FIN DE LA TABLE
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INTRODUCTION
En faisant servir les animaux domestiques à* ses besoins tet à ses plaisirs , l’homme a dû nécessairement les exposer à une foule d’altérations, dont ils sont exempts dans l’état sauvage et de liberté complète. Toutes les choses qui tiennent de la domesticité, commele régimealimentaire, les exercices, les habitations, etc., modifient prodigieusement l’organisme de ces êtres asservis : elles favorisent , il est vrai, certains dëvfcloppemens , ainsi que leur multiplication ; maiseïles deviennent en même temps les sources de différons dérangemens dans l’exercice de leurs fonctions. Il y a donc des maladies de servitude; et ces affections , incontestablement les plus nombreuses, ne sont pas toujours les mêmes : elles varient etsemontreutavec
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différens caractères ^suivant les influences pernicieuses auxquelles les animaux se trouvent exposés, d’après les services qu’ils sont suscéptibles de rendre. Ainsi, le cheval , l’âne ei le mulet , dont les dépouilles, après la mort , sont à-peu-près de nulle valeur, et qui ne sont 'réellement utiles que par les travaux auxquels nous les soumettons, éprouvent tous les accideiis que peuvent occasioner les fatigues et les intempéries. Parmi ces quadrupèdes, dont la conservation en santé est si importante, un grand nombre meurt par suite-d’arrèfs de transpiration, de maladies de poitrine^ d’indigeStions, de coliques, etc.; beaucoup succombent à des àccidens imprévus; d’au très sont les, victimes de certaines imprudences ou de la barbarie dé' leurs ‘ conducteurs; mais la plus grande partie de ces mQnodàctyles finissent par la ruiné des membres, Sur-tout par celle des pieds, qui, en raison dé leur structure organiqueet de leurs usages, sont évidemment les régions
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du corps les plus sujettes aux conséquences fâcheuses de la dôçrjesticrté.
Les bêtes bovines, dont les seVvices sont
si variés et les dépouilles si avantageuses , ont aussi leurs affections de domesticité toujours plus ou moins fréquentes et différentes, suivant les conditions dans les<q.üelles les animaux sont entretenus* La yacbe laitière ressent toutes les influences fâcheuses qui résultent, d’un séjour permanent dans une étable et d’une sécrétion coutinuelle.de lait. La maladie connue sous le nom de pommelière est en quelque sorte son partage ; ses sabots acquièrent le plus souvent un accroissement extraordinaire, parfois ils se contournent et prennent la forme du pied-bbt. Le bœuf quiporte îe jotig éprouvé à-peu-près les mêmes affections que le cheval * et se trouve, comme lui, exposé à une foule.de maux de pied. -\ .
Les bêtes à lai,ne, si précieuses par leur toison et par leur chair, périssent le plus
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souvent par des écart*» de' régime alimentaire ou hygiénique, et elles souffrent fréquemment dès pieds.
II est constant que , chez les monodac- Iyles et le Jxeuf employés à l’agriculture, les préjudices de la servitude se font remarquer plus particulièrement aux pieds, qui se déforment, s’altèrent plus ou moins, suivant le genre de travail auquel ces quadrupèdes sont soumis , selon les terrains qu’il foulent ou sur lesquels ils séjournent : aussi les maux de pieds sont-ils d'autant plus fréquens et plus pernicieux , que les animaux marchent plus souvent et plus long-temps sur des chemins ferrés, pavés et pierreux. C’est surtout dans les grandes villes, telles '"qufe Paris, quëles chevaux éprouvent tous les inconvëniens du travail spr le pavé, toujours inégal, le plus souvent plombé , mouillé et couvert de houe. Les glissades, les faux pas continuels , dont ils ne peuvent se garantir, faussent §n peu de temps les articulations
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inférieures, de leurs membres, et déterminent les détériorations des piedi. Ceà altérations deviennent même si fréquentes que, sur un seul, cheval, boiteux la hanche ou de l’épaule-, il y en a cent qui boitent du pied (i). Il n’est donc p*s étonnant que, dans les. villes et dans tous ' les lieux environnant les routes très-fré*
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quentées, les vétérinairés aient à traiter une quantité de boiteries* et d’altérations du sabot, qii’ils renCohtïent rarement ailleurs;
■Ce court aperçu s.uffît pôur faire sentir combien les bonnes où mauvaises qualités des pieds sont importantes à considérer, pour le éhoik et l’acquisition d’un animal que l’on destine à un travail quelconque, ou qUé Pon se propose de soumettre 'à des -voyages longs et, pénibles.
( < lié -premier objet à examiner dans l’é- » — : — ! — r ■ ' : ’ ;
(1) -Voy» Ot>seri>a[ipns et découvertes sur. des y chevdux , avec une nouvelle pratique sur ferrure^, pai\L«tfossç père. Paris , 1754, p*gc 2 V).' ' ' < J
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xvj LNTRODUCTION.
