‹ Traité du paludismeChapitre 90 sur 291 · CHOti. t^ Malurin in OlniiHn. |j. IS · texte numérisé non relu

CHOti. t^ Malurin in OlniiHn. |j. IS

'i. T--V. CoHo.litllo, Si ]iiiliiillHtlii l's <'ii[il(ipiisi), (.'ronico niivf. ijiiiriirij. de In Ikta—, I8U7, ir l?> l't IT. — G.-A. OE PiNA. m/mr Hrcaril, UOT, if ID. — Bnoosum, ^wf feaU<iii rt trafismiiiirion dr la mninrin, Nfw-Orlaua mfd. a. mrg. JoarML, nov. 1897. ->■ U(«NT, Sur un cas de pnludiHinp d'uri^iilL' |iarUi<.-uiu-, Svt- niAI. du hdp., atJniOrt IHini. — Testi el Mabiotti Hiancmi, Le» i^piJ. ramiliali^ >lr mnlnria, 28 juin IWI2.

RÔLE DES ANOPHELES 177

peuvent importer rendémie dans des localités salubres jusqu*alors, si d*ailleurs il existe des Anophèles dans ces localités et si les conditions climatiques sont favorables au développement du paludisme. Le paludisme était inconnu dans Tile de Malte lorsque, en 1904, à la suite de l'arrivée de militaires qui avaient contracté la fièvre aux Indes, en Afrique ou en Crète, des cas de paludisme se déclarèrent dans la population civile; en même temps, on constatait Texistence à'AnophehsK

Les exemples abondent de localités qui restent salubres tant qu'il n*y a pas d'eaux stagnantes, et par suite pas de moustiques, et qui deviennent insalubres dès que l'abondance de l'eau servant aux irrigations permet aux Anophèles de se multiplier. On peut citer : Ismaïlia en Egypte, plusieurs oasis du sud de TAlgérie, Cilaos à la Réunion; le paludisme est devenu contagieux dans ces localités dès que les Anophèles se sont multipliés.

Il est probable que l'apparition du paludisme aux îles Maurice et de la Réunion, en 1867 et 1869, est due à la contagion ; plusieurs observateurs ont constaté que ces épidémies avaient coïncidé avec l'arrivée d'émigrants indiens dont beaucoup étaient infectés de paludisme.

La recrudescence du paludisme à Madagascar et son extension sur le plateau central, autrefois indemne, s'expliquent bien par la contagion. Les indigènes employés aux grands travaux de construction des routes et du chemin de fer, exécutés souvent dans des régions insalubres, se sont infectés, et ils ont rapporté <lans leurs villages les germes du paludisme; comme les Anophèles abondent presque partout à Madagascar, la maladie s'est rapidement propagée, même dans des régions autrefois réputées salubres.

Si les soldats ayant contracté le paludisme aux colonies n'ont pas propagé la maladie à leur retour en France, cela s'explique. Les malades sont soignés dans des hôpitaux qui se trouvent dans les villes et l'on sait que les Anophèles ne se rencontrent guère dans les villes. D'autre part, le large emploi qui est fait do la quinine <lans l'armée doit s'opposer le plus souvent à la contagion; tous les militaires qui ont eu les fièvres savent qu'ils doivent prendre de la quinine quand ils ont une rechute et très peu y manquent. Des faits de contagion ont pu d'ailleurs passer inaperçus dans les campagnes, attendu que l'attention des médecins n'était

1. Th. Zammit otG.-C. Sgigluna, BriL med. Journal, 1*' avril 1905, p. 711. Latcham. Traité da Palmlismo, 2* édition. 12

iî8 KTtOLO(ilK

[las appelée sur cette question el que lobservalion des cas de contagion du paludisme est difficile. Il faut 22 jours, souvent davantage, pour qu'un cas de paludisme di^ à la contagion succède au cas qui l'a provoqué, ce qui est peu favorable à la recherche de la ûlialion des cas '.

