Obs. LVl de mon Trail6 des fièvres palustre
2. titLHAN TnoMi>MN, >'ales sur les urganismes de la malaria dans Irun n ft*cc la nivrc typhoïde, Amtric. Joarn. of mtd. je., 1804. — U. VincCRT, A<^ mM., 39 ocl. 18Q3, et Merendi médical, 4 déc. 1899.
Maladies intercurrentes 341
Baccelli et Âscoli disent n'avoir jamais observé cette forme à Rome, où cependant la fréquence du paludisme et de la fièvre typhoïde devrait favoriser son développement*.
Les symptômes, la marche, les lésions anatomiques de la fièvre typhoïde sont, en Algérie, à très peu près les mômes qu'en France; il est à noter seulement que, pendant la période des chaleurs, la gravité de la maladie .est augmentée.
En résumé : le paludisme et la fièvre typhoïde constituent deux entités morbides bien distinctes, qui relèvent de causes différentes et qui ne peuvent pas se transformer Tune dans l'autre, mais qui coexistent souvent.
Le paludisme en diminuant la force de résistance de l'organisme joue à l'égard de la fièvre typhoïde, comme à l'égard d'autres infections, le rôle de cause prédisposante.
Le paludisme reste, en général, à l'état latent chez les sujets qui contractent la fièvre typhoïde.
D'après H. Vincent, des fièvres produites par l'association des microbes du paludisme et de la fièvre typhoïde, il faudrait distinguer des fièvres coli-malariennes produites par l'association de l'hématozoaire du paludisme et du coli-bacille.
Paludisme et fièvre récurrente. — Mamoursky a trouvé en même temps, dans le sang d'un malade, des spirilles d'Obermeyer et des hématozoaires du paludisme; la quinine fit disparaître les hématozoaires mais non les spirilles*. Pendant la convalescence, il y eut une rechute de fièvre intermittente et les microbes du paludisme reparurent dans le sang.
P. Braslavsky et 0. Lourié, H. Soulié et Gardon ont publié des cas semblables *.
Paludisme et variole. — J'ai observé en 1881, à l'hôpital de Constantine, plusieurs cas intérieurs de variole ou de varioloïde, chez des malades en traitement pour fièvre intermittente; la source de la contagion n'était pas douteuse, le service des varioleux était en effet, à cette époque, très mal isolé des salles communes.
Chez plusieurs de ces malades j'avais constaté, au moment de l'entrée à l'hôpital, l'existence dans le sang des microbes du paludisme; un nouvel examen, fait pendant la fièvre d'invasion de la
1. Bagcblu, Subcontinua tifuîdea, Roma, 1876. — Ascoli, SulTutilita delT esamc <lol sangue nella diagnosi di malaria, Roma, 1892.
2. Mamoursky, Medicinskoïe Obozrenie, in Méd. moderne, ISjanv. 1896.
3. P. Bhaslaysky et 0. LouRié, Medic, Obozrenie, octobre 1898. — H. Soulié et Cardon, BuUetin méd, de VÀlgérie, 30 juillet 1905.
variole, me montra que les éléments pnrasiliiires avaient «lisparn*
J'ai été frappé île la gra\-it6 de la variole dans plusieurH de res ras. Un des malades eut des abcès sur difTérents [loints du corps, et dps arthrites suppurées multiples, notamment au niveau desarlicu- Intions slerno-claviculairea, qu'il fallut ouvrir. Il gut^rït, mais après une loHj^ue suite d'accidents qui mirent plus d'une fois sa vie en ilanser. Un autre malade succomba rapidement à uin> variole hémorragique,
Palcdismii: et streptococcie, EnïsipÈi.1-:. — Le parasite du p.iludisme n'entraine jamais de suppurations par lui-mémo', mais îl peut s'associer aux microbes de la suppuration et en particulier au streptocoque'.
L'érysîpèle est une complication assez commune de la cachexie palustre; j'ai eu l'occasion de l'observer plusieurs fois et de constaler sa gravité chez les cachectiques *. ^^M
Paludisuk et tubercclosl. — Ici encore nous rencontronS'^H doctrine de l'antagonisme. ^B
Boudin pensait que la phtisie pulmonaire était très rare dans W localités palustres et qu'au contraire les localités dans lesquelles la phtisie était commune se faisaient remarquer par le petit nombre et le peu de gravité des fièvres intermittentes; en il'autm termes, que la cause des lièvres palustres déterminait dans l'oi^g^ nisme humain une modification profonde qui le rendait réfraelaire â la tuberculose '.
