‹ Traité du système nerveux dans l'état actuel de la scienceChapitre 43 sur 63 · UX O · texte numérisé non relu

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DES SUBSTANCES ASSIMILABLES

On voit, par le tableau qui précède, que les aliments qui contiennent beaucoup de substance nutritive, sont les plus susceptibles d’altération dans les voies digestives, et restent le pluslongtemps en contact avec les bouches absorbantes, il faut spécialement comprendre, dans cette catégorie , les viandes, ie pain et les œufs. Lorsque les aliments contiennent moins de matière nutritive, comme les légumes, iis sont bien moins altérés, et mettent aussi moins de temps à cheminer pour arriver à l'orifice d’expulsion. S’ils sont, au contraire, peu riches en éléments réparateurs ou assimilables, tels que ies fruits acides, ils ne s’altèrent pas, et restent parfaitement reconnaissables lorsqu’ils apparaissent à la plaie.

il est une section d’aliments (les fruits à noyau ) qui se conn pose de matière féculente, unie à une huile particulière. Ces aliments, quoique s’altérant peu, restent presqu’aussi long-temps en contact avec les bouches absorbantes que les iéguinineux , c’est-à-dire les aliments, abondant en mucilage; mais je soupçonne que leur contact avec ies surfaces d’assimilation n’est si prolongé que parce qu’ils contiennent une matière susceptible de passer très-facilement à l’état de chyle quand des substances, plus nutritives encore, ne sont pas ingérées; car chez ies omnivores, les substances ies plus chargées de matière assimilable, sont les plus altérées, et celles qui subissent un contact plus prolongé, tandis que les moins riches en éléments nutritifs, sont aussi les moins altérés et les plus vite expulsés. Il est même de ces substances peu assimilables qui occasionent des tranchées à 1 instar des substances purgatives, et qui produisent ces coliques, ou au moins une expulsion par fusées, accompagnées de beaucoup d’eau. On remarque même l’identité qui existe sous le rapport des résultats de ces substances peu nutritives et les substances médicamenteuses purgatives. L’expérience que j’ai faite pour constater l’action de la rhubarbe, et que j’ai consignée à la il i î du tableau, prouve, si l’on se borne à considérer le n° 5, que lorsqu’un aliment éminemment nutritif se trouve dénaturé, comme le lait, par exemple qui, chez îe mêmesujet^ subissait une coagulation due probablement à i 'action de quelque acide résultant de la sécrétion gastro-intestinale propre, dèslors, la substance, au lieu de rester en contact au-delà de trois heurts, et de se convertir eu chyle, ainsi qu’on peut le comparer pour ies exemples correspondants des nos 1 et 2, se montre sous l’aspect cl’un lait caillé, impropre à l’assimilation, et est expulsée à la manière des purgatifs, en occasionnel des coliques.

des substances assimilables.

On peut remarquer également que le cidre contient peu de matière nutritive, et que de même que les fruits acides, il est rapidement éliminé, avec accompagnement de coliques; tandis que la bière, boisson assez riche en principes alimentaires, met beaucoup plus de temps à être éliminée, et ne produit au plus que quelques gaz.

Enfin, les aliments composés de matière assez éminemment nutritive, mais qui résistent à la dissolution et à la trituration, ainsi que le font les tendons, et comme le feraient sûrement les os, sont cependant maintenus assez long-temps en contact avec les orifices absorbants, quoiqu’ils n’aient subi aucune altération, n’aient par conséquent fourni aucun principe nutritif à l’absorption. Par la même raison ils ne sont pas expulsés comme les substances qui contiennent fort peu de moléculesassimilables; mais surtout ils n’occasionent pas de fusées, et ne se trouvent pas accompagnés de beaucoup d’eau comme le sont les fruits acide*.

On doit noter que le vin qui est en général assez peu altéré chez les n0s 1 et 2; l’est parfaitement chez le n° 5, lequel rejette le lait presque sans digestion, c’est-à-dire sans 'qu’il y ait eu assimilation. Cette circonstance peut tenir à une combinaison chimique de ces substances alimentaires avec les sues gastrointestinaux.

li est encore utile d’observer que lorsque des aliments contenant peu de matière nutritive sont pris seuls, ils sont expulsés en raison inverse de la quantité de molécules assimilables qu’ils peuvent fournir; mais que si ces mêmes aliments sont pris avec du pain, ou avec toute autre substance éminemment nutritive; le bol alimentaire de la substance peu assimilable, étant amalgamé avec la substance nutritive, est retenu par lui, et ne paraît à l’anus artificiel que beaucoup plus tard qu’il ne le fait lorsqu’il agit indépendamment de celle combinaison. Ce fait prouve combien il est utile dans la diététique de varier les substances alimentaires, de combiner les aliments peu nutritifs avec ceux qui sont fortement chargés de matière assimilable : en effet un contact plus prolongé force peut-être l’absorption à s’emparer d’un plus grand nombre de molécules nutritives chez les premiers. D’ailleurs, l’usage des aliments peu nutritifs n’étant fondé que sur la sensualité gustative, on a dû peu s’occuper de leurs propriétés d’assimilation : c’est ce qui a lieu en généra! dans toutes les tables recherchées.

Il convient généralement d'associer aux aliments peu nutritifs

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des mets restaurants, bien que la saveur de ces derniers, soit souvent moins développée, et par là moins capable de piquer le goût.

Si l’absorption de la matière chyleuse se fait dans l’estomac , c est surtout dans les intestins grêles et principalement dans le duodénum qu’elle s’opère activement, et l’afflux de la bile et du suc pancréatique concourent, par leur imprégnation et leur action chimique dissolvante , à augmenter cette activité. En effet, dans un grand nombre d’autopsies que j’ai faites pendant le travail de la digestion, j’ai constamment trouvé les conduits chylifères qui aboutissent aux intestins grêles, gorgés de matière chyleuse , tandis que ceux de l’estomac n’en contenaient que peu (4).

Néanmoins, l’absorption se continue tout le long du canal intestinal depuis l’estomac jusqu’à la limite ou elle doit s’arrêter.

A mesure que la pâte alimentaire arrive à l’extrémité de l’intestin , elle perd sa liquidité , et plus elle séjourne dans le gros intestin , et plus les bouches absorbantes continuent à pomper les particules nutritives, qui peuvent y rester encore. C’est ainsi que j’ai remarqué chez le cataleptique de Montaigu , cité plus haut, qu’après que les matières avaient séjourné dix à douze jours , et plus, dans le rectum et le colon, elles devenaient si dures, et leurs molécules tellement serrées, qu’on parvenait difficilement à les rompre.

C’est dans les gros intestins que les aliments acquièrent cette fétidité si remarquable qui est le résultat ordinaire d’une alimentation copieuse, et d’une absorption active. En effet, les individus soumis à de longues diètes, n’exhalent pas ce principe odorant qui semble être nul aussi, dans les diarrhées prolongées.

Les lavements démontrent aussi l’absorption qui s’opère dans les gros intestins. Les astringents injectés donnent, du ton aux muqueuses, arrêtent la matière diarrhélique et facilitent l’absorption, en tonifiant les parois intestinales.

Dans l’état de santé, la sensibilité est pour ainsi dire à l’état latent dans l’estomac et les intestins ; il n’en est pas ainsi dans

(î) Des expériences d’an haut intérêt pourraient être faites pour apprécier l’altération de chaque substance et le temps qu’elles mettent à parcourir, selon la nature, un trajet déterminé dans un conduit intestinal; pour cela, il suffirait de pratiquer, sur des animaux, une plaie avec perte de substance , et de tenir compte, a l’autopsie, de l’étendue du trajet et des altérations observées.

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Tétât de maladie : on sait que les gastralgies et les entéralgies présentent des phénomènes sympathiques très-multipliés (1), et que les inflammations font souvent naître des douleurs fort vives (2).

Les stimulations engendrées par les aliments de mauvaise nature, ou par des excitants pris intempestivement, peuvent développer des symptômes d’irritation, plus ou moins intenses : quoiqu’il en soit, il y a toujours orgasme , pendant l’acte digestif. Aussi, dans toute opération alimentaire un peu laborieuse, éprouve-t-on une assez forte chaleur dans la région épigastrique, et ressent-on des frissons à la peau, lesquels cessent aussitôt que la plus grande partie du bol alimentaire a franchi le duodénum , bientôt même une douce chaleur succède à celte horripilation ; le pouls se développe et la transpiration insensible augmente; le suc gastrique n’afflue pas alors en aussi grande quantité qu’auparavant, à moins que la stimulation ne soit perpétuée par des excitants stomachiques, surtout par le c$fé et les liqueurs alcoolisées. Certaines espèces provoquent notoirement cet orgasme. Tout le monde connaît à cet égard les effets de la moutarde, du poivre, du sel , l’action des vins généreux : tous ces stimulants offrent aux estomacs languissants ou paresseux, une ressource souvent précaire et salutaire : non-seulement iis activent l'action du tube alimentaire, mais ils font pleuvoir en abondance les sucs qui doivent concourir à l’acte de la digestion. S’il est reconnu que la seule présenee des aliments dans la bouche , provoque Tafflux de la salive, combien cet afflux ne doit-il pas être copieux, lorsque les aliments sont chargés d’assaisonnements aromatiques, etc.; mais la production de cet effet n’est pas bornée aux glandes sécrétoires de la bouche; elle a lieu également dans l'estomac et les intestins, où l’impression des aliments appellent les sucs gastro-intestinaux , et excitent les parois organiques. Le vulgaire dit que ces excitants ont pour effet de faciliter la digestion , et il est remarquable que ce soient précisément les divers aliments, dont la digestion demande le plus de travail, que Ton enduit ordinairement de sel, de moutarde et des assaisonnements les plus piquauts ; tandis que les légumes et les végétaux de toute espèce, sont toujours moins préparés.

J’ai remarqué que lorsqu’on faisait usage de végétaux irès-

(1) Voy<z H .viuiomes sympathiques, 1 re partie . C2.) Voyez Nkrfs ganguosnàirks, l,e partie.

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épicés, et préparés comme le pisto des Espagnols, qui est un mélange de tomates et de piments, on était obligé de manger une plus grande quantité de pain.

Le pain étant un aliment éminemment nutritif, reçoit, par les raisons que j’ai exposées ci-dessus , un affluence considérable de sucs gastriques, et est maintenu long-temps en contact avec les bouches absorbantes chylifères ; or donc, s’il est bien mâché et amalgamé avec des substances végétales, il les retient, et si ces substances sont mêlées d’épices, et c’est là le cas du pisto dont je viens de parler; alors la faculté d’absorption chylifère n’en devient que plus active il faut conclure de tout ce qui vient d’être exposé concernant l’alimentation que le point le plus important à considérer, est la matière assimilable; c’est elle qui régit les opérations d’absorption sons le rapport nutritif, tandis

que les excitants viennent en aide.

Je crois devoir me borner à ces considérations de physique animale, en ce qui concerne l'assimilation où l’absorption des substances alimentaires et leur absorption pourra servir au travail nutritif, et quant aux effets physiologiques qui résultent des harmonies digestives, cl expliquent les phénomènes vitaux, je crois devoir tenvoyer pour leur intelligence, à la première partie de cet ouvrage (nerfs de la 8e paire, ganglionnaires et harmonies.)

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Fassimiiation, sur l'accroissement du fœtus, dans le sein de la mère ou dans l’œuf, sur les déviations de nutrition et la mauvaise élaboration des matériaux nutritifs, sur la formation des monstres, sur les similitudes organiques, le type- des espèces, les croisements'de races, la transmission des germes par filiation, la greffe animale, les reproductions organiques , les cicatrisations, etc , etc. ; mais on s** nt dans quel dédale nous entraînerait la prétention d’examiner tous ces points de doctrine, malgré leur importance et le vif intérêt qui s'y attache. Je suis convaincu que je ne pouvais, sans inconvénient, franchir les limites que je me suis proposé de ne pas oulre-passer , et qui concernent spécialement l'action immédiate des substances alimentaires sur l’économie animale , but que je crois avoir atteint en présentant les expériences faites sur la digestion stomacale , sur celle des intestins grêles et des gros intestins. Quant à l’influence de la matière assimilée sur l’économie et sur le système nerveux en particulier, il sera facile d’éclairer ces objets par de simples déductions, pour peu qu'on tienne compte des développements organiques partiels

dans ce qu’on a appelé les tempéraments, les plus ou moins fortes constitutions, les idiosyncrasies, etc.

