Zemanek, Der Militârarzt
PROPHYLAXIE
0 gr. 30 à 0 gr. \ 0 de sulfate de quinine deux fois par semaine ; le nombre des liévreux est deux fois moins grand que les années précédentes ; un officier sur quatre a la fièvre et c'est justement le seul qui ait refusé de prendre de la quinine1.
En 1891, la quinine a été administrée d'une façon préventive, et en général avec succès, aux troupes casernées au Bardo, à Constantine, et aux garnisons de Lambèse et de Guelma.
En 1892 et 1893, ces essais ont été poursuivis au Bardo (Constantine), à Lambèse, à Tuggurth, à Biskra, à Ouargla, à Batna, à Guelma, à Sidi-bel-Abbès, à Mostaganem ; sur beaucoup de points, les résultats sont notés comme bons, bien que les doses de quinine aient été très faibles2.
En 1894, on a noté à El Goléa que les hommes soumis au traitement préventif avaient des accès moins forts que les autres malades ; il était rare d'observer chez eux plus de deux accès consécutifs.
En Tunisie, les médecins militaires ont constaté également que l'emploi préventif de la quinine modifiait la forme des accidents du paludisme et diminuait leur gravité3.
Dans la province d'Alger, Sézary et Cornebois ont obtenu d'excellents résultats en prescrivant la quinine d'une façon préventive aux personnes obligées de résider dans des localités insalubres.
« Dans les localités les plus malsaines de l'Algérie, dont l'insalubrité interdit l'accès à la colonisation ou tout au moins la rend très dangereuse, l'usage quotidien de petites doses de quinine, 0 gr. 15 environ, est suffisant, écrit Sézary, pour empêcher l'apparition des accès de fièvre et maintenir les habitants dans un état de parfaite santé. Le remède doit être continué tant que la fièvre sévit dans la localité, en général du 1er juillet au 1er décembre ''. »
Sézary formule ainsi qu'il suit l'emploi préventif de la quinine : « Prendre tous les jours, à l'un des repas, 0 gr. 15 de quinine, quelquefois 0 gr. 20, mais jamais davantage. Avec cette dose infime, j'ai maintenu depuis trois ans, en divers centres très raal-
l. Lanbl, Arrh. de méd. milit., déc, 1890, p. 464.
■>. On donnait, en général, 0 gr. 50 de sulfate de quinine tous les cinq jours, Statistique médicale de l'armée franç. pour t892, p. 102, et pour 1893, p. 108.