CHAP. 111. — RENVERSEMENT DES SPECTRES
que Ton examine, soit une cuve à faces parallèles contenant ^ rétat de dissolution la substance dont on veut produire le spectre d'absorption.
609. Benverfiienieiit des raies du speetre. — Nous avons vu (n"" 581) que le spectre solaire, loin de présenter l'aspect d'une bande lumineuse continue le long de laquelle se succèdent les diverses couleurs, est sillonné par une série de raies obscures qui -le rendent discontinu. D'autre part, lorsqu'on examine les spectres fournis par les différents métaux, on les trouve formés d'un système de lignes lumineuses plus ou moins fines, d'intensité plus ou moins grande, et séparées les unes des autres par des intervalles obscurs.
Foucault a observé, le premier, qu'entre les raies obscures du spectre solaire, et les raies brillantes des spectres métalliques, il existe un rapport très net de position. Remarquant dans toutes ses expériences la raie jaune du sodium qu'il attribuait à la présence d'impuretés, il voulut connaître la position exacte de cette raie et eut l'idée de comparer au spectre^solaire ceux des sources qu'il observait. Il constata que cette raie jaune coïncidait exactement avec la raie D de Fraunhofer, mais ne prêta pas à cette coïncidence une attention particulière. Plus tard, Kirchhofi et Bunsen, opérant avec le plus grand soin et prenant les mesures les plus rigoureuses, constatèrent que cette coïncidence n'est pas accidentelle, et, en comparant au spectre solaire les spectres des métaux qu'ils étudiaient, ils découvrirent que chacune des raies brillantes que donne un métal coïncide exactement avec une des raies noires du spectre solaire ; afin de montrer qu'on est bien là en présence d'un phénomène général, ces savants ont établi que la lumière d'une flamme qui émet des rayons d'une certaine couleur, n'est pas transparente pour ces rayons, qu'elle les absorbe et donne par suite une obscurité relative.
610. Pour le démontrer par l'expérience, on peut se servir d'une source de lumière donnant un spectre parfaitement continu et ne présentant aucune raie noire, du platine incandescent par
exemple. Si l'on place entre le platine et le collimateur une flamme contenant de la ^ vapeur de sodium, de telle manière que les rayons lumineux émis par le mçtal incandescent soient oblig:és de la traverser avant de former le spectre, on observe < qu'une partie des rayons jaunes du platine est absorbée par la flamme chaînée de sodium. Le spectre du «
platine cesse d'être continu, g
et l'on remarque sur lui S
une double raie noire très g
intense qui coïncide préci- ^ J
sèment avec la raie D de ,%
Fraunbofer (fig. S6);.au |
contraire, le spectre de la y
vapeur de sodium incan- ^ g
descente se compose d'un ■K'
champ obscur sur lequel brille seule une double raie jaune correspondant, elle aussi, à la raie D de Fraunhofer.