V. — Métaux du commerce
2â] . nickel du commerce. — On y rencontre , outre le nickel :
Arsenic, Cobalt,
Soufre, Fer.
Cuivre.
Oa réduit le métal en limaille, puis on le mélange avec deux ou trois fois son poids de carbonate de soude et sept à huit fois èon poids
i52 ANALYSE PAR VOIE HUMIDE.
de soufre. On chauffe graduellement au rouge dans un creusel de porcelaine vernie, placé lui-même dans un creuset de terre, et entouré d'une couche de charbon de bois pulvérisé. Lu matière fond, et Ton obtient après refroidissement un culot contenant, à l'état de sulfures, le nickel, le cobalt, le fer et le cuivre, cl une scorie qui renferme le sulfure d'arsenic. On sépare ces deux matières, on dissout la scorie dans l'eau chaude et l'on ajoute à la liqueur filtrée de l'acide chlorhydrique afin de détruire les sulfures alcalins. Il se précipite un mélange de sulfure d'arsenic et de soufre; on fait bouillir pour rassembler le précipité, on décante le liquide acide, et le mélange de soufre et de sulfure d'arsenic jeté sur un filtre est lavé a l'eau chaude, puis traité par l'eau régale, au besoin par l'acide hypochloreux qui en achève la dissolution. On étend alors la liqueur avec de l'eau chargée d'ammoniaque et de chlorhydrate d'ammoniaque, puis on ajoute du chlorure de magnésium, ou du sulfate de magnésie ammoniacal. Tout Tarsenic se sépare à Félat d'arséniate ammoniaco-magnésien blanc, mais d'une manière excessivement lente, à cause de la petite quantité de l'arsenic. Il faut sept ou huit jours pour que la précipitation soit complète.
232. Le culot de sulfures est pulvérisé et traité par l'eau régale qui le dissout en laissant insoluble une portion du soufre qu'on sépare par filtration. On évapore de manière à éliminer l'excès d'acides, puis on reprend par l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique. Le cuivre est précipité par l'hydrogène sulfuré; la liqueur séparée du sulfure de cuivre et privée d'acide sulfhydrique par l'ébuUition est traitée par un excès d'ammoniaque qui précipite le fer. La liqueur renferme le cobalt et le nickel : il est assez difficile de reconnaître ces deux métaux dans un mélange; on a indiqué déjà, n"* 73 et 74-, comment on doit s'y prendre pour les distinguer.
Toutefois, le meilleur moyen d'opérer, lorsque l'un des deux métaux est en petite quantité, ce qui est le cas actuel, est d'employer la méthode de Fischer, fondée sur la propriété que possède le nilrite de potasse de précipiter le cobalt à l'état de nitrite de
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sesquioxyde, en donnant un sel jaune insoluble dans les dissolutions concentrées do nitrite de potasse.
Le nickel et le cobalt doivent être à l'état d'azolates ou de chlorures, et l'on doit d'abord éliminer les terres et le sesquioxyde de fer; on concentre la liqueur par évaporation, on la neutralise par la potasse si elle est acide, et on élimine la potasse en excès par l'acide acétique, de telle sorte que la liqueur reste faiblement acidulée, puis on ajoute une dissolution concentrée et froide de nitrite de potasse ou de nitrite de soude (si l'on emploie ce dernier sel, on ajoutera d'abord de l'acétate de potasse en solution très concentrée). Sous l'influence de l'acide acétique libre, une portion de l'acide nitreux transforme le cobalt en sesquioxyde, et le sel double se forme et se dépose. Le dépôt n'est complet qu'au bout de deux ou trois jours, mais le cobalt est entièrement précipité; le sel jaune recueilli sur un filtre, lavé d'abord avec une dissolution d'acétate de potasse puis à l'alcool, renferme tout le cobalt que l'on reconnaît facilement en dissolvant le précipité dans l'acide chlorhydrique, puis ajoutant de la potasse qui précipite l'oxyde de cobalt.
283. Zinc da comiiierce. — Il contient fréquemment du plomb, du fer, de l'arsenic et du silicium.
Le meilleur moyen de reconnaître l'arsenic est d'introduire le zinc suspect dans un appareil de Marsh avec de l'acide sulfurique pur.
Pour trouver les autres matières, on dissout le métal dans l'acide azotique, et l'on évapore à sec pour rendre la silice complètement insoluble; le résidu est repris par une dissolution concentrée de nitrate d'ammoniaque qui ne dissout que l'oxyde de zinc, tandis que ceux de plomb et de fer restent avec la silice. On lave le résidu et on le reprend par l'acide azotique qui laisse la silice en dissolvant les deux autres oxydes. La liqueur filtrée est évaporée de nouveau à sec en présence d'une petite quantité d'acide sulfurique ; le plomb passe à l'état de sulfate, et l'eau acidulée d'acide nitrique le laisse comme résidu en ne dissolvant que l'oxyde de fer. On retrouve celui-ci dans la liqueur filtrée, à l'aide de l'ammoniaque.
i54 ANALYSE PAR VOIE HUMIDE.
^Si. Cuivre du commerce. — On n'y rencontre en général que de petites quantités de plomb et de fer. On en dissout une certaine quantité dans l'acide azotique, on évapore à sec et Ton reprend le résidu par un mélange de dissolutions de nitrate d'ammoniaque et d'ammoniaque; le cuivre se dissout seul; on lave le précipité, dont on termine l'examen comme au cas précédent.
235. Étaio du commerce. — On y rencontre du plomb, de l'arsenic en petite quantité, et parfois de l'antimoine.
L'alliage réduit en limaille est oxydé par de Tacide azotique concentré et pur; on évapore pour chasser la majeure partie de l'acide, on neutralise par de l'ammoniaque et l'on ajoute un grand excès de sulfliydrate d'ammoniaque, avec lequel on laisse la matière digérer en vase clos pendant quelques heures. Tous les métaux passent à l'état de sulfures et se dissolvent dans l'excès do sulfure alcalin, sauf le sulfure de plomb qui reste comme résidu insoluble, et qu'on sépare par lîltration. La liqueur filtrée est traitée par un excès d'acide chlorhydrique concentré qui décompose le sulfhydrate d'ammoniaque, dissout les sulfures d'étain et d'antimoine, et laisse un mélange insoluble de sulfure d'arsenic et de soufre. Si l'arsenic n'est pas en très petite quantité, ce précipité traité, comme on l'a dit à l'analyse du nickel du commerce, ir 231, dépose l'arsenic à l'état d'arséniate ammoniacomagnésien. Dans le cas contraire, il vaut mieux dissoudre ce précipité dans l'eau régale, évaporer presque à sec et introduire le résidu dans l'appareil de Marsh.
La dissolution des sulfures d'antimoine et d'étain est évaporée en présence d'acide azotique et le résidu est fondu dans un creuset d'argent avec sept ou huit fois son poids d'hydrate de soude. La masse fondue est dissoute dans l'eau chaude, puis additionnée d'alcool concentré qui précipite l'antimoniaie de soude insoluble dans ce liquide. La liqueur alcoolique filtrée, débarrassée de l'alcool par l'évaporation, et bouillie avec de l'acide chlorhydrique, donne, avec l'acide sulfhydrique, un précipité de sulfure d'étain.