En ce qui regarde la différence des espèces , des classes dans toute l’étendue du règne anima!, c’est moins dans la nature de la matière assimilée qu’il faut la chercher, que dans les types organiques, résultant surtout de la disposition du système nerveux. (Voyez à ce sujet., Ve partie, Généralités ).

Conclusions générales du traité du système, nerveux considéré dans Fêtât normal.

En commençant cet ouvrage, j’étais bien convaincu que j’allais exciter une révolution dans les données acquises sur le système nerveux, moins par mes propres travaux, il est vrai, que par ceux de tous les physiologistes et anatomistes modernes. Ce sont plutôt leurs oeuvres que les miennes que j’ai coordonnées; je n’ai sans doute que faiblement contribué aux grands résultats que la science à obtenus, surtout depuis un demi-siècle, ' mais aucun ouvrage n 'avait encore présenté l’immense trésor de nos découvertes en corps de doctrine. En m’exposant an risque de choquer, par la nouveauté de mes principes, les idées de quelques esprits systématiques, invinciblement attachés a leurs opinons--, j’ai dû m’attendre à rencontrer de vives contradictions; mais j’étais trop fort de mes expériences et de celles des hommes justement célèbres, dont je me suis étayé, pour pouvoir reculer.

J’ai d’abord présenté dans un aperçu rapide , mais aussi complet que possible, les généralités concernant l’organisme dans tout le règne animal; j’ai ensuite établi l’importance du centre cérébro-spinal, dans les classes élevées des animaux, il résulte de ces considérations, que ia perfection organique des animaux, est en raison de la complication et du développement de leur système nerveux. En consacrant ce principe, on sent combien il serait ridicule aujourd’hui de répéter avec Helvétius , que l’homme ne diffère du cheval que par ia botte; une telle maxime nous induirait à conclure que, si l’huître avait des pieds et des mains, elle pourrait danser avec autant de précision et de grâce, qu’un premier sujet des ballets de l’Opéra, et confectionner des objets d’horlogerie, ou tisser avec autant d’art qu’un des plus habiles

ouvriers en lapis de la manufacture des Gobelins. L’anatomie et la physiologie, sont trop avancées aujourd’hui, pour ne pas démontrer la fausseté, je dis mieux, la puérilité de ces paradoxes. Pour exceller dans les arts de l’industrie, comme dans les con copiions cérébrales, il faut non pas des pieds et des mains adaptés à un cerveau d’huître, mais bien un cerveau d’homme à système nerveux perfectionné. De nos jours, à coup sûr, le plus hardi visionnaire n’oserait se permettre l’hérésie physiologique dont s était rendu coupable Helvétius; car l’expérience a parlé, et tout le monde a vu des individus sans mains, manier le pinceau, écrire, tricolter, etc. Un objet qui mérite surtout notre attention dans l’organisme, c’est le système animal proprement dit, c'est l’ensemble fonctionnel ou les fractions d’harmonies considérées d’abord séparément, puis sous le point de vue de leur unité, c’est-à-dire dans l’enchaînement de leurs parties. Plus on étudie, plus on se convainc qu’il n’y a véritablement rien d’isolé dans l’organisation des êtres animés; tout se grouppe et se rallie pour former des opérations centrales, ou des concours d’actions qui marchent vers un même but. C’est ainsi que dans les êtres les plus simples, nous ne voyons apparaître aucun organe sensible, ni moteur, sans qu’il se rattache à un centre de perception ou de détermination, qu’on appellera ganglion chez les invertébrés, et qui devient cerveau chez les vertébrés. C’est, ainsi que dans des organisations inférieures, s’il n’apparaît que deux sens dits externes (ceux du toucher et du goût), ces sens se rallient par des nerfs sensoriaux, à un ganglion qui n’est autre que l’analogue du lobe sus- pinal des vertébrés (partie antérieure), et ces nerfs répondent eux-mêmes à ce qu’on a nommé dans les classes supérieures, la 5e paire des nerfs cérébraux. Qu’est-ce en effet tj ue ce) ganglion sensorial externe que nous venons de voir si simple, dans les animaux qui n’ont que deux sens, et que devient-il, avec les nerfs qui s’y rendent à mesure que l’organisation se complique de cinq ou six sens externes? Nous voyons d'abord d’autres ganglions se sur-ajouler en avant de ce ganglion sensorial primordial (je ne parle pas encore de ceux qui se forment en arrière), et outre des rameaux nerveux pour la sensibilité des organes de l’audition, celle des cavités et des surfaces faciales, l’analyse nous prouve qu’il se forme spécialement un double ganglion , appelé pour la vision , tubercules quadri-jumaux , auquel se rattache tout un système harmonique ( opérations harmoniques de la vision); d’autres ganglions (lobes olfactifs), affectés aux opérations olfactives, font partie de cette sphère

sensoriale externe, et en ‘constituent les organes les plus antérieurs. ( Voyez ll'e paire des nerfs cérébraux, lie partie. )

Si l’on suit la progression de complication, on s’aperçoit facilement que ce qui a été considéré par les anatomistes anciens, comme la 5e paire de nerfs cérébraux, par exemple, est un faisceau de nerfs différents, mais qui se rattachent tous à l'harmonie visuelle, comme la 2e, 4e portions de la 5e et la 6e paire, lesquels forment des faisceaux isolés (2e, 4e, 6e,); si l’on considère la 5e paire, réduite aux sens du goût, du toucher, et à la sensibilité de la partie antérieure du corps, chez quelques invertébrés, lesquels forment un système de rameaux plus compliqués chez les animaux supérieurs, on s’aperçoit que cette simplicité de formes est loin d’exister, et dans les nerfs conducteurs de sensations et de voûtions, et dans les centres où ces opérations vont procéder à l’unité harmonique.

A p rès avoir analysé cette complication sensoriale externe dans les expèces les plus parfaites, si l’on veut suivre la trame des mobiles harmoniques sensoriaux internes, organes qui probablement ont existé avant les organes sensoriaux externes, à en juger par leur ordre d’importance, et comme on peu d’ailleurs s’en convaincre par l’exemple des polypes, qui paraissent n’avoir qu’une cavité pour les opérations digestives, sans aucun vestige d’organes pour le monde extérieur, sinon pour exploiter les molécules assimilables, tombanldans leur gasler; si l’on veut, dis-je, suivre la trame des organes qui président à ces opérations, on voit d’abord des nerfs viscéraux qui reconnaissent les matières digestibles et les exploitent. Les conducteurs de ces opérations se nomment 8e paire cérébrale , assez simples dans les organisations intérieures, et bornées à la sensibilité, à la contractilité gastrique et probablement aussi aux opérations nutritives; on remarque que chez les animaux plus élevés qui ont des organes distincts pour la circulation du sang et pour la respiration, ce faisceau de la 8e paire ne renferme pas seulement des nerfs pour la digestion, mais aussi pour les organes respiratoires et circulatoires. Le ganglion cardiaque fait partie, chez les invertébrés, de ce système harmonique, tandis que chez les vertébrés, l’appareil nerveux de la nutrition, les nerfs circulatoires , sécrétoires, assimilateurs , etc., se rallient à trois ganglions centraux pectoral, abdominal et pelvien; à mesure que les actes dépendants de la respiration se compliquent, comme cela a lieu par le jeu du diaphragme et des côtes pour les mouvements d’inspiration et d’expression, de même que celui des organes de la voix

pour la production des sons et de la modulation, on voit ce faisceau de la 8y paire s’augmenter des nerfs bronchiques, des laryngés inférieurs et supérieurs, on voit le glosso-pîiaryngien former un faisceau avec le nerf accessoire ou spinal, s’y joindre Se diaphragmatique et les intercostaux (respiratoires externes de M. Ch. Bell); du reste ies nerfs qui se rallient au ganglion qui, chez les animaux invertébrés, prend le nom il? œsophagien correspondent à ceu^ qui vont, s’insérer à la partie inférieure ou postérieure du lobe suspina! des vertèbres.

Les cordons nerveux qui font communiquer ce ganglion abdominal, caudal ou anal, selon les diverses dénominations qu’il a reçues des auteurs, doit être considéré comme l’analogue de la moelle spinale des vertèbres; et le ganglion caudal ou inférieur, comme l’analogue des plexus sous-diaphragmatique , pelvien, et de la moelle lombaire, réunis chez ces mêmes vertèbres (1). »

Il n’est pas besoin que l’organisation s’élève jusqu'à la perfection des animaux vertébrés, pour que les facultés instinctives intellectuelles, sensoriales motrices, etc., se montrent avec une supériorité manifeste; car nous voyons les abeilles, les araignées, les fourmis, exercer des facultés qui étonnent noire imagination, et sapassent l’intelligence des poissons et des reptiles, lesquels cependant, sous d’autres rapports, leur sont supérieurs.

La disposition ganglionnaire doit être considérée comme primitive, car on la rencontre partout; elle se reproduit constamment dans les ciases inférieures des vertébrés. On sait que les poissons n’ont pour lobes cérébraux , que de véritables ganglions très- rapprochés; il en est même chez qui la partie supérieure de la moelle spinale ne constitue qu’une série de ganglions serrés, et c’est probablement cette disposition qui avait fait croire à Gai l que la moelle épinière n’élait chez tout individu qu’un amas de ganglions (2) ; le fait est qu’elle constitue dans les espèces perfectionnées plutôt un renllemment de cordons nerveux, comme les organes cérébraux des espèces supérieures aussi, constituent des renflements de ganglions par aggrégation, efflorescence, matière sur-ajoulée, ainsique S’a démontré M. Tiedemann, chez le fœtus

(1) La série des ganglions inférieurs à ce ganglion abdominal, chez les invertébrés supérieurs, est ia représentation des plexus abdominaux et pelviens , ou le développement et f extension de l’abdominal sous-diaphragmatique (semi-lunaire) et de l’hypogastrique des animaux perfectionnés.

(2) Voyez les dispositions qu’on rencontre dans la moelle épinière de quelques possoins de bas étage. PI. ï , fig. 8 et 9.

tle l'homme, ainsi que je l’ai signalé moi -narine dans le développement de la trame embryonnaire par travail organique de troisième formation, il subit d’ailleurs de la simple inspection anatomique, pour voir que dès qu’on quitte ies poissons et les reptiles de bas étage, pour s’élever aux organisations supérieures , certaines parties qui n’étaient que de vrais ganglions à forme sphérique, comme les lobes hémisphériques et cérébelleux , s’étalent en membranes, qui se replient sur qux-mômes, et on voit leur surface se plisser en circonvolutions proportionnellement à la perfection des espèces; tandis que d’autres parties conservent la forme ganglionnaire sphérique , comme le lobe sus-spinal, la masse des tubercules quadri-jumeaux , ies couches optiques et et des corps striés.

(/est une étude féconde en résultats aussi curieux qu’importants, non-seulement de comparer toutes ies parties qui constituent les centres nerveux dans toute la série du règne animal, et principalement chez, ies vertébrés qui avoisinent le plus notre espèce; mais encore de soumettre au môme parallèle, chaque faisceau de nerfs dans ses dispositions organiques, chez les diverses espèces, et dans ses actes fonctionnels appropriés au degré de perfectibilité respectif de chaque, sorte d’individus.

