SciitiFKNKB, Zeilscltr. f. Hygiène, l
2. N. Jancso, Cenlralbl.f. Bakler., 1, Orig., I. XXXVlil. p. 650. :(. Bril. med. Journ., 6 octobre 1900, p. 103*.
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même peut être inoculé artificiellement, du malade à l'homme sain, sans l'intermédiaire des Anophèles.
On a objecté à la doctrine de la propagation du paludisme par les Anophèles ou, pour abréger, doctrine anophélienne, que, dans certaines localités palustres, il n'y avait pas de culicides, et que, dans des localités salubres, on trouvait, au contraire, des culicides en grand nombre, des Anophèles notamment.
Une vaste enquête était nécessaire pour établir les rapports existant entre les culicides et le paludisme et pour juger de la valeur des objections qui ont été faites à la doctrine anophélienne. Cette enquête, qui a été entreprise dans un grand nombre de pays, se poursuit encore, mais les résultats qu'elle a donnés sont déjà très importants.
Ces résultats sont très favorables à la doctrine anophélienne. Les observations que j'ai réunies, pour ma part, depuis 1899, viennent toutes à l'appui de cette doctrine l.
J'ai constaté l'existence des Anophèles dans toutes les localités insalubres que j'ai visitées et dans tous les lots de culicides recueillis en pays palustre qui m'ont été envoyés; l'abondance des Anophèles dans une localité donnée s'esttrouvée, presque toujours, en rapport avec la fréquence des fièvres palustres.
La plupart des observateurs sont arrivés aux mêmes conclusions que moi. On trouvera plus loin un résumé de la répartition des Anophèles à la surface du globe et on pourra constater que, dans les pays à climat tempéré, comme dans les pays chauds, il est de règle de rencontrer des Anophèles dans les localités où règne l'endémie palustre.
La doctrine anophélienne est bien d'accord avec l'épidémiologie des fièvres palustres.
Dans les pays tempérés, et même dans les pays chauds où les saisons sont bien marquées, les fièvres palustres de première invasion ne se montrent qu'au commencement de l'été, précisément au moment où les Anophèles sortent de leur sommeil hivernal et se multiplient.
C'est cà la fin de juin qu'on trouve, en Italie et en Algérie, les premiers Anophèles infectés2 et c'est précisément à cette époque
1. A . Lavehan, Acad. des Sciences, li avril 1903; Bulletin de l'Insl. Pasteur, t. 1, n" S ci Acad. <!<■ médecine, hi octobre cl \ décembre 1906.
2. A. CELLI et G. Delpino, Gontrib. a l'étude épidômiol. du paludisme, Supplém. du PoUchnico, 1899 cl Cenlralbl. f. Bakler., 1900, 1, Orig., I. XXXVll, p. 309. - A. Billet, Acad. '1rs s,-., g sept. moi.
KTIULOGIE
que se produisent les premiers cas de fièvre; le nombre des Anophèles infectés augmente de juillet à octobre et décroît ensuite.
A Grosseto et aux environs de cette ville, c'est au mois d'octobre que Fr. Testi a trouvé la plus forte proportion à'Anopheles infectés (16,79 p. 100) '.
Il est à noter que, dans les localités notoirement insalubres, la proportion des Anophèles infectés est souvent faible (1 à 2 p. 100 insectes capturés); on s'explique donc que la recherche des Anophèles infectés soit souvent assez laborieuse.
Dans les pays tropicaux, c'est pendant la saison des pluies (insalubre) qu'on trouve les Anophèles en plus grand nombre.
Les Anophèles naissent non infectés, dans les marais les plus notoirement insalubres, et alors même qu'ils proviennent d'œufs pondus par des femelles infectées. D'autre part, le paludisme étant une maladie particulière à l'homme, les Anophèles ne peuvent pas s'infecter en piquant des animaux.
Il ne suffit donc pas que les Anophèles existent dans une localité pour que le paludisme s'y propage; il faut que ces culicides puissent s'infecter en suçant du sang contenant l'hématozoaire du paludisme. A ce point de vue, l'enquête récente sur les conditions de développement de l'endémie palustre a donné des résultats très intéressants, en montrant que H. malarias existait souvent, à l'état permanent, dans le sang des jeunes enfants appartenant à la population des localités palustres (V. p. 87); c'est là une circonstance qui favorise beaucoup l'infection des Anophèles et par suite la propagation du paludisme.
Au dire de quelques observateurs, l'endémie palustre sévirait dans des localités où l'on ne trouve pas d' Anophèles, ni même de culicides d'aucune espèce 2. Cette objection serait grave si la réalité des faits allégués était prouvée, mais, toutes les fois que ces faits ont été l'objet d'enquêtes approfondies, il a été démontré, ou
1. Sforza, Giornale med. ciel H" Esercito, 31 déc. 1890. — Cou, AUi dclla Soc. p. gti Si. d. malaria, Rome, 1004, I. V.
2 Dodu, Mosquitoes and Malaria, Médical Record, IS9S, l. L1V, p. 537. — A. Poskin.
Note sur l'éti gie de la malaria, Bruxelles, 1900. - Costa m-; Basteuca, Congrès de
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bien qu'on trouvait dans les localités signalées, des culicides et des Anophèles en particulier, ou bien que les cas de paludisme observés avaient été contractés dans d'autres localités.
Tel a été le résultat de l'enquête poursuivie à Batavia par Koch, enquête tout à fait favorable à la doctrine anophélienne
Deux localités de la Corse, Lumio près de Calvi et Ponte- Leccia, avaient été signalées comme insalubres, malgré l'absence complète de moustiques. Au mois de septembre 1902, j'ai visité ces localités en compagnie du Dr Battesti et, en plein jour, nous avons capturé des A. maculipennis dans plusieurs habitations; nous avons constaté, à Lumio et dans la vallée de Casa-Luna (signalée aussi comme insalubre quoique indemne de moustiques), l'existence de mares renfermant de nombreuses larves de culicides 2.
Soulié a cité, parmi les foyers palustres exempts d' Anophèles en Algérie, les villages de Marengo et de Montebello3. Ét. Sergent a visité ces localités. A Marengo, il a trouvé dans deux flaques d'eau, à 420 et 280 mètres des premières maisons du village, de nombreuses larves de A. algeriensis. A Montebello, il a trouvé en trois points différents au sud-ouest du village, de nombreuses larves de A . maculipennis *. .
Devaux a cité la région d'Antsirabé-Bétafo, à Madagascar, comme exemple d'une région clans laquelle l'endémo-épidémie palustre a une gravité exceptionnelle, bien que les moustiques y soient rares8. Un rapport du Dr Bouet montre au contraire que les moustiques, et les Anojjheles en particulier, pullulent à Antsirabé et à Bétafo, au moins à certaines époques de l'année6. Cette prétendue exception à la règle de coexistence des fièvres palustres et des Anophèles n'existe donc pas non plus.
J.-P. Powell a cité le cas du fort Hamilton où, dit-il, le paludisme n'est pas rare malgré l'absence & Anophèles, mais il ajoute que la plupart des cas ont été observés sur des soldats appartenant à une compagnie qui avait séjourné peu de temps auparavant