SiouAN, Th. Montpellier
M. le D' Cardamatis a employé le bleu de méthylène en Grèce dans 240 cas de fièvres intermittentes ou de continues palustres. La dose ordinaire a été de 0 gr. 50 à 0 gr. 60 par jour chez Tadulte, en 4 cachets. Dans 193 cas sur 240 la fièvre n'aurait pas reparu passé le 10° jour et, dans 221 cas, passé le 12° jour du traitement. Malheureusement M. le D' Cardamatis dit avoir souvent associé la quinine au bleu de méthylène, ce qui enlève beaucoup de valeur à sa statistique *.
C. Ferreira* et Moncorvo' ont employé le bleu de méthylène dans le traitement de la fièvre palustre chez les enfants.
Moncorvo a donné 0 gr. 15 à 0 gr. 20 de bleu de méthylène au début et jusqu'à 0 gr. 40 en 24 h., en 4 ou 5 prises. Il n'y a pas eu d'accidents. Le bleu de méthylène employé était chimiquement pur. Les résultats ont été satisfaisants.
A côté de ces succès du bleu de méthylène il faut enregistrer des insuccès.
G. Mya, qui a employé le bleu de méthylène en injections hypodermiques, a constaté que ces injections étaient assez douteoreuses et que l'action sur l'évolution de la fièvre était peu marquée *.
Senator et Strasmann n'ont retiré aucun bon résultat du traitement de la fièvre palustre au moyen du bleu de méthylène '.
Bein a trouvé des hématozoaires dans le sang d'une malade qui prenait du bleu de méthylène depuis 15 jours et qui pendant 12 jours avait pris ce médicament à la dose de 1 gr. •.
Pour ma part, j'ai prescrit plusieurs fois, sans succès, le bleu de méthylène à des malades atteints de fièvre intermittente, et je me suis assuré qu'on n'arrivait pas à colorer par ce moyen les hématozoaires du paludisme dans les vaisseaux, non plus que les hématozoaires endoglobulaires des oiseaux; chez les oiseaux en ffj
expérience, le bleu de méthylène, injecté sous la peau à forte dose, finissait par colorer les noyaux d'un certain nombre d'hématies et la mort arrivait, avant qu'il fût possible de colorer les hématozoaires.
En somme le bleu de méthylène ne saurait être substitué sans
1. Cardamatis, De l'emploi du bleu de méthylène dans le traitement des fièvres palustres. Rapport de A. Lavbran, Âcad. de médecine, 13 avril 1897.