‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 8 sur 283 · Massy, Army med. report · texte numérisé non relu

Massy, Army med. report

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le foie des animaux en expérience, des éléments pigmentés analogues à ceux qui existent dans le sang des individus morts de fièvre pernicieuse; en cultivant ces éléments pigmentés, ils obtiennent une bactérie à laquelle ils donnent le nom de Bacteridium brunneum.

Klebs et Tommasi Crudeli entreprennent, en 1879, des recherches dans le but de contrôler les faits annoncés par Lanzi et Terrigi.

Un bacille que ces observateurs trouvent, dans l'air, dans l'eau, dans la vase des marais, ainsi que dans des liquides de culture et dans le sang des animaux inoculés, est décrit par eux sous le nom de Bacillus malavisé

Dans le sol des régions palustres, ce microbe se présente sous l'aspect de spores mobiles, de forme ovalaire, réfractant fortement la lumière; dans le corps des animaux inoculés ou dans les liquides de culture, le parasite prend la forme de longs filaments d'abord homogènes, puis segmentés transversalement, de manière à figurer des articles dans l'intérieur desquels se développent des spores.

Ce bacille se cultive facilement dans les liquides riches en substances azotées, dans les solutions de gélatine et d'albumine.

Klebs et Tommasi Crudeli disent avoir réussi à produire, chez les animaux en expérience, des fièvres intermittentes à type régulier; il suffit de jeter les yeux sur les tracés thermométriques annexés au mémoire de Tommasi Crudeli, pour se convaincre que c'est là une illusion; aucun des tracés ne ressemble à celui d'une fièvre intermittente légitime, et on conçoit très bien qu'une des variétés des septicémies si faciles à provoquer chez le lapin puisse donner lieu à des tracés semblables.

La tuméfaction de la rate n'est pas plus probante, elle s'observe en effet dans toutes les formes de la septicémie; l'existence des bacilles dans divers organes (rate, moelle des os) sous la forme de longs filaments homogènes, ne peut pas être considérée comme une lésion du paludisme; on ne rencontre jamais de filaments semblables dans les organes des individus qui ont succombe à des fièvres pernicieuses. Quant au pigment trouvé dans la rate de quelques animaux, rien ne démontre qu'il soit de même nature que celui du sang palustre.

Les conclusions de Klebs et Tommasi Crudeli prêtaient forl à

I. ficalu Accad, dei Lincei, juin 187!). et An-h.f. eœperim. PatlwL. ("juillet 1879.

la critique; néanmoins, comme on était disposé à croire, en 1879, à l'existence d'une bactérie du paludisme et que l'autorité des auteurs était grande, le Baeillus malaria fut d'abord accueilli avec beaucoup de faveur surtout en Italie et en Allemagne.

Tommasi Crudeli publie, en 1880, le résumé des recherches confirmatives des siennes faites par Perroncito, Ceci, Cuboni, Marchiafava, Valenti, Ferraresi et Piccirilli1.

D'après Marchiafava et Ferraresi, le sang d'un malade atteint de fièvre intermittente, examiné pendant la période de frisson, contient toujours, et parfois en grande quantité, le bacille à sa phase de développement complet; pendant l'acmé de l'accès, les bacilles disparaissent du sang et on ne trouve plus que des spores2.

Cuboni et Marchiafava injectent à des chiens, dans le tissu conjonctif sous-cutané, du sang pris dans la rate de fébricitants et, une fois sur six, ils constatent des accès de fièvre chez les chiens inoculés; à l'autopsie, la rate est un peu tuméfiée3.

En 1882, A. Ceci affirme encore qu'il a réussi à provoquer des accidents palustres chez des chiens et chez des lapins en leur injectant dans les veines des liquides de culture préparés avec la vase des marais4.

Depuis 1882, un seul travail favorable à l'opinion de Klebs et de Tommasi Crudeli a été publié, c'est le travail de Schiavuzzi.

Schiavuzzi a annoncé qu'il avait réussi à obtenir des cultures pures du Baeillus malarise et à reproduire chez le lapin, à l'aide de

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