‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 249 sur 283 · Eu. et Et. Seiigent, Soc. de Biologie, 14 novembre · texte numérisé non relu

Eu. et Et. Seiigent, Soc. de Biologie, 14 novembre

3. Cahyophyllis, Congres de médecine, Paris, 1000 (section de tbérap.).

4. L. I'agliani, Le reboisement dans ses rapports avec le paludisme, Rivista d'Igiene e SanUa imblica, l" nov. 1808. — Gouv. gen. de l'Algérie. Rapport de la Commission d'études forestières, Al^er, 1004.

Ce procédé, signalé dès 1847 \ a été expérimenté, en Amérique, par Mme Aaron 2 et par Howard3. D'après Howard, un tonneau de pétrole de la valeur de 22 francs suffit pour couvrir une surface d'eau de 96 000 pieds carrés.

Howard, dans une propriété située près de Washington, Smith à Long-Island, Weed à la Nouvelle-Orléans, Kellogg à Palo-Alto (Californie), ont employé avec succès ce procédé pour là destruction des larves de moustiques.

L'huile de pétrole étendue en couche très mince à la surface de l'eau n'est pas nuisible pour les poissons.

Un grand nombre d'expériences faites dans ces dernières années ont confirmé les résultats obtenus en Amérique.

Le meilleur mode d'emploi de l'huile de pétrole ou kérosène est le suivant : on fixe, au bout d'une perche, un morceau de chiffon, le chiffon est trempé dans le pétrole et promené à la surface de l'eau ; le pétrole s'étend bien et la quantité nécessaire pour couvrir une pièce d'eau est moindre que lorsqu'on se contente de verser le pétrole dans l'eau.

Il suffit d'employer 15 cm3 de pétrole par mètre carré.

Galli-Valerio et J. Rochaz de Jongh ont imaginé, pour étendre le pétrole à la surface de l'eau, un appareil spécial qui ne paraît pas indispensable.

Le pétrole, à quantité égale, est plus actif que l'huile à brûler ordinaire.

Un des avantages de ce procédé est qu'il n'est pas nécessaire de tenir compte du cube d'eau, mais seulement de la superficie des pièces d'eau ou des réservoirs.

Malheureusement, le pétrole s'évapore et il est nécessaire de répéter l'opération tous les quinze jours.

Il faut avoir soin de commencer le pétrolage au printemps, avant que les culicidès soient nombreux.

A Ismaïlia, une équipe de quatre hommes a suffi pour la destruction des larves; elle se composait d'un surveillant européen et de trois indigènes; « munie d'un tonneau à pétrole monté sur

1. Magasin pilHaresque, ISI7, p. ISO: Revue saientif., 7 décembre 1895.

2. Lamborn, Dnin-on-Flies versus Mosquiloes. New- York, 1890. Analyse in Bévue scicntif., is octobre 1800. Dans cri ouvrage, Lamborn a publié des mémoires sur |a destruction des mausfbi'crues, qui lui avaient été adresses par M <:.-]{. Aauon ci par A.-C. Weiïks, W. Beotenmuixer, Maoaulet et Mac Cook.

:i. L.-O. Howard, Au experimenl agaiusl mosquitoes, Insecl Life, i. V cl i VI

PROPM V LAXIK

roues, elle eut pour mission de pénétrer dans toutes les maisons de la ville, de verser du pétrole partout où elle trouverait de l'eau stagnante et de vider tous les récipients mobiles que le pétrole eut endommagés. Les habitants, prévenus par des circulaires, surent que l'équipe passerait dans chaque maison, chaque semaine, à la même heure. Il en résulta ceci ; tous les habitants qui craignaient de voir mettre du pétrole dans leurs tonneaux, cuves, baquets à lessive, etc.. prirent l'habitude de les vider un peu avant l'arrivée des pétroleurs. Et c'est tout ce que nous demandions, écrit M. Pressât, car de cette façon il n'y eut nulle part dans la ville de l'eau séjournant plus d'une semaine ; or, nous savons qu'il faut plus de sept jours à un œuf de moustique pour devenir larve, nymphe et insecte parfait. » (Pressât, op. cit., p. 133.)