» lat tl’un cheval, dit Xénophon (i)* ce » sont les pieds. Üne maison, quelque » agréablement que soient construites ses » parties supérieures , ne sera jamais ha- » bitable si elle est assise sur de mauvais » «fonde mens. De môme un cheval ne sera
» jamais solide, eût-il tout le reste bien » fait, s’il pèche par les pieds : ce vice »> nuit à ses autres bonnes qualités. '»
Les altérations des sabots ont des suites d’autant plus graves, que l’on est peu à portée d’avoir un bon maréchal qui puisse, par le secours de la ferrure , en arrêter ou en modérer les effets toujours fâcheux.
Le pied exige en général une étude suivie , approfondie ; il demande surtout une connaissance parfaite de l’ordre et de l’ar-
rangement de ses parties constituantes. Mais pour, tirer de ces notions partielles-,, d ? anatomie toutes les inductions utilç^
• (i), Traité de la Cavalerie, traduit par Dupaty de Clam i^i, li»-8 n .,‘pagcs 2 et 3^ 'Tfc'
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et en faire, dans tous les cas, de justes applications, il ne suffit pas d’avoir une idée générale de la structure organique du pied, de savoir seulement que cette extrémité de la région digitée est composée d’os, deligamens, d’un coussinet plantaire, d’un tissu vasculo-nerveux, disposé en içembrane, et que l’ongle en forme toute l’enveloppe extérieure ; il faut encore se pénétrer intimement de la disposition respective de ces diverses parties, et bien saisir les propriétés particulières de chacune d’elles ainsi que les phénomènes variés qui peuvent dériver de leurs actions successives et simultanées. Sans ces notions spéciales, il serait impossible d’appré- ’ cier tous les changemens et altérations qui peuvent être les résultats , soit des foulées sur le sol , soit du choc des corps extérieurs sur le sabot , soit du séjour trop ' prolongé des pieds dans les boues âcres et autres substances irritantes.
Convaincus de l’utilité et de l’impor*
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tance d’un pareil sujet , presque tous ceux qui ont écrit sur l’extérieur, sur l’anatomie , les maladies et la ferrure du cheval , nous ont laissé quelques détails sur la structure organique du pied. Dans l’histoire succincte de l’anatomie vétérinaire, nous avons signalé les principales productions en ce genre ; nous allons en présenter ici un précis analytique, afin d’établir l’état actuel de nos connaissances sur cet objet, qui a été si négligé par les anciens.
Lafosse père, auquel la chirurgie vétérinaire est si redevable, conçut le premier l’idée de baser la pratique de la ferrure sur la structure organique du pied. Son opuscule, relaté à la note de la page xv, renferme une table anatomique, accompagnée de deux planches , dont les figures représentent en petit diverses parties du pied , que l’auteur ne fait qu’indiquer. Cette table n’est à la vérité qu’une ébauche d’anatomie, qu’un objet accessoire aux sujets principaux de l’ouvrage ; mais elle fut
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suffisante, à l'époque où elle parut, pour poser les bases fondamentales d’une ferrure rationnelle , pour renverser toutes les idées routinières et pour amener une heureuse révolution. Le travail esquissé par le père reçut , quelques années plus lard, par les soins particuliers du fils, une grande extension , et l’anatomie du pied fut traitée dans le Manuel d’hippiatrique publié en 1766, avec des détails qui, s’ils ne sont pas complets, ont le mérite de l’exactitude.
L’auteur du Manuel dont il s’agit examine d’abord le sabot , ensuite les parties contenues, les dures et les molles : il attribue aux arcs-boutans non-seulement la propriété de servir d’étais aux talons et de les empêcher de se rapprocher l’un de l’autre , mais encore d’être les soutiens de l’os coronaire, qui porte le quart de la pesanteur de la masse de l’animal et quelquefois la masse totale. Il pense que la muraille et la sole sont des expansions des
INTRODUCTION, nerfs et des vaisseaux lymphatiques : il dit qu’il n’y a pas dans le cheval de partie aussi sensible que le pied , ou au moins dans laquelle il éprouve tant de douleur. Il décrit les différentes chairs sous-ongulées , sans parler de leur texture et de leurs propriétés particulières. Il distingue trois sortes de ligamens articulaires : i°. les latéraux, au nombre de deux, l’un interne, l’autre externe; 2 0 . les transversaires ou ligamens propres à l’os de la noix; 3 °. enfin, le capsulaire, mais il n’indique pas les boursouflemens qu’il est susceptible de former.
Dans son Traité de ferrure , dont la première édition est de 1771, le célèbre Bourgelat fait connaître successivement les diverses parties constituantes du pied ; \ il décrit en premier lieu le sabot et passe ensuite en revue les différens objets qui sont renfermés dans la boîte cornée, et sur lesquels il insiste peu. Ses considérations fort étendues sur la structure du sabot,
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sur son accroissement, sur son mode d’union avec les tissus sous-jacens ; , sur ses propriétés les plus remarquables, né manquent sûrement pas d’intérêt; mais elles.’ ne sont pas toutes présentées avec la même clarté ; quelques-unes sont même si obscures, qu’il est difficile de bien saisir toutes les idées que l’auteur a voulu rendre : telle est du moins l’impression que m’a toujours faite la lecture du passage qui suit la description des parties contenues ; il renferme l’explication des lois d’après lesquelles le pied peut fouler franchement le sol et supporter le poids du corps sans ressentir une douleur aiguë. Parmi les circonstances qui, selon Bourgelat, mettent le pied à l’abri de cette impression douloureuse, on doit comprendre la direction de l’os principal, l’articulation du petit sésamoïde et du dernier phalangien avec l’os de la couronne, le mode d’union de l’enveloppe cornée avec les chairs intérieures ; enfin l’élasticité répartie à chaque région
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du sabot. Les expe'riences citées à l’appui de cette dernière propriété ne nous paraissent ni heureusement choisies ni bien concluantes. Bourgelat ne reconnaît , comme Lafosse, que deux ligamens articulaires latéraux, l’un externe et l’autre interne, et il n’indique pas les boursouflemens que la capsule synoviale articulaire est susceptible de former.
