TRACHÉE- ARTÈRE
La trachée-artère est un canal cou tin u supérieurement avec le larynx, dix isé inférieu rement en plusieurs branches, située exactement sur la ligne médiane ; elle est étendue depuis le niveau de la cinquième vertèbre cervicale j"5* qu'au niveau de la cinquième vertèbre dorsale; sa Ion-
SPLANCHIfOLOGIE. — TB ACHEE-ARTÈbE. 5o5
gueur est d'environ huit pouces. On distingue a l'arbre aérien deux portions , une cervicale et une thoracique. La portion cervicale est en rapport, en avant, avec les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien ; le corps thyroïde la recouvre un peu ; en arrière, elle est en rapport avec l'œsophage, la colonne vertébrale et le muscle long du cou ; latéralement avec les gros vaisseaux. La portion thoracique correspond antérieurement aux gros vaisseaux qui arrivent et sortent du poumon ; en arrière, elle est immédiatcmen en rapport avec l'œsophage , si ce n'est à sa partie inférieure ; latéralement , avec la plèvre et les poumons j à gauche, avec l'aorte. *
La trachée-artère, a l'intérieur, a la forme d'un canal cylindroïde, un peu aplati en arrière, dans l'endroit où manquent les anneaux cartilagineux. Au niveau de la cinquième vertèbre dorsale, l'arbre aérien se divise en deux branches appelées bronches ; celles-ci, parvenues dans le poumon, se partagent en trois divisions pour les trois lobes du poumon droit, et en deux pour les lobes correspondants du poumon gauche. Ces branches se terminent par des ramifications extrêmement nombreuses.
Les grosses bronches sont d'un volume inégal. La droite est plus grosse que la gauche de près d'un tiers. Sous le rapport de la direction et de la longueur, elles présentent aussi une différence très grande : la bronche droite est courte et dirigée horizontalement, la bronche gauche est allongée et obliquement dirigée en bas.
Les bronches, placées en arrière des poumons, sont en rapport, en avant, avec le faisceau des veines et des artères j en arrière, elles ont des rapports variables : !a gauche correspond à l'aorte et un peu à l'œsophage, la droite à la veine atygos.
Structure de la trachée-artère. Ce canal aérien est formé départies solides qui en constituent le squelette , et départies molles qui les revêtent.
Les parties solides sont cartilagineuses et non fibvo-cartilagi rieuses, comme l'ont prétendu plusieurs anatomistes : ce sont des espèces de cerceaux incomplets, au nombre de seize à vingt. Il y en a six sensible i pour la bronche droite, et huit à neuf pour la gauche pis représentent des anneaux élastiques,
5o6 ANATOM1E DtSCiUPTlVE.
formant les trois quarts d'un cercle, interrompus dans leur tiers postérieur , placés horizontalement les uns au-dessous des autres, séparés par des intervalles étroits, entre lesquels se trouve une membrane fibreuse qui réunit leurs bords ; ils sont en rapport , en dedans, avec la membrane muqueuse, un peu en dehors avec la membrane fibreuse; eu arrière, on ne trouve plus que des fibres musculaires.
Les cerceaux cartilagineux changent de forme à mesure qu'où avance dans l'intérieur des poumons; ils deviennent de plus en plus petits, en proportion du rétrécissement graduel des ramifications bronchiques; les derniers qu'on aperçoit se présentent sous la forme de noyaux osseux.
Le premier anneau cartilagineux a la plus grande ressemblance avec le cartilage cricoïde; le dernier anneau est triangulaire, et vient, par sa pointe , plonger dans l'intérieur des deux bronches. Dans les oiseaux, cet anneau se dilate beaucoup. Vers soixante ans, les anneaux cartilagineux sont passés à l'état osseux. .