Comment l'huile détruit-elle les larves et les nymphes des culicides ?

On a dit que les larves étaient tuées parce que l'huile agglomérait les soies de l'appareil respiratoire. Les poils ou soies qui se trouvent à l'orifice terminal des troncs trachéens sont rares et courts et, a priori, il est difficile de comprendre que leur agglomération par l'huile puisse produire l'asphyxie des larves.

J'ai recueilli des larves de moustiques mortes, ou mourantes, dans un cristallisoir dont l'eau avait été recouverte d'une très légère couche d'huile à brûler, ces larves ont été fixées dans le liquide de Flemming, déshydratées, puis montées dans le baume. Dans ces conditions, l'acide osmique colore en noir les gouttelettes d'huile et on constate facilement que ces gouttelettes pénètrent dans les troncs trachéens, ce qui explique la mort par asphyxie des larves beaucoup mieux que l'agglomération des soies.

Le pétrole n'étant pas noirci par l'acide osmique, je n'ai pas pu m'assurer qu'il tuait les larves par le même mécanisme que l'huile; il me paraît très probable qu'il en est ainsi et que, si le pétrole est plus actif que l'huile, c'est parce que sa grande ûuidité lui permet de pénétrer plus rapidement dans les trachées '.

Galli- Valerio et J. Rochaz de Jongh ont constaté que les nvmphes sont détruites plus rapidement par le pétrole que les larves, bien que, chez les nymphes, les orifices respiratoires De soient pas garnis de poils; le xylol, le toluol, la benzine, le benzol qui n'agglutinent pas les poils tuent les larves comme l'huile2.

LA. LAVBRAN, Soc. de Biologie, 20 janvier l!H)0.

2. I!. Galm-Valemo et J. RorjHAZ de Jonoh, Therap, Momitslu-fte, septembre m*.

Quand les larves de moustiques se développent dans des eaux servant à des usages alimentaires (puits peu profonds, citernes comme cela a été observé à Tunis et à Jérusalem), il est indique de projeter à la surface de l'eau un peu d'huile ordinaire et de ne pas recourir, dans ce cas, au pétrole qui rendrait l'eau impropre a la boisson.

Un grand nombre d'autres substances ont ete mises en expérience pour la destruction des larves de culicides.

Les antiseptiques ordinaires (sublimé, acide phénique) sont peu actifs sur les larves 1 et devraient être employés à des doses qui seraient dangereuses pour l'homme et pour les animaux domestiques.

Le permanganate de potasse a été préconisé à plusieurs reprises2; il est assez actif quand on fait l'expérience sur des larves qui ont été mises dans de l'eau propre, mais, versé dans l'eau très impure d'une mare, le permanganate est décomposé rapidement et rendu inactif, à moins que l'on n'emploie des doses énormes.

Le lait de chaux présente un inconvénient semblable, la chaux se transforme rapidement en carbonate de chaux inactif. Toutefois la chaux peut, dans certains cas, rendre des services pour la destruction des larves. Il faut employer de la chaux vive de bonne qualité, dans la proportion de 1 partie de chaux pour 100 parties d'eau '.

La poudre de fleurs de chrysanthèmes projetée dans l'eau, dans la proportion de 0 gr. 50 de poudre pour un litre d'eau, tue assez rapidement les larves; l'emploi de l'huile de pétrole est beaucoup plus commode (on trouve partout du pétrole) et moins coûteux.

Galli-Valerio et J. Rochaz de Jongh ont mis en expérience, pour la destruction des larves de moustiques, des produits très variés. Le xylol, l'huile de térébenthine, la benzine, le pétrole et le saprol qui s'étendent bien à la surface de l'eau, ont donné de très bons résultats. Le xylol, l'huile de térébenthine, la benzine sont des

1. Celli et Casagrandi, Alti d. Soc. p. gli St. d. malaria, 1899. — Doty, Travail analysé in Dritish med. Journal, 7 septembre 1901 et in Médecine moderne, 18 septembre 1901. — G. Tedaldi, Atti d. Soc. p. gli St. d. malaria, 1902, t. III, p. 102. — 13. Galli- Valerio et J. Rochaz de Jongh, op. cit.

Page 1