PROMIT
1/équivalent de 5000 kilogr. de fourrage sec, à 63 fr. les '
fOOO kilogr 180 f. -
BALANCE
Produit 189 f. .
Dépense 149 48
Bénéfice nM 391.52
Environ 27 pour 100 du capital employé.
diverses. — On a recommandé, depuis quelques années, un certain nombre d'autres espèces de luzernes; mais leurs qualités ne sont pas encore assez constatées. Nous ne les indiquerons donc ici qu'à titre d'essai.
Luzerne faucille, L. de Suède (medicago falcata, L).— Elle diffère de la luzerne cultivée par ses gousses ou légumes courbés en forme de faucille, et par ses tiges étalées et non dressées. Cette espèce paraît s'accommoder de terrains plus arides que la luzerne cultivée; mais il est à craindre que son produit ne soit médiocre.
Luzerne rustique (medicago média? Person). — Tiges étalées, vigoureuses, atteignant souvent lm35 de longueur; végétation plus
tardive; moins exigeante que la luzerne cultivée quant à la richesse du sol.
Le sainfoin commun, appelé aussi espar cette ou éparette, Bourgogne, foin de Bourgogne, fenasse, herbe éternelle, chêpre, pelagra, tête et crête-de-coq (hedysarum onobrychis. L. ) (fig. 582 à 584), croît spontanément, dans le centre et le midi de la France, sur les rocs secs et arides, et jus-
Fig. 582. Sainfoin
Fig. S83. Fleur du Fig. IM. Fruil du sainfoin commun. sainfoin commun.
que dans les fentes des rochers, pourvu qu'ils soient calcaires. C'est une de ces plantes fécondes qui peuvent porter la richesse dans les pays pauvres. Ce n'est qu'à partir de la fin du seizième siècle qu'on
a commencé à en connaître tous les avantages et à en former des prairies artificielles. Les provinces rhénanes lui doivent leur prospérité agricole.
Le sainfoin commun est vivace; il a des racines pivotantes; ses tiges droites, ilexueuses, hautes de 0-33 à 0"66, développent axillairement des épis de fleurs d'un rose roussàtre, auxquelles succèdent des gousses monospermes et hérissées de pointes.
11 offre une importance égale à celle du trèfle rouge et de la luzerne. C'est, en effet, le seul fourrage qui puisse donner des récoltes satisfaisantes dans les terrains exposés dès le printemps à la sécheresse; et c'est depuis l'introduction de cette plante que des contrées entières, jusque-là déshéritées, ont pu entretenir assez de bestiaux pour adopter •une culture profitable. Le sainfoin est considéré avec raison comme le meilleur et le plus sain de tous les fourrages; le lait des vaches est supérieur en qualité et plus abondant. Consommé en vert, il n'expose pas les animaux à la météorisation, comme le trèfle; ses tiges ne deviennent pas ligneuses, comme celles de la luzerne, même à l'état de pleine floraison; mais c'est surtout comme fourrage sec qu'il est employé. Le rendement en fourrage est, à la vérité, moins élevé que celui du trèfle et de la luzerne; mais la différence est compensée par une meilleure qualité. Ses graines, lorsqu'on ne peut pas en tirer parti autrement, passent pour être deux ou trois fois plus nutritives que l'avoine. Elles sont recherchées avec avidité par les volailles qu'elles excitent à pondre.
Composition chimique. — Nous ne connaissons jusqu'à présent que la nature des matières minérales contenues dans le sainfoin commun. Voici, d'après M. F. Buch, comment se composent les cendres de cette plante, sur 100 parties en poids :
r°l*£fe JÎ'Bcombinés d«n* !• Plant« avec
ttliê. : : : : : : : : : : : des acides
Phosphate de chaux ...... 54,89
Phosphate de peroxyde de fer . . 2,87
Sulfate de chaux 3,31
Chlorure de sodium 2,18
Silice 1,10
C'est, comme on le voit, une plante éminemment calcaire et riche en soude.
Variétéi. — La culture prolongée du sainfoin commun sur des sols légers, mais riches et profonds, a produit une race ou variété connue
sous les noms de grand sainfoin, sainfoin à deux coupes, sainfoin chaud. Cette variété se distingue de l'espèce type par gne plus grande vigueur, qui permet d'en obtenir deux coupes; mais elle demande un terrain de meilleure qualité que celui dont s'accommode le sainfoin ordinaire.
Climat et toi. — Le sainfoin, lorsqu'il est encore très-jeune, redoute les hivers rigoureux; mais, dès qu'il est âgé de cinq ou six mois, il les supporte sans souffrir.
