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DE L'OEIL ET DE SES DEPENDANCES

Les accessoires de l'œil doivent être examinés les premiers. Us se composent des sourcils, des paupières et des voies lacrymales.

Les sourcils se préparent en faisant, à quelque distancede leur bord supérieur, une incision qui lui soit parallèle, et qui ne porte que sur la peau; ou renverse ensuite ce tégument de haut en bas. Le môme procédé est mis en usage pour les fibres supérieures de l'orbiculaire de la paupière, et on coupe transversalement le muscle occipito-frontal , au

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SPLSNCflNOTOMIE. — PEAU. — ŒIL. Ç)3

niveau du surcilier , pour découvrir celui-ci et le tronc nerveux sur lequel il est appliqué.

Les paupières doivent être examinées d'avant en arrière; pour mettre successivement à nu les différentes parties qui les composent , on tient tendue la paupière que l'on veut disséquer, et l'on procède de son bord libre vers son bord adhérent. Ses vaisseaux ne se voient bien qu'au moyen d'une injection. Si l'on veut examiner les glandes de Méibomius et les nerfs palpébraux, il vaut mieux procéder de la face postérieure vers la face antérieure , et s'aider de la loupe.

Lorsqu'on étudie les voies lacrymales, il faut renverser , de haut en bas, les parties molles qui couvrent le front, scier horizontalement le crâne , et enlever la paroi supérieure et une partie de la paroi externe de l'orbite , pour découvrir la glande lacrymale et disséquer ses vaisseaux et nerfs. Ses conduits excréteurs rampent dans l'épaisseur de la paupière supérieure ; on les aperçoit, en laissant macérer l'œil dans une eau teinte en rouge, et en soufflant ensuite sur leur trajet; Monro fils les a injectés avec du mercure. Les points lacrymaux sont aisés à trouver. Pour arriver dans leurs conduits, on se sert de soies de sanglier qu'on introduit par les points lacrymaux, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés dans le canal nasal; il faut ensuite disséquer le sac lacrymal. Pour cela on emporte les fibres charnues , derrière lesquelles il est placé, eo laissant en place le tendon du muscle palpébral. Ce tendon examiné dans ses rapports, on le renverse en dehors, et on fend le sac de haut en bas, au milieu de sa paroi antérieure; on termine en ouvrant l'un des conduits lacrymaux.

Le canal nasal ne se voit bien que lorsqu'on a scié verticalement la tète, et introduit de bas en haut dans le canal, une sonde de gomme élastique. 11 faut ensuite enlever successivement, avec un scalpel , les portions de l'os unguis et du cornet sous-ethmoïdal qui correspondent à sa partie interne.

La caroncule lacrymale se trouve au grand angle de l'œil : on examine à la loupe ses poils , et les orifices de ses cryptes.

Le globe de l'œil présente d'abord la conjonctive, qui doit être vue en place ; on renverse ensuite les paupières l'une vers l'autre; et on aperçoit alors très bien la réflexion de la conjonctive sur la sclérotique. On continue d'isoler la membrane des parties auxquelles elle adhère, en ayant soin de

i)\ PREPARATIONS AN ATOMIQUES.

les tenir étendues et mouillées ; pendant toute la durée de la dissection.

La cornée se prépare en faisant macérer l'œil jusqu'à ce qu'il commence a se putréfier; ou le plonge ensuite quelque tems dans l'eau bouillante , les lames extérieures de la cornée s'isolent avec le scalpel. i

Pour bien voir la sclérotique , on tire l'œil de sa cavité, et on enlève les aponévroses , après les avoir étudiées. Il faut ensuite soulever la membrane vers le milieu du globe de l'œil et l'inciser circulai rement, sans intéresser la choroïde. On renverse, en sens opposé, les deux segments pour distinguer le mode d'union de la sclérotique à la choroïde, ainsi que les vaisseaux et nerfs qui passent entre elles. L'enveloppe extérieure du nerf optique doit être fendue suivant sa longueur pour suivre les filaments blanchâtres qui la terminent , et qui viennont se fixer à la sclérotique , près de la circonférence de son ouverture postérieure. .

La choroïde est mise à découvert par la section de la sclérotique , sa face concave est couverte d'un enduit noirâtre», qui se prolongé dans l'intervalle des procès ciliaires. Si l'on fait macérer la choroïde dans l'eau, pendant quelques jours, cet enduit se détache, et l'on voit flottera sa place une multitude de filaments très courts. En poussant une injection très fine dans l'artère ophtalmique, on injecte presque? toujours les artères et les veines choroïdiennes.

