I. Traité dea tiévres intermit,, Obs. XIV
La papille du nerf optique a souvent une teinte grisâtre due à la présence d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux. Cette altération est d'autant plus intéressante qu'elle peut être constatée pendant la vie.
I. Système osseux, — La moelle des os (vertèbres, côtes, sternum, etc.) présente une teinte brune caractéristique.
Les coupes histologiques faites sur des fragments d'os décalcifiés dans l'acide picrique. montrent que la moelle renferme un grand nombre d'éléments pigmentés.
Les corps segmentés et les croissants se rencontrent fréquemment dans la moelle des os; les phagocytes globulifères et niélanifrres sont nombreux (Bignâmi).
Les descriptions qui précèdent se rapportent aux lésions qu'on observe dans les cas de fièvre pernicieuse, c'est-à-dire dans les formes les plus graves du paludisme aigu. Chez les sujets qui succombent à une complication survenue dans le cours d'une fièvre intermittente ou d'une continue palustre simple, aune pneumonie, par exemple, les lésions qui relèvent du paludisme sont plus limitées : la rate, augmentée de volume, renferme des hémamibes et des éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre; dans les autres organes ces éléments sont rares ou font défaut, sauf peut-être dans la moelle des os.
2** Paludisme chromquk. — Dans le paludisme chronique, les altérations sont plus apparentes, plus grossières, que dans le paludisme aigu, mais elles sont aussi plus variées et on a plus de peine à les distinguer des altérations secondaires ou de celles qui sont le résultat des maladies concomitantes.
La lésion macroscopique la plus caractéristique, la seule constante, est l'hypersplénie qui est souvent considérable.
Après la rate, ce sont le foie et les reins qui sont le plus souvent altérés.
L'examen histologique révèle l'existence des hématozoaires dans la rate et souvent dans le foie, mais d'ordinaire en petit nombre; il peut même se faire que les parasites aient disparu complètement au moment où les altérations du foie, de la rate ou des reins entraînent la mort.
Je suivrai, pour la description des altérations du paludisme chronique, le même ordre (jue pour celle des altérations du paludisme aigu.
PALUDISME chronique: 375
A. Sang. — La masse du sang est diminuée, tous les organes, tous les tissus sont anémiés.
L*examen histologique du sang pris dans le cœur ou dans les veines, ne révèle pas d'ordinaire la présence des éléments parasitaires qui sont si nombreux dans le sang des individus morts d'accidents pernicieux.
On trouve dans la rate, sinon des éléments parasitaires, au moins des amas de pigment noir. Les éléments parasitaires que Ton rencontre le plus fréquemment sont les corps en croissant.
B. Raie. — L'hypersplénie est constante, souvent énorme.
Il n'est pas très rare que la rate occupe toute la moitié gauche de la cavité abdominale.
Le poids de la rate atteint souvent ou dépasse même 1 kgr.
A rhôpital de Tiflis, Pantiouchoff* a constaté que le poids moyen de la rate, dans la cachexie palustre, était de 790 gr., les maximums ont été 2 235 gr. et 3 342 gr.
La rate adhère souvent aux parties voisines, notamment au diaphragme.
La forme de Torgane est conservée, les sillons normaux sont exagérés par suite de l'hypertrophie.
La consistance du parenchyme est notablement augmentée; la rate, placée sur sa face convexe, sur la table de l'amphithéâtre, ne s'affaisse pas.
La capsule est le plus souvent enflammée; il existe des plaques blanches, flbreuses, de périsplénite, qui ont quelquefois 2 ou 3 mm., voire même i cm. d'épaisseur; la capsule a, sur d'autres points, son épaisseur normale, ce qui permet de comprendre que la périsplénite ne soit pas un obstacle aux ruptures de la rate.
Le parenchyme splénique est dur, résistant ; sur les surfaces de section, on distingue des tractus blanchâtres formés par l'épaississement du tissu conjonctif.
Sur les coupes histologiques, faites au niveau des plaques de périsplénite, on constate que ces plaques se composent de deux parties distinctes : 1" une partie superlicielle, qui répond à Fenveloppe péritonéale et qui est formée par un tissu libreux dense, à faisceaux parallèles, avec des cellules plates en petit nombre; 2" une partie profonde qui répond à la capsule proprement dite et qui se distingue de la partie superficielle, par la présence de fibres
i. Rousskaîa medic., 1894, n"* 12, 13 et 14.
élastiques et par ce fait que les faisceaux fibreux s'entrecroisent dans tous les sens, au lieu de présenter une stratiPicalion régulière comme à la superlicie (Fig. XLIV). Au milieu des faisceaux fibreux on trouve des éléments embryonnaires.
De la face profonde de la capsule se détachent des tractus libreux
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qui s'enfunceni dans l'épaisseur du parenchyme splénique; d'autres tractUK libreux .suivent les vaisseaux. Il y a, en un mot, un é|iaisHissoment considérable de tout le squelette fibreux <ie la rate dont la structure devient, par suite, plus apparente qu'à l'état noriiiul.
Les veines spléniques sont dilatées, gorgées de sang; au milieu des liéEnulics, on distingue des éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre. Ihi trouve aussidu pigment en dehors des vaisseaux et quelquefois jusque diins les cellules plaies du tissu conjonctif.