‹ Traité élémentaire d'anatomieChapitre 134 sur 304 · MEMBRANES · texte numérisé non relu

MEMBRANES

Sclérotique*

Cette membrane , qui porte aussi le nom de cornée opaque, est blanche , d'une texture fibreuse , très solide et élastique ; elle forme les cinq sixièmes de la face postérieure du globe oculaire. En avant, on y voit une ouverture taillée en biseau aux dépens de la lame interne, pour l'enchâssement de la cornée transparente; en arrière existe une autre ouverture, placée un peu en dedans de l'œil, pour le passage du nerf optique*.

La sclérotique appartient à la classe des membranes fibreuses : elle est plus épaisse en arrière qu'en avant, où elle est presque tranchante, tandis que, postérieurement, plie a près d'une ligne d'épaisseur. Entre les deux ouvertures précédentes, on aperçoit, très près du nerf optique , des ouvertures obliquement dirigées pour le passage des vaisseaux et nerfs ciliaires. La sclérotique, par sa face exten c, sertà l'insertion des muscles, dont les tendons la renforcent ; par sa face interne, elle est en rapport avec la choroïde. Suivant la plupart des anatomistes, la sclérotique est formée par deux lames : l'une, externe, que l'on a dit être la continuation delà membrane dure-mère; mais Réclard a fait voir que celle-ci se terminait par trois festons à l'entrée du nerf optique; l'autre, interne, qui paraît véritablement être la continuation du névrilème du nerf optique. Cette membrane a peu d'épaisseur chez l'enfant , d'où naît la coloration bleuâtre de son œil; elle augmente d'épaisseur avec l'Age : chez le vieillard, elle offre une coloration jaunâtre.

Cornée transparente.

Elle occupe le cinquième antérieur de l'œil, et est enchâssée dans la grande oun erture de la sclérotique ; sa convexité est plus grande que celle de la sclérotique. Elle est en rapport en avant avec la conjonctive, et, en arrière, avec la chambre antérieure de l'œil.

La cornée transparente est formée de sept lames superposées, séparées par une humeur limpide, abondante chez l'enfant, souvent nulle chez le vieillard. Cette humeur, en

368 ANATOMIt DESCniPTIVE.

s'épaisissant,' donne lieu aux tache», à l'albugo; elle disparaît souvent avec l'âge, ce qui détermine l'opacité de la membrane. Ce fluide s'évaporaut après la mort, on s'explique pourquoi la cornée devient opaque , et s'affaisse sur elle-même.

Choroïde.

La choroïde correspond à la face interne de la sclérotique; elle s'étend depuis l'ouverture du nerf optique , jusqu'au cercle ciliaire ; par sa face externe , recouverte d'un enduit brunâtre, elle est en rapport avec la sclérotique; par sa face interne, couverte du môme enduit, elle est en rapport avec la rétine; postérieurement, elle offre une ouverture pour l'entrée du nerf optique; antérieurement, elle se sépare en deux lames 7 dont l'externe se fixe à l'angle supérieur du cercle ciliaire, et l'interne, se réfléchissant autour du bord postérieur et de l'angle inférieur du cercle ciliaire, vient former la lame postérieure de l'iris. D'après Ruyscli, la choroïde est formée de deux lames, l'interne, appelée Rujrschienne, veineuse, et l'externe , artérielle.

On remarque dans la choroïde, un pigmentum noir, qui sert, dit-on, jà absorber les rayons lumineux; il se détruit par la disposition variqueuse que prennent quelquefois les veines de la membrane Ruyschienne, ce qui détermine un trouble dans la vision.

Cercle ciliaire ( commissure de la cftoroïde , Ch. ).

Vers l'extrémité antérieure delà choroïde, entre cette membrane, l'iris et la sclérotique, on aperçoit un anneau blanchâtre, large d'une ligne environ , qu'on nomme cercle ciliaire. 11 faut, pour bien connaître sa disposition, le couper perpendiculairement; ou voit alors qu'il a la forme d'un prisme triangulaire. Par sa grande circonférence, il est intimement uni avec la choroïde; par la petite avec l'iris, qui y est comme enchâssée. Son angle supérieur sert à l'insertion de la lame externe de la choroïde.

M. Gall considère le cercle ciliaire comme un ganglion nerveux s'appuyant sur le grand nombre de nerfs qui s'y rendent. D'autres le regardent comme un ligament 7 et disent que les nerfs qui s'y rendent ne font que le traverser-

SPLANCHNOLOGIE. — ORGANE DE LA VISION. 36g

Procès ci lia ires ( rayons sous-iricns , Cb.).

La réflexion de la membrane interne de la choroïde sur le cercle ciliaire , donne lieu à soixante ou soixante-cinq replis, appelés procès ciliaires, qui ont une figure triangulaire. Ils sont disposés en rayons, et forment un anneau placé derrière l'iris et le cercle ciliaire. Cet anneau , qui résulte de le ur reunion , est appelé corps-cilùtire (corps sousirien, Ch.). Us sont en rapport par une de leurs faces, avec le cristallin; par l'autre, avec le cercle ciliaire et l'iris. La troisième face forme la circonférence de la chambre postérieure de l'œil. Les procès ciliaires sont, suivant M. Maunoir, de nature musculaire, et leur contraction porte en avant le cristallin.

Iris.

Cette membrane est placée de champ, immédiatement derrière la cornée ; sa circonférence est en rapport avec le cercle ciliaire, la choroïdeet les procès ; à son milieu, clleprésente une ouverture arrondie, qu'on nomme pupille ou prunelle. L'iris sépare la chambre postérieure de l'œil de la chambre antérieure ; elle fait communiquer ces deux compartiments, au moyen de la pupille. Sa texture n'est pas bien connue, mais la plupart des anatomistes la regardent comme formée de trois lames : Punemoyenne, musculaire suivantM. Maunoir, est composée de deux ordres de fibres, les unes circulaires, les autres rayonnantes; la seconde; postérieure, est un prolongement de la choroïde; on lui donne le nom de membrane «vee; la troisième, antérieure, est une dépendance de la membrane de l'humeur aqueuse ».

Réline.

La troisième enveloppe membraneuse de l'œil est la rétine, produite par l'épanouissement de la pulpe du nerf opti-

' L'iris est la seule membrane de l'œil qui jouisse de mouvements «nsibles de contraction. Sont-ils de nature musculaire? l'opinion de M. Maunoir tendrait à le faire croire. Pîysten avait d'ailleurs démontré 1«e Tiris se contracte sous l'influence galvanique. Quoi qu'il en soit, ces différents mouvements de l'iris ont pour but le resserrement et la dilution de la pupille.

3^1) AMATOMIE DESCRIPTIVE. i»

que. EJle s'étcud depuis le nerf optique jusqu'au cristallin. Contiguë à la choroïde, excentrique à la membrane hyaloïde, larétine est percée, eu arrière du côté cxternedu nerf optique, d'une ouverture qui permet d'apercevoir la face interne delà choroïde. Le point noir qui indique l'ouverture, est une véritable solution de continuité. On remarque autour de ce point une circonférence jaunâtre, et des plicatures au-dessus. Ces trois objets ont été très bien indiqués par Scemracrrinj;. La rétine paraît formée de deux lames adossées, l'une externe, comme pulpeuse ; l'autre interne, fibro-vasculairc.

Page 1