Les faisceaux de nerfs cérébraux et sus-spinaux, que les auteurs ont appelés paires cérébrales , se rallient donc tous chez les animaux invertébrés aux ganglions supérieurs céphaliques, ou à ce qu’on appelle le cerveau chez les vertébrés. Us sont les conducteurs les pins importants des perceptions et des voûtions, et les parties centrales auxquelles ils s’insèrent, sont ies directeurs et ies appréciateurs de toutes ces opérations vitales.

Au-dessous eten an ière de ces organes de première importance se rangent aussi des parties centrales nerveuses, (la moelle spinale, centre spinal) et des nerfs conducteurs, qui, bien qu’ayant des fonctions spéciales et en quelque sorte indépendantes, n’en sont pas moins subordonnées pour le mécanisme organique fonctionnel aux organes régisseurs et appréciateurs, dans le jeu consensuel des harmonies.

Les nerfs post-spinaux sont tous des nerfs du sentiment; ils sont moins isoléset moins étroitement affectés à leur spécialité que les nerfs cérébraux et sus-spinaux, parmi lesquels on rencontre des faisceaux distincts purement sensoriaux , d’autres purement moteurs, et d’autres presqu’entièrement consacrés au sentiment (1).

(î) Ce n’est pas que je veuille donner à entendre parla qu'il peut exister

Le 2e nerf post-spinal, qui semblerait au premier coup-d’œil être exclusivement destiné à percevoir la sensibilité de la partie postérieure de la tôle et du cou, néanmoins a d’étroites connexions avec les nerfs moteurs.

Les nerfs pré-spinaux son essentiellement moteurs, ils vont tous s’unir par anastomoses, dont quelques-unes sont très-compliquées, avec les nerfs post-spinaux ou sensibles; et les autres avec les nerfs splanchniques de l’appareil ganglionnaire, pour, d'une part, concourir aux harmonies consensuelles de mouvement et de sensibilité; et d’antre part, aux liaisons de mouvement et de sensibilité avec les sécrétions et toutes les fonctions nutritives.

Les nerfs ganglionnaires sont, chez les animaux vertébrés, tout-à-fait distincts et séparés de la portion cérébro-spinale qui préside aux fonctions de relation; mais chez les invertébrés, les nerfs viscéraux (8e paire), les spinaux et les nutritifs sont tous confondus , et constituent les cordons qui vont se rendre de la masse ganglionnaire céphalique , au ganglion abdominal qui est leur centre de ralliement. Chez les vertébrés même dont le système nerveux est le plus compliqué, on voit encore la masse ganglionnaire abdominale, constituer un vaste foyer où s’établit un rapport sympathique entre les fonctions cérébro-spinales et les fonctions nutritives, foyer qu’un grand nombre de physiologistes ont nommé centre épigastrique (1). Toutes les fonctions sécrétoires gastriques, génitales, circulatoires dépendent exclusivement chez les vertébrés, de ces nerfs ganglionnaires abdominaux, et se rallient aux ganglions splanchniques pour les harmonies nutritives.

Enhn, la moelle spinale et les lobes cérébraux qui ne se rencontrent que chez les animaux vertébrés, sont les centres nerveux par excellence; ils sont les foyers d’innervation , les organes auxquels se rallient toutes les opérations corporelles pour l’unité de perception et de réaction , pour toutes les impressions quelconques, et pour toutes les manifestations, même pour celles qui sont soustraites à la conscience et hors du

des rameaux à usages différents, je me suis suffisamment expliqué à cet égard ; mais les rameaux sensitifs spinaux s’unissant fréquemment aux rameaux moteurs , il en résulte des faisceaux que beaucoup d’anatomistes ont pris pour des nerfs simples, voyez pl. Y.

(1) M. Flourens a, le premier, publié cette vérité expérimentalement. (Voyez les Recherches sur le système nerveux , 1824 , p. 207.

domaine des Voûtions; il est au moins certain que, quelle que soit l’intégrité de l’appareil ganglionnaire et celle de tout Cordou conducteur nerveux quelconque, s’il y a destruction du cerveau et de la moelle spinale, à l’instant même toute harmonie est enrayée, tout meurt ; tandis que chez les animaux non vertébrés, ceux surtout qui ont une chaîne de ganglions, dont chacun peut devenir foyer d’innervation indépendant, comme cela a lieu chez les vers qu’on coupe en plusieurs morceaux, et chez tous les individus du genre annélide, l’unité est loin d’être une condition sine q ad non de l’intégrité de tout le système nerveux, et surtout de ses masses centrales.

Si l’on considère avec attention dans toute son étendue cet étonnant ensemble, cette unité qui constitue toutes les harmonies fonctionnelles et consensuelles, on conçoit que la vie, dans son exercice, est moins dans les fonctions elles-mêmes que dans la liaison, la mutualité d’action de toutes les fonctions; ainsi, les maladies et la mort ne sont autre chose que des déskarmonics (1). Ainsi nous ne pouvons nous rendre un compte satisfaisant, par exemple, de l’action des poisons non corrosifs, lesquels ne laissent aucune trace de lésions sur les tissus, ni de ces terribles affections nerveuses qui ont eu assez de pouvoir pour dénouer les liens de la vie, sans altération sensible, qui constitue les différents genres de mort subite par asphyxie, par syncopes, par trouble dans les fonctions cérébrales, par accès épileptiques, hystériques ou autres. Toujours est-il que c’est par les désharmonies que l’état anormal se déclare, et qu’elles seules peuvent rendre raison des désordres qui résultent de l’atteinte portée à l’unité qui lie les harmonies fonctionnelles et consensuelles, soit par le moyen des lésions physiques occasionées par les corps qui attaquent directement les tissus, soit par les influences chimiques dues à l’absorption , et s’exerçant par le moyen du centre cérébro-spinal, lequel réagit sur tout l’organisme et pervertit, ou annihile les fonctions, non par lésions de

(1) Tout ce qui trouble l’intégrité du système nerveux , ce qui attaque l’état normal, doit être considéré comme désharmonies au moins commençantes. Ainsi les passions qui sont des intermédiaires entre l’état de quiétude en santé et la maladie, sont des désharmonies commençantes; les indispositions et tous ces états intermédiaires qui ne sont ni la santé, ni la maladie confirmée, c’est-à-dire l’irrégularité manifeste entre les fonctions et l’atteinte a l’unité d’action de tout le système nerveux, sont également des désharmonies commençantes.

tissu, mais par trouble de l’innervation puisée dans le foyer, dans le centre d’action. Ce trouble réagissant au moyen des nerfs conducteurs , modifie nécessairement tout l’organisme, par une cause centrale dont les effets ne se laissent apercevoir qu’aux surfaces, ou plutôt dans les circonscriptions organiques en rapport avec les parties centrales, et qui reçoivent d’elles leurs impulsions qui en sont les échos, et dans lesquelles retentissent les moindres vibrations centrales , carie centre cérébro-spinal et tout l’arbre nerveux sont constitués de telle sorte, que bien que les impressions et les actes s’effectuent à l’extrémité organique des conducteurs nerveux, les perceptions et les déterminations ont leur siège à l’extrémité centrale de ces mêmes conducteurs (1).

En resserrant sous forme de tableaux synoptiques, et représentant dans des planches tous les détails du système nerveux, j’ai réduit à des petites proportions et à un plan d’ensemble, en les rendant compactes, toutes les particularités qui pouvaient se trouver étendues et disséminées dans la première partie de cet ouvrage; de sorte que les planches et les tableaux qui se trouvent à la fin de la seconde partie, ne sont en quelque sorte que le résumé de toute l’anatomie et de la physiologie du système nerveux, réduites à leur plus simple expression.

Le corps de la seconde partie de cet ouvrage pourrait en quelque sorte être considéré comme l’analyse, ou la décomposition organique du premier, et en même-temps cornme la preuve péremptoire, que c’est dans les harmonies du système nerveux, que consiste cette unité d’actes fonctionnels, dont l’ensemble s’appelle la vie.

Si, dans la 1er partie, j’ai exposé la construction de l’organisme animal, après avoir examiné et pesé les matériaux pièce à pièce et, en avoir étudié les assemblages partiels, si j’ai montré tout le mécanisme et considéré l’ensemble en action , tout en tenant compte de la diversité des rouages et des différents instrumentsde locomotion qui doivent concourir àl’exéculion d’ensemble du système, dans la seconde partie, j’ai attaqué le système, en me

(1) Toutes les douleurs corporelles, et même la céphalalgie et la migraine, qui paraissent résider dans les téguments extra-crâniens , ne sont en effet ressenties que dansTintérieur du cerveau ; je n’en veux pour preuve que les vomissements, le froid glacial des pieds, des mains, et l’aspect pâle, verdâtre de la face, etc., qu’on remarque dans un fort accès de migraine.

Servant de toutesles causes vulnérantes capables de le détraquer : j’ai d’abord étudié l’action des corps physiques qui entourent plus immédiatement la matière, ou les tissus, et sont conséquemment plus faciles à étudier; puis, j’ai considéré les corps qui attaquent plutôt le mécanisme, en détruisant les moyens d’union, que la matière propre, et ici, il m’a fallu tenir compte, surtout des actes fonctionnels, pour comprendre que c’était plutôt le jeu des organes qui était intéressé que leur nature matérielle. De là, j’ai été conduit à considérer que les plus faibles nuances d’action sur le jeu mécanique , pouvaient procéder de la même manière que les moteurs les plus énergiques! pour parler sans figure, lorsqu’il me fut démontré que les agents chimiques les plus délétères n’agissaient, en détruisant la vie, que lorsqu’ils avaient été mis en contact avec le cerveau par le moyen de V absorption, tandis que les mêmes corps appliqués sur la pulpe cérébrale, sur la moelle spinale, sur les nerfs dénudés, même sur les blessures faites aux nerfs, ne produisaient absolument aucun effet; enfin, lorsqu’il me fut prouvé, dis-je, que quelle que fût la durée du séjour du corps délétère dans l’économie, son effet était nul, si je parvenais à empêcher l’absorption de le mettre en contact avec la pulpe intime cérébrospinale, je commençai à soupçonner, dès-lors, que les centres nerveux étaient les principaux moteurs de la désorganisation par réaction; il ne me fut pas difficile de saisir tout ce que ce fait avait d’important et de vrai, en étudiant les harmonies du système nerveux ; mais bientôt se déroula devant moi un ordre de vérités capitales, si on les applique au système nerveux , je veux parler delà médication; je ne tardai pas à m’apercevoir que toute substance devant produire un effet quelconque sur l’organisme, en exaltant la sensibilité, ou en la stupéfiant, en agitant les organes de la locomotion, ou en enrayant leur action, en excitant les sens, ou en les affaiblissant; je ne tardai pas, dis-je, à m’apercevoir que tous ces effets n’étaient produits qu’après que la substance agissante eût influencé le cerveau; ainsi, lorsque je me rendis compte des phénomènes que produisent l’opium, la belladone, l’alcool, l’émétique, le croton tiglium ( voyez ces mots aux agents physiques), je vis clairement que ces substances ne s’adressaient pas directement aux tissus sur lesquels ils paraissent agir, mais d'abord au cerveau. Cette découverte m’en fit faire une autre , c’est qu’il est des corps qui influencent directement les organes, et partant, les nerfs qui s’y trouvent ( il n’est ici question que des corps qui exercent une

action physique quelconque sur les tissus) : Lorsque la dose d’action est trop forte , celte action va retentir au centre avec lequel les nerfs communiquent ; puis, une fois le centre envahi, il y a réaction dans tout l’organisme. 11 est d’autres corps qui ne s’adressent pas ainsi aux nerfs des tissus, mais qui s’introduisent dans l’économie par absorption : j’ai reconnu que ceuxci, en quelque minime quantité qu’ils soient introduits , vont d’abord s’adresser directement au cerveau; puis, cet organe ayant été modifié, réagit sur tout l’organisme, comme cela a lieu pour les corps physiques; mais seulement, lorsque ces derniers ont envahi une assez grande quantité de nerfs sensibles pour influencer le centre.