Mitchell, Folley, C. Broussais et bon nombre d'autres observftteurs ont constaté, après Boudin, que la phtisie était beaucoup plOB
1. Cmnriip ils liiBpatoiaiwnt en (téiii-ral i|tiniid In iti>vri? lyplioîdp surri^nl damh V ours du jjoludisiiie.
2. SjtHOM. de Itiu de Janeîni. a décrit àea alicëi truids paludéens <Sor. dt dUr^ H révriiT IN8fl|i Im uiicnthc» iib!>ervt-ii par Sabola dans le pns D'avaiiMit tien df l'ummun ovec niùmiitiuiMirii du paludisme. Lm abcta miisculairas i|iii ont éM otistTvi's II u Pli I m- f. lis clii'i Ifis palustres (Piron. TU. Bordeoux, 1(017) *'ex]>liqu«Dl aussi par une oMociiitiim mirruliienDe.
3. ItkRKRn. Ktude Hur ijunlquai cas mnrlcls do malarin, Bultimore, III03. i. Obwrv. ÎH,IV .-1 XLV de mon Trail* d™ Ouvres |wlustres.
S. Botrom. De rîulliii'an! dv* localité uisréca^uaes sur la fr^iueuce et ta mardi'' de la phtisie. Aiui. d'hjt/. pnbl. i-l dr ntM. Ug.. ISifi, — Masib, L'aula^atsmc aatK le paludisiue et la phlisi^ iiuliuonairt' n'existe paii un Algi>rie, Hrr. mém. d* nMtnifif., 1808, 3' B6rle, t. XX. p. I2i. — L. LnvtKAK, Art. AHrAaoNrsMC du Met. «m;rlop. dn te. méd. — ToMUASi (^RUDELI, Hieiita di Uologita. IH73. — MARCaiAVATl ri Fhuuhmi, Acai. de m>U. de flomr, 1881. — Os Bhuh, llocsiÂKia, TubnrcolMe rt paludisme. Congrfs pour l'^ladr de la luberruloir, juillet IMSS. — A. H«ling(, Du paludisme dans ses rapiiorts avec la tuhrrculojtc, Tli. Lrcm, (801. — Komos. Cmtrib. à In lubercultiwi d'oriftinn pnlud.. l'.ongrèt pour fitade dr la l Coiiiple rendu, p. 217. — AsiMLi, op. éd.. Iliime. 18U2.
rare en Algérie qu'en France; Nepple a fait la même remarque pour la Bresse.
Doboué n'a jamais observé à Pau la coexistence de la tuberculose et du paludisme chez les mêmes sujets, mais il convient de remarquer que les tuberculeux qui sont à Pau ne s'exposent guère à contracter le paludisme.
E. Collin, dès 1848, et plus tard Masse ont constaté qu'il n'y avait pas antagonisme, en Algérie, entre la phtisie et le paludisme ^
La tuberculose s'observe en effet en Algérie, et parfois chez des sujets fortement entachés de paludisme, mais il est certain qu'elle y est moins fréquente qu'en France.
Pendant les années 48^0, 1881 et 1882, j'ai reçu dans mon service, à l'hôpital militaire de Gonstantine, 2 536 malades, sur lesquels il n'y avait que 25 tuberculeux, soit environ 1 tuberculeux sur 101 malades. Pendant la même période, il est mort dans mon service 69 malades dont 9 par tuberculose, ce qui donne 1 décès par tuberculose sur 7,5 décès généraux, proportion notablement inférieure à celle qu'on observe dans notre armée, en France, et dans les autres armées européennes qui fournissent à peu près un décès par tuberculose sur 3 ou 4 décès généra:ux.
Les chiffres suivants, empruntés à la Statistique médicale de l'armée française, montrent que les pertes totales par tuberculose sont beaucoup moins élevées dans les régiments de zouaves et de chasseurs d'Afrique, que dans les régiments d'infanterie de ligne et de cavalerie, bien que le recrutement de ces corps soit le même.
Pertes totales (décès, réformes, retr.\ites) dues a la tuberculose