V.r^G 13, ligne 8, portant en C, portant en B
— 68, — 26, sulfate, sulfite.
— 77, dans le tableau, HS, WS.
— 112, ligne 33, CeOSHO, Cr'O'.WO.
— 238, — 31, Cu'Cl, Ctt»a«.
— 273, — 32, cl continue, et constitue.
DANALYSE QUALITATIVE
Les procédés analytiques qui dérivent de la chimie générafe ont marché à peu près comme elle, et tant que la chimie ne s'esfe composée que de la réunion de quelques recettes médicinales on pharmaceutiques, l'analyse n'a été elle-même qu'un recueil dte quelques procédés particuliers, destinés à apprécier la pureté pfir^ ou moins grande de quelques produits. Ainsi, Pline recommande, pour savoir si l'alun est propre à la teinture, d'y verser du suc cftç grenade : s'il se produit une couleur noire, l'alun est impur, il donnera en effet de l'enère avec une dissolution de tannin, paur peu qu'il renferme de sels de fer.
Dans l'intervalle de temps qui sépare l'antiquité du moyen âge, le nombre des recettes augmente, mais toujours elles présenleot un caractère isolé, chacune d'elles est applicable à un cas particulier, et quoique déjà les faits de la chimie commencent à se relier les uns aux autres, on ne trouve encore en analyse rien de généraF. Ce n'est qu'au seizième siècle que l'on voit apparaître les premières recherches qui tendent à cette généralisation, et ce sont, l'industrie d'une part, la médecine de l'autre, qui provoquent cette exlensiaa de l'analyse : l'industrie, à propos de l'extraction des métaux et des travaux métallurgiques; la médecine, en recherchant la cause des propriétés des eaux minérales. Dans son remarquable ouvrage
€ De Re metallica^ libri Xil », publié à Bâle en 1546, Agricola rassemble toutes les connaissances de son temps. Le livre VII de son traité est consacré tout entier à l'analyse des rainerais, au point de vue de leur richesse métallique et des substances qu'on en peut retirer ; la coupellatioh y est décrite, et l'auteur revient sur ce sujet au livre XI, dans lequel il expose les procédés qui conviennent le mieux pour séparer l'argent des autres métaux ; il remarque que la plupart des plombs sont argentifères et pourraient causer des erreurs dans la coupellation. Pour séparer l'argent de l'or, il indique l'emploi de l'eau-forte {aqua valens) obtenue par la distillation d'un mélange de nitre, d'argile et de sulfate de fer; le sulfate de fer et l'acide sulfurique sont également reconnus par lui aptes à opérer cette séparation.
Vers la fin du seizième siècle, un des disciples de Paracelse, Libavius, publia un Traité de docimasie aArs probatoria seu docimastica », dans lequel sont résumés les travaux d' Agricola et ceux qui avaient été effectués depuis. Il décrit surtout les procédés d'analyse par voie sèche, mais il est conduit peu à peu à l'emploi de la voie humide, et dans un ouvrage spécialement consacré à l'étude des eaux minérales, a De Judicio aquarum mineraliumy 1606 », cette méthode se trouve pour la première fois exposée, ^n même temps que l'auteur recommande dans l'analyse l'emploi de la balance; quelques années plus tard. Van Helmont insiste à son tour sur l'utilité de cet instrument, qu'il applique à l'analyse de certains faits de physiologie végétale; il reconnaît en outre dans certaines eaux minérales la présence de l'acide carbonique, gaz qu'il avait découvert.
C'est surtout à Robert Boyle que l'on doit l'emploi combiné de balances sensibles (au centigramme) avec des procédés plus parfaits de voie humide et avec l'usage des dissolvants. Ses études sur les eaux minérales, publiées cinquante ans environ après le traité de Libavius, « Memoirs for a natural hisiory of minerai waters », sont bien plus complètes que tout ce qui avait été fait avant lui. Il pose des principes généraux pour l'étude des eaux minérales, et multiplie beaucoup le nombre des réactifs en usage. Pour s'assurer qu'une eau est ferrugineuse, il emploie la teinture de noix de
galle; le sirop de violette, la teinture de bois de Brésil lui permettent de s'assurer si elle est acide ou alcaline ; il profite de la coloration bleue donnée par l'ammoniaque dans les sels de cuivre pour reconnaître la présence dans certaines eaux minérales de faibles traces de ce métal. Le premier il emploie les dissolutions d'argent pour caractériser le sel commun et les chlorures. Comme réactifs d'un usage fréquent, il recommande l'esprit d'urine (carbonate d'ammoniaque qu'on en extrait parla distillation), et le sel de tartre (carbonate de potasse provenant de la calcination de la crème de tartre). Enfin il se préoccupe beaucoup de la densité des eaux minérales, et aux méthodes grossières que l'on employait alors pour évaluer cette densité, il substitue la méthode du flacon. Il reconnaît que toutes sont plus lourdes que l'eau distillée, en raison des matières salines qu'elles renferment.
