Revue d'hygiène, 1880, p
Palcdismeet Béribéri *. — Au Brésil, Macedo Soares, J. de Faria, jaraiva, Torres Homen ont admis que le béribéri était une forme je la cachexie palustre.
Nous ignorons encore la cause du béribéri; il paraît démontré pe le paludisme ne joue ici encore que le rôle de cause prédisposante.
, Paludisme au point de vue cfflRURGicAL*. — Comme Ta très bien Bontré Verneuil, il est important pour le chirurgien de savoir si |bs blessés qu'il doit soigner ou opérer sont entachés de paludisme.
Les traumatismes réveillent presque toujours le paludisme qui sxistait à Tétat latent et la fièvre palustre vient alors compliquer A aggraver les accidents; d'autre part les plaies sont sujettes, chez b palustres, à des complications plus ou moins graves.
Les plaies des cachectiques ont mauvais aspect, elles se cica- Irisent difficilement; l'ulcération, le phagédénisme, les hémorra- J;ies, la gangrène ne sont pas rares.
Delpech et Bouisson ont décrit, chez les opérés palustres, des bémorragies intermittentes qui cèdent à la quinine.
On a vu plus haut que les streptocoques se développent facilement dans lès organismes aiîaiblis par le paludisme.
On doit différer toute opération chez les palustres tant que la flèvre n'a pas été coupée ; lorsqu'une intervention chirurgicale est nécessaire, chez un malade qui a eu antérieurement la fièvre intermittente, il est indiqué de prescrire la quinine préventivement.
La consolidation des fractures est difficile chez les individus atteints de fièvre palustre ancienne (Taïeb ould Morsly).
Paludisme et grossesse'. — 11 y a lieu d'examiner l'influence du paludisme sur la femme et sur le fœtus.
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2. Cocuo, De l'influence de Timpaludisme sur la marche des affections chirurgie, ««c. mém. de méd. milit., 1866, t. XVII. — Taïkb ould Morsly, Th. Montpellier, 1881. -- Vbbkeuil, Du paludisme considéré au point de vue chirurgical, Paris, 1883, et «m. de chirurgie, t. III. — Good, De l'influence de l'impaludisme sur la marche *llaguérison des plaies. Th. Bordeaux, 1888.
3. Dupuy, Th. Montpellier, 1879. — Cuzzi, Annali di ohstetrica, 1880. — BuREAr, «eptte mens, de méd. et de Mr., 1880. — Billon, Th. Paris, 1882. — Chiarleoni, jnn. univers, dimedicina, avril 1886. — Bonfils, Th. Paris, 1885. — Gasset, Récidive Je fièvre intermit. par traumatisme puerpéral, Paris, 1891. — Lasfaroues, Th. «onlpellier, 1891. — Merz, Des rapports de la malaria avec la grossesse. Travaux Jq comité d'études d'Alger, 1893. — Chambrblent, Paludisme et grossesse. Gaz. heb- ^^' de méd. et de chir., Paris, 30 juin 1894.— Weathbrly, Congrès méd. de l'Inde, Ç^^culla, 1894. - H. D. Fry, Fièvre puerpérale malarique, Americ. journ.of Obste tries, J*ûT. 1897.
âSO FORMES CLINIQUES
L'état de grossesse ne donne pas Timmunité pour le paludisme comme Font soutenu autrefois quelques auteurs; il ne semble pas non plus qu'il constitue une cause prédisposante; mais le paludisme prend souvent, chez la femme enceinte, des formes graves: Taction anémiante de Tétat de gestation s'ajoutant à celle du paludisme, la fièvre aboutit rapidement à la cachexie.
L'avortement et Taccouchement prématuré sont très communs chez les femmes atteintes de paludisme; la fréquence de 'ravorlement est signalée déjà par Hippocrate comme une des conséquences de la cachexie palustre.
Aux Indes, contre 58 accouchements à terme, il y a 28 avortements, soit 46,6 pour 100, alors qu'en Angleterre, contre 36 accouchements à terme, il n'y a que 2 avortements, soit 3,56 pour 100 (A. J. Wkatherly).
Le sulfate de quinine a été accusé de jouer un rôle important dans cette fréquence des avortements ; j'aurai l'occasion de revenir sur ce point (V. Ch. x), mais je puis dire, dès à présent, que la plupart des observateurs s'accordent à reconnaître que la meilleure manière d'empêcher l'avortement est de traiter le paludisme, et de donner par conséquent de la quinine, mais avec prudence.
La mort du fœtus précède, le plus souvent, raccouchement avant terme.
On a vu (p. 136) que l'infection palustre peut être transmise de la mère au fœtus; cette transmission est bien loin d'être constante; le plus souvent les enfants nés de mères palustres sont seulement chétifs; leur poids est inférieur à celui des enfants nés dans les conditions ordinaires.
A la suite de l'accouchement il faut craindre, chez les femmes atteintes de paludisme, des hémorragies utérines graves; la fièvre intermittente se réveille souvent, comme elle se réveille à la suite des traumatismes ou des opérations chirurgicales.