‹ Traité du paludismeChapitre 50 sur 291 · Saloxo.vr Marino. Bifori p · texte numérisé non relu

Saloxo.vr Marino. Bifori p

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fut malade. Les 25 autres étaient originaires des Indes occidentales, ou des États-Unis, et ils avaient passé quelque temps en Angleterre, c*est à ce groupe qu*appartenaient les 11 hommes qui prirent la fièvre '.

, En 1845, la plupart des Européens qui étaient à bord du steamer y Éclair j en station sur les côtes d'Afrique, moururent de fièvre palustre, tandis que sur 40 Kroomen qui faisaient partie de Téquipage, aucun ne fut atteint; à l'arrivée en Angleterre, 5 seulement de ces nègres eurent une fièvre légère.

Le major Forbes a signalé aussi l'immunité des nègres pour le paludisme à Ceylan; c'est grâce aux travailleurs nègres que l'on put achever les routes qui traversent cette île.

La grande résistance au paludisme des individus de race noire n'est pas douteuse, aussi les nègres sont-ils de très utiles auxiliaires dans les pays palustres '.

Pendant la guerre du Mexique, les nègres venus du Soudan ont rendu de grands services dans les terres chaudes, grâce à l'immunité remarquable qu'ils présentaient, non seulement pour les fièvres palustres, mais aussi pour la fièvre jaune.

A Sierra Leone, la substitution des troupes noires aux troupes européennes a diminué beaucoup la mortalité dans l'armée anglaise '.

Dans les hôpitaux de Saint-Louis et de Gorée, sur 100 malades européens, on compte 36 entrées pour fièvres palustres alors que, sur 100 malades noirs, on ne compte que 9 entrées pour cette cause ^.

La Statistique médicale des troupes coloniales pour l'année 1903 donne les chiCTres suivants concernant l'Afrique occidentale française. Troupes européennes ; morbidité palustre : 690 ; mortalité : 7,5 pour 1000 hommes d'effectif. Troupes indigènes (composées de nègres) ; morbidité palustre : 12,45; mortalité : 0,3 pour 1000 hommes d'effectif.

La Statistique de l'armée des Indes néerlandaises montre aussi

1. William, Médical History of the expédition to the Niger, Loadon, 1843, cité par GaATBs, Glio. méd., Trad. française, 3* édit., t. I, p. 483.

2. Boudin, Acclimatement des races humaines sur divers points du globe, liée, mém, de méd. miUL, 3« série, t. XII, XIII et XV. — L. Lavbrvn, art. Antaooxismb du Diction, eneyclop. des se. méd, — Dutroulau, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, 2* édit., Paris, 1868, p. 147.

3. A. Boaicjs, art. Sierba Lboni du Diction, eneyclop, des se. méd.

4. A. BoRius, art. SàifiOAMUi du Dieiion* eneyclop, des se. méd.

la fréquence des Oèvres palustres chez les Européens, leur rareté «liez les nègres'.

Au Soudan, au Cordofan, les lièvres palustres n'épai^nent pas complètement les indigènes, elles sont même assez communes pendant l'hivernage, mais, en général, elles ne présentent pas chez «ux de gravité.

A Madagascar, comme partout ailleurs, on a constaté i]ue la race noire est celle qui offre le plus de résistance au paludisme. Viennent enauile les métis (Comoriens, Sakalaves du Nord), puis les Algériens; enfin, sur le même rang à peu près, les Européens et les Hovas. Les compagnies formées de Hovas fondent rapidement dès qu'on les envoie en pays palustre'.

On ne recrute plus comme soldats, à Madagascar, que des indigènes à peau noire, ce qui a exercé une heureuse influence sur la mortalité des troupes par le paludisme*.

A la Guyane, tous les essais de colonisation faits par les Français et les Irlandais ont éclioué; les condamnés arabes auxquels on a donné des concessions au Maroni n'ont pas mieux résisté; les accès pernicieux étaient moins fréquents chez eux que chez les Européens, mais la cachexie les atteignait inévitablement. Il en a été de même pour les Hindous et les Chinois. Les nègres seuls ont résisté.

Maurel cite le fait suivant. En 1853, un étahlissement pénitentiaire fut fondé sur la rive gauche de l'Oyapock {Guyane française); en dix mois, 101 transportés européens sur 248 avaient succombé aux fièvres et, pour sauver ceux qui survivaient, il fallut les évacuer aux Iles du Salut*. En 1854, l'effectif de ce même établissement se composa de 152 nègres et de 33 Européens, la plupart de ces derniers succombèrent et les nègres restèrent seuls; la mortalité qui avait été de 41, S3 p. 100 en 1853. tomba à 5,01 p. 100 en 1855, et à 3,29 p. 100 en 1850.

La résistance ou, autrement dit, l'immunité incomplète des nègres pour le paludisme parait être innée et non acquise, comme l'ont dit quelques auteurs.

Les nègres de l'ile Maurice qui avaient vécu jusqu'en 1866 dans un pays salubre, auraient dû, si l'immunité était ;acquise, être

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