11 entre dans la composition de la trachée une membrane fibreuse dans l'homme , musculaire dans les grauds mammifères : cette membraue s'étend depuis le cartilage thyroïde jusqu'au niveau des bronches, et, suivant plusieurs, jusque dans les dernières ramifications bronchiques; eu arrière, elle est aplatie; dans les autres parties, elle est interrompue par les cerceaux cartilagineux; elle est très élastique, et communique, suiv ant Béclard, cette propriété au poumon.
Outre le tissu fibreux, on trouve une membrane muqueuse qui s'étend jusque dans les dernières divisions des bronches. Plusieurs anatomistes pretendeut qu'elle tapisse les cellules aérieunes : cette disposition n'a pas encore été reconnue. La muqueuse trachéale se continue en haut avec celle du larynx; elle est garnie d'un grand nombre de follicules qu'où rencontre surtout à la partie inférieure de la trachée et au niveau des bronches.
A la partie postérieure de la trachée-aitèàe , ou remarque des Jibres musculeuscs transversales qui s'insèrent aux anueaux cartilagineux et au tissu fibreux situé dans leurs iutervalles; elles recouvrent Ja face interne de ces anneaux et de ce tissu , daus une étendue d'une à deux lignes. Meckel et iicclard disent qu'elles augmentent en proportion inverse
spï.A*«:nNOï.or.iF.. — portions. 507
des cartilages, et qu'on peut les poursuivre plus loin que ces derniers.
Structure intime du poumon. Les poumons sont divisas eu deux grands lobes; chacun de ces lobes est partagé en lobes secondaires; ceux-ci se subdivisent à leur tour en lobules séparées par des lignes celluleuses^ et présentant exactement la même structure et la même forme. Sous le rapport de la forme , leur disposition est semblable; ils représentent tous des polygones à six côtés. La structure est également la même , puisque les bronches, en se terminant, donnent constamment naissance à des cellules. Willis les regardait comme des petits culs-de-sacs. Senac pensait qu'elles formaient des cellules polyèdres. M. Magcndie , qui a donné une très bonne description de la structure du poumon, s'est aidé de l'étude de l'anatomie comparée. Il a vu que dans l'insecte chaque tuyau bronchique se terminait dans un cul-de sac; que dans les grenouilles, dont l'organisation était déjà plus compliquée, le cul-de-sac était plus dilaté et partagé par des cloisons incomplètes; que dans les tortues, les cloisons étaient plus complètes; et, en montant ainsi dans l'échelle des animaux, il est parvenu a distinguer que chaque poumon de l'homme n'était autre chose qu'une cavité dans laquelle venait se rendre la bronche correspondante, mais dont les cloisons étaient beaucoup plus exactes que celles des autres animaux.
Ainsi , eu dernier analyse, chaque lobule pulmonaire est une cavité polyèdre, tapissée par une membrane intérieure, irrégulièrement cloisonnée par des subdivisions vasculaires, et dans laquelle arrive une division bronchique. Sur chacun de ces lobules vient s'en surajouter d'autres dont la réunion constitue l'organe pulmonaire; cette disposition est surtout apparente chez les vieillards qui ont exercé des professions pénibles, levé de pesants fardeaux , et chez lesquels on rencontre cette altération que M. Laénnec a décrit sous le nom d'emphysème pulmonaire.
Développement. Les poumons ne se développent que très tard. A deux mois dévie intra-utérine, 011 ne les aperçoit encore que d'une manière confuse; et même, pendant tout le cours de la vie fœtale, ils sont très différents de ce qu'ils seront dans l'à;;c adulte. Kn effet, ils sont repousses en arrière
5o8 AffATOMlE DESCRIPTIVE.
contre la colonne vertébrale, à cause du développement considérable du cœur et de l'absence de l'air; leur pesanteur absolue est moins considérable qu'après la naissance , leur pesanteur spécifique Test au contraire davantage ; et si on les metalors sur l'eau, ils ne surnagent point et tombent au fond; tandis que lorsqu'ils ont respiré, quoique leur pesanteur soit plus grande, ils ne se précipitent pas. Immédiatement après la naissance, les poumons se dilatent, rempliscut la cavité thoracique; de sales qu'ils étaient, ils prennent une couleur rosée : chez la femme ils sont moins considérables que chez l'homme. Dans les intervalles des lobules pulmonaires, existe une matière noire, colorante, qu'on a quelquefois prise à toit comme une altération pathologique, puisqu'elle a toujours lieu dans l'état sain.
Vices de développement. Quelquefois il n'existe qu'un seul poumon; dans d'autres circonstances, les poumons manquent totalement; cette disposition se rencontre constamment chez les acéphales.
Usages. Les poumons servent à la respiration ; leurs fonctions sont de deux ordres, mécaniques ou chimiques : dans le premier cas, le sac pulmonaire est obligé de suivre le mouvement des parois pectorales, pour l'introduction et la sortie de l'air ; dans le second cas , le sang, qui arrivait noir dans les cellules pulmonaires, se transforme eu rouge par le contact de l'oxygène.
ARTERIOLOOIE. — COEUR EN GENERAL. PERICARDE. 5oo,
ÀRTÉR IOLOG IE.
Le système vasculaire se compose d'une partie centrale, le cœur, agent d'impulsion placé au commencement du système artériel et à la terminaison du système veineux : sa description doit donc être suivie de celle des artères , des veines, et d'un autre ordre de vaisseaux y les lymphatiques , qui ont des communications directes avec les veines.
DU COEUR EN GÉNÉRAL. (Voy. Prépar., p. io5.;
Le cœur est un muscle creux, irrégulièrement pyramidal, situé au milieu de la poitrine, entre les deux poumons, et contenu dans une euvcloppe qu'on nomme péricarde.
Son volume, y compris celui des oreillettes, doit être un peu inférieur, égal, ou de très peu supérieur à celui du poing du sujet. Son poids, chez l'homme adulte, s'élève à environ dix onces. Sa longueur totale, mesurée depuis le milieu des oreillettes, varie entre cinq et six pouces. La largeur des ventricules réunis est, eu général, de trois pouces à leur base, et celle des oreillettes, de trois pouces et demi (Meckel).
Le cœur est d'autant plus près de la ligne médiane, qu'on &fi rapproche plus du jeune âge : il est placé dans l'épaisseur de la cloison médiane, entre les deux lames du médiastin, et dans l'enveloppe péricardienne.
PERICARDE.
Le péricarde est uue membrane fibre-séreuse, ayant la forme d'un cône dont la base regarde eu haut, et la pointe en bas; qui enveloppe le cœur et le commencement des gros vaisseaux: il est immédiatement en contact, antérieurement,
5lO ANATOMIK DESCRIPTIVE.
avec le sternum et le cartilage de prolongement des dernières vraies côtes, en arrière; il est en rapport avec les bronches, et surtout avec le canal digestif ; médiatement, avec la colonne vertébrale et l'aorte; sur les cotés, avec les deux plèvres; supérieurement, il se continue avec les vaisseaux qui partent du cœur; infe'i icurcment , il appuie sur le ccntie aponévrotique du diaphragme : quelques anatoinistes Tout même considéré dans ce cas, comme un épanouissement de cette portion fibreuse.
Le péricarde présente plusieurs ouvertures pour les vaisseaux qui se rendent au cœur : examiné à l'intérieur, il est lisse, non adhérent au cœur dans l'état normal, et tapisse dans toute sou étendue par une membrane séreuse, qui, supposée partir du centre aponévrotique, revêt de bas en haut toute sa surface interne, arrive à sa base, rencontre les gros vaisseaux, se réfléchit sur eux, descend ensuite sur toute la surface du cœur, qu'elle recouvre entièrement , et vient se terminer à l'endroit d'où nous l'avons fait partir. Cette membrane, séreuse par sa face externe, adhère, de la manière la plus intime, au péricarde et au cœur ^ par sa face interne, elle est lisse, polie, et contiguë à elle même.