Je dois ce cliché à l'obligeance de M. le Dr Kermorgant
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Dans certains pays, là où il n'existe pas de culicides de très petite taille, en Corse par exemple, on peut employer des mailles de I millimètre 1/2 de large; Battesti pensait qu'on pourrait même aller jusqu'à 2 millimètres.
Le fil de la toile ne doit être ni trop gros ni trop fin; un fil trop gros gêne l'accès de l'air et assombrit les pièces protégées; un fil trop fin est peu solide.
Les toiles de fer ordinaires s'oxydent rapidement, surtout au voisinage de la mer, et deviennent alors très cassantes; de plus, elles se couvrent de taches brunes de rouille désagréables à l'œil. On peut, à la vérité, peindre ces toiles pour augmenter leur durée, mais la peinture à l'huile bouche en partie les mailles, ce qui gêne la circulation de l'air et la pénétration de la lumière.
Les toiles en fer galvanisé résistent davantage; elles sont peu coûteuses (1 fr. 75 le mètre carré) et d'un bon usage; on les emploiera donc de préférence aux autres.
Les toiles galvanisées finissent par s'oxyder, surtout au bord de la mer, mais leur durée, même dans ces conditions, peut être de plusieurs années. Battesti rapporte que des toiles métalliques posées en avril 1902 à une maisonnette de Furiani, non loin de la mer, presque sur les bords d'un vaste étang, et restées constamment en place depuis cette époque, étaient encore en bon état au commencement de 1906.
Les toiles eu fils de cuivre sont d'un bel effet, elles ne s'oxydent pas et durent longtemps, mais le prix d'achat est beaucoup plus élevé que celui des toiles de fer galvanisé, leur emploi n'est indiqué que dans des cas particuliers.
Fisch qui a fait à Ada (Côte de l'Or) des expériences comparatives sur la résistance aux intempéries et surtout à l'air marin de toiles métalliques en fer, laiton, cuivre et nickel, donne la préférence aux toiles et aux plaques perforées de nickel, mais ces toiles ou plaques sont d'un prix trop élevé pour qu'on puisse les utiliser dans la pratique (18 et 32 marcs le mètre carré).
A défaut de toiles métalliques, on peut tendre, sur les châssis des fenêtres, du tulle de moustiquaire, mais le tulle est bientôt sali par la poussière, par la pluie, par les mouches; des mailles cèdent, des trous se forment et la protection devient incomplète; le canevas conviendrait mieux.
J'ai déjà répondu plus haut au reproche qui a été fait aux toiles métalliques de gêner la ventilation, je ne reviendrai pas sur ce point.
PROTECTION CONTRE LES MOUSTIQUES
On a dit aussi que l'emploi de ces toiles était coûteux; il y a certainement une dépense de première installation assez forte à faire, mais cette dépense une fois faite, l'entretien est facile et peu onéreux. Il résulte d'un calcul fait par Battesti, que la prophylaxie par la quinine revient en réalité plus cher que la prophylaxie par la protection mécanique '.
La protection mécanique de l'habitation convient-elle également dans tous les cas? Assurément non. Ce mode de prophylaxie donne surtout d'excellents résultats quand il est appliqué à des maisons particulières ou à des établissements collectifs dont la population est peu nombreuse, quand le fonctionnement est surveillé par des personnes soigneuses et assez instruites pour comprendre la nécessité de cette surveillance. C'est ainsi que l'application des toiles métalliques a donné de très bons résultats pour la protection des employés des chemins de fer et des postes et pour les habitations particulières, pour les petites casernes de douaniers, pour de petits postes militaires.
La protection méthodique est d'une application plus difficile pour les habitations collectives comme les casernes dans lesquelles le grand nombre des habitants entraine un va et vient continuel. Les portes qui s'ouvrent constamment laissent passer les moustiques; on sait en outre que les soldats sont très insouciants et d'ordinaire peu soigneux mais, à cet égard, on pourrait faire leur éducation. L'exemple des Japonais à Formose prouve qu'on peut obtenir de très bons résultats de la protection mécanique même dans les casernes. Je crois que dans une caserne on ne doit pas essayer de protéger tous les locaux ; il faudrait avoir des locaux de jour et des locaux de nuit, ce qui d'ailleurs, au point de vue de l'hygiène générale, est une mesure excellente, et on se contenterait de protéger les locaux de nuit.
C. Protection mécanique des individus obligés à rester la nuit en plein air. — Les Anophèles ne piquent que le soir et pendant la nuit ; les conseils que l'on donne depuis longtemps, dans les pays palustres, de rentrer avant le coucher du soleil, de ne pas sortir avant son lever et surtout de ne pas dormir en plein air, sont donc tout à fait d'accord avec la doctrine anophélienne, mais tout le monde ne peut pas se retirer le soir dans une chambre protégée contre les moustiques. Beaucoup . de professions comportent des sorties
1. F. Battesti, Quatrième compagne de la Ligue corse, p. 33 et 34.
PROPHYLAXIE
nocturnes ou même des nuits entières passées en plein air. Les soldats, les douaniers doivent monter des gardes la nuit, dans des localités insalubres; les employés des chemins de fer ont un service de nuit; les voyageurs, les soldats en campagne passent souvent la nuit en plein air.
Depuis longtemps, dans les pays où abondent les moustiques, on a cherché à se protéger contre leurs piqûres. Aux environs d'Aigues-Mortes, on emploie, dans ce but, des manchons en gaze verte; à chaque extrémité du manchon, un élastique est passé
dans une coulisse ; l'un des élastiques se fixe sur la coiffure, l'autre enserre le cou.