Le sainfoin est doué de deux facultés précieuses : de se développer convenablement dans les sols les plus secs.et d'avoir une telle affinité» pour les terrains calcaires, qu'il donne des produits passables dans les sols uniquement composés de cet élément, pourvu qu'ils soient perméables aux racines. Sa culture peut s'étendre aussi à tous les sols légère, siliceux ou graveleux, même les plus secs, pourvu qu'ils soient annuellement soumis à un plâtrage abondant. Il ne redoute enfin que les sols compactes, argileux, humides, et, par-dessus tout, les sols, quelle que soit leur nature, qui retiennent l'humidité dans leurs couches inférieures.
Place dan* la rotation. — La durée habituelle du sainfoin, et le laps de temps qu'il convient de laisser écouler entre chacune de ses apparitions sur le même sol, en font une récolte difficile à introduire dans un assolement régulier. Aussi le laisse-t-on le plus souvent en dehors de l'assolement, en opérant comme on le fait pour la luzerne.
Quant aux récoltes auxquelles il convient de le faire succéder, et à celles qui doivent le suivre, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit à cet égard en parlant de la luzerne.
Préparation du toi. — Quoique les racines du sainfoin pénètrent un peu moins profondément dans le sol que celles de la luzerne, il faut donner au sol les mêmes soins d'ameublissement et de préparation que pour celle-ci.
Engrais et amendement!. — Bien que le sainfoin tire de l'atmosphère une partie de ses éléments nutritifs, il faut encore que la terre lui fournisse une portion importante de sa nourriture, et il convient de n'en entreprendre la culture que dans un sol doué d'un degré dé fertilité à peu près semblable à celui qui convient à la luzerne; il importe surtout que les engrais aient pu pénétrer dans les couches inférieures, puisque c'est là que les racines vont puiser les principes dont elles ont besoin. Du reste, ces engrais ne sont qu'un emprunt fait à la terre, puisque la plante les compense, et au delà, par les nombreux débris organiques résultant de ses feuilles et de ses racines. Mais on conçoit que plus la fertilité du terrain sera grande, plus la
uigitizeo
n végétation sera vigoureuse, et plus les débris seront abondants et féconds.
Les engrais et les amendements qui conviennentplus particulièrement au sainfoin sont la cendre, la suie, le plâtre, qui produisent d'admirables effets. Les engrais organiques ne lui sont pas nécessaires comme aux autres légumineuses.
Semaine. — Récolte et. préparation des semences. — Le bon choix des semences importe plus encore pour le sainfoin que pour les autres plantes légumineuses, parce que sa germination convenable exige la réunion d'un plus grand, nombre de circonstances. D'un autre côté, les graines de sainfoin que Ton ensemence sont souvent de mauvaise qualité, c'est-à-dire trop âgées, ou récoltées avant leur maturité, ou bien encore altérées par la fermentation. 11 ne faut donc les acheter qu'après avoir fait l'essai indiqué tome Ier, p. 593. Le mieux est assurément de récolter soi-même sa semence;*on est certain de la qualité de sa graine, et I on peut diminuer de moitié la quantité qu'il faut semer lorsqu'on emploie une graine que l'on n'a pas recueillie soi-même. Pour récolter cette semence sans fatiguer sensiblement la plante, il est deux modes que nous recommandons.
Oh choisit le champ de sainfoin le plus vigoureux; puis, au moment (le la maturité des graines, on le parcourt avec attention, en faisant passer, à travers la main légèrement fermée, les tiges chargées de graines mûres; celles qui se détachent facilement sont déposées à mesure dans un panier; après quoi on les expose au soleil pour ache- » ver leur dessiccation. A quelques jours de distance, on recommence cette opération; Ton recueille ainsi les meilleures semences et surtout les plus nettes. Malheureusement ce procédé est lent et assez dispendieux; le suivant est plus prompt.
On attend que la plus grande quantité des gousses soient devenues brunes, et, par un beau temps, on fauche le champ le matin à la rosée. On laisse en andains jusqu'au soir, puis on retourne avec précaution. Le lendemain matin, aussitôt que le soleil a séché les andains, on étend une toile sur le champ et l'on y bat légèrement les tiges, afin de n'en détacher que les graines les plus mûres. On expose ensuite celles-ci au soleil pour les faire sécher, puis on les passe au tarare et au crible pour les purger des feuilles, graines étrangères, etc. Ces graines sont moins bonnes que les premières, parce qu'un certain nombre d'entre elles n'ont pas acquis une maturité suffisante. Les tiges forment, un fourrage de moins bonne qualité que si on les eût coupées plus tôt; cependant les chevaux et les bœufs les mangent volontiers. Le rendement d'un hectare peut s'élever à 14 hectolitres de semence. L'hectolitre pèse 29 kil. Ces graines ne peuvent
être conservées pour la reproduction que pendant deux ou trois ans.