Ce n’est pas seulement dans les organes en communication directe avec le centre de relation au moyen des nerfs cérébrospinaux, que la réaction a lieu; c’est aussi en influençant les nerfs nutritifs, circulatoires et sécrétoires.

Au premier abord, il répugne de penser que le concours du cerveau soit nécessaire dans la médication. Comment, par exemple, admettre que, si l’on prend un vomitif ou un purgatif, ce n’est pas parce que la substance émétique ou drastique touche le tube digestif que l’action sur la membrane musculeuse et sur les vaisseaux sécréteurs gastro-intestinaux se manifeste, mais bien parce que l’action s’en est d’abord fait ressentir au cerveau V II semblerait, au premier coup-d’œil, ridicule de penser qu’on se purge par la tête, et non pas par le canal alimentaire ; rien cependant n’est plus vrai, et il n’est pas besoin d’estomac pour vomir, mais il faut toujours un cerveau. (Voyez poisons antimoniaux, 4re partie. )

On concevra sans peine quel immense horizon de vérités nouvelles dût se dérouler à mes yeux dès que j’eus découvert et médité la doctrine qui repose sur les faits suivants : toute impression quelconque faite sur l’un de nos organes sensitifs , est nécessairement transmise au centre cérébro-spinal dans l’état normal, par le moyen des nerfs conducteurs de la sensibilité ou de la sensation , et perçue par le cerveau pour être ensuite reportée par réaction dans tout l’organisme , au moyen des nerfs conducteurs des déterminations cérébrales.

bans certains cas, le cerveau ne reçoit pas d’avis par les nerfs sensibles et sensoriaux , mais il est influencé par voie d’absorption. Dès qu’un corps a été introduit dans l’économie par cette voie, dès que le contact avec le cerveau a eu lieu, celui-ci réagit comme il le fait lorsqu’il a reçu l’avertissement par les

nerfs, et tout l’organisme prend part à la modification subie par le centre nerveux, dans l’un comme dans l’autre cas.

Il me fut démontré, dès-lors, qu’aucun phénomène ne pouvait avoir lieu dans l’économie, sans que le cerveau y prît part; il me restait cependant encore bien des obscurités à éclaircir î Comment se fait-il par exemple que les bouches absorbantes de la muqueuse intestinale puissent discerner les corps nutritifs de ceux qui ne le sont pas, retenir les premiers et se débarrasser des seconds (1) ? Comment la matière nutritive absorbée se distribue-t-elle dans les lieux où l’assimilation doit se faire, et par quel génie la matière assimilable se moule-t-eile sur la forme donnée des organes propres à chaque espèce animale? A quelle cause attribuer l’existence des influences médicatrices spéciales ? Pourquoi le copahu s'adresse-t-il à la membrane muqueuse urétrale, pour la modifier; les balsamiques, à la muqueuse broiechique; la digitale, au tissu musculaire du cœur; la strychnine, au tissu des muscles volontaires; le seigle ergoté, au tissu musculaire utérin ; l’opium , aux nerfs sensitifs ; l’acide hydro cyanique à l’excitabilité; la quinine, à la périodicité d’irritation ; l’iode, au tissu glandulaire; la belladonne, au tissu iridien ; les drastiques, aux tissus musculaire et sécrétoire intestinal; les émétiques , aux harmonies respiratoires et motrices digestives , pour opérer le vomissement, et ainsi de suite? I/appareil nerveux ganglionnaire, ne renfermerait il pas une grande partie de ces mystères, comme il renferme ceux de l’ordonnance nutritive, des dispositions sécrétoires et de tout ce qui doit être soustrait à la conscience, ou qui ne doit, dans l’état ordonné, en aucune manière recevoir d’influence volontaire de la part du cerveau, auquel il est cependant subordonné, puisque d’une part il reçoit delà masse cérébro-spinale, sa puissance innervalrice, et que d’autre part les ganglions et leurs nerfs peuvent acquérir, dans certains cas, la sensibilité cérébrale (2), et peut-être même la motilité volontaire (3). On a pu voir d’ailleurs, dans la pre-

(1) Voyez les tableaux concernant ralimenlation , 2e partie, p. 195

(2) Voyez nerfs ganglionnaires, Impartie,

(5) Dans certains cas les sécrétions sont activées ou supprimées par affection cérébrale; on sait l’influence que le chagrin , le contentement ou les excès de travail ont sur la nutrition. On a produit, en influençant le cerveau par des pratiques magnétiques, des désordres dans les fonctions organiques plus ou moins graves (voyez Georget); enfin on rapporte des observations d’individus qui avaient, par leur volonté, le pouvoir d’arrcîer

mière parlic, que les plexus centraux ganglionnaires reçoivent beaucoup de nerfs cérébro-spinaux , et sont conséquemment des centres d’harmonies pour les fonctions de relation et celles de la nutrition; on peut voir, en lisant l’ouvrage de M. Flourens, que ses expériences l’avaient conduit à établir cette opinion relativement au plexus solaire.

On doit donc admettre que le centre nerveux cérébro- spinaj , est en dernière analyse le régulateur de tout l’organisme ; mais aucun physiologiste n’a encore apprécié dans toute sa rigueur, le mode de transmission des impressions organiques, les modifications qui en résultent et retentissent dans toute l’économie. Les plus modernes même de ces physiologistes, sont encore dans l’indécision pour savoir si un corps chimique appliqué à l’économie agit sur le cerveau , par le moyen des nerfs ou par voie d’absorption (voyez le mot TVoorara aux agents physiques, deuxième partie , p. 466). M. Magendie est peut-être encore le seul qui croie que toutes les substances influencent, le cerveau par le fait de l’absorption ; au moins ne dit-il nulle part que la transmission peut se faire d’une autre manière. Les anciens avaient à cet égard des idées bien plus vagues que les physiologistes de nos jours, et même le célèbre Haller, qu’on peut considérer comme le fondateur de la physiologie moderne, croyait que toute influence se transmettait par action sympathique, et que les sympathies avaient lieu : 4° par communication de tous les vaisseaux entre eux; 2° par l’analogie d’organisation et d’usages des parties; 5° par continuité des membranes; 4° par les nerfs; 5° par le cerveau ; 6* par le tissu cellulaire.

Avant d’examiner la valeur de toutes les interprétations données aux corps qui influencent notre économie, interprétations plus on moins hypothétiques, et qui ne sont fondées pour la plupart sur aucune expérience réelle, je crois devoir une bonne fois résumer ces influences , afin qu’on sache les appliquer à toutes les actions médicatrices , comme à tous les modes fonctionnels anormaux qui constituent la pathologie. Chaque impression sentie de quelque nature quelle soit, est le résultat d’une action opérée sur les nerfs sensitifs. Un cadavre ne peut ressentir aucun effet de celte nature; car il faut de la vie pour que l’impression, qui est un effet vital, ait lieu. Un membre paralysé de la sensibilité, ne reçoit plus d’impressions de sensibilité ; ce-

les mouvements du cœur ; du reste on sait que les émotions, qui ne sont elles-mêmes que des modifications cérébrales, les accélèrent.

pendant il peut se gangrener, s’ecchymoser ou même s'enflammer (1), et il est possible de le déplacer par l’influence de la volonté, si les nerfs moteurs ne participent pas à la paralysie.

Au contraire, un membre paralysé de la motilité seulement , peut ressentir les plus vives douleurs sans qu’il soit possible au patient de fuir le corps qui l'offense;- l’organisme peut , dans ce cas, percevoir par la sensation, et apprécier toutes les causes de danger qui le menacent, sans pouvoir s’en garantir: toute intir pression se réduit donc en dernière analyse à la sensation.

Mais la sensation ne se borne pas à une impression faite seulement par les corps extérieurs sur une surface organique ; elle est le résultat d’une opération étendue , qui consiste dans la transmission de ce phénomène organique , aux centres nerveux cérébro-spinaux , dans lesquels seuls résident la faculté de conscience et celle de juger, transmission qui s’effectue au moyen de conducteurs sensitifs» (Cordons nerveux de la sensibilité. )

il est présumable que l’appareil ganglionnaire ne reçoit directement aucune impression , mais qu’elles lui sont transmises par Je cerveau ; au moins celles qui retentissent sur le cœur, sur les sécrétions, et même la nutrition, ont-elles toutes lieu par concours cérébral.

Dès que le cerveau a pris connaissance de l’impression, il s’opère une réaction dans tout l’organisme, selon l'intérêt que chaque organe éprouve. Ainsi, s’agit -il d’un mets propre à exciter l’appétit et à mettre en jeu les organes de l’assimilation, la vue, l’olfaction ou le goût portent l 'impression au cerveau ; celui-ci , comme nous l’avons vu par le mécanisme des harmonies cérébrales, réagit sur la membrane muqueuse gastrique, l’appétit se réveille, l’impression gastrique est de nouveau portée au cerveau qui réagit alors sur tous les organes de préhension, de mastication, de déglutition, puis d’imprégnation, de trituration, d’absorption et d’assimilation , puis enfin sur ceuxd’exonération. Toutes ces opérations harmoniques sont donc le résultat de réactions cérébrales qui , elles-mêmes, sont occasionées par des sensations. Il en est de même de toute sensation quelle qu’elle soit. Il y a toujours transmission au cerveau et réaction dans l’organisme en raison de l’intérêt qu’a chaque partie à être influencée et à concourir aux harmonies consensuelles.

(1) Dans ce dernier cas , il peut récupérer de la sensibilité parles nerfs ganglionnaires (voyez nerfs ganglionnaires , lre partie, )

Mais toute impression ainsi recueillie dans les organes, portée au cerveau, puis reflétée dans l’organisme, n’a lieu qu’en ce qui concerne l’action des corps physiques.

Les corps chimiques ont un autre mode d’action qui s'adresse au cerveau par voie d’absorption ; ces corps étant mis en contact avec nos tissus, peuvent les pénétrer pour s’introduire dans leur substance et cheminer vers lecerveau au moyen du sang veineux. Dès l’instant du contact avec la matière cérébrale, la réaction a lieu de la môme manière que quand l’impression est parvenue au moyen des nerfs sensitifs; ainsi donc, dans tous les cas, le cerveau est l’intermédiaire obligé entre toutes les actions , soit physiques, soit chimiques, et les actions organiques.

Quelques physiologistes modernes ont entrevu ce mécanisme, mais aucun n’a osé hardiment Tex poser. Georget est le seul peutêtre qui l’ait fait avec moins de timidité; mais, en lisant son ouvrage, on voit combien tout y est vague, on voit que cet auteur ne savait pas assez pour être sûr de lui, quoi qu’il s’exprimât pourtant nettement en disant : « U animal n* est qu'un cerveau pensant, désirant , sentant par lui- meme, parlant, se mouvant par ses agents locomoteurs , introduisant des aliments dans un estomac, respirant , présidant à V union des sexes. Le je , le moi , la personnalité , U individualité , ne sont que des modes de V existence du cerveau (1) ».

Toutes les règles que j’ai établies trouveront leur application rigoureuse en pathologie et en thérapeutique; je ne veux en ce moment m’occuper que de physiologie pour en déduire les principes de l’action médicatrice

On a beaucoup écrit, on a enfanté beaucoup d’hypothèses sur cette action selon les doctrines en vogue, aussi les dénominations que l’on prétendait imposer aux agents médicateurs, se ressentaient-elles lour-à-tour de l’humorisme , du solidisme, du vitalisme, selon ce qui dominait sur la scène; ou plutôt le langage médical s’est-il composé de tous ces jargons à la fois; quelquesunes des expressions consacrées, tombent de temps en temps en désuétude, à mesure que la doctrine à laquelle elles se rattachent vieillit et s’éteint. Cependant l’habitude et la routine triomphent et s’opposent de toutes leurs forces aux progrès de la raison et des lumières, en les flétrissant du nom mal-sonnant d’innovation.