Cette moustiquaire protège bien la tète et le cou, il faut la faire ample et la rentrer à la partie inférieure sous les "vêtements, plutôt que de l'assujettir autour du cou (fig. LVH). Dans les mouvements, la moustiquaire fixée à l'aide d'un élastique se relève fréquemment et laisse à nu la partie inférieure du cou ; d'autre part, la pression d'un élastique autour du cou est très gênante.
Pour protéger les mains, il faut mettre des gants de coton assez épais et, pour protéger les cous-de-pied, des guêtres et des pantalons serrés à la partie inférieure. Lorsqu'on a des souliers qui ne remontent pas au-dessus des chevilles et des pantalons ordinaires, les moustiques piquent facilement à travers les chaussettes.
Fermi et Cano Brusco ont fait une expérience qui montre bien l'efficacité de ces moyens de protection. Seize volontaires âgés de seize à trente ans se rendirent à plusieurs reprises, le soir, dans le voisinage de l'étang de Liccari et séjournèrent dans une cabane où les Anophèles étaient nombreux Dix de ces individus étaient protégés à l'aide d'un masque spécial et de gants, aucun deux ne
Fig. LVU. — Individu muni d'uno moustiquaire protégeant la têto et le cou.
I. Fermi et Cano Hrusco, Annali d'Igiene sperim., 1001 et Atti délia Soc. p. gli St. délia malaria, Routa, 1001.
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prit la fièvre; des six autres, non protégés et servant de témoins, cinq en furent atteints.
Les casques ou masques munis de voiles moustiquaires ont ete employés avec succès en Italie pour la protection des douaniers chargés d'un service de nuit dans les localités insalubres; on distribuait également des gants de fil l.
Pendant la guerre de Mandchourie, chaque officier ou soldat de l'armée japonaise était muni d'une petite moustiquaire protégeant la tête et le cou contre les piqûres des moustiques.
La moustiquaire japonaise (fig. LVIII) est formée par un sac cylindrique de gaze commune de couleur verte ou cachou, monté sur deux légers anneaux d'acier qu'un spiral du même métal maintient écartés. Les anneaux ont 25 cm. de diamètre. La partie supérieure de la moustiquaire est fermée par une pièce de gaze tendue sur l'anneau supérieur, la partie inférieure est ouverte pour permettre d'y introduire la tête. A l'anneau inférieur est fixé un manchon ample en toile cachou, long de 20 cm., qui peut être serré sur le cou au moyen d'une coulisse.
La tête est libre de ses mouvements dans cette moustiquaire qui peut être utilisée la nuit aussi bien que le jour.
1. La malaria tra le guardie di llnanza negli anni 1901, 1902, 1903, avec l'Instruction spéciale pour la prophylaxie du paludisme dans le service des douanes en Italie, A tli délia Soc. per gli St. <lell<i malaria, 1904, t. V, p. 745.
Fig. LVIII.
Soldats japonais munis de la moustiquaire réglementaire.
Laveiian, Traité du Paludisme, édition.
PltOPHYLAXU:
L'appareil se replie sur lui-môme et il est maintenu dans cette position par deux boutons qui passent dans deux coulants en ficelle; ainsi repliée, la moustiquaire a un centimètre et demi d'épaisseur et elle ne pèse que 50 grammes.
D'après M. Matignon cet appareil a rendu des services aux Japonais '.
Il est h désirer que l'emploi de ces moyens de protection se vulgarise. 11 est difficile, dans les pays chauds, d'obtenir le port des g-ants, mais si le cou et la face sont protégés par la moustiquaire fixée à la coiffure, on évite un grand nombre de piqûres et le résultat obtenu, quoique incomplet, est déjà très appréciable.
6° Substances volatiles; pommades, enduits culicifuges. — Un grand nombre de substances volatiles et de pommades ou onguents ont été préconisés contre les piqûres de moustiques.
A une époque où le rôle des moustiques dans la propagation du paludisme n'était pas encore connu, d'Abbadie conseillait, comme mesure prophylactique contre la fièvre, les fumigations d'acide sulfureux; le patient s'entourait d'une couverture sous laquelle on faisait brûler un petit morceau de soufre ou bien le linge de corps était soumis à l'action de la vapeur sulfureuse2. Il est probable que l'odeur sulfureuse agissait comme culicifuge.
L'information suivante doit être rapprochée de la précédente : un observateur, après avoir absorbé des pastilles de soufre, aurait essayé sans succès de se faire piquer par des moustiques en captivité3. Cette expérience, peu concluante, n'a pas été confirmée, que je sache.
Les feuilles de Mentha pulegium et l'essence de cette plante auraient, d'après Veeder, la propriété d'éloigner les moustiques'.
D'après Weed, une onction sur les mains et sur la face avec un peu d'huile de pétrole serait très efficace ,;, mais l'odeur du pétrole, si elle est désagréable pour les moustiques, l'est aussi pour l'homme.
Au Canada, un grand nombre de personnes s'enduisent les mains et la face avec un mélange de goudron et d'huile ; en certains endroits, il serait impossible de vivre, dit Nuttall, si l'on
1 A UvEtiAN. Acad. de. médecine, 7 novembre 1905. Présentation d'un travail du \r Matignon suri, prophylaxie du paludisme dans l'armée japonaise de UMi.drim.mr-
2 D Abbadif., Acad. des Se., 4 mars 1803. - L. Vaillant, Semaine mid,, 2-1 août 1890. :> \r,r ) ork m,;!. Journal, 10 mai 1000.