La graine de sainfoin à deux coupes, récoltée plusieurs fois de suite dans un terrain pauvre et aride, dégénère rapidement et retourne bientôt au sainfoin commun. Lors donc qu'on le cultive dans des sols de cette nature, il est nécessaire de renouveler de temps en temps la semence, en choisissant celle qui a été récoltée sur des terrains plus substantiels et plus fertiles.
Mode d% ensemencement. — Époque convenable. — Le sainfoin peut être semé pendant tout le temps de la belle saison, et il réussit pourvu qu'une sécheresse prolongée ne succède pas immédiatement a l'ensemencement. Ainsi, on peut le semer : 1* A l'automne, dans une céréale d'hiver, mais à Condition que le sol s'égouttera facilement pendant la mauvaise saison, qu'il ne se déchaussera pas par l'action successive des gels et dégels, et surtout que les froids de l'hiver ne seront pas rigoureux. Par cette méthode, on obtient, dès la fin de l'année suivante, une coupe importante; mais on a à craindre que la céréale ne nuise au sainfoin. 2° Au printemps, dans une céréale d'hiver. On donne un hersage énergique, on sème, et Ton recouvre par un second hersage. 3° Dans une céréale de printemps semée claire; ou mieux, dans du lin ou de la navette d'été. 4° Enfin, semé seul, au printemps. Après avoir bien préparé la terre, à l'automne, on attend (pie le printemps ait commencé à faire développer les plantes adventices; on donne un coup de scarificateur, et l'on répand la semence, qu on recouvre par un hersage suivi d'un roulage. Ce mode est celui qui donne, en général, les meilleurs résultats, mais il a l'inconvénient de charger la récolte d'une année de loyer sans aucun produit, tandis qu'en semant dans une autre récolte, celle-ci paye cette année de rente. Toutefois, si l'on peut espérer que la durée du sainfoin soit un peu prolongée, on n'hésitera pas à user de ce procédé, parce que cette dépense divisée entre un certain nombre d'années deviendra peu considérable, et qu'elle sera couverte par le succès plus complet de la récolte.
La graine de sainfoin doit être peu enterrée; il ne faut pas cependant qu'elle resle exposée à la surface du sol, car elle ne germerait pas. C est ce qui arrive souvent, à cause de son volume et de sa légèreté, • qui l'empêchent d'être facilement recouverte par l'action du hersage. Pour obvier à cet inconvénient, on fait tremper la semence dans l'eau pendant vingt-quatre heures environ, de façon que l'enveloppe imbibée soit bien distendue. On la laisse égoutter sur une toile ou un tamis pendant deux ou trois heures, puis on la mélange avec de la terre tamisée jusqu'à ce que les graines n'adhèrent plus les unes aux
autres. Cette sorte de pralinage augmente le poids des graines et les rend plus dociles à Faction de la herse.
Quantité de semences. — Pour avoir un fourrage fin et serré, une prairie bien garnie et peu accessible aux plantes nuisibles, il convient de somcr le sainfoin très-dru. A cet effet, on emploie une quantité de semence double de celle que Ton emploierait pour le blé, c'est-à-dire environ A hectol. 50 par hectare; mais il est bien entendu que nous ne parlons ici que des semences de bonne qualité. Autrement il faudrait porter cette quantité à 6 hectolitres.
Il faut se garder de semer le sainfoin ou la luzerne dans le voisinage des arbres, car ceux-ci deviennent languissants et périssent bientôt. On doit donc laisser au pied de chaque arbre, sans l'ensemencer, un cercle de 1 à 3 mètres de rayoh, suivant l'âge des arbres.
Soini d'entretien. — Le sainfoin réclame, comme la luzerne, quelques soins destinés à entretenir sa vigueur. Ainsi, il éprouve de trèsbons effets du plâtrage lorsque, dans le sol où il végète, le calcaire est en proportion insuffisante. On applique un premier plâtrage pendant le deuxième printemps qui suit l'ensemencement, et Ton répète ensuite cette opération tous les ans.
Quoique le sainfoin soit moins avide d'engrais que la luzerne, il n'en faut pas moins lui fournir quelques principes fertilisants. Mais on évitera d'employer les composts ou les fumiers, car ils abrégeraient sa durée; on les remplacera par la suie, ou les cendres, que l'on répandra chaque année, vers la fin de l'hiver, à dater de la troisième année de l'ensemencement.
A partir du second hiver, on combattra l'envahissement des plantes nuisibles par un hersage annuel.
