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I. DIAGNOSTIC

A côté des formes cliniques bien caractérisées, telles que les fièvres intermittentes régulières, qui sont d'un diagnostic facile, on en trouve d'autres sur la nature desquelles il est souvent malaisé de se prononcer. La preuve en est qu'on discute encore sur la nature palustre ou non palustre de certains accidents, de certaines formes cliniques.

En pays palustre, malades et médecins ont une grande tendance à voir partout des manifestations du paludisme et à considérer la

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quinine comme la panacée universelle; certains observateurs ont été conduits ainsi à élargir beaucoup trop le cadre du paludisme. 1

Par contre, d'autres observateurs ont voulu séparer du paludisme un groupe de fièvres dites climatiques et aussi la bilieuse hémoglobinurique.

Enfin la question des fièvres larvées présente encore des obscurités.

Le clinicien devra s'efforcer à l'avenir, dans les cas difficiles, de justifier le diagnostic de paludisme mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici; il aura recours à tous les procédés d'exploration que la science met à sa disposition.

1° Principaux éléments du diagnostic. — A. Importance de l'examen histologique du sang. — Le diagnostic du paludisme, si délicat chez certains malades et pour certaines formes, est inscrit, on peut le dire, dans les préparations histologiques du sang; encore faut-il savoir y lire.

On ne saurait trop recommander aux médecins qui sont appelés à exercer en pays palustre, de se familiariser avec l'étude histologique du sang, étude facile du reste, et qui ne demande que de la patience; c'est ainsi qu'on arrivera à bien délimiter le paludisme, et à le traiter méthodiquement.

Il suffit de constater, dans le sang d'un malade, l'existence d'une seule des formes parasitaires décrites dans le chapitre IV do cet ouvrage pour que le diagnostic de paludisme soit mis hors de doute.

Ce signe est d'autant plus précieux qu'il permet de faire le diagnostic dans les cas où tous les renseignements qui mettent d'ordinaire sur la voie, font défaut.

Supposons que nous sommes en pays palustre; on apporte à l'hôpital un malade qui délire ou qui est plongé dans le coma : le médecin ignore les antécédents morbides, ainsi que les conditions dans lesquelles les accidents se sont produits, et il se demande avec inquiétude s'il s'agit d'un accès pernicieux, d'une insolation, d'une méningite, ou tout simplement d'un cas d'alcoolisme; l'examen histologique du sang peut le tirer d'embarras en quelques minutes, s'il lui révèle l'existence de //. malaria'.

Grâce aux progrès de la technique, les médecins qui ont acquis un peu d'expérience dans l'examen du sang peuvent constater

PRINCIPAUX SIGNES

l'existence de //. malavisé chez tous les sujets atteints de fièvre palustre.

Sur 531 fièvres palustres observées à Baltimore, dans la clinique du professeur W. Osier, on a trouvé dans tous les cas l'hématozoaire du paludisme1.

Plus de cent examens faits au début de l'accès ont toujours permis à du Bois Saint-Sevrin de mettre en évidence le microbe 2.

Sur 395 malades atteints de paludisme examinés à Constantine, A. Billet a trouvé chez tous, sans aucune exception, l'hématozoaire du paludisme sous ses différentes formes3.

French parlant de l'examen histologïque du sang chez les palustres dit : « Ceux qui négligent ce moyen de diagnostic qui ne demande que de bons yeux, un bon microscope et un peu de patience sont peu excusables4. »

« La recherche de l'hématozoaire de Laveran, dit W. Osier, a la même importance pour le diagnostic du paludisme que celle du bacille de Koch pour le diagnostic de la tuberculose 5. »

L'examen histologique du sang ne permet pas seulement d'affirmer le diagnostic de paludisme lorsqu'il révèle l'existence des hématozoaires, il fournit en outre d'utiles renseignements sur la gravité de l'infection, et il permet de prévoir les rechutes et de les éviter.

L'abondance des hémamibes est presque toujours en rapport avec la gravité de l'infection ; chez les malades atteints d'accès pernicieux, ou menacés de ces accidents, les parasites se trouvent d'ordinaire en grand nombre dans le sang.

Lorsque l'examen du sang révèle l'existence d'hémamibes chez un palustre qui n'a pas eu d'accès depuis quelque temps et qui, du reste, n'accuse aucun malaise, on peut annoncer, presque à coup sur, que le malade aura prochainement un accès de fièvre. Il m'est arrivé bien souvent de prédire ainsi des rechutes, chez des malades qui se croyaient débarrassés pour longtemps de leur fièvre.

L'accès peut tarder plus ou moins longtemps à se produire, la

1. Thayer et Hewetson, Les fièvres palustres ù Baltimore, Baltimore, 1803. — Hewetson, Congrès méd. internat, de Rome, 1894.

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