des hématozoaires et transportée par des insectes.

D'après les recherches de David Bruce, les accidents auxquels donne lieu la piqûre de la mouche tsétsé sont dus à ce que cette mouche transporte sur son dard des hématozoaires analogues au Trypanosoma Evcmsi, qui produit aux Indes la maladie connue sous le nom de Surra. (Ch. xn.)

Le Nagana ou maladie de la mouche tsétsé, très commun dans le Zoulouland chez les chevaux et chez les chiens, est caractérisé par de la fièvre, par de l'œdème du tissu conjonctif sous-cutané et par une destruction rapide des globules rouges; on trouve constamment dans le sang des trypanosomes et quelquefois en nombre prodigieux; Bruce en a compté jusqu'à 73 000 par cm^ de sang K ■ "

La piqûre de la mouche tsétsé n'est dangereuse que si l'insecte a sucé auparavant le sang d'un animal atteint de Nagana; le dard reste couvert d'hématozoaires qui sont inoculés au moment où la mouche pique un animal sain.

L'expérience suivante qui a été faite sur des chiens est très intéressante : on enferme des mouches dans un sac de gaze, on les place d'abord sur un animal malade, puis sur un animal sain; quelques jours après, ce dernier présente les symptômes du Nagana ■et les parasites apparaissent dans le sang.

Bruce a réussi à provoquer la maladie en dehors de son foyer endémique en faisant piquer un cheval par des mouches recueillies dans la zone dangereuse ^

in. Le paludisme est inoculable d'homme a homme. — En 1880 Dochmann a essayé d'inoculer le paludisme d'homme à homme en se servant de la sérosité des vésicules d'herpès qui s'étaient développées chez un malade atteint de fièvre intermittente \ Les résultats de ces expériences doivent être considérés comme négatifs.

J'ai écrit en 1881 qu'on réussirait vraisemblablement à inoculer

1. Il paraît très probable que cette maladie est la môme que celle qui a été décrite par M. Piep.he au Soudan comme une manifestation du paludisme chez le cheval {Rec. de méd. vétér., 30 mars 1896).

2. David Bruce, Rapport préliminaire sur le Nagana ou maladie de la mouche tsétsé dans le Zoulouland. Anal, de M. Duclalx, in Ann de l'Inst. Pasleur, 1896, p. 189.

3. Dochmann, Virchow's und Hirsch's Jahresb., 1880. — V.-J. Ciiassin, Sur l'inoculation de la fièvre intermittente, Th. Paris, 1885.

Laveban, Paludisme. 9

130 ÉTIOLOGIE

le paludisme d'homme à homme en injectant dans les veines d'un homme indemne de paludisme du sani^ pris chez un malade atteint de fièvre palustre et renfermant les hématozoaires que je venais de faire connaître; les faits n'ont pas tardé à me donner raison.

Quelques observateurs ont obtenu des résultats positifs en inoculant le sang' palustre dans le tissu conjonctif, mais ce procédé est moins sur que le précédent.

Gerhardt qui a injecté du sang palustre, 4 gr. environ, dans le tissu conjonctif de malades atteints d'affections chroniques étrangères au paludisme, dit avoir réussi deux fois à provoquer la fièvre intermittente .

Les observations de Gerhardt sont peu probantes, mais nous verrons plus loin que Bein, Calandruccio et di Mattei ont obtenu des succès par ce procédé.

Mariotti et Ciarocchi ont inoculé le paludisme par injection intra-veineuse ; les inoculations faites dans le tissu conjonctif souscutané ne leur ont donné que des résultats négatifs \

Marchiafava et Celli ont réussi également à transmettre le paludisme par injection intra-veineuse, tandis que les injections sous-cutanées ne leur donnaient que des résultats négatifs ; ils ont vu les hématozoaires apparaître dans le sang des individus inoculés, en même temps que se produisaient des accès réguliers et bien caractérisés de fièvre intermittente qui cédaient aux sels de quinine.

Une seringue de Pravaz soigneusement stérilisée servait à faire les injections intra-veineuses et on se conformait rigoureusement aux règles de l'antisepsie pour cette opération. La pointe de la canule était enfoncée dans une des veines du pli du coude chez un malade atteint de fièvre palustre, une petite quantité de sang (1 gr. au plus) était aspirée et injectée immédiatement dans une des veines du pli du coude d'un sujet indemne de paludisme.

Les observations I et III de ces auteurs sont particulièrement probantes et ne paraissent laisser aucun doute sur le succès de l'inoculation ^

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