GHAP. II. — ACIDE OXALIQUE
nilrés en distillant l'acide azotique avec du bichromate de potasse qui les oxyde, ou avec de Turée qui les décompose en donnant de l'azote, de l'acide carbonique et de l'eau.
Le mélange d'une partie d'a<!lde azotique avec deux d'acide chlorhydrique constitue Veati régale^ nécessaire pour dissoudre l'or, le platine, le sulfure de mercure, etc. ; dans certains cas on augmente encore la proportion d'acide chlorhydrique.
10. Acide flaorbydriqae. — Il doit se volatiliser sans résidu quand on le calcine dans un creuset de platine. Pour éviter qu'il ne contienne du fluorure de silicium, on doit le préparer en décomposant par la chaleur le fluorhydrate de fluorure de potassium et recueillant dans l'eau l'acide fluorhydrique qui se dégage. On peut aussi traiter le spath fluor finement pulvérisé par trois fois son poids d'acide sulfurique concentré, et abandonner le mélange deux ou trois jours à l'air en l'agitant fréquemment. La silice que le spath fluor renferme se dégage alors à l'état de fluorure de silicium gazeux, et la matière additionnée d'acide sulfurique, puis distillée dans un vase de plomb ou de platine, donne de l'acide fluorhydrique pur. On le conserve dans un vase d'argent ou de platine ; les bouteilles de gutta-percha, quoique très-faiblemenl attaquées, le colorent souvent un peu.
il. Acide oxalique. — Chauffé dans un vase de platine il doit disparaître sans laisser de résidu, une partie se volatilise, l'autre se décompose. L'acide en se décomposant ne doit pas devenir noir, ce serait l'indice qu'il contient des matières organiques. En chaufl'ant un peu d'acide oxalique avec de l'acide sulfurique en excès, celui-ci le décompose avec dégagement d'acide carbonique et d'oxyde de carbone : si la dissolution reste claire l'acide oxalique est exempt de matières organiques; si elle est brune ou noire et dégage Todeur de l'acide sulfureux, c'est qu'elle contient de l'acide tartrique ou d'autres substances étrangères. Il faut s'assurer également que l'acide oxalique ne renferme ni sulfates ni chlorures. On doit toujours le purifier par plusieurs cristallisations successives, ou mieux encore utiliser sa propriété
de se sublimer dans un courant de gaz. On chauffe Tacide dans un vase distillatoire, une partie se décompose en acide carbonique et oxyde de carbone, et ces gaz entraînent l'autre partie en vapeurs qui se condensent, tandis que let impuretés restent au fond du vase.
12. Acide hypocblorenx. — C'est un oxydant très-énergique, et le meilleur lorsqu'il s'agit d'oxyder et de dissoudre les sulfures naturels; on le prépare par le procédé de Pelouze, en faisant agir le chlore sur l'oxyde de mercure, mais cette opération assez délicate demande quelques précautions. L'oxyde de mercure précipité doit être bien lavé, puis séché, et on le chauffe à 250 degrés environ ; au-dessous de cette température il s'attaque trop facilement, et le grand dégagement de chaleur qui accompagne la réaction détruit la majeure partie de l'acide hypochloreux; chauffé davantage, il devient difficilement attaquable. L'oxyde ainsi préparé est mêlé avec de la ponce en fragments de manière à présenter au chlore une large surface d'attaque, et placé dans un tube de verre de 1 mèlre de long sur 2 centimètres environ de diamètre. On tasse la ponce et l'oxyde de manière à laisser au gaz un facile passage, et on les retient àchaque extrémité par un tampon d'amiante; puis le tube est placé dans une cuve pleine d'eau qui laisse passer ses deux extrémités. L'une d'elles porte un bouchon de caoutchouc muni d'un tube droit par lequel arrivera du chlore sec; l'autre porte également un bouchon et un tube droit auquel sera adapté un tube de dégagement se rendant dans un flacon d'eau distillée ; quand le chlore arrive dans le tube l'attaque commence, on la voit se propager avec formation d'oxychlorure de mercure, et selon qu'elle marche plus ou moins vite, on met de l'eau dans la cuve ou l'on n'en met pas, de manière à maintenir le tube à une température convenable. En plaçant plusieurs tubes à oxyde de mercure à côté les uns des autres dans la même cuve, on peut, quand l'un d'eux est épuisé, diriger le chlore dans un autre pendant qu'on recharge le premier, et préparer ainsi sans grande difficulté des quantités assez considérables d'acide hypochloreux.
