I. ROLE DES « ANOPHELES
V Evolution de H, relicta chez les Culex et de H. malariae chez LKS Anophèles. — L^hypothèse que j'avais émise, dès 1884, sur le rôle des moustiques dans la propagation du paludisme a été vérifiée par I{. Itoss. Les moustiques n'agissent pas seulement mécaniquement en transportant le virus et en Tinoculant, c^mme font par exemple les mouches qui transportent le virus charbonneux; H. malari?e accomplit plusieurs phases de son évolution dans le corps des moustiques du genre Anophèles,
Les recherches de R. Ross ont été faites aux Indes. Ross chercha d'abord ce que devenait rhématozoairc du paludisme dans le corps dos moustiques; il faisait piquer, par des moustiques communs, des malades ayant de nombreux hématozoaires, et il étudiait les modifications que les parasites subissaient dans les mousli(|ues.
Ross vit que les croissants donnaient rapidement naissance à des flagelles dans Testomac des moustiques, mais, pendant long-
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temps, il lui fut impossible d'observer d'autres transformations du parasite ',
En 1897, Ross ayant employé pour ses expénenees une grosse espèce brune de moustiques, constata l'existence, dans le tube digestif (le deux moustiques nourris de sang palustre, d'éléments arrondis, bien distincts des cellules épiihéliales et contenant du pigment identique au pigment palustre.
En 1898, ces mêmes éléments pigmentés étaient retrouvés dans l'estomac de plusieurs moustiques à ailes tachetées, nourris avec du sang palustre. La dimension des corps pigmentés était en rapport avec le laps de temps qui s'était écoulé entre le moment où le moustique avait sucé le sang palustre et celui de sa mort; ces éléments mesuraient 7 jji après 2 jours, \1 après 4 jours, 19 après 5 jours. 25 après une semaine.
Il est évident aujourd'hui que, si Hoss a eu tant de peine à obser ver l'évolution de //. malaria' dans le corps des moustiques, c'est parce qu'il s'est servi, le plus souvent, de Culex, c'est-à-dire de moustiques qui ne sont pas aptes à propager le paludisme; dans les cas où il a eu des résultats positifs, il avait emjilojé doti moustiques à ailes tachetées qui, depuis, ont été reconnus comme étant des Anophèles.
En 1898, Hoss eut l'excellenfe idée d'étudier l'évolution, dans les moustiques, de //. relicla, hémamibe très voisine comme nous l'avons vu (p. 149) de H. vialarix; cette fois, il réussît facilement, parce que ce parasite se développe cbez les moustiques les plu» communs, chez les Culex.
Chez les moustiques nourris de sang d'oiseaux infectés, on trouve très souvent, dans les parois de l'estomac, des éléments pigmentés caractéristiques, éléments qui font toujours défaut chez 1rs moustiques nourris sur des oiseaux sains.
Les éléments pigmentés, très petits d'abord, s'accroissent progressivement; leur diamètre, qui l'st de 8 [*, 30 heures après l'absorption du sang, atteint, le 3" jour, 16 4 30 [x; le 4' jour, 40 jx; le 6' jour, CO [x ou même davantage; on môme lem|is que
1. H. Hoha. Sur dr» r.flliili'.-- [lif-'im'iiliT:» Irriun-e* dniis di-s iiioiiHlii|ucs nourri» i\f santc jinliislri-, Brit. mal. Journ., IS dw. 18117 el 20 f*v. I80S; nci^liiTchi-s sur li' palii. iliiiini^, Indian med. Oa:., avril cl niai IHUK; tlapport sur la i^uilure du l'rolrotama ri«n> le itK<ii«Iii|iiF (çri», Calirulta, IKVH. — Manrozi. brit. med. journ., li. 21 cl 2S mors ItW ft m/mf Itrcaeil. 18 juin el 2i Bcplcnihrc IS08. — A. Uverak, Aeùd. de i " ' 3t jiiiivirr ISD».
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ces corps augmentent de volume, ils perdent leur pigment; le 5* jour, les grains de pigment ont, en général, disparu.
La rapidité de révolution varie avec la température : la chaleur Tactive et le froid la retarde ; de 6 jours, dans de bonnes conditions de température, la durée de cette évolution peut être portée, par suite du refroidissement de Tatmosphère, à deux semaines et plus.
Arrivés à leur développement complet, les éléments sphériques, souvent très nombreux dans la paroi de Testomac des moustiques, font saillie à la surface externe de cette paroi et ils unissent par se rompre dans la cavité générale ou cavité cœlomique de Tinsecte. ils donnent naissance, d*après Ross, à deux espèces d'éléments : i** éléments filiformes de 12 à 16 u de long ou filaments germes \ 2'' éléments plus gros que les précédents, d'un brun foncé, de courbure variable, garnis d'une enveloppe résistante; ce sont les spores noires.
Les filaments germes devenus libres dans la cavité cœlomique, se répandent dans tout le corps des moustiques infectés; on les trouve en grand nombre dans les glandes vénimo-salivaires, et on s'explique facilement qu'ils puissent être inoculés à des oiseaux sains et servir ainsi à la propagation de la maladie.
