DE L'INTERMITTENCE
II ne paraît pas douteux que la phagocytose soit une des causes de rintermittence des accidents palustres.
On a vu (p. 74) que certains observateurs admettent l'existence de parasites différents pour la tierce, pour la quarte et pour les fièvres irrégulières. Le parasite de la tierce accomplirait son évolution en deux jours, celui de la quarte en trois jours, la fièvre quotidienne serait tantôt une double tierce, tantôt une triple quarte.
Je crois avoir montré que toutes les probabilités sont en faveur de Texistence d'un seul parasite ; je ne reviendrai pas sur cette question, je me contenterai de faire remarquer que les types de la fièvre intermittente n'ont, ni la régularité, ni la fixité qu'ils devraient avoir s'il s'agissait d'un phénomène lié h l'évolution de parasites se reproduisant toujours dans le même laps de temps.
Pour expliquer les types si nombreux, si changeants de la fièvre palustre, il faut tenir compte à la fois du microbe qui, suivant les pays, a une activité plus ou moins grande, et de l'organisme humain qui réagit d'une manière variable.
Dans nos climats, le microbe du paludisme trouve des conditions moins favorables à sa pullulation que dans les pays chauds, il perd de son énergie et par suite il provoque des fièvres moins graves, moins continues.
Sous l'influence de conditions exceptionnellement favorables au développement du paludisme, on peut voir apparaître d'ailleurs, dans nos pays, les formes graves du paludisme intertropical (continues palustres, accès pernicieux).
La manière dont l'organisme réagit varie manifestement d'un malade à l'autre.
Lorsqu'un Européen arrive dans les pays chauds et qu'il contracte le paludisme, la première manifestation est presque toujours une fièvre continue; plus tard, lors des rechutes qui ne manquent guère, la fièvre prend le caractère intermittent.
Chez les sujets anémiés, affaiblis déjà par plusieurs atteintes de fièvre, les accès sont en général moins forts que dans les fièvres de première invasion et ils ne se reproduisent qu'à de longs intervalles.
On s'explique ainsi qu'on observe souvent des types différents
du tissu conjonctif et de répithélium pulmonaire; le nom de macrophages a été proposé par MetchnikofT pour désigner ces derniers éléments qui sont en général ijeaucoup plus grands que les leucocytes ou microphages.
Lavbrar, Paludisme. 19
chez les indigènes des pays palustres et chez les individus qui arrivent dans ces pays.
En Algérie le type quarte, très rare chez les Européens, est fréquent chez les Kabyles; au Sénégal, le type tierce est commun chez les indigènes, alors que les Européens ont presque toujours des quotidiennes.
Le système nerveux s'accoutume à Firritation produite par la présence des microbes du paludisme dans le sang, de même qu'il s'accoutume à certains irritants externes qui finissent par ne plus l'impressionner.
Rôle de la rate, — Le paludisme est une des maladies dans lesquelles les lésions de la rate sont les plus constantes et les plus profondes, il est donc intéressant, au point de vue de la pathologie générale, comme à celui de la pathologie spéciale du paludisme, d'étudier ici le rôle de la rate *.
Les travaux entrepris dans le but d'élucider le rôle de la rate dans les maladies infectieuses ont abouti trop souvent à des résultats contradictoires *.
D'après Fodor et Lubarsch, ce sont les organes parenchymateux qui permettent aux microbes pathogènes d'échapper à l'influence nocive du sang; les microbes se réfugient dans ces organes, et en particulier dans la rate, et ils s'y trouvent dans des conditions beaucoup plus favorables à leur développement que dans le sang.
Wyssokowitsch a constaté que les microbes injectés dans le sang des animaux disparaissent rapidement de la grande circulation, mais qu'on peut les retrouver, après un laps de temps souvent assez long, dans les organes à circulation lente ; des spores de B. siiblilis étaient encore vivantes dans la rate au bout de trois mois.
D'après Fodor, Lubarsch et Wyssokowitsch, la rate favoriserait donc la conservation des germes pathogènes ou du moins de certains de ces germes dans l'organisme.
Roger, KourlofF, Martinotti et Barbacci concluent de leurs expériences que la splénectomie n'a aucune influence sur la marche de l'infection charbonneuse chez les animaux.
Bardach a constaté, qu'après ablation de la rate, les chiens