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CHAP. III. — PROPRIÉTÉS DES SPECTRES

599. A cet effet, il emploie un tube recourbé et effilé (fig. 25) dans lequel s'engage un fil de platine qui y est fixé, mais non soudé. Le tube est rempli de la dissolution à essayer; par suite de la capillarité, il y a un suintement continuel de liquide autour du fil de platine, et celui-ci ne peut pas s'échauffer beaucoup, circonstance très avantageuse, car, lorsqu'il devient incandescent, le platine donne un spectre très lumineux qui masque toutes les raies fines, et gène beaucoup l'observation. Pour opérer avec le chlorure de sodium par exemple, on le mélange avec du chlorhydrate d'ammoniaque qui, en se décomposant dans la fiamme même, y intro- /^

duit une atmosphère d'acide chlorhydrique, et l'on ajoute même un peu de cet acide à la dissolution qui remplit le tube, de manière à éviter toute décomposition du sel. Par ce procédé, M. Mitscherlich est arrivé à obtenir le spectre du chlorure de sodium, et à établir que la raie jaune appartient exclusivement au spectre du métal qui se trouve toujours réduit, au moins en partie, dans les flammes, et non pas à celui du sel marin. L'expérience suivante montre bien du reste que la raie jaune est due au sodium métallique. On produit le spectre de la flamme d'un br&Ieur de Bunsen, laquelle ne donne aucune raie jaune, puis on place entre cette flamme et la fente du collimateur une petite cuve prismatique en verre, fermée et renfermant un peu de sodium pur. Lorsqu'on chauffe le métal de manière à en vaporiser une partie, les rayons lumineux qu'émet le brûleur, par la seule raison qu'ils traversent la cuve contenant de la vapeur de sodium, donnent immédiatement dans leur spectre la raie jaune caractéristique de ce métal.

600. Expérience» de M. Diacon. — Dans les expériences qui précèdent, les mouvements de la flamme rendent Inobservation des raies un peu difficile. En opérant d'une manière différente, M. Diacon a fait disparaître presque entièrement le spectre du sodium et a rendu visible le spectre à peu près seul du chlorure. Il se sert de deux gazomètres renfermant, l'un de l'hy-

drogène, l'autre du chlore, et réglés de telle manière que les gaz en sortent en volumes égaux. On enflamme les jgaz qui se mélangent à leur sortie, il en résulte une flamme uniquement composée d'acide chlorhydrique, et. dans laquelle les chlorures ne peuvent subir de décomposition. Aussi dans ces expériences la raie du sodium était à peine perceptible.

601. Expériences de Kircbboflr. — Kirchhoff, revenant sur ses conclusions primitives, a reconnu que les bromures, iodures, fluorures, etc., des métaux ne donnent pas le même spectre que les chlorures des mêmes bases, et que par conséquent les métalloïdes sont caractérisés chacun par un système de raies spéciales. Ce qui vient encore confirmer ce fait, c'est que certaines raies, qui varient lorsqu'on examine les difiérents composés d'un métal avec les divers métalloïdes, deviennent constantes, au contraire, quand on opère avec le même sel de métaux différents. Si des spectres que l'on observe alors, on défalque les raies qui appartiennent à chaque métal, il reste un système de raies qui demeure constant lorsque le métal uni à un même métalloïde varie, et ce système constitue précisément le spectre du métalloïde considéré.

Un métalloïde volatilisé dans l'intérieur d'une flamme peut d'ailleurs, dans des circonstances convenables, donner son spectre caractéristique. Si, par exemple, on fait passer un courant d'hydrogène sur du soufre, du sélénium, du phosphore, etc., chauffés, puis qu'on allume cet hydrogène, la partie intérieure de la flamme placée devant la fente du collimateur présente le spectre du métalloïde que l'on introduit dans cette flamme.

602. Speeipe» métalllqaes. — Le moyen le plus simple pour les observer est de faire jaillir entre deux électrodes formées du métal considéré une étincelle électrique, dont la haute température est favorable à l'expérience; si le métal est très fusible et très volatil, comme le sont les métaux alcalins, on fait jaillir l'étincelle entre deux charbons, et l'on pratique dans le charbon positif une petite cavité à l'intérieur de laquelle on dépose le

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