Récolte. — C'est surtout comme fourrage sec que l'on fait consommer le sainfoin. On fauche la première coupe lorsque quelques gousses commencent à se former à la base des épis de fleurs.
Il est prudent, la première année, de ne faire ni pâturer, ni faucher les jeunes pousses de sainfoin; en effet, le collet de la plante s'élève alors quelquefois de 27 millimètres au-dessus du sol, et la plante meurt quand son collet est tranché par la dent des animaux ou par la • faux; les racines, jeunes encore, prennent d'ailleurs d'autant plus de force qu'elles conservent plus de feuilles pour puiser de la nourriture dans l'atmosphère. Ce n'est donc que la seconde année qu'on entre en pleine récolte.
Les tiges et les feuilles du sainfoin renferment beaucoup moins d'eau de végétation que celles des autres fourrages légumineux et surtout que le trèfle; aussi est-il beaucoup plus facile à faner. Dans
les montagnes de la Provence il suffit, immédiatement après le fauchage, de lier ce fourrage en bottes, que Ton redresse en les appuyant quatre par quatre les unes contre les autres, et, au bout de peu de jours, il est parfaitement sec.
Dans les localités moins chaudes, on retourne, le soir, les andains du matin, de façon à les rapprocher deux à deux, mais sans les superposer. Le soir du second jour, on en fait de petits tas d'un peu plus d'un mètre de hauteur, en froissant ou mêlant les tiges le moins possible. Lorsque le temps est favorable, la récolte peut être rentrée le troisième jour.
Vers la fin de Tété ou au commencement de 1 automne, le sainfoin' donne une seconde coupe, mais beaucoup moins abondante que la première. Ce second produit n'est qu'un regain, qu'il est beaucoup plus convenable de faire pâturer sur place. Mais on doit exclure de ce pâturage les bêtes ovines, car elles rongent le collet des plantes, et comme le sainfoin ne repousse pas de racine comme la luzerne, ce pâturage, répété pendant deux années de suite, suffirait pour détruire complètement le sainfoin.
Durée. — La durée du sainfoin est subordonnée au laps de temps pendant lequel ses racines peuvent s'enfoncer dans des couches de terres fertiles : il vit cependant moins longtemps que la luzerne. En général, son existence est de trois ans au moins, et de sept ans au plus.
La décrépitude du sainfoin est indiquée par la disparition progressive des plantes, par l'envahissement des mauvaises herbes et par la diminution sensible du produit. Dès que ces signes apparaissent, on ne doit pas hésiter à le défricher.
Rendement. — Le produit annuel du sainfoin se compose de deux coupes; mais la seconde équivaut à peine au quart de la première. Il en est de même pour la seule coupe d'automne qu'on obtient la première année. En outre, le produit va d'abord en croissant pendant les premières années, comme cela a lieu pour la luzerne, puis il décroît ensuite. Le rendement annuel des deux coupes, par hectare, est en moyenne :
En Angleterre, d'après Arthur Young 4290kilogr.
Dans le Bolonais, d'après Crud 6600
Dans le Palatinat, d'après Mœllinger 5700
En France MX)
Ce qui donne une moyenne de 4770 kilogr.
COMPTE DE CULTURE D UN HECTAKE DE SAINFOIN SEMÉ AU PRINTEMPS DANS DE L AVOINE SUCCÉDANT A UNE RÉCOLTE BINEE ET FUMÉE.
DÉPENSE POin CINQ ANNÉE*.
La moitié des frais de préparation du sol au compte de
l'avoine (t. 1, p. 733) 20f.6O
Semences, 4 hectol. 50 à 17 fr. l'hectol.. . 76 50
Répandre la semence 1 »
In hersage ? 2 60
Un roulage 2 •
Quatre plâtrages de 3 hectol. de plâtre cru chacun,
6 fr. 40 par plâtrage 25 60
Trois hersages avec la grande herse, à 3 fr. l'un. ... 9 » Képandre 15 hectol. de suie par an, pendant 3 ans,
45 hectol. à 3 fr. l'un 135 »
Fauchage, fanage et emmagasinage de cinq coupes, à
15 fr. l'une 75 »
Intérêt pendant cinq aus, à 5 pour 100, du prix de 7500 kilogr. de fumier non absorbé par la récolte précédente, à 10 fr. les 1000 kil., 3 fr. 75 par an. . . 18 75 Loyer de la terre pendant cinq ans, à 70 fr. par an. . . 350 » Frais généraux d'exploitation pendant 5 ans, è 20 fr.
par an 100 »
Intérêt moyen pendant 5 ans, à 5 pour 100, des Irais cidessus, à 41 fr. 10 par an 123 30
. Total 045 f. 35