Afin, de Vlnsl. Pasteur, 1002, p
0 J -T. ïerblroii, Atti délia Soc. p. gli St. delta malaria, 1004, t. \.
RÔLE DES ANOPHELES
Salanoue a cité des faits semblables pour le Tonkin.
On s'explique bien que, dans le nord de l'Europe, il existe des Anophèles dans des localités indemnes de paludisme; \es Anophèles ne peuvent pas s'infecter en suçant le sang de malades atteints de fièvres palustres; d'autre part, les conditions climatiques sont très peu favorables au développement de H. malarix dans le corps des moustiques, de sorte que si, par hasard, un Anophèles vient à sucer du sang palustre (sur un malade rentrant des colonies, par exemple), il y a beaucoup de chances pour que l'évolution du parasite ne se fasse pas ou ne s'achève pas chez le culicide.
On comprend que certaines contrées s'assainissent malgré la persistance des Anophèles; lorsqu'une population est pauvre et vit dans de mauvaises conditions d'hygiène, en pays palustre, les malades sont nombreux, ils se soignent mal et les Anophèles s'infectent facilement; si les conditions d'hygiène générale s'améliorent, le nombre des malades diminue d'année en année; le médecin est consulté dès qu'un cas de fièvre se produit, la quinine est distribuée largement et les Anophèles ne peuvent plus s'infecter.
Telle paraît être l'explication de l'assainissement d'un grand nombre de localités dans lesquelles il existe encore des Anophèles.
Il est plus difficile de s'expliquer pourquoi, dans des contrées comme l'Italie, les Indes néerlandaises et le Tonkin, où les malades atteints de paludisme abondent, on peut trouver des localités sal libres malgré l'existence de nombreux Anophèles.
Il est important de faire remarquer d'abord que tous les Anophèles ne sont pas également aptes à propager le paludisme.
L'endémie palustre n'existe pas à Calcutta, et cependant les Anophèles sont nombreux dans cette ville et aux environs, mais il s'agit toujours de A. Rossi G il es qui paraît peu dangereux, au point de vue de la propagation du paludisme.
Stephens et Christophers n'ont jamais trouvé, à Calcutta ni aux environs, des A. Rossi infectés naturellement et ils n'ont pas réussi à infecter ces culicides en leur faisant piquer des malades atteints de fièvre palustre.
Les recherches de James, faites également aux Indes, ont confirmé celles de Stephens et Christophers. James n'a jamais trouvé -I ■ Rossi infectés naturellement, môme dans des localités très palustres où lei Anophèle» appartenant à d'autres espèces étaient souvent infectés ; sur*700 A. Rossi examinés, aucun n'était infecté
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alors que les A. culicifacies recueillis dans les mômes localités étaient infectés dans la proportion de 4,6 ou même de 8,7 p. 100. James a réussi cependant à infecter des A. Rossi en leur faisant piquer des malades atteints de fièvre palustre; il suppose qu'à l'état libre ces Anophèles préfèrent, au sang de l'homme, le sang de certains animaux1.
Les espèces d'Anophèles qui vivent dans les bois, loin des habitations, sont moins dangereuses que celles qui pénètrent souvent dans les habitations; James cite : A. barbirostris, A. nigerrimus et A. gigas parmi les espèces qui, pour cette raison, contribuent peu à propager le paludisme aux Indes.
Tous les observateurs qui ont étudié le développement de H. malarise dans les Anophèles savent qu'on échoue souvent dans les tentatives d'infection de ces culicides, alors même qu'on se place dans de bonnes conditions de température; les Anophèles ne s'infectent pas ou bien l'infection avorte ; des blastes se forment dans l'intestin, mais les sporozoïtes ne passent pas dans les glandes salivaires.
D'après Schoo, les Anophèles nourris avec des fruits acides ne s'infectent pas quand on leur fait piquer des malades atteints de fièvre palustre; ils s'infectent, au contraire, facilement quand on ne leur donne que de l'eau et, quatre jours après qu'ils ont sucé du sang palustre, des fruits non acides, du melon par exemple2.
La manière dont s'alimentent les Anophèles exercerait donc une grande influence sur l'évolution de l'infection.
On a dit que si les Anophèles transmettaient le paludisme, la maladie se montrerait nettement contagieuse, ce qui- n'était pas.
Des exemples de contagion du paludisme ont été cités, par différents observateurs3. Les petites épidémies familiales ne sont pas rares ; on trouve dans les familles atteintes ou dans les maisons voisines de celles qu'elles habitent, un ou plusieurs cas de rechute de fièvre qui constituent la cause d'infection et des Anophèles qui ont propagé l'hémamibe palustre. Des sujets atteints de paludisme
[. James, Malaria in India, op. cit.