Du temps de l’humorisme pur, les médecins employaient les

(1) Physiologie du système nerveux, t. 2, p. 179.

remèdes desos btruants , désopilants , dis cas s ifs, fondants incisifs , incrassants ; mais les idées trop grossièrement mécaniques que ces termes représentaient, ont fini par en faire abandonner l’usage; et à mesure que l’humorismea fait place au système de Slahl, qu’il s’est vitalisé , on a adopté les noms d’ atténuants , apéritifs, délayants, dépuratifs , dérivatifs , dessicatifs , détersifs, digestifs, expectorants , purgatifs, divisés en minoratifs et cathartiques; on a aussi distingué ces derniers en hydragogues et matériels ; on a également adopté des emmênagogues , des sialagogues , des émétiques, des diurétiques , des sudorifiques oxxdiaphor étique s, mots qui peignenten même temps l’action d’éliminer , et la matière éliminée, et par conséquent indiquent le passage de l’humorisme au vitalisme ; mais tous ces termes peuvent être considérés comme étant aussi barbares ou du moins aussi impropres les uns que les autres, quoique plusieurs soient encore employés dans la pratique; ainsi le purgatif représente toujours la matière peccante à éliminer; tandis qu’en saine physiologie, on sait que le résidu de l’alimentation n’étant que le bol alimentaire dont la substance nutritive a été extraite, est dans le cas d’être expulsé parce qu’il est devenu inutile, après avoir fourni les matériaux de la nutrition. Ce travail s’effectue naturellement dans l’état normal, par les harmonies fonctionnelles motrices, subordonnées au grand acte digestif , sans qu’il soit besoin, dans aucun cas, de purgatif proprement dit, car si, contrariant les indications de la nature , on cherche à éliminer trop tôt des matières qui doivent être retenues en vertu de leurs qualités nutritives dans le tube intestinal (1), on agit très mal, et si l’on se propose de dissiper un engorgement , c’est la motilité du tube alimentaire et des parois abdominales qu’il convient de modifier, sans chercher à produire des efforts mécaniques pour opérer l’acte de la défécation. Je sais qu’il est des cas où le dégorgement matériel est par lui-même nécessaire dans certains états pathologiques surtout, et que les efforts du praticien doivent tendre alors à vider le canal intestinal; mais, dans ce cas, ce n’est pas proprement à l’action purgative ou éliminatrice de la matière qu’il a recours; il se sert, 5 cet effet, de stimulants propres à exciter la contractilité intestinale, en même temps qu’il entraîne les matières par des lavements qui détruisent le résidu moulé sur l’intestin, pour en faciliter le déblaiement; il se sert, il est vrai ,

(1) Voyez le chapitre 7 de la 2* partie et le tableau de l'alimentation.

quelquefois de sa curette ou du gorgeret; il pourrait se servir même du galvanisme ou de l’électricité sans que pour cela on fût autorisé à donner le nom de purgatif ou lavement à la curette, au galvanisme ou à l’électricité, ni même rigoureusement parlant à l’huile de croton tiglium (violent poison qui provoque la contractilité intestinale par l’application d’une ou deux gouttes sur la langue), pas plus qu’on ne devrait l’être à donner ce nom à l’aloës, ou à tel autre médicament agissant sur le résidu alimentaire , qu’il ait été ingéré dans l’estomac ou introduit par le rectum. On voit que dans tous ces cas il est moins question d’action mécanique sur la matière à éliminer et de nettoyage d’immondices , de purgation, en un mot, que d’actes fonctionnels à modifier dans les parois du canal alimentaire en agissant sur le système nerveux.

La même remarque peut s’appliquer aux émétiques ou vomitifs ; s’il est, je l’avoue, des circonstances où il faut éliminer la matière contenue dans l’estomac, et les poisons en font foi, ce n’est pas en agissant sur ces matières elles-mêmes, ni en excitant par cause mécanique leur sortie, que cette expulsion a lieu; on a pu se convaincre, à l’article des poisons antimoniaux et dans d’autres endroits, qu’il n’en était pas ainsi : il serait aussi rid irculede donner le nom de vomitif à l’air atmosphérique, dont se servait Gosse, de Genève, en déglutition, pour opérer l’expulsion des matières contenues dans son estomac, sur lesquelles il expérimentait, qu’il le serait d’appeler médicament émétique tout objet de dégoût qui provoque des nausées.

Les diurétiques sont des substances exerçant une action spéciale sur les nerfs ganglionnaires qui président à la sécrétion urinaire, et qui influencent les nerfs spinaux chargés d’agir sur la contractilité de la vessie pour l’expulsion de burine. On peut dire la même chose des diaphoniques, qui excitent la transpiration insensible, et des sudorifiques qui déterminent une sueur plus active; ces substances ont en effet une action spéciale sur les sécrétoires exhalents cutannés. Il est probable qu’il existe des substances agissant sur les exhalations des séreuses pleurale, péricardiaque, péritonéale, sinoviale, etc. ; mais l’état actuel de la science n’a pas encore permis de les découvrir. Quelques médecins ont attribué au gaïae et au colchique, des vertus qui agiraient sur cette dernière exhalation , ils ont en conséquence tenté divers essais dans la goutte et le rhumatisme articulaire, mais il y a encore bien de l’obscurité dans les résultats obtenus.

Quant aux emménagogues et sialagogues, les premiers ne sont,

à proprement parler, que des excitants du système sanguin, utérin aux époques où il doit fonctionner périodiquement; les secondes agissent sur les glandes salivaires en stimulant leurs nerfs ganglionnaires. Il en est de l’action augmentée de ces glandes et de leurs conduits excréteurs, comme des errhins , pour déterminer forcément l’afflux des sucs de la muqueuse nasale, des expectorales , pourappeler la mucosité de la membrane bronchique des purgatifs hjdragogues , pour faire affluer les sucs aqueux que peuvent sécréter la membrane muqueuse intestinale et de tous les excita'tits des tissus muqueux. C’est par une action propre sur les follicules sécrétoires, sur les glandes et leurs conduits excréteurs, que les médicaments opèrent sur ces organes ; c’est par le système nerveux ganglionnaire présidant à toutes ces différentes excrétions, que la modification a lieu. Il resteencore d’immenses découvertes à faire pour se rendre compte de toutes ces excrétions, et leurs spécialités, par rapport aux nerfs qui peuvent les déterminer. Il est une foule déconsidérations à aborder, pour apprécier l’état pathologique de chaque organe excréteur, et il en exista une foule d’autres non-seulement pour bien asseoir la spécificité des corps qui doivent agir, en provoquant ces différentes excrétions ou en les réprimant, mais encore afin de pouvoir déterminer l’opportunité de leur application ou emploi, dans tel ou tel cas pathologique. Ce n’est que quand ces différentes conditions seront remplies, qu’on pourra se flatter d’arriver, dans les applications thérapeutiques, à un degré de certitude qu’on a toujours cherché , sans pouvoir jamais l’atteindre.

On peut modifier, par le régime alimentaire, les plus fortes organisations , et cette influence du régime diététique devient souvent un puissant moyen thérapeutique entre les mains du médecin praticien. Qui ne connaît les effets de la diète prescrite à l’occasion de maladies aigües ? C’est dans les parties charnues que les désassimilations ont lieu , elles se font surtout remarquer par l’absorption des molécules nutritives , passant des tissus où elles se trouvent en surabondance , sans doute pour être réparties dans ceux des tissus qui pourraient pâlir de l’abstinence prolongée, ou pour être éliminées, en passant du torrent circulatoire dans les canaux excréteurs , parce que le mouvement perpétuel de désassimilation l’emporterait sur celui d’assimilation devenu presque nul. S’il en était ainsi, les dénominations dérivatifs, résolutifs, émollients , fondants, ne seraient pas dépourvus de sens; après tout, ce n’est pas sans motif que les médecins ont adopté certaines qualifications tirées du

vitalisme, de l’humorisme et du solidisme en même-temps. Les noms de rubéfiants, de vésicants et de suppuratifs, désignent un effet du corps physique sur les tissus, en même-temps qu’un produit moléculaire résultant d’une modification dans l’assimilation. L’électricité par commotions ou étincelles (etc’est le seul mode qui ait une influence réelle en physiologie), agit spécialement sur la contractilité ou la sensibilité, et se porte directement sur les nerfs moteurs ou sensibles; elle agit également sur le système sécrétoire, comme l’atteste la sueur dont se couvre la partie commotionnée. Chez certaines personnes, elle agit aussi comme moyen calorigénésique, mais c’est toujours par les nerfs de la sensibilité que cette action a lieu. Il est certain que les commotions électriques ont de l’influence sur l’assimilation, car d’une part, on voit les parties atrophiées reprendre de la consistance par une électrisation modérée, bien entendue long-temps continuée, et, d’autre part, des engorgements plus ou moins considérables, des tumeurs scrophuleuses, des tumeurs blanches , des indurations froides et même des inflammations circonscrites. Comme les furoncles se dissipent sous l’action répétée et plus ou moins vive des commotions électriques , l’acupuncture ou introduction des métaux en contact avec la pulpe nerveuse, agit également sur la sensibilité et la contractilité, mais principalement sur la première de ces propriétés, d’une manière en général sédative et circonscrite; elle opère très-faiblement chez certains sujets, assez énergiquement chez d’autres, et même elle influence quelquefois le centre nerveux cérébral , en occasionant des lipothymies.

Cette action des métaux sur les nerfs sensibles, peut être assimilée à celle des barreaux de fer ou d’autres métaux, dont on se sert en application cutanée contre les crampes, certains tremblements, des douleurs ressenties à l’extérieur (4).

L’électropuncture ou plutôt le galvanisme appliqué sur la pulpe nerveuse même, est un des moyens physiques qui ont le

(1) Un maître de forges de Maucourt, près Stenay, M. du Fresmel, a inventé des ceintures semblables à celles que portent nos fermiers quand ils vont commercer, et remplies de monnaie d’argent, de cuivre, de limaille de fer, de grains de plomb , etc. Ces ceintures doivent être portées habituellement par les hypochondriaques et tous les individus affectés de douleurs , d’anomalies dans les contractions alvines; l’inventeur s’en sert avec un succès marqué dans les rétentions d’urine, les désordres digestifs , et en général toutes les affections douloureuses ou anomales contractiles des viscères abdominaux.

plus d’efficacité, surtout parce qu’il agit immédiatement et qu'on peut le porter sur tel ou tel petit filet nerveux qu’on se propose de modifier. On conçoit d’après cela que, lorsqu’on a soin d’agir modérément, félectro-puncture est un des plus puissants moyens d’excitation d’un filet nerveux quelconque, quoique ceux de la sensibilité et de la contractilité soient toujours le plus facilement influencés par le modificateur galvanique, comme cela a lieu pour la plupart des agents physiques.

Le magnétisme minéral exerce bien certainement itne action sédative sur les nerfs de la sensibilité exaltés , c’est-à-dire affectés de douleur.

Le magnétisme animal produit des effets si divers, qu’on ne peut toujours bien apprécier son action, mais c’est aussi en général sur les nerfs de la sensibilité et de la motilité qu’elle a lieu, et le plus souvent par réaction; quelquefois les harmonies respiratoires en sont fortement influencées, en rentrant dans un état de spasme assez intense. Qn peut voir dans l’ouvrage de Georget (1), le danger que pourrait entraîner l’abus du magnétisme animal, dirigé sur la motilité des organes de la respiration*

L’électro-magnétisme exerce une influence très-prononcée sur la contractilité des muscles fléchisseurs. Cette action n’a encore été jusqu’ici que peu étudiée, et ne me paraît avoir été efficacement employée que dans les cas de raideur musculaire par inaptitude d’innervation; malheureusement dans les paralysies en général, ce ne sont pas les muscles fléchisseurs qui ont le plus besoin de stimulation, puisque les paralytiques ne sont déjà que trop disposés aux contractures, et c’est sur les extenseurs qu’il faudrait le plus particulièrement agir.

Les compressions sur le trajet des nerfs "ont une action engourdissante qui paralyse ou la sensation, quand elle est exercée sur un rameau sensitif, ou le mouvement, si elle a lieu sur un rameau moteur. C’est dans les exaltations appelées tics douloureux ou convulsifs surtout, qu’elles peuvent être efficacement employées.