L'oxychlorure des tubes épuisés est traité à chaud par l'acide chlorhydrique, et la liqueur filtrée additionnée d'un excès de po-
CHAP. II. — HYDRATE DE POTASSE. il
tasse donne un dépôt d'oxyde jaune de mercure qui, après lavage et séchage à 250 degrés, peut servir à une nouvelle opération.
On prend pour appareil générateur de chlore un ballon de 4 à 5 litres rempli au tiers de bioxyde de manganèse en morceaux, sur lesquels on verse de Tacide chlorhydrique jusqu'aux deux tiers du ballon. En chauffant très légèrement avec un fourneau à gaz, le chlore se dégage d'une manière très régulière pendant cinq ou six heures. Une fois l'acide chlorhydrique épuisé, on le décante pour le remplacer par de nouvel acide : on obtient ainsi du chlore d'une manière presque continue. On peut avantageusement remplacer cet appareil par des récipients remplis de chlore liquéfié que l'on trouve aujourd'hui dans le commerce.
13. Aeide aeéilqiie. — On emploie ordinairement de l'acide moyennement concentré dont la densité est 1,05 environ, et que l'on prépare en ajoutant à Tacide cristallisable son volume d'eau. L'acide acétique pur, évaporé dans une capsule de platine, disparait sans laisser de résidu fixe, et l'on s'assure qu'il ne contient ni acide sulfurique, ni acide chlorhydrique, à l'aide des nitrates de baryte et d'argent. On peut l'obtenir en mélangeant ensemble iO parties d'acétate neutre de plomb pur avec 3 de sulfate de soude effleuri également pur; on introduit le tout dans une cornue avec 2 parties et demie d'acide sulfurique pur et autant d'eau, puis on distille au bain de sable jusqu'à évaporer à sec le contenu de la cornue.
14. Hydrate de potasee. — La dissolution d'hydrate de potasse est difficile à obtenir pure. Elle contient souvent de l'alumine et de la silice, dont il est difficile de constater la présence, et souvent aussi des sulfates, des chlorures et des carbonates. On sature une partie de la dissolution par l'acide nitrique pur. S'il y a des carbonates, ils se décomposent avec effervescence; la liqueur additionnée de nitrate de baryte donne un précipité bJanc si la potasse renfermait des sulfates. Avec le nitrate d'ai^ent, la potasse renfermant des chlorures donnerait le dépôt blanc caracté-
DITTE. i
i8 ANALYSE PAR VOIE HUMIDE.
ristique de chlorure d'argent. Pure, elle doit être incolore; quand elle est jaunâtre, cela tient à la présence d'un peu de peroxyde ou de substances organiques qui sont d'ailleurs sans inconvénient dans la majeure partie des cas. Il est également très difficile d'avoir de la potasse absolument exempte de chlorure de potassium, dont la présence n'est pas, en général, une cause d'embarras. Pour avoir une dissolution dépotasse pure, on fait une dissolution moyennement concentrée de potasse à l'alcool, et on l'introduit dans un flaconavecdesfragmentsdechauxvive provenant delà calcination de marbre de Carrare bien blanc ; la chaux décarbonate complètement la potasse si elle n'est pas très concentrée, et cette dissolution ne contient pas de chaux, qui est insoluble dans une solution concentrée dépotasse; on enlève une petite portion de la liqueur claire avec une pipette toutes les fois qu'on en a besoin. On peut aussi employer le procédé de M. Wôhler, qui consiste à chauffer au rouge, dans un vase de cuivre, i partie d'azotate de potasse avec 3 de cuivre en petits morceaux. L'azotate est décomposé, et l'on obtient une masse fondue, mélange de potasse et d'oxyde de cuivre. On reprend par l'eau à l'abri de l'air, et l'on obtient, en décantant la liqueur, une dissolution parfaitement pure d'hydrate de potasse que l'on enferme dans des flacons bien bouchés. Il vaut mieux conserver la potasse dans des flacons de verre vert, qui est peu attaquable, que dans du verre blanc auquel la potasse enlève fréquemment de la silice.
45. nydrate de sonde. — Il se prépare exactement comme celui de potasse, et les deux bases peuvent se remplacer l'une par l'autre dans la plupart des cas.
16. Ammoniaque. — Elle doit être incolore et se volatiliser sans résidu ; elle est fréquemment colorée en jaune ou en brun par des matières organiques, et laisse alors par l'évaporation un résidu de charbon ; aussi doit-on éviter de la conserver dans des flacons bouchés au liège qui est peu à peu attaqué et qui la colore en brun. Elle ne doit contenir non plus ni sulfates, ni chlorures, ni carbonate d'ammoniaque; on reconnaît facilement ce dernier avec une