Indian med, Record, 16 mars
4. Brit. med. Journal, 31 janvier 1903; The tropical agriculturist, 2 février 1903; Lettre du capitaine Larymore m The London Times, 28 avril 1903.
34S PH0PHVL\X1E
D'après les expériences faites à Sierra-Leoae par Prout, Ocii viride n'aurait pas les propriétés culicifuges qui lui ont étî^ buées ' .
Les propriétés culicifug'es du ricin et du papayer de sont pas mieux établies que celles de VOcimum virîde^.
L'introduction de la culture de la vigne à coïncidé, dans beaucoup de localités, avec une diminution marquée de l'endémie palustres mais ici d'autres cléments interviennent : la culture de la vigne entraîne l'aménagement du sol, la construction de chemins, le dessèchement des mares, de plus, elle augmente le bienêtre des populations qui s'y livrent ; toutes condîtioas favorables à la rétrocession de l'endémie palustre.
Si les plantations qui facilitent le dessèchement du sol et qui ne gênent ni la circulation de l'air, ni la pénétration de la lumière autour des habitations sont à recommander, par contre, les bois touffus, les massifs de venlure des jardins, nécessitant un fréquent arrosage ot entretenant l'humidité, sont d'excellents réceptacles pour les culicides, dangereux par conséquent.
En pays palustre, l'habitation ne doit pas être entourée de jardins. On a réussi plus d'une fois à assainir des habitations en détruisant toute la végétation qui les entourait, ce qui n'est pas contradictoire avec ce qui a été dit plus haut de l'inÛuence assainissante de certaines cultures ou plantations.
Le reboisement d'une région constitue une excellente mesure d'assainissement quand il s'agit d'un pays accidenté ' ; le reboisement régularise l'écoulement des eaux pluviales et empêche lu. inondations dont l'influence sur l'endémie palustre est ai (V. p. 18).
2. AuTRi;S .HOVENS DE DESTniICTION DES LARVES DE CULlCtDES. PÉTROt&t
DKS MARES, KTC. — Le meilleur moyen de détruire les larves de culicides dans des réservoirs, dans des mares ou des étangs de peu d'étendue, consiste à verser dans l'eau, de l'huile ordii ou de l'huile de pétrole qui s'étale en couche très raioce i surface.
1. Médetint moderne, » iiepltrinbre IQ03. Voy» uusm J .M. Alkindo imd Mnlaria. Journ. 0/ trop. mrd.. f aaùl ID03.
2. Eu. L't Et. Suoknt, Soc. de Biologie. H novemliru IWKI. n. Q*mroFRXi.us, Cwgrk de mMeeiiu, Poris, 1000 (KCtîoD de tbèrnp.).
i. L. Paquaki, Le reboiiienitfiit dans ws rapports avec le pAluilisnip.itiDÙiari'lfiflv c Saaila piibbcs, 1" iiov. lltSS. — Gouv, gén. de l'AIfiicrie. Rapputi ilc la d'Mude» rorestiëres, Alger, IMU.
tU^UB
Ce procédé, signalé dès 1847 S a été expérimenté, en Amérique, par Mme Aaron' et par Howard'. D'après Howard, un tonneau de pétrole de la valeur de 22 francs suffit pour couvrir une surface d*eau de 96 000 pieds carrés.
Howard, dans une propriété située près de Washington, Smith à Long-Island, Weed à la Nouvelle-Orléans, Kellogg à Palo-Alto (Californie), ont employé avec succès ce procédé pour la destruction des larves de moustiques.
L'huile de pétrole étendue en couche très mince à la surface de Teau n'est pas nuisible pour les poissons.
Un grand nombre d'expériences faites dans ces dernières années ont confirmé les résultats obtenus en Amérique.
Le meilleur mode d'emploi de l'huile de pétrole ou kérosène est le suivant : on fixe, au bout d'une perche, un morceau de chiffon, le chiffon est trempé dans le pétrole et promené à la surface de l'eau; le pétrole s'étend bien et la quantité nécessaire pour couvrir une pièce d'eau est moindre que lorsqu'on se contente de verser le pétrole dans l'eau.
Il suffît d'employer 16 cm' de pétrole par mètre carré.
Galli-Valerio et J. Rochaz de Jongh ont imaginé, pour étendre le pétrole à la surface de Teau, un appareil spécial qui ne paratt pas indispensable.
Le pétrole, à quantité %ale, est plus actif que l'huile à brûler
ordinaire.
Un des avantages de ce procédé est qu'il n'est pas nécessaire de
tenir compte du cube d'eau, mais seulement de la superficie des
pièces d'eau ou des réservoirs.
Malheureusement, le pétrole s'évapore et il est nécessaire de répéter l'opération tous les quinze jours.
Il faut avoir soin de commencer le pétrolage au printemps, avant que les culicides soient nombreux.
A Ismaïlia, une équipe de quatre hommes a suffi pour la destruction des larves; elle se composait d'un surveillant européen et de trois indigènes; « munie d'un tonneau à pétrole monté sur
i. MagoMin pittoresque^ IH47. p. 180: Revne scieiUif,, 7 décembre 1885.
