CHAP. IV. — CARACTÈRES DES CORPS SIMPLES. U
moins parfaite de certains rayons lumineux par les vapeurs qui environnent le soleil, et que ces raies indiquent précisément les métaux qui existent dans cet astre. Il faut d'ailleurs, dans des observations de cette nature, prendre garde à ce fait que la lumière du soleil, avant d'arriver à l'observateur, doit traverser l'atmosphère terrestre, et que celle-ci peut absorber certains rayons et donner naissance dans le spectre à des raies noires particulières. On les reconnaît à ce qu'elles se voient mieux à certaines heures du jour; de plus, ces raies d'origine telluriqu^ se distinguent des raies solaires, en ce que leur intensité varie avec l'épaisseur de la couche atmosphérique que les rayons lumineux traversent avant de tomber sur le spectroscope ; elles ne présentent pas un aspect identique suivant que le soleil se trouve au point culminant de sa course, ou à l'horizon.
615. D'autre part, de ce que les raies noires qui correspondent aux raies lumineuses de certains métaux manquent dans le spectre solaire, on n'en doit pas pour cela conclure d'une manière nécessaire que la couche lumineuse du soleil ne renferme pas ces métaux. Cela prouve tout au plus qu'ils ne s'y rencontrent pas à l'état libre, mais ils peuvent fort bien s'y trouver sous la forme de combinaisons indécomposables par la température du milieu dans lequel elles sont placées, les composés pouvant, comme on l'a vu, produire un spectre différent de celui du métal qui s'y trouve engagé.