On sait que les flagellations et les frictions sont fort différentes du massage et de la percussion musculaire : les premières excitent violemment les nerfs de la sensibilité et ceux de la contractilité ; les secondes ont une action purement sédative. Ainsi, le massage, ou pétrissement avec les doigts s’oppose à la rigidité, ou à la

(I) Physiologie du sy.-tème nerveux, l Lr, p. 280.

tension musculaire, et la percussion élastique, lorsqu’il n’y a pas inflammation , abaisse la température propre de la partie, et en rend aussi les mouvements moins rigides et plus faciles.

Enfin, tous les procédés gymnastiques, tendant à exercer les parties, offrent des avantages très-marqués, et constituent un art très-étendu, connu sous le nom d 'orthopédie (l). Les exercices de toute espèce, actifs ou passifs, sont de son ressort, et leur influence est immense en médecine.

Les agents mécaniques procèdent tous physiquement; les centres ne sont jamais intéressés que lorsqu’une certaine portion du système nerveux est influencée, ou lorsque l’intensité d’action a une certaine force.

Il n’en est pas de même pour les agents chimiques : ceux-ci agissent d’abord, a-t-il été dit sur les centres au moyen de l’absorption, et ce n’est qu’après avoir modifié le centre nerveux cérébro-spinal , que toute matière absorbée influence l’organisme. Cette remarque s’applique aux médicaments les moins actifs, comme aux plus violents poisons, qui désorganisent l’économie animale, quelqu’étrange que puisse paraître une telle assertion, elle* est cependant l’expression de la vérité, et c’est en vain que quelques esprits se révolteront à l’idée d’attribuer à l’action du cerveau sur l’organisme toute modification exercée par une substance absorbée à quelque dose que ce puisse être.

En général, on ne comprend bien que les retentissements au cerveau par cause physique, c’est-à-dire lorsque les cordons nerveux ont été assez puissamment influencés pour reporter le désordre au centre cérébral , comme lorsqu’un excès de calorique influençant les nerfs de la sensibilité, sur toute la périphérie du corps et avec une haute intensité détermine des congestions, etc.; il en est de même de toute forte stimulation comme de la flagellation, de violentes contusions et d’autres effets semblables.

Mais, pour nous familiariser avec cette idée qui nous paraît si étrange , élevons-nous de ce qu’il est facile de concevoir à ce qui semble le plus obscur, et nous arriverons par voie d’analo-

(1 ) Pour se faire une idée du point de perfection que peut atteindre celte branche de la thérapeutique, il faut lire le grand ouvrage de M. J. Guérin , qui a remporté le grand prix. Ce médecin consciencieux s’est livré à de profondes et savantes recherches, qui font autant d’honneur à ses talents personnels qu’elles prouvent en faveur de son amour pour la science.

gie à des résultats que nous ne pourrons pas récuser en tenant Compte des différences d’intensité dans les actions.

En faisant abstraction de tous les phénomènes physiques, ou des lésions de tissu occasionées par les poisons corrosifs, et en nous rapportant aux désordres extrêmement graves que déterminent certaines substances vénéneuses non corrosives , telles que l’aconit, ledatura, l’opium, les strychnos, l’acide hydrocyanique, etc. il faut remarquer que tant que l’absorption est empêchée, aucun phénomène ne se manifeste bien que la substance vénéneuse ne soit introduite dans le corps, et quemême elle soit en contact avec le sang, pourvu, toutefois que la circulation vers le centre cérébro-spinal soit interceptée; mais, dès que le cours du sang est rétabli , la série des phénomènes nerveux anormaux se développe, en raison de l’activité de l’absorption.

On est saisi de terreur lorsqu’on devient spectateur d’un de ces empoisonnements à effets violents, occasionés par l’ingestion d’une substance délétère énergique, qui détraque en quelque sorte instantanément tous les rouages de l’organisme. Ce sont d’effrayantes convulsions, une rigidité tétanique capable de renverser tous les obstacles, un serrement de cœur violent, des vomissements avec efforts répétés, un délire épouvantable , ou un abattement extrême, un état comateux glacial, une insensibilité absolue; d’autres fois des douleurs atroces, ou un état d’immobilité complet; il semble qu’aucune harmonie ne soit plus possible, les sens s’éteignent , et la mort vient promptement terminer cette scène d’horreur.

11 est des cas d’empoisonnement non moins effrayants, où la mort, néanmoins ne survient que plus ou moins lentement, comme dans la rage, la morsure de serpent, et où cependant les symptômes s’élèvent au plus haut degré d’intensité , après que le venin est resté à l’état laient dans une innocuité parfaite pendant un espace de temps plus ou moins long.

Cette lente absorption , ou plutôt cette espèce de fermentation, et ce développement plus ou moins éloigné de symptômes cérébraux et de réactions organiques, après une innocuité plus ou moins prolongée, ou ces effets rapides, déterminés par une absorption presqu’instantanée , produisent toujours à peu près les mêmes désordres; quelle que soit la nature du poison qui agit, âcre, narcotique, narcotico-âcre, ou stupéfiant, etc., le poison a toujours une action déterminée; il n’y a que la dose qui puisse donner des effets variés, si toutefois on en excepte certaines influences spéciales ou spécifiques. Ainsi, nous voyons

bien manifestement que la strychnine porte sa principale action sur les nerfs moteurs et sur la moelle spinale, en convulsant surtout les muscles extenseurs; que l’opium agit plus particulicrementsurles hémisphères cérébraux et les sens parslupéfaction ; que l’acide hydro-cyanique abolit l’irritabilité, queles éthers et les alcooliques agissent en attaquant les directions, etc. ; mais on voit qu’à haute dose les poisons de quelque nature qu’ils soient, attaquent presque tous les harmonies consensuelles de digestion et de respiration. Par exemple, il est peu de substances toxiques absorbées qui ne produisent des vomissements; il en est peu aussi qui ne produisent des vertiges, c’est-à-dire qui n’attaquent les harmonies consensuelles cérébrales, constituant les directions, l’exercice normal des sens et des opérations de perception, de conscience et de volition. Ensuite, on peut s’assurer , en jetant un coup-d’œil sur les effets de toutes les substances délétères, que lorsque l'absorption est immédiate, comme dans le cas de l’injection dans les veines, certaines doses de poisons donnent lieu à des effets déshcirmoniqnes qui ne se reproduisent pas à des doses moindres, ou par une plus lente absorption. Par une conséquence nécessaire de ce fait, on pense bien que l’application de presquetouteslcssubstances surles tissus cellulaires non saignants doit produire des effets beaucoup plus lents que l’injection dans les veines. On conçoit également que par l’injection dans les voies gastriques, si ces voies sont enduites de mucosité , ou qu’un obstacle quelconque s’oppose à l’i inhibition des membranes muqueuses et au transport de la substance délétère dans les voies de l’absorption, les effets devront être moins marqués; aussi les poisons corrosifs qui , outre leur action chimique, attaquent les tissus, et font pénétrer avec plus de sûreté les particules délétères dans les vaisseaux absorbants, ont-ils des effets en général plus instantanés et plus certains queles autres, lorsqu’ils sont placés en contact avec les parois de l’estomac. Enfin, on peut fractionner les doses des plus violents poisons, de telle sorte que non-seulement on parvienne à en graduer les effets délétères, mais encore à transformer ces éléments de destruction en médicamens simples et inoffensifs. On peut même avancer que c’est presqu’exclusivement dans l’emploi des substances toxiques, que le médecin rencontre ces modes d’action héroïques, sur lesquels il fonde tout son espoir dans les cas désespérés. Aujourd’hui, les grands praticiens, les hommes habiles ont presque renoncé à l’emploi de ce qu’on appelait autrefois les simples : ils ont relégué dans les vieilles pharmacopées qu’on ne

lit plus; toutes les substances presque insignifiantes, ou dont les bons effets appartiennent plutôt à l’expectation et à la tendance des actes fonctionnels à toujours s’effectuer normalement qu’à la vertu médicatrice de la substance employée; aussi, si l'on veut prendre la peine de jeter un coup-d’oeil comparatif sur Faction des substances toxiques renfermées dans la seconde partie de cet ouvrage, et sur celle des substances simplement médicamenteuses et non toxiques qui les suivent, on se convaincra qu’à quelques exceptions près, ont peut rencontrer dans les premières, toutes les ressources qu’offrent les dernières, ou en fractionnant convenablement les doses, et qu’on y trouve encore l’avantage d’agir sous un bien moindre volume, quoiqu’avec une énergie égale ou supérieure, et d’opérer avec autant d’instantanéité qu’on le désire.

On pourra également se convaincre que certaines substances à l’état naturel contiennent, étant mêlées à une grande quantité d’autres matières, des principes actifs qui, étant mis à nu, excitent des phénomènes d’une haute intensité; c’est ainsi que les amandes amères, les noyaux de cerise, etc. , qui ne produisent nul effet sur certaines organisations, contiennent le principe toxique le plus actif et le plus instantanément délétère qu’on ait jamais connu, l’acide hydrocyanique ou prussique; c’est ainsi que les fleurs de violette qui, par elles-mêmes, sont très-innocentes , contiennent un principe extrêmement énergique ( l’émétine), et il en est de même de quelques autres substances; je suis persuadé que plusieurs de celles qui sont classées parmi les agents non toxiques, pourraient acquérir des caractères délétères, en en concentrant le principe actif, afin de l’obtenir dans toute sa pureté, et en le faisant prendre à assez haute dose; c’est ainsi que les sels de quinine, par exemple, auxquels on ne reconnaît nulle propriété toxique, pourraient devenir délétères si l’on en faisait abus. Il est des substances non classées parmi les poisons, comme l’aloës, l’ancole, la coranille émérus, le jalap, la pivoine, le safran, et même la valériane, qu’on serait tenté de ranger parmi les substances toxiques, tant elles frappent l’imagination du spectateur par les phénomènes qui résultent de leur introduction dans l’économie, phénomènes qui attaquent essentiellement les harmonies nerveuses consensuelles, sans qu’on ait cependant poussé l’investigation assez loin pour produire la désorganisation; mais, d’un autre côté, je suis persuadé qu’il est bien des substances réputées innocentes, qui pourraient, néanmoins, occasioner la mort, étant portées à certaines doses;

ainsi, je me suis assuré que le goudron est une substance bien moins inactive qu’on ne le pense. S’il est avalé en nature, ou appliqué sur les tissus dénudés, il occasionedes tremblements, de l’insensibilité, comme les substances toxiques; je ne parle pas de son injection dans les veines : on sait que la mort pourrait en être le résultat par le seul fait de l’obstruction que les molécules du goudron causeraient dans les vaisseaux capillaires; le sulfate d’alumine peut aussi faire naître une grande insensibilité, provoquer des vomissements, et tous les phénomènes qui accompagnent ordinairement l’empoisonnement. La mort n’arrive cependant pas si on administre le sulfate d’alumine à une dose au-dessus de trois onces par l’estomac, chez un animal dont la taille ait moins de deux pieds; mais elle est sûrement déterminée à cette dose.

Tous les purgatifs et les vomitifs produisent de formidables accidents, s’ils sont administrés à doses immodérées; mais il ne faut pas oublier que les lésions des fonctions respiratoires, circulatoires et digestives, sont les plus graves de toutes (j’en excepte les lésions étendues des organes de l’innervation, puisqu’elles sont la condition première de tout acte fonctionnel). En effet celles-là enraient le jeu des viscères, et les viscères sont le siège des actes importants de la vie, puisque tout 1§ reste du corps n’est constitué que de parties accessoires , organes de locomotion et de sensibilité devant servir les besoins viscéraux ; aussi les purgatifs, les vomitifs, les excitants ou les affaiblissants des contractions du cœur, lorsqu’ils ne sont pas des corps toxiques, forment-ils une classe de substances qui pourraient être classées comme intermédiaires entre les poisons et les médicaments inoffensifs; en effet, les superpurgations, les vomissements répétés et accompagnés de violents efforts, les suffocations occasionées par quelque substance qui agit directement ou indirectement sur la glotte ou sur les bronches, les palpitations insolites ou les syncopes, bien qu’elles ne mettent pas toujours la vie en danger, laissent souvent une telle fatigue et font naître dans les harmo * nies consensuelles un tel désarroi, qu’il n’est pas possible de considérer les agents qui ont déterminé ces effets, comme susceptibles d’être employés sans le moindre danger.