Cette manière de considérer la ferrure, en commençant par l’anatomie du pied, trouva des imitateurs chez les étrangers; M. Edward Coleman , directeur et professeur au Collège vétérinaire de Londres, fît paraître, en 1802, un ouvrage sur la ferrure , rédigé sur le même plan que ceux de Lafosse et de Bourgelat. L’anatomie du pied, qui forme la première partie du livre anglais , n’est qu’une copie ou un extrait des écrits antérieurs de Lafosse fils sur le même sujet. Les planches nombreuses qui accompagnent cet ouvrage et qui représentent diverses coupes,
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sont doubles, les unes gravées au simple traif, et les autres enluminées avec un grand soin (i).
Sentant l’importance d’un ouvrage spécialement consacré aux altérations si variées du pied, je rédigeai et fis imprimer en i8i3 le Traité dont je donne aujourd’hui une seconde édition, après y avoir fait les additions et changemens que la réflexion , les observations recueillies et les progrès de la science m’ont permis d’y introduire. Le plan sur lequel fut conçu cet opuscule et qui consiste à donner d’abord l’anatomie chirurgicale, m’a paru tellement avantageux , que je n’ai pas hésité à l’adopter dans la rédaction de deux autres productions concernant la chirurgie vétérinaire (2).
(1) Le professeur Gobier publia, en 1804, deux Tableaux synoptiques sur la ferrure ; comme ces Tableaux ne renferment aucune considération sur l’anatomie du pied, nous nous bornons à |es indiquer en note , mais nous en parlerons à l’article de l’Exposé des principes de ferrure.
1 (2) i". Mémoire sur les calculs vésicaux et sur l'opéra-
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Je vais maintenant rendre compte des recherches faites et publiées depuis i 8 i 3 sur la structure du pied. La plus remarquable de ces nouvelles productions est la traduction en français de l’ouvrage de M. Bracy-Clark, dont l’original anglais parut à Londres en 1809. Cette traduction libre, et accompagnée de huit planches, a été tour à tour attaquée et louée (1).
tion de la taille, dans le cheval. Brochure iti— 8°. , Paris, 1823, avec planches.
2°. Traité des hernies inguinales dans le cheval et autres monodactyles, avec atlas, in- 4 °- Paris, 1827 , chez M me . Huzard , rue de l’Éperon , n°. 7 .
(1) Cette traduction, imprimée à Paris en 1817, est assurément le travail de plusieurs. Le titre du livre porte que l’ouvrage a été traduit de l’anglais et revu par l'auteur (M. Bracy — Clark ) ; suivant un avis inséré au troisième feuillet et daté de Londres , leu', mois ( novembre ) 1816, M. Huzard père apporta eu Angleterre la traduction française toute faite , et la communiqua à M. Bracy-Clark , qui y fit des additions. L’avis n’indique pas l’auteur de cette traduction , il ajoute seulement que M. Huzard fils aîné vint à Londres , s’instruisit des vérités qu’elle contenait ; qu’il s’entendit avec M. Bracy-Clark pour revoir tête-à-tète cette production et la rendre plus claire et plus conforme au texte
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L’ouvrage dont il est question est entièrement dirigé contre la ferrure; l’on y retrace avec autant d’art que de soin les différens préjudices de cette pratique, que l’on représente commeétant la principale source des détériorations du pied. Dans l’introduction qui se trouve en tête, l’auteur, ou mieux, les auteurs semblent s’attribuer la découverte de la sensibilité du pied, et ils s’étonnent de l’obstination que l’on a - mise à nier l’existence de cette importante propriété. Ce reproche ne peut certainement pas s’adresser aux écrivains français précédemment cités; car aucun d’eux ne parle du pied comme d’une simple machine de corne, sur laquelle on peut manœuvrer impunément et sans crainte d’ex-
original. Le titre et l’avis impliquent évidemment contradiction. D’après le titre , M. Bracy-Clark serait l’auteur de la traduction; et d’après l’avis, la traduction aurait été faite en France et serait devenue la propriété de MM. Huzard. Toutefois, il est constant que cette traduction a reçu des additions et des change mens, auxquels M. Huzard fils a coopéré.
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citer des douleurs; tous considèrent, au
contraire, cette extrémité des membres
comme susceptible d’être irritée, et l’un
d’eux dit expressément que le pied est la