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A. LAvnuN, Aead. de médacinê, 16 février

392 PATHOGÊNIE

Les travaux entrepris dans le but d*élucider le rôle de la rate dans les maladies infectieuses ont abouti souvent à des résultats contradictoires*.

D'après Fodor et Lubarsch, ce sont les organes parenchymateux qui permettent aux microbes pathogènes d'échapper à Tinfluence nocive du sang; les microbes se réfugient dans ces organes, et en particulier dans la rate, et ils s'y trouvent dans des conditions beaucoup plus favorables à leur développement que dans le sang.

Wyssokowitsch a constaté que les microbes injectés dans le sang des animaux disparaissent rapidement de la grande circulation, mais qu'on peut les retrouver, après un laps de temps souvent assez long, dans les organes à circulation lente; des spores de B, subtilis étaient encore vivantes dans la rate au bout de trois mois.

D'après Fodor, Lubarsch et Wyssokowitsch, la rate favoriserait donc la conservation des germes pathogènes ou du moins de certains de ces germes dans l'organisme.

Roger, KourlofT, Martinotti et Barbacci concluent de leurs expériences que la splénectomie n'a aucune influence sur la marche de l'infection charbonneuse chez les animaux.

Bardach a constaté, qu'après ablation de la rate, les chiens deviennent beaucoup plus sensibles à l'infection charbonneuse qu'ils ne le sont à l'état normal ; la rate protégerait le sang contre l'invasion des microbes, grâce à sa fonction phagocytaire.

Les travaux de MetchnikolT et de Soudakewitch sur le rôle de la rate dans le typhus à rechute tendent à faire admettre la même conclusion. En examinant la rate des singes auxquels il avait inoculé le typhus à rechute, MetchnikolT a vu qu'à la fin de l'accès la rate renfermait un grand nombre de spirilles inclus dans les leucocytes. D'après les expériences de Soudakewitch, les singes dératés résisteraient moins à l'inoculation des spirilles d'Obermeyer que les singes normaux ; mais ces expériences ont été infirmées par celles de Tiktine.

Quelques observateurs ont émis l'opinion que la rate contenait une substance bactéricide.

Bezançon qui a bien résumé l'état de nos connaissances sur le rôle de la rate dans les maladies infectieuses, pense que la fonction de la rate consiste à fabriquer des leucocytes qui se répandent

1. Bardach, Itech. sur la fonction de la rate dans les maladies infectieuses. Ann, de l'InsL PasUur, 1801, p. 40. — P. Bezançon, Th. Paris, 1805.

dans tout rorganisme pour accomplir leur œuvre de protection; la rate, dit-il, est moins un oi^ane de combat, dans lequel les microbes sont détruits, qu'un centre de production des leucocytes phagocytaires ^

Courmont et Duffau, qui ont expérimenté sur des lapins splénectomisés, arrivent à conclure que la rate n'a pas un rôle uniforme vis-à-vis de toutes les infections microbiennes; la rate serait tantôt utile, tantôt nuisible à la défense de Torganisme ^

D'après Blumreich et Jacoby, Textirpation de la rate atténue généralement la gravité des infections bactériennes ; elle est sans inQuence sur les intoxications'.

Essayons, sans tenir compte des données assez confuses de la pathologie générale, de déterminer le rôle de la rate chez les sujets atteints de paludisme.

Nous avons vu (p. 363) que, dans le paludisme aigu, la rate est ramollie, souvent réduite en bouillie, et que, à Texamen microscopique, on distingue au milieu des éléments normaux et des hématies : des hémamibes intactes ou déformées, des leucocytes mélanifères, du pigment libre et de grands éléments pigmentés qui renferment des hématies, des hémamibes ou du pigment.

Lorsqu'on examine une goutte de cette bouillie splénique, on a Timpression qu'au moment où la mort est survenue, les microphages et les macrophages livraient une bataille acharnée aux hématozoaires et l'on est tenté d'en conclure que, dans le paludisme, la rate remplit un rôle de protection. C'est ainsi que plusieurs observateurs ont été conduits à admettre que la destruction clés hématozoaires se faisait surtout par inclusion dans les macro- |>hages de la rate qui s'empareraient non seulement des grands éléments parasitaires pigmentés, mais aussi des hématies qui i*enferment des formes jeunes*.

L'accumulation des éléments pigmentes dans la rate s'explique

facilement. On sait que les matières colorantes pulvérisées, le

pigment naturel et les microbes injectés dans le sang sont englobés

dans les leucocytes qui, eux-mêmes, s'arrêtent, comme sur des

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