Les convulsions, les fortes sueurs, la perte de mouvement et de sensibilité, les douleurs plus ou moins vives, quoique constituant habituellement des acidents moins formidables que les premiers, peuvent néanmoins être déterminées par des agente qu’il ne faut employer qu’avec réserve.

Toutes les affections aiguës se traitent en général parties moyens qui doivent opérer rapidement, tandis qu’il est de précepte que les affections chroniques, dans lesquelles la trame des tissus est ordinairement intéressée, doivent être attaquées lentement et avec persévérance.

Ce ne sont pas toujours des substances entièrement innocentes et presqu’inertes qu’on emploie pour opérer des effets lents, telles seraient des tisanes obtenues par les décoctions et infusions des plantes simples; mais on se sert quelquefois des agents les plus délétères à l’effet d’obtenir ces résultats; ainsi la strychnine qui, à haute dose, produit d’horribles convulsions et la mort, peut être fractionnée de telle sorte qu’elle ne détermine plus que de légers tremblements, ou quelques mouvements involontaires à peine sentis, 'qui contrastent avec l’état habituel d’affaiblissement et d’insensibilité, suite de certaines affections nerveuses; ces doses fractionnées ne mettent nullementla vie en danger. L’acide prussique, ce formidable poison qui anéantit instantanément l’innervation, est employé avec la plus grande sécurité par un praticien habile, à certaines dose, pour diminuer l’irritabilité trop vive qui use et détruit les tissus. 11 n’est pas un seul corps toxique, quelque malfaisant qu’il soit, pris dans le règne végétal et dans le règne minéral, qui ne puisse être employé à quelque usage salutaire; mais on ne peut en dire autant des substances délétères provenant du règne animal: le virus rabieux , le venin des serpents, ne peuvent en aucune manière être Utiles, et, en quelque petite quantité qu’ils pénètrent par les voies de l’absorption, ils sont toujours nuisibles; la même assertion est applicable aux miasmes, aux émanations animales putrides ou provenant de certaines combinaisons non encore définies, comme la peste, le choléra : leur action ne peut être que pernicieuse. On a pu voir cependant à l’exposition des corps médicamenteux non toxiques qu’il est quelques produits animaux qu’on emploie avantageusement, tels que le castoreum, la civette, le musc, l’urée.

L’étude des modifications exercées sur le système nerveux par les corps agissant au moyen de l’absorption, nous amène donc à conclure qu’à l’exception de quelques virus ou venins produits des animaux, toute substance quelque pernicieuse qu’elle puisse être, étant employée à certaine dose, devient salutaire si elle est administrée en quantité convenable. On peut établir comme règle générale que les substances toxiques doivent être administrées à très-petites doses selon leur énergie, et avec des précautions ex-

trêmes; que les médicaments énergiques , mais non toxiques 7 demandent aussi des précautions quoique moins strictes, et qu’enfin les médicaments peu actifs demandent à être employés à bien plus fortes doses, long-temps, et avec continuité, pour qu’il puisse en résulter des effets patents. De là il suit que ces derniers sont généralement d’un très-faible secours dans les cas où on les emploie ordinairement avec le plus de succès, tels sont ceux où la nutrition est intéressée; comme les scrophules, le scorbut, les exanthèmes chroniques, les indurations et toutes les lésions matérielles de tissu, résultat d’un long travail d’assimilation viciée. Aussi les médicaments qu’on a appelés dépuratifs , antiscorbutiques, anti-scrophuleux, toniques , demandent-ils à être long-temps continués pour amener des résultats permanents, tandis que les affections qui dépendent plutôt des désharmonies dans les actes fonctionnels cérébro-spinaux, sont modifiées plus sûrement et avec plus de promptitude par des agents énergique-;, et ce sont aussi les corps toxiques qui sont le plus fréquemment employés à cet effet.

J’ai fait pressentir plus haut que des substances, réputées innocentes, peuvent dans certains cas ne l’être pas. Je dois ajouter que les médecins , à quelque doctrine qu’ils appartiennent, reconnaissent qu’une substance qui serait intempestivement administrée, peut devenir nuisible, bien qu’elle ne soit pas essentiellement délétère.

Les homoeopatbes vont plus loin; ils ne regardent aucune matière complètement inerte, mais ils leur attribuent à des degrés différents et selon une indication spéciale, deux modes d’action distincts, l’un curatif, l’autre pathogénique. Aussi prétendentils développer à leur gré l’état maladif chez un individu sain avec autant de certitude que l’état de santé chez le même individu malade. Ce n’est pas seulement à l’aide de corps toxiques que les disciples deM. Hahnemann prétendent obtenir ce résultat; c’est en employant des substances en apparence fort innocentes! Ils disent, par exemple, produire des effets morbides très-prononcés, en faisant prendie à doses infinitésimales ou infiniment petites, le sel marin ou le lycopode (1). En leur accordant qu’ils

(1) Les homœopathes disent que le lycopode, tel qu’on le trouve dans nos pharmacies, complètement insoluble dans un liquide quelconque ( ce qui l’a fait préférer pour être employé comme excipient dans la forme pilulaire, afin que le principe actif médicamenteux ne fût pas chimiquement modifié), peut devenir très soluble après avoir été préalablement trituré avec 99 parties de sucre de lait, puis étendu dans l’alcool et ensuite mélangé à doses infinitésimales dans l’eau distillée.

aient trouvé mieux que d’autres, le moyen de diviser à l'infini des substances qu’on ne saurait pas convenablement préparer dans les officines des allopathes , il est bien difficile de prouver, pour peu qu’on ait examiné les résidus digestifs et qu’on ait compris l’absorption gastro-intestinale, qu’il existe des substances inaetives à certaines doses, et énergiques sous d’autres proportions, sauf toutefois la question de solubilité; mais si cette question existe pour le lycopode, par exemple, il n’en est pas de même du sel marin , ni de beaucoup d’autres substances

Un point de doctrine des homœopathes qui choque la raison des allopathes est le précepte sirnilia sirnilibus curanlur. Beaucoup de praticiens trouvent absurde d’employer pour guérir une affection , précisément la substance qui est propre à la faire naître; en admettant le fait comme vrai, j’avoue qu’on ne peut rationellement l’expliquer qu’en admettant que les mêmes filets nerveux qui reçoivent l’impression morbide, sont aussi ceux qui doivent recevoir exclusivement celle du médicament; mais ce n’est là qu’une supposition qu’aucune expérience directe n’a encore justifiée, si ce n’est cependant l’électropuncture devenant moyen curatif des convulsions et des douleurs (voyez l’état anormal). Toutefois, il est raisonnable d’admettre que la modification se réduit, en pareil cas, à une perturbation, non pas à la manière d’un mal qui viendrait remplacer un autre mal , comme des homœopathes m’en ont prêté la supposition (t), mais parce que la substance médicatrice influençant les mêmes fibres nerveuses que l’état morbide, cet état ne s’en trouverait que plus sûrement attaqué et déraciné : or, l’observation ayant conduit tous les médecins à s’assurer que dès qu’un état anormal quelconque a été assez vigoureusement combattu, qu’on ait employé à cet effet le vésicatoire, les sangsues, les émollients ou les excitants, une fois l’affection ébranlée, la tendance qui la remplace est évidemment le retour à l’état normal, et c’est même la raison pour laquelle le vulgaire est si surpris de voir des médecins atteindre la guérison par des moyens quelquefois absolument opposés dans leurs effets, en traitant un même genre de maladie. Les médecins physiologistes ont le mot de l énigme; eux seuls savent que presque toutes les affections peuvent se guérir par des moyens divers, et

(1) Voyez un article sur l’électricité dans le Journal iiOMŒOrATHrQüG de ÎYl.Léon Simon, à propos d'un travail qui me concerne et qui se trouve renfermé dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales.

que c’est là ce qui constitue la diversité de doctrines; mais les praticiens expérimentés ont appris que dans certains cas tel moyen doit être préféré à tel autre.

Je prendrai occasion de cette remarque pour déclarer que je regarde toute doctrine généralisée , ou ce que l’on a appelé système en médecine, comme un abus. Il n’y a véritablement que des modifications, et c’est en fait d’affections nerveuses surtout que cette vérité acquiert la plus grande force; nul genre de maladies ne compte plus de cures par des moyens divers que les maladies nerveuses, mais aussi peut-être c’est parmi elles que se rencontrent le plus de cas rebelles, parce que souvent le médecin ni le malade ne se sont donné la peine d’explorer, ni n’ont eu la patience nécessaire pour découvrir le modificateur propre.

Je dois dire ici, à propos de modificateur propre, de système médical, et d’action curative par les semblables, que déjà Rasori avait attaqué les affections dans lesquelles les nerfs pneumo-gastriques sont intéressés, par des préparations antimoniales : ses disciples ne pourraient-ils pas en conséquence revendiquer sur ceux de M. Hahnemann la priorité du précepte similia , sirnilibus curantur. Il est vrai que Rasori a suivi une autre marche que les homœopathes en fait de doctrine, car il a décoré du nom de contre-stimulants tous les médicaments à l’aide desquels il combattait les irritations, bien que d’autres médecins regardassent ces médicaments comme étant eux-mêmes des irritants ; mais Rasori voulant être conséquent et ne pas effaroucher les fauteurs des autres sectes médicales, aima mieux supposer à ces. médicaments une action contre-stimulante, que de heurter de front les principes enseignés dans les écoles, comme n’ont pas craint de le faire les homœopathes, et cependant il faut convenir que Rasoriens et Hahnemanniens se conduisent absolument de la même manière, en employant stimulations contFe stimulations en règle générale.; mais on peut dire aussi qu’en particulier les uns et les autres ont cherché à employer des modificateurs appropriés , autrement dit des spécifiques; ils sont d’accord sur les moyens, ils diffèrent sur les principes.

Pour en finir avec les homœopathes, j’aurai encore quelques réflexions à faire sur les doses infinitésimales , un de leurs grands principes (t).

(1) Pour parvenir à la division infinitésimale des substances médicamenteuses, les homœopathes mélangent avec une longue trituration les matières insolubles avec un sucre de lait qu’ils ont reconnu être un des

CONCLUSIONS GÉNÉRALES. *2;} f

Cet emploi des médicaments semble être aux allopathes une véritable dérision; ils ne conçoivent pas que des hommes sensés prétendent avec une goutte d’extrait alcoolique ou aqueux d’un médicament, étendu dans un million de fois autant d’eau, guérir les affections les plus graves comme les plus tenaces, tandis qu’avec les doses 20 à 30 millions de fois plus fortes, on ne produit dans la médication ordinaire aucun accident. Il y a plus, les homœopathes veulent que dans certains cas les doses infinitésimales guérissent là où des doses beaucoup plus élevées, mais non préparées de la même manière, aggraveraient la maladie.

J'ai dit qu’il est des individus et des cas où il ne faut employer les médicaments qu’à des doses très-minimes; mais ce n’est pas là où gît la question des doses infinitésimales des homœopathes; ils veulent que dans tous les cas et chez tout individu on emploie les substances médicamenteuses extrêmement divisées (I), ce qui a fait dire aux allopathes qu’ils emploient

corps les plus dénués de propriétés médicamenteuses; s'il s'agit , par exemple , d’hydrochlorate d’étain , ils en mélangent par la trituration 1 grain avec 99 grains de sucre de lait , et lorsqu’ils jugent le mélange parfaitement opéré, ils en prennent 1 grain, qui ne contient plus qu’un centième de grain de poudre d’étain , et ils le mélangent de nouveau avec 99 grains de sucre de lait, dont chaque grain ne contient plus qu’un dix millième de grain de poudre d’étain; du troisième mélange, chaque grain ne contient plus qu’un millionième d’étain , et ainsi de suite.