Les expériences faites par Ross ne laissent aucun doute sur ce rôle des filaments germes.
De 28 moineaux sains, 22 (soit 79 0/0) ont été trouvés infectés 5 à 8 jours après avoir été exposés aux piqûres de moustiques nourris sur des oiseaux malades.
Le sang des oiseaux sains soumis aux piqûres des moustiques reste libre de parasites jusqu'au 5* jour au moins; les hémamibes, d'abord en petit nombre, se multiplient rapidement. Beaucoup d'oiseaux ainsi infectés meurent et l'on constate, à l'autopsie, des lésions qui rappellent de très près celles des fièvres pernicieuses : le sang a une coloration brunâtre, le foie et la rate sont surchargés de pigment. Chez les oiseaux qui guérissent, le nombre des parasites diminue rapidement.
Les spores noires restent inaltérées dans les moustiques et dans Teau ; Ross a conservé de ces éléments dans l'eau pendant 7 mois, sans observer aucune modification; administrés per os à des moineaux sains, ils ne donnent pas naissance à l'infection par les hématozoaires.
P. Manson et Ross ont supposé d'abord que ces spores noires
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éUiient des éléments de résistance destinés à infecter les larvkiu moustiques, après un séjour plus ou moins prolongé dans l'eau. Aucun fait n'est venu confirmer celte hypothèse, il [)aralt très probable, comme je l'ai dit, dès 1899, qu'il s'agit d'une forme d'involution des filaments germeg ' . Je désî|.'nerui à l'avenir ces derniers élémenls sous le nom, généralement adopté, rie sjioroioitea .
H. Kuch qui a répété avec succès ces expériences de H. Huss, a pu suivre le développement, dans l'estomac de C'nlex nourris sur des oiseaux infectés <le fi . relicla, de vermicules analogues à ceux que fournissent les éléments femelles fécondés de H. Daniiewsluji (p. 148); les vermicules de //. relîcta sont seulement plus longs et plus minces'.
Ij'évolution de Hœmamwùa matariœ dans les Anophèles a la plus grande ressemblance avec celle de H. relieta' dans les Culex. 12 à 24 heures après que i'Anopheles s'est nourri de sang palustre contenant des croissants, on trouve dans l'intestin moyen dos éléments fécondés ou zi/goles qui ont l'aspect de vermicules (2, ùg, V); les zygotes mesurent 14 à 18 ^ de long, ils contiennent, principalement dans la partie postérieure, des granulations de pigment; ils sont animés de mouvements lents.
Les zygotes émigrent entre les cellules épithéliales de l'intestin moyen où on toa trouve, sous forme de corps sphériques ou///as(M, au bout de 40 heures. Les blasles les plus jeunes montrent encore quelques grains do pigment qui ne tardent pas à disparaître; ils augmentent assez rapidement de volume; au T jour de l'înfecUon, leur diamètre peut atteindre GO [j., ils forment alors saillie â la surface e.\terne de la paroi intestinale (7, a, a).
Au T jour, la division des blastes est déjà très avancée, la chromatine se divise un grand noinbrc de fois (divisions i cessives): en dernier lieu, le protoplasme qui entoun noyau de chromatine constitue des éléments fusiformes qui s les sporozoltes (5 et 6); les blastes se rompent <lans la caviti|
I, A. Lavbhan, PnludLHmu et miiu
■i. R. MtM, ItiUchr. /. Hygitnt. i»
So'iely, Hfporlt lo the malaria Commî
y. GnjtBSI, RlDNAMI i^t iUniANKl.LI
li ifigkne iptrim.
U.-W. Daniel», Bay^
m, t.XXXll, p. 1. V. 1 lee, Lonifoii, lUlHI.
fl. .iecad. dei Lineâ. 22 dte. IDOS. » t>-rtKi d IX, tast-, 3. — Gm\bsi, U. A<vail. dei Lut-
«I, 18»). l. VIII. p. 103. — Bastiamslu H IIiunami. .innnli d'/yïcnc ip^rim., 1S»0. L IS, tnsc. 3. — GnAHi. !-tudi di uiiu zodlofcu sulln iiuilnriu, 2' êdil., Bumc, IWI- — Ui««, Cmlralbl. f. Bakhr., I. Orig.. llMil. t. X.WII. — Si;hufmih, ZtltKKr. f. ll}g'fnr^ IMUi — Stephehs i-l CHRlsTOPflltRS, Rayai Society, n-'/iorls la Ihe malaria Comnilln, 31 4ée.
lOnO et Tlic |>rncticnl sludy ot niainri», Lirerpcul, 1003.
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générale du culicide et les sporozoïtes deviennent libres (8 et 9). La lonfTueur des sporozoïtes est de 14 ;jl environ.
Les sporozoïtes qui sont animés de mouvements lents, émigrent dans les glandes salivaires où on les trouve parfois en grand nombre (H, fig. V); ils sont prêts alors à être inoculés avec la