Ou a objecté que les recrudescences du paludisme qui accompagnent souvent les travaux nécessitant de grands remuements du sol étaient en opposition avec la doctrine anophélienne '. J'ni montré déjà {p. 80) que ces faits pouvaient êlre interprétés autrement. L'objection n'aurait de valeur i]ue s'il était démontré qur ces recrudescences du paludisme, attribuées aux émanations on aux poussières du sol, peuvent se produire dans des localités où il n'exisie pas i\'A nopheles et celte démonstration reste à faire.

On contracte le paludisme dans des endroits inhabités, a-t-on dit encore, et l'on ne conçoit pas comment les Aiw/i/ieles peuvent élre infectés dans ces endroits, puisque le paludisme est une maladie propre à l'espèce humaine. 11 est à peu près impossible do réaliser, dans des conditions scienliliques, une expérience avant pour but de montrer si l'homme peut contracter le paludisme dans un endroit inhabité. Il faudrait que des personnes saines fussent débarquées sur une C(He ou dans une île déserte. Les hommes sont rarement tout à fait isolés. Les voyageurs, les explorateurs ont des serviteurs, des porteurs, ils traversent des villages indigènes el ils couchent à proximité de ces villages.

De petites épidémies de paludisme onl été observées quelquefois à bord de navires qui se trouvaient loin des côtes insalubres; ces faits, quand on les examine de près, ne sont nullement en conlradiction avec la doctrine anophélienne. Des Anophèles réussisseal souvent à s'introduire à bord des navires, soit que les navires aient été ancrés très près de la lerre, soit que les culicides aient été transportés surles barques, allèges, etc., employées au chaînement et au déchargement. Comme il se trouve souvent â bord des individus atteints de paludisme, mateluls ou passagers indigènes, on comprend que le paludisme puisse se propager; c'est toujours dans des conditions semblables qu'on a vu se développer les petites épidémies nautiques en question.

En résumé, l'enquête qui se poursuit depuis plusieurs années.

1. A. LaTBHA.S, Arad. itr inMcnne, IG w\u\\n Ol 4 lli'.-l'lllbri' 1800.

2. Voir natamiiii'nl : Uausrr, Lp paludjamc et sa (ransniissiun |inr ll^s inoiiïtîiiuM. Mfdrcine moderne, 1" el S jiiillfl IWI3. — Kelsch, Arad. de inéJ., 2 ijflobrp H>06.

DBS GULIGIDES 179

daos toutes les parties du monde, sur les rapports existant entre les culicides et le paludisme, a donné des résultats très favorables à la doctrine anophélienne. Des Anophèles ont été trouvés dans toutes les localités palustres; chaque fois qu*un fait allégué comme contraire à cette règle a été l'objet d'une enquête rigoureuse, son inexactitude a été démontrée.

Pour que Tendémie palustre sévisse dans une localité, lexistence à* Anophèles ne suffit pas, il faut que ces culicides puissent s'infecter en suçant le sang de malades atteints de paludisme. Le fait, aujourd'hui démontré, que l'hématozoaire du paludisme existe souvent dans le sang des enfants indigènes, en pays palustre, présente donc un grand intérêt.

La persistance des Anophèles dans des localités jadis insalubres, aujourd'hui assainies, s'explique par les progrès de l'hygiène dans ces localités : les habitants, mieux logés, mieux nourris, mieux soignés, faisant un large emploi de la quinine, ne sont plus une source d'infection pour les Anophèles qui cessent d'être dangereux. Toutefois cette explication ne rend pas compte de tous les faits connus; l'innocuité des Anophèles dans certaines localités, dans certaines conditions, a encore d'autres causes; c'est ainsi que tous les Anophèles ne semblent pas aptes, au même degré, à propager le paludisme. Il y aura lieu de continuer les recherches commencées pour étudier les conditions qui favorisent le développement de H. inalarim dans le corps des Anophèles ou qui y mettent obstacle.

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