Ball, Art. Mâlan^mie du Diction, encyclop. des «c. méd
Latbrah, Paladismc. 17
des hématies détruites dans la rate, par suite de la stagnation du sang dans les sinus veineux ; comme Frerichs, il admet que d'autres organes, le foie par exemple, peuvent concourir à la formation du pigment.
Bail se demande pourquoi la mélanémie ne s'observe que dans le paludisme. < Pourquoi cette coïncidence? Pourquoi d autres maladies accompagnées d'une tuméfaction considérable de la rate, le typhus, la fièvre typhoïde par exemple, ne donnent-elles jamais (ou presque jamais) lieu à la mélanémie? C'est là un problème jusqu'à présent insoluble. » (0;^. cit,, p. 354.)
Sur le rôle joué par le pigment, dans la pathogénie des accidents du paludisme, Bail fait les plus grandes réserves : < La théorie Je la mélanémie envisagée comme cause efficiente des phénomènes les plus graves des fièvres intermittentes pernicieuses, est aujourd'hui, dit-il, presque complètement abandonnée en Allemagne, du moins il se fait autour d'elle un silence significatif » .
Niemeyer, que cite B. Bail, a écrit qu'on ne pouvait pas toujours expliquer les accidents cérébraux qui surviennent dans les fièvres palustres graves, par une accumulation du pigment dans les vaisseaux capillaires du cerveau, il n'a pas méconnu complètement l'importance de la mélanémie. « Il est hors de doute, écrit-il, que dans les formes graves de la fièvre intermittente on trouve souvent une forte accumulation de pigment dans le sang. » Et un peu plus loin : « Parmi les fièvres intermittentes pernicieuses, compliquées dans un sens restreint, il faut compter les cas dans lesquels la maladie emprunte son caractère de malignité à des hyperémies, à des épanchements sanguins, à des inflammations et peut-être aussi à des troubles de la circulation déterminés dans divers organes par des masses pigmentaires qui oblitèrent les capillaires. » (Niemeyer, Traité de pathol. int., trad. franc., 1869, t. II, p. 770.) Arnstein de Kasan dit avoir recherché en vain la mélanémie cérébrale chez des sujets morts de fièvre pernicieuse, alors même que, pendant la vie, il avait pu constater dans le sang l'existence de granulations pigmentaires libres ou incluses dans les leucocytes, et il en conclut que la théorie de Frerichs sur le rôle du pigment dans les fièvres graves n'est pas exacte. Arnstein cite cependant les travaux de deux médecins russes, Fenenko et Tscheglow, qui ont constaté l'accumulation du pigment dans les capillaires du cerveau chez des sujets morts d'accidents pernicieux *.
1. Arrstiik, Arch. de Virchow, 1874, Revue de Hayemy t. V, p. 494.
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M. le D' Hallopeau, qui a donné une excellente description de la mélanémie *, pense, lui aussi, que la mélanémie n'est pas constante dans le paludisme et qu'on peut la rencontrer dans d'autres maladies. « Il n'est pas, à la vérité, de maladie où elle soit aussi fréquente et aussi prononcée (que dans le paludisme), mais ce serait une erreur de croire qu'elle lui appartienne exclusivement : on l'a constatée dans diverses autres affections et tout récemment Nepveu a montré qu'elle peut exister dans la mélanose généralisée > (pp, cit. y p. 33).
Les particules noirâtres, de forme et de volume variables, qui se rencontrent quelquefois dans le sang des malades atteints de mélanose généralisée', différent complètement des grains pigmentés réguliers du sang palustre; il s'agit de particules détachées des tumeurs métalliques.
D'après M. Hallopeau la mélanémie serait une conséquence des congestions qui se produisent chez les palustres, c II paraît très probable que l'altération peut se développer sur place, dans les divers oi^anes où on la rencontre, et nous croyons qu'il faut chercher la cause de la mélanémie dans les violentes congestions que provoque l'intoxication palustre; c'est ainsi seulement que l'on peut s'expliquer comment le pigment est aussi inégalement distribué dans les différents viscères » {op. ciL^ p. 38).
M. le D' Kelsch a publié en 1875 et en 1880 deux mémoires importants sur la mélanémie palustre.
Dans le premier de ces mémoires M. Kelsch signale la fréquence des leucocytes mélanifères dans le sang des malades atteints de fièvre palustre grave, et il étudie la distribution du pigment dans lesdiflérents organes, chez les sujets morts de fièvre pernicieuse '. Le deuxième mémoire est consacré à l'étude des rapports de la mélanémie avec le paludisme et des causes de la mélanémie. L'auteur arrive à cette conclusion, très justifiée, que la mélanémie est une lésion particulière au paludisme et que, par suite, elle a une très grande importance au point de vue du diagnostic des fièvres palustres*.
D'après M. Kelsch le pigment provient de la destruction des
1. Art. Mélanémie du Nouv. diction, de méd. et de chir. pratiques.
2. Nepvbd, Mém. de la Soc. de biologie et Gaz. méd., 1874. — Clauzbl et A. Hiun- Tiux, Art. Mélanose du Diction, de méd. et de chir. pratiques.