R. W. Felkiit, Edinhurg med. j'ourn., juin
i38 ÉTIOLOGIE
J. Frank, Richard (de Nancy), Boudin, Ebrard (de Bourg), Baxa de Pola, Felkin, Thomas ont admis qu'une nourrice atteinte de fièvre intermittente pouvait transmettre cette maladie à l'enfant qu'elle allaitait*.
Aucune des observations qui ont été citées ne démontre la réalité de ce mode d'infection; tantôt le diagnostic des accidents obsenés chez Tenfant est douteux, tantôt l'enfant a été soumis aux mêmes causes d'infection (jue la nourrice et rien ne prouve que le lait doive être incriminé.
Une femme qui a la fièvre palustre est assurément une mauvaise nourrice et on comprend que des accidents se produisent chei l'enfant qu'elle allaite, mais il paraît improbable qu'elle puisse transmettre le paludisme à cet enfant.
V. Incubation, sa durée, état latent. — Il existe de grandes divergences entre les auteurs au sujet de la durée d'incubation du paludisme.
D'après Lind la fièvre se déclare tantôt immédiatement après qu'on a été exposé à l'action des émanations marécageuses, tantôt après 2 ou 3 jours et quelquefois du dixième au douzième jour seulement.
Baumes fixe à S ou 1 jours la durée ordinaire de l'incubation.
Nepple admet que l'action du miasme est immédiate.
Ferrus rapporte les faits suivants : « En 1811, ayant pas.sé 12 jours avec un détachement de 300 chasseurs de la vieille garde à Breskens* (rive gauche), et me félicitant de n'avoir eu pendant ce temps qu'un seul malade, je fus péniblement surpris lorscjuo dès la première journée de marche 10 chasseurs éprouvèrent uno fièvre violente. Le lendemain il y eut plus de 20 malades avant d'arriver à Anvers, et pendant les 2 jours que nous passâmes dans cette ville, leur nombre s'éleva à plus de 80. Officiers et soldats, tous étaient pris de fièvres intermittentes fort intenses et rebelles au quinquina. Quelques-unes prenant le caractère pernicieux dos fièvres de Flessingue furent promptement mortelles... L'un de nous ne fut pour la première fois atteint de fièvre que sur les bords du Niémen dans un pays fort sain et 6 mois après avoir quitté la Hollande. » (Art. Endémies, Diction, de méd. en 30 vol.)
1. Boudin, Traité des fièvres inlermit.. 1842, p. 193. — Thomas, Arch, der Hcilkunde, 1866. — A. Garles, Les fièvres inlermit. chez les enfants, Th. Paris, 1S81. — Felkin, Communie, à la Soc. obstétricale d'Edimbourg, 13 fév. 1889.