Dans son « Laboraiorium chymicum », publié à Hambourg en 1716, Kunckel s'aperçoit que l'acide azotique (eau-forte) impur est capable de dissoudre de l'or, et il indique comme moyen de reconnaître cette impureté les dissolutions d'argent qui donnent un dépôt blanc (de chlorure) dans l'eau-forte capable d'attaquer l'or. Le nitrate d'argent lui permet de constater que presque toutes les eaux donnent un précipité sous son influence, et c'est de cette époque que date l'introduction de l'eau distillée dans les laboratoires.
Les eaux minérales donnèrent encore à Hoffmann l'occasion d'un nouveau travail d'analyse. Dans son traité « De Methodo exami" nandi aquas salubreSy 1708 », il étudie surtout les eaux gazeuses et les diverses propriétés qu'elles doivent au spiritm elastictts (acide carbonique) qu'elles renferment; il détruit à cet égard un certain nombre de préjugés, en montrant qu'elles ne contiennent ni or, ni argent, ni plomb, ni antimoine, et il y constate l'existence d'un certain nombre de substances, fer, cuivre, sel commun, soufre, chaux. Il y découvre une espèce particulière de chaux de nature encore inconnue, et donnant avec l'acide sulfurique un corps soluble de saveur amère : c'est la magnésie qui plus tard, fut reconnue et caractérisée par Homberg.
Dans la première moitié du dix-huitième siècle, les méthodes
i INTRODUCTION.
d'analyse firent des progrès considérables ; Marggraf, qui découvrit le sucre de betteraves, fut le premier à attaquer les pierres insolubles par les acides ou les carbonates alcalins, qui les transforment en silicates solubles. Il fit ainsi Tanalyse du lapis-lazuli, et constata que la coloration bleue de ce minéral ne peut être attribuée au cuivre, qu'il démontra ne pas en faire partie. A mesure que la méthode analytique se perfectionne, de nouveaux corps apparaissent: Brandt découvre l'arsenic (1733) et le cobalt (1742); Cronsledt, le nickel (1751-1754).
Dès le commencement de la seconde moitié de ce siècle, Bergmann pose les préceptes de la science analytique et indique l'usage de nouveaux réactifs ; ses mémoires sur l'analyse des eaux, sur l'analyse des minerais, sur l'analyse du fer, la magnésie, etc., constituent de fait un traité d'analyse par voie humide avec indication de procédés déjà divers et minutieux, dans lesquels il fait ressortir l'importance de la purification des réactifs. Dès lors, de nombreux expérimentateurs mettent ses préceptes en pratique : Scheele analyse l'air atmosphérique (1779), et découvre successivement le chlore, le manganèse, le baryum, les acides tungstique et molybdique, etc.; Klaproth montre la différence que présentent entre eux les minéraux attaquables par les carbonates alcalins, et ceux qui le sont par les alcalis caustiques ; Lavoisier enfin accomplit ses immortelles découvertes, et pose d'une manière définitive les bases de la chimie ; dès lors, chaque savant apportant une pierre à l'édifice, l'analyse par voie humide se perfectionne avec rapidité, jusqu'à présenter le degré de rigueur qu'elle offre • aujourd'hui.
Glauber connaissait les émaux blancs et colorés, et, dans son quatrième livre des « Fourneaux philosophiques }^ y il décrit beaucoup d'expériences sur la coloration des flux (matières fusibles) au contact de certains corps ; il recommande, le premier, les creusets de Hesse comme susceptibles de supporter une température très élevée, maisc'est Swab qui, en 1738,paraît avoir pour la première ibis employé le chalumeau pour l'analyse des minéraux ; son emploi fut perfectionné successivement par Bergmann, Cronstedt, et surtout par Gahn et Scheclc qui s'occupèrent beaucoup de Fana-
lyse par la voie sèche; enfin Berzelius publia sur la manière de se servir de cet instrument un traité complet (Emploi du chalumeau en chimie et en minéralogie, Nuremberg, 1844, 4*édit.), qui, avec l'ouvrage plus récent de Plattner {Die Probirkunst mit dem LôthrohrCy Leipzig, 4853, 3* édit.), fait encore autorité aujourd'hui.
Les méthodes d'analyse par voie humide et par voie sèche, malgré les perfectionnements qu'elles ont subis et la précision à laquelle elles sont parvenues, ont été de beaucoup dépassées par un procédé nouveau d'une sensibilité presque sans limite, fondé sur l'observation des spectres lumineux et découvert, en 1859, par MM. Kirchhoff et Bunsen. L'analyse spectrale à peine inventée a permis de constater la présence de certains corps là où les autres procédés d'analyse étaient d'une impuissance absolue à en déceler la présence ; la découverte de plusieurs métaux nouveaux a été la conséquence immédiate de l'application de ce nouveau procédé de recherches; elle a permis d'étendre d'une façon rapide et presque inespérée nos connaissances sur la constitution de l'univers; entre les mains de M. Lockyer, enfin, elle vient de découvrir sur la constitution des corps prétendus simples des horizons tout nouveaux.
Nous sommes naturellement conduit à diviser l'étude élémentaire des procédés d'analyse qualitative en trois gmndes sections :
Analyse par voie sèche, ou analyse au chalumeau ;
Analyse spectrale.