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Guénot, Les médieamenls sulfonés, Th., Lyon

TRAIT EM ENT

aisé par Boudin ne consistait pas seulement, comme on le croit en général, à prescrire l'acide arsénieux, au lieu de la quinine.

« Notre médication, écrit Boudin, ne consiste nullement dans la simple substitution des préparations arsenicales à la quinine, mais bien dans une médication complexe, dans laquelle l'arsenic est secondé par deux puissants moyens : les vomitifs et le régime alimentaire. Les vomitifs combattent l'embarras gastrique et hâtent le retour de l'appétit; le régime alimentaire abrège la convalescence, combat la tendance aux récidives et les accidents, consécutifs multiples qui se lient à l'appauvrissement du sang. » (Boudin, Traité de géogr. et de statist. méd.)

Yoici les règles posées par Boudin.

1° Faire vomir le malade au début.

2° Donner l'arsenic à dose fractionnée, c'est-à-dire en plusieurs prises, dont la dernière 2 h. au moins avant l'accès à combattre.

3° Profiter de la tolérance qui existe au début pour administrer la dose la plus forte d'arsenic et diminuer graduellement la dose, à mesure que la tolérance baisse.

4° Prendre le médicament pendant les phases d'apyrexie aussi bien que les jours de fièvre.

5° Continuer le traitement pendant un temps proportionné à l'ancienneté de la maladie.

6° Faire usage d'une alimentation substantielle et très abondante, de vin généreux, etc.

Boudin employait la solution suivante, qui est désignée encore sous le nom de liqueur de Boudin :

Acide arsénieux 1 partie.

Eau et vin blanc (parties égales) 1000 parties.

Boudin a prescrit jusqu'à 0 gr. 10 d'acide arsénieux dans les 24 h. ; une pareille dose peut amener de très graves accidents ; la hardiesse avec laquelle Boudin maniait l'acide arsénieux ne doit pas être imitée.

Le traitement de Boudin, préconisé aussi par Sistach ', n'est (dus employé, et avec raison.

Lorsqu'on donne l'arsenic à dose élevée pendant quelque temps on voit presque toujours survenir des accidents gastro-intestinaux

I. Sistach, Rec. mém. de méd. milit., 1801. 3« série, t. V, et Areh. </<<». de m*T., 1875. — Moutard Martin, Acad. de médecine. 12 mai 1874.

SUCCÉDANÉS DE LA QUININE

très préjudiciables au traitement; on conçoit difficilement comment Boudin, qui connaissait les heureux effets d'une alimentation substantielle et abondante chez les palustres, a pu conseiller l'emploi de l'acide arsénieux à aussi hautes doses.

L'action reconstituante de l'arsenic, administré à petite dose et pendant longtemps, est hors de doute; son action fébrifuge est très contestable; aucun médecin consciencieux ne voudrait faire l'essai du traitement de Boudin dans les formes graves du paludisme.

Riva et Lévrier ont employé la solution d'arséniate de soude en injections intra-veineuses dans la cachexie palustre1.

Lévrier injecte chaque jour 1 centigr. d'arséniate de soude dissous dans 10 cm3 de sérum artificiel. A la suite de ces injections le nombre des hématies augmente rapidement.

Il paraît plus simple, et moins dangereux, de donner l'arséniate de soude à l'intérieur ou en injections hypodermiques, s'il existe des troubles des voies digestives.

10. Le eacodylale de soude et Yarrhénal, préconisés par A. Gautier2 dans le traitement du paludisme, ont été présentés à tort comme des succédanés de la quinine ; ces médicaments sont sans action sur l'évolution de l'hématozoaire du paludisme et il serait dangereux de les substituer à la quinine dans le traitement des fièvres palustres des pays chauds3.

1 1. Soufre. — Le soufre et Yiode, qui sont des métalloïdes voisins de l'arsenic et qui, comme l'arsenic, fournissent des parasiticides énergiques, devaient naturellement attirer l'attention des expérimentateurs.