2. Lamborn, Dragon-FlicH versus Mos(]uiloes. New- York. 1890. Analyse m linme scientif,, 18 octobre 1890. Dans cet ouvrnfce, Lamborn a publié des mémoires sur la destruction des moustiques, qui lui avaient été adressés par M** C.-B. Aaron et par A.-C. Wbbks, W. Beutenmuller, Macauley et Mac Cook.
3. L.-O. Howard, An experiment against mosquitoes, Inseel lÀfe^ t. V et t. VI, I893-1894.
PlUtPHÏLAXIB
roues, elle eut pour mission île pénétrer dans toutes de la ville, de verser du pétrole partout où elle trouverait de l'eau stagnante et de vider tous les récipients mobiles que le pétrole eut endommagés. Les habiLants, prévenus par des circulaires, surent que l'équipe passerait dans cliaque maison, chaque semaine, à la même heure. Il en résulta ceci : tous les habitants qui craignaient devoir mettre du pétrole dans leurs tonneaux, cuves, baquets à lessive, etc.. prirent l'habitude de les vider un peu avant l'arrivée des pétroleurs. Et c'est tout ce que nous demandions, écrit M. Pressât, car de cette façon il n'y eut nulle part dans la ville de l'eau séjournant plus d'une semaine ; or. nous savons qu'il faut plus de sept jours à un œuf de moustique pour devenir larve, nymphe et insecte parfait. ■ (Pressât, op. cil., p. 133.)
Comment l'huile détruit-elle les larves et les nymphes des culïcides t
On a dit que les larves étaient tuées parce que t'huile a^lamérait les soies de l'appareil respiratoire. Les poits ou soies qui se trouvent â l'orifice terminal des troncs trachéens sont rares et courts et, a priori, il est difficile de comprendre que leur agirlomération par l'huile puisse produire l'asphyxie des larves.
J'ai recueilli des larves de moustiques mortes, ou mourantes, dans un crtstallisoir dont l'eau avait été recouverte d'une très légère couche d'huile à brûler, ces larves ont été fixées dans le liquide de Flemming, déshydratées, puis montées dans le baume. Daus ces conditions, l'acide osmique colore en noir les gouttelett< d'huile et on constate Facilement que ces gouttelettes pénèl dans les troncs trachéens, ce qui explique la mort par asph; des larves beaucoup mieux que l'agglomération des soies.
Le pétrole n'élant pas noirci par l'acide osmique. je n'ai pas m'aesurer qu'il tuait les larves par le même mécanisme que l'huile; il me paraît très probable qu'il en est ainsi et que. si le pétrole est plus actif que l'huile, c'est parce que sa grande Ouidilé lui permet de pénétrer plus rapidement dans les trachées '.
(lalli- Vaterio et J. Rochaz de Jongli ont constaté que les nymphes sont détruites plus rapidement par le pétrole que les larves, bien que, chez les nymphes, les orifices respiratoire» no soient pas garnis de poils; le xylol, le toluol, ta benzine, le beniol qui n'agglutinent pas les poils tuent les larves comme l'huile*.
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Quand les larves de moustiques se développent dans des eaux servant à des usages alimentaires (puits peu profonds, citernes comme cela a été observé à Tunis et à Jérusalem), il est indiqué de projeter à la surface de Teau un peu d'huile ordinaire et de ne pas recourir, dans ce cas, au pétrole qui rendrait Teau impropre à la boisson.
Un grand nombre d*autres substances ont été mises en expérience pour la destruction des larves de culicides.
Les antiseptiques ordinaires (sublimé, acide phénique) sont peu actifs sur les larves * et devraient être employés à des doses qui seraient dangereuses pour Thomme et pour les animaux domestiques.
Le permanganate de potasse a élé préconisé à plusieurs reprises^; il est assez actif quand on fait Texpérience sur des larves qui ont été mises dans de Teau propre, mais, versé dans Teau très impure d'une mare, le permanganate est décomposé rapidement et rendu inactif, à moins que Ton n*emploie des doses énormes.
Le lait de chaux présente un inconvénient semblable, la chaux se transforme rapidement en carbonate de chaux inactif. Toutefois la chaux peut, dans certains cas, rendre des services pour la destruction des larves. Il faut employer de la chaux vive de bonne qualité, dans la proportion de 1 partie de chaux pour 100 parties d*eau'.
La poudre de fleurs de chrysanthèmes projetée dans Teau, dans la proportion de 0 gr. 50 de poudre pour un litre d'eau, tue assez rapidement les larves; Temploi de l'huile de pétrole est beaucoup plus commode (on trouve partout du pétrole) et moins coûteux.
Galli-Valerio et J. Itochaz de Jongh ont mis en expérience, pour la destruction des larves de moustiques, des produits très variés. Le xylol, Thuile de térébenthine, la benzine, le pétrole et le saprol qui s'étendent bien à la surface de Teau, ont donné de très bons résultats. Le xylol, Thuile de térébenthine, la benzine sont des
1. CiLU et Casaorandi, AlU d. Soc. p. gli St. d. malaria, 1899. — Dott, Travail analysé in British med. Journal, 7 septembre 1901 et in Médecine moderne, 18 septembre tOOl. — G. Tbdaldi, Atti d. Soc. p. gli St. d. malaria, 1902, t. III, p. 102. — B. Galu- Valbrio et J. Rochaz de Jonoh, op. cit.