C’est à ces divisions presqu’infinies que les homœopathes font usage de leurs médicamens. Les substances solubles sont préparées par eux en mélangeant dans un flacon une goutte de substance médicamenteuse liquide avec 99 gouttes d'un liquide, moitié eau distillée, moitié alcool bien pur; on a soin d’agiter fortement le flacon non rempli ; puis une goutte de ce mélange, ne contenant plus qu’un centième de goutte du médicament, est introduite dans un nouveau flacon contenant aussi 99 gouttes d’alcool aqueux; l’agitation pour bien faire le mélange étant opérée, chaque goutte de ce second flacon renferme uudix millième du médicament; au troisième flacon , en procédant de même, la goutte ne contiendra plus qu’un millionième, et en continuant ainsi, on arrive aux fractions appelées infinitésimales , dont les homœopathes se servent pour opérer leurs cures.

(1) M. Hahnemann pense que les propriétés changent et se mettent à nu par la division moléculaire infiniment étendue; il dit que: « Le changement qu’une trituration prolongée avec une poudre non médicamenteuse, ou une longue agitation avec un liquide qui ne l’est pas davantage, produit dans les corps naturels, spécialement dans les substances médicinales , est tellement considérable , qu’il tient du miracle.

« Ce mode de préparation ne développe pas seulement les vertus des substances médicamenteuses à un degré incalculable, il change encore à tel point leur manière chimique de se comporter que, si dans leur état

la méthode di le antiphlogistique, déguisée en administrant beaucoup d’eau. Il faut convenir qu’en cela les homœopathes sont supérieurs à leurs adversaires; car ils indiquent non-seulement l’espèce des aliments dont ils veulent qu’on fasse exclusivement usage, mais encore ils assignent les quantités et les temps où il faut en user, ce que les allopathes même dans leurs hospices ne font qu’avec une certaine négligence, comme remède, et que leurs succès, quand il en existe, dépend en. grande partie du soin extrême qu’ils mettent à prescrire le régime, et à n’y pas souffrir la moindre infraction.

L'observation m’a conduit pour mon propre compte à n’administrer généralement les médicaments que trois heures avant ou après chaque repas; car on a pu voir que le système nerveux, et en particulier le cerveau, intervenant dans les opérations soit médicatrices, soit alimentaires, il convient que chacune de ces fonctions soit accomplie sans trouble. J’ai fait à cet égard des expériences multipliées sur moi-même, et ma conviction est parfaite.

Je suis persuadé aussi qu’on n’est parvenu jusqu’à présent à juger avec précision que les effets des médicaments et des aliments non mélangés; c’est aussi pour cette raison que les homœopathes, sans doute, ne procèdent qu’ainsi Tous les composés offrent de nouvelles combinaisons, dont les effets changent avec les proportions et les conditions d’idiosyncrasie.

Il est des malades si peu scrupuleux à cet égard, ou plutôt si ignorants, qu’ils prennent à-la-fois plusieurs médicaments différents pensant que chacun aura à s’occuper sans trouble de sa tâche; ainsi, j’ai vu prendre en même temps la strychnine, un purgatif, et une potion calmante, ainsi de suite. Les anciens médecins polypharmaques avaient la même opinion.

Toutes ces considérations nous amènent, en définitive, à conclure que la précision mathématique est d’une haute difficulté en médecine; ce qui prouve toute la fausseté du préjugé vulgaire, d’après lequel le terme de bonne alimentation est pour beaucoup de personnes, un synonyme de digestion facile et prompte, et celui de mauvaise alimentation ou digestion pénible, un synonyme de lenteur dans le contact des bouches absor-

ordinaire ou grossier en n’a jamais vu l’eau ou l’aicool les dissoudre, elles deviennent entièrement solubles par l’une ou par l’autre, après avoir subi cette transformation. » (Halmcmann, Traité des maladies chroniques , t. 1 , p. 225. )

bahles avec le lobe alimentaire; c’est la matière nutritive qui, dans l’état normal, règle la défécation.

Si les corps physiques et les corps chimiques, considérés comme médicaments ou comme substances nuisibles, ont été appréciés dans cet ouvrage, relativement à leur mode d’action physiologique, les substances assimilatrices n’ont pas été examinées avec moins de soin; et il résulte des expériences qui ont été faites à ce sujet, que la bouche, le pharynx , l’œsophage et l’estomac sont principalement des organes de préparation du bol alimentaire, que celui-ci, convenablement imbibé par les sucs buceo-gastriques et ayant été soumis à une trituration nécessaire , cède aux bouches absorbantes chylifères, contenues dans les parois du tube digestif, depuis l’orifice supérieur de l’estomac, jusque dans le rectum, mais principalement dans l’intestin duodénum, les molécules nutritives qu’il contient (1) ; il en résulte encore que le contact avec les bouches absorbantes est d’autant plus prolongé que le bol contient plus de matière assimilable, et que i’altération est d’autant plus manifeste, que l’absorption a été plus marquée.

Lorsque le bol alimentaire est riche en matière nutritive, il semble que les bouches absorbantes ne soient aptes qu’à s’emparer des molécules les plus nutritives ou les plus assimilables, pour repousser celles qui le sont moins , tandis que , si la même masse n’est composée que de substances peu nutritives, comme les racines dont usaient habituellement les cénobites, les bouches absorbantes saisissent toute la matière alibile qu’elles peuvent y puiser. On sent qu’il en doit résulter de cet ordre de choses, une riche nutrition, lorsque le bol alimentaire est abondamment pourvu de matière assimilatrice , et tout au contraire une chétive assimilation dans certains cas, lorsque les molécules destinées à former la trame de nos tissus, sont composés de substance peu en rapport avec la trame organique. Je m’exprime ainsi, car il est évident que les animaux carnivores, par exemple, doivent être alimentés autrement que les herbivores, etc. Privez de viande un lion, un tigre, un loup, vous les verrez bientôt perdre leur énergie, tandis qu’un cheval peut

(1) Il suffît même de la présence de ces molécules nutritives pour que le bol alimentaire soit retenu en contact, alors qu’il ne subirait pas d’altération; celte attraction ressemble à une vraie polarisation. (Voyez au tableau comparatif de l'alimentation dans le tube intestinal , page 195 , l’article t endons .

C O NC LU S I O X S Ü i: N Eli A LES.

conserver une grande vigueur, sans jamais en manger. On sait qu’il est des animaux qui ne vivent que d’eau , etc. Ce sont les omnivores auxquels s’applique spécialement le précepte de se nourrir avec les aliments qui contiennent le plus de matière nutritive. On conçoit que pour les herbivores, cette différence de nutritivité dans la matière alimentaire, répond à la qualité même des végétaux, tandis que pour les animaux essentiellement carnivores, elle n’existe que dans la nature des chairs; les omnivores, au contraire, ont sous ce rapport un avantage marqué , c’est de pouvoir incorporer à leur substance les molécules les plus assimilables du bol alimentaire, le plus composé de substances hétérogènes.

Les médecins ont généralement divisé les corps qui agissent sur l’économie animale, en trois grandes catégories. Dans la première, se trouvent rangés les médicaments; dans la seconde, les aliments ; dans la troisième , les corps inertes. Nous nous sommes occupé du point de vue sous lequel le physiologiste devait envisager les premiers ; nous avons aussi abordé la question de l’alimentation ; mais, à ce sujet, il nous reste à noter que l’alimentation même fait part e de la médication. Nous avons vu de quelle importance était une diète absolue dans les maladies aigues ; il restait à bien constater que ce n’est pas seulement dans les affections du tube digestif que cette abstinence est nécessaire, mais dans toute lésion grave de quelque tissu que ce soit. Aussi les praticiens , à quelque école qu’ils appartiennent , s’accordent-ils et se sont-ils accordés dans tous les siècles pour soumettre à une diète sévère tous ceux de leurs malades qui se trouvaientatteints d’affections aiguës, et cette diète a toujours été d’autant plus rigoureuse que les désharmonies étaient plus ostensibles. Que signifiait cette prescription , sans doute elle consacrait implicitement ce principe, que les centres nerveux étant trop vivement influencés , ne doivent pas encore se charger du travail de la digestion, car quoique n’ayant pas la conscience de l’assimilation, ni de la plupart des actes qui y concourent, il n’y a nul doute que les centres nerveux et principalement le cerveau y jouent le principal rôle. D’ailleurs , on sait combien les opérations intellectuelles , les affections morales, peuvent troubler les actes digestifs, et combien l’alimentation peut occasioner de désordres dans les maladies aiguës; je n’insisterai donc pas sur ce point.

11 est une autre considération qu’il s’agit cependant encore d’examiner, c’est la partie médicatrice de l’alimentation.

CONCLUS i O NS G K N E II A L ES .

On a dit, en thèse générale, que toute substance alimentaire, ne devait pas être considérée comme médicatrice, et que tout médicament devait ne pas être employé comme aliment; mais cette distinction absolue n’est applicable que lorsqu’on se propose d’obtenir des effets immédiats sur le système nerveux. Toutes les fois que l’action médicatrice doit influer sur la constitution, sur les tempéraments, sur la composition des tissus organiques, il faut nécessairement que l’alimentation vienne concourir comme agent médicateur à la modification qu’on se propose d’opérer. Ainsi , il n’est pas de praticien qui ne reconnaisse l 'utilité d’une alimentation fortement chargée d’osmazôme , qui ne prescrive des viandes jorles , des vins généreux, secondés de quelques médicaments toniques, l’exercice en bon air, etc. , dans les cas où il traite des constitutions débiles , des tempéraments lymphatiques , des individus scrophuleux , rachitiques, etc., ou des convalescents qui relèvent de longues maladies. Il n’en est pas qui ne prescrivent des végétaux , des boissons aqueuses acidulées, aux sujets irritables, dont les tissus s’enflamment aisément, à ceux chez qui le sang se porte à la tête.

11 y a donc, comme on dit en réalité, une médication dans l’alimentation; cette vérité, d’ailleurs, est si bien établie, même en hygiène, que celte science a constamment indiqué un régime essentiellement différent pour les enfants, les vieillards et les hommes faits. Chaque sorte d’affection a pour ainsi dire son régime; il fauUdonc qu’une action véritablement médicatrice soit attribuée à chaque espèce d’alimentation. Dans lotîtes les affections morbides , les médecins de l’antiquité paraissent avoir attaché une grande importance au régime alimentaire , importance malheureusement trop peu appréciée par les médecins de notre époque. Que de rechutes graves et souvent mortelles , pendant la convalescence des maladies aiguës , qui n’ont d’autre cause que l’ignorance de l’influence de l’alimentation sur nos organes ? Chaque sorte d’aliment agissant d’une manière déterminée sur la nutrition, il faudrait étudier ici ces différents modes d’action ; mais ces considérations m’entraîneraient audelà du but que je me suis proposé ; je me réserve d’en traiter au long dans la pathologie des névroses , ouvrage qui sera en quelque sorte le complément de celui que je publie aujourd’hui (1).

(1 j Le docteur Sarlamiière avait à peine arliesé son œuvre , que la mort

est venue l’enlever à la science qu’il cultivait avec un zèle et une persévérance bien rares. Sa vie entière fut consacrée à l'étude et la pratique de la médecine, et ses nombreux ouvrages lui assignent une place honorable parmi les médecins de notre siècle. Dans son pieux respect pour sa mémoire , sa famille n’a pas voulu qu’il soit fait aucune addition ou retranchement à ce dernier ouvrage, fruit de longues méditations et d’immenses recherches ; elle le livre aujourd’hui au public, tel qu’il l’a laissé.

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