Polli ayant constaté que les propriétés antiputrides de l'acide sulfureux sont conservées dans les sulfites alcalins ou terreux, en a conclu que les sulfites étaient indiqués dans les maladies zymotiques, notamment dans les fièvres palustres ' .

Cette médication n'a pas donné de résultats satisfaisants !i.

etim*' de Turin' 12 SepL im- ~ LÉVRIER> Arch. de méd. m,v., 1895

l^v.t'inï^-'r' Anad;Jcs S,ciences' 10 février et 28 avril 1902; Acad. de médecine, 1 févner, 25 évrier, 29 avril et 30 décembre 1902. - A. Billet, Du cacodylate dé

sopiedans le ira 7''«l«-l'''-'''-l''^iepalu8tre,ConffrèSmterna^dem^ccine) Paris, 1900.

W L ™w T,'/ o, "'^nl'l6' 16 d6cembre <902 et 13 janvier 1903. - Cochez,

Ann !?/ ~, , ?!lA,N'( " méd- de Wrique du Nord, février 1903. - Seguin, Ballet, méd. de l'Algérie, mars 1903. '

\. Polli, Sulle malattie do fermento morbiflco, Milan, 1864

o. L. Paul, Bullct. gên. de thirap., 1865.

TRAITEMENT

12. Iode. — L'iode a été préconisé à plusieurs reprises pour le traitement des fièvres intermittentes; notamment par Boinet, F. de Willebrand, professeur à l'Université d'IIelsingfors, Barilleau de Poitiers, Seguin d'Albi, Cantani, Regnoli, L. Concetti, Regnault '.

La formule recommandée par F. de Willebrand est la suivante :

Iode { gr>

Iodure de potassium 2 —

Eau distillée 10

Prendre toutes les 2 heures, dans un demi-verre d'eau, 5 gouttes de cette solution.

L. Concetti donne 24 à 36 gouttes de teinture d'iode dans 60 gr. d'eau distillée, à prendre en trois fois, avant les accès.

L'action de l'iode paraît être une action tonique, comparable à celle de l'arsenic ; la médication iodée, comme la médication arsenicale, n'est pas applicable dans les fièvres récentes, ni dans les formes graves.

L'iode n'est absorbé qu'à l'état d'iodures alcalins et il ne peut être donné qu'à petite dose ; on s'explique donc qu'il ne tue pas les microbes du paludisme dans le sang, comme il tue des infusoires dans une infusion végétale.

13. Alun. Nitre. — Déjà préconisé par Lind 2, l'alun a été signalé de nouveau dans ces dernières années comme un bon fébrifuge par quelques médecins russes ou allemands3.

U après Korolko, l'alun agirait surtout dans la fièvre tierce. Les propriétés fébrifuges de l'alun ne sont pas démontrées. Il en est de même de celles du nitrate de potasse v.

14. Vacide phénique a été employé par Dieulafoy en injections hypodermiques". On injecte chaque jour 3 à 5 gr. d'une solution

1. Boinet, Traité d'iodothérapie. — De Willebrand, Arch. gén. de méd., 1869, t. II, p. 40. — L. Concetti, Ga:. d. Ospitali, 1883, p. 459. — Regnault, Revue de médecine, septembre 1902.

2. Lind, Essai sur les malad. des Européens dans les pays chauds. Trad. fr. t. II, p. 170. « Après l'écorce du Pérou je n'ai rien employé, écrit Lind, qui eût plus de succès que l'alun marié avec la muscade. ■>

3. Sur le traitement de la fièvre intermit. par l'alun calciné, Deutsche med. Wochenschr., 1885, et Bullet. gén. de thérap., 1885, p. 229. — Korolko, Wratch, 1891.

4. Hunter, Sur l'emploi du nitrate de potasse dans le traitement du paludisme. North Carolina med. Journ., 1890. Anal in Médecine moderne, 4 déc. 1890. D'après Hunter le nitrate de potasse ù la dose de 0 gr. 10 à 0 gr. 50, suivant l'Age, serait un excellent fébrifuge et dans presque tous les cas une seule dose sufllrait pour amener la guérison. Faut-il ajouter que ces merveilleux résultats n'ont pas été confirmés?

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