A. Laverai», Soc. de Biologie, 30 jnnv
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En somme, le bleu de méthylène ne saurait être substitué sans danger aux sels de quinine dans le traitement des fièvres palustres graves.
Le bleu de méthylène, administré à la dose de 0 gr. 50 à 0 gr. 60 par jour, colore fortement les urines, qui prennent une teinte d'abord verdàtre, puis d'un bleu foncé; lorsqu'on prolonge l'emploi du bleu de méthylène, ou qu'on élève les doses, on observe de la dysurie. Les matières fécales sont également colorées1.
Il faut avoir soin de se procurer un bleu de méthylène très pur.
Le bleu de méthylène doit être donné pendant un mois. La première semaine, on prescrit 0 gr. 50 par jour (en cinq cachets de 0 gr. 10 chaque); les semaines suivantes, 0 gr. 30 par jour (Guttmann) .
17. Noix vomique, strychnine. — La teinture de noix vomique et la strychnine, qui ont été préconisées notamment par Pearson- Nash, doivent prendre rang, à côté de l'arsenic, parmi les médicaments qui, grâce à leurs propriétés toniques, rendent des services dans le traitement des fièvres palustres rebelles et de la cachexie palustre, mais dont les vertus fébrifuges sonttrès problématiques1*.
18. Teinture d'eucalyptus, eucalyptol. — Nous verrons plus loin (Prophylaxie) que la culture- de l'eucalyptus a donné souvent de bons résultats dans les pays palustres. On a conclu de là que l'eucalyptus renfermait des substances capables de détruire les agents du paludisme et on a préparé, à l'aide des feuilles ou de l'écoree d'eucalyptus, différents produits pharmaceutiques qui ont été essayés dans le traitement des fièvres palustres.
Tristani, Brunei, Gastan, Gubler ont obtenu des succès avec la teinture d'eucalyptus ; d'autres observateurs, en plus grand nombre, ont administré cette teinture sans résultat, même dans les fièvres intermittentes simples; de fait, la teinture d'eucalyptus n'est plus employée aujourd'hui.
La teinture d'eucalyptus se donnait à la dose de 4 gr. par jour
en moyenne.
L'essence oxygénée de 'l'Eucalyptus ylobulus, ou eucalyptol,
1. D'après Galliard, le bleu de méthylène n'est pas un médicament inoiïensif: à In close de 0 gr. 40 à 0 gr. 00, il peut provoquer des nausées ou des vomissements, de la diarrhée, du ténesme vésical et une albuminurie transitoire (Soc. mcd. des Mp., 1891 Bulletin, p. 200, et même Soc, 1897, Bulletin, p. 800). Ces accidents sont rares et sans gravité quand on ne dépasse pas la dose 0 gr. 00 par jour et qu'on emploie un bleu de méthylène très pur.