Le eèreie oiUaire ne peut être aperçu qu'autant qu'on a renversé d'arrière en avant la moitié antérieure de la sclérotique, et emporté ensuite cette membrane avec la cornée transparente.

L'iris ne demande point de dissection particulière, lorsqu'on- ne veut étudier que sa face antérieure j mais si Ton cherche à mettre à découvert sa face postérieure, et sa grande circonférence, il faut enlever la moitié postérieure de la Sclérotique, de la choroïde et de la rétine , on conservant le corps vitré, et le cristallin , à travers lesquels on distingue l'uvée èt les procès ciliaires. Cos deux corps étant enlevés a leur tour, on fait macérer les membranes dans l'eau, pour détacher l'enduit noirâtre de l'iris. Cette préparation laisse apercevoir les stries radiées droites de sa face postérieure, qu'il faut néanmoins examiner a la loupe. Pour reconnaître

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les connexions de la friande circonférence de l'iris, ou renverse d'arrière en avant, la moitié antérieure de la sclérotique , pour mettre à nu , près de la cornée, le cercle ciliaire. On aperçoit l'union de l'iris avec la choroïde, après avoir enlevé la cornée et le serment antérieur de la sclérotique , et soulevé le cercle ciliaire. 11 faut renverser la choroïde, d'arrière en avant , pour découvrir les procès ciliaires. On ne peut voir les vaisseaux de l'iris, qu'au moyen d'une injection fine, avec le vermillon suspeudu dans l'essence de térébenthine. Si Ton voulait garder cette pièce injectée, il faudrait la tremper dans l'alcool, et l'étendre ensuite, sur nn papier gommé. Le même procédé convient à la clM>roïde et à la rétine. »«

Le cercle et les procès citiawcs , sont placés à l'ouverture antérieure de la choroïde. On enlève sur l'hémisphère Supérieur ou inférieur de l'œil, la sclérotique, la choroïde et la rétine , jusqu'à deux lignes environ de l'origine de la cornée transparente, en laissant en place le corps vitré et le cristallin. Cette première partie de la préparation fait apercevoir un anneau noir sur la partie antérieure et concave de la choroïde; de cet anneau partent des stries blanches, qui sont les procès ciliaires. Lorsqu'on enlève ensuite le cristallin et le corps vitré , l'enduit noirâtre du corps ciliaire reste adhérent à la membrane hyaloïde , et au canal de Petit. On débarrasse par des lo taons répétées, le corps ciliaire de cet enduit , et on voit alors les procès ciliaires naître de la choroïde, par des stries très minces. En mettant la choroïde et l'iris dans l'eau , les procès ciliaires s'écartent les tins de» autres; à l'aide de la^lotfpeV on distingue leur longueur et leur disposition^ "■ '» •<'*»

La rétine doit d' abord être mise à découvert par sa face externe , ce qtfi s'exécute, en en levait t sut? un œil très frais, l'hémisphèrè* postérteûr de ht sclérotique, en plongeant l'œil dttus l'eau; et en enlevant avec précaution la choroïde.

Après âvoir étridlé la moitié postérieure de la surface externe de la fétiney on emporte, avec précaution , sur la mente J>ièce , le reate de la sclérotique et de la choroïde, la cornée , l'iris, elle cOr{ts cilîaire , pour" examiner le reste de la face externe delà membrane, son bourrelet antérieur, et sa face interne. • ,

tfi PREPARATIONS AN ATOMIQUES.

Lorsqu'on veut connaître la structure intime de la rétine, il faut la faire macérer plusieurs jours dans l'eau, après l'avoir préalablement injectée. Cette macération semble réduire la rétine à deux lames, l'une, externe médullaire; l'autre, interne cellulaire et vasculaire.

On démontre la présence et la quantité de l'humeur aqueuse, par la congélation artificielle de l'œil. Pour démontrer l'existence de la capsule, on fait bouillir l'œil, et on regarde ensuite la cornée par sa surface postérieure; ce procédé la montre séparée de la membrane de l'humeur aqueuse, dans le voisinage de l'iris.

Pour mettre à découvert le cristallin, on incise légèrement sa membrane. L'humeur de Morgagni s'écoule par cette ouverture, et le cristallin ne tarde pas à se dégager; on ne voit bien les différentes lames dont il se compose , qu'en le plongeant dans l'eau bouillante. Les vaisseaux du cristallin doivent être disséqués de préférence, chez les individus qui ont succombé à une apoplexie.

Le canal goudronné de Petit est situé entre le corps vitré et le cristallin; on l'examine en y poussant une injection très ténue.

Le corps vitré présente à l'intérieur un grand nombre de cellules, dont on reconnaît la disposition, en faisant congeler l'œil ; il faut ensuite l'ouvrir pour en extraire les glaçons, après l'avoir néanmoins laissé quelque temps exposé à un air tempéré.

de l'oreille.

Il faut diviser cette étude. en trois parties, qui sont : l'oreille externe , l'oreille moyenne et l'oreille interne.

Oreille externe» Après avoir disséqué les téguments et Ie& muscles extrinsèques du pavillon de l'oreille, examiné ses anfractuosités et ses éminences, on enlève soigneusement la peau qui couvre le fi bro -cartilage , pour étudier ses ligameuts et ses muscles intrinsèques. Sil|on veut voir les follicules de la peau du pavillon , on plonge l'oreille dans l'eau bouillaute , pour en séparer l'épidémie. On isole la portion fibro-cartilagineuse du conduit auditif, eu emportant les muscles extrinsèques du pavillon, la glande parotide et le tissu cellulaire environnant.

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SPLANCHNOTOM IE. OREILLE. (jj

Le conduit auditif, doit être étudié dans sa partie osseuse, en enlevant avec le ciseau la lame osseuse, limitée en arrière par les apophyses mastoïde et styloïde, et en devant par la scissure glénoïdalc. La portion cartilagineuse sera séparée de l'osseuse, pour qu'on puisse disséquer plus facilement le fibro-cartilage, la membrane qui le complète en arrière, et le prolongement cutané qui va jusqu'à la membrane tympan ique.

Oreille moyenne. Ou prend un rocher, et on enlève la paroi inférieure de la caisse avec la gouge et le maillet, puis avec une petite scie faite avec un ressort de montre, on scie la paroi supérièurè à une ligne et un quart d'épaisseur, aprè„ avoir placé le rocher dans un étau. Chez les enfants, pour voir la membrane du tympan, il suffit d'enlever en entier le fibro-cartilage du conduit auditif. Lorsque cette prépara* lion a été convenablement faite, on voit(en dehors la membrane du tympan; en dedans, le trou ovale, le trou rond, le promontoire et la pyramide; en devant, le canal du muscle interne du marteau, le conduit d'Kustachi; en arrière, les cellules mastoïdiennes; en bas, la fêlure glénoïdale, et dans l'intérieur les osselets. Le marteau est placé à la partie supérieure de la membrane du tympau. L'enclume est située derrière le marteau. L'étricr est placé à peu près à angle droit, sur la longue branche de l'enclume, de manière que sa tête correspond à l'os lenticulaire. Après avoir vu ces osselets, il faut rechercher les muscles du marteau et de l'étner; le muscle interne du marteau est contenu dans le canal osseux qui côtoie le conduit d'Eustache; le muscle antérieur s'implante à l'apophyse grêle qui naît du marteau; enfin , le muscle de l'étricr est logé dans la cavité de Ja pvramide. On peut figurer ces muscles avec un fil rouge, et les filets nerveux avec un fil blanc.

Oreille interne. On commence par enlever la crête qui termine postérieurement le bord supérieur du rocher, pour découvrir la partie postérieure de la caisse et Jes cellules mastoïdiennes, puis on emporte par une coupe oblique, la face supérieure du rocher; on continue la préparation, en enlevant la face inférieure de cet os, par une coupe pratiquée au-devant du tubercule qui est le rudiment de Papoplivse mastoïde, et qu'on prolonge en avant, jusqu'au

sommet du rocher. Cette dernière coupe lermiuéc, on trouve en arrière, près sa base , les trois canaux demi-circulaires. Pour exécuter les différentes coupes que nous venons d'indiquer, il faut choisir des os de très jeunes sujets.

Le vestibule doit être ouvert par sa paroi supérieure, en avant du canal vertical antérieur, en dehors et en arrière du fond du conduit auditif interne. Pour préparer le limaçon. il faut l'isoler dans tout son contour, et ouvrir les rampes depuis leur origine, jusqu'à leur sommet. Lorsqu'on veut étudier d'une manière spéciale la disposition de l'aqueduc de Sylvius, on cherche sur la face postérieure du rocher, la fente qui termine la portion osseuse de l'aqueduc. Après avoir incisé la dure-mère parallèlement à cette fente, on pratique une seconde incision dirigée eu bas et eu arrière , qui tombe perpendiculairementsur la première j on soulève les lambeaux et on pénètre dans la cavité membraneuse; on sonde facilement ce canal, avec une soie du museau d'un chat.

Si l'on voulait partager le vestibule en deux moitiés, on se servirait d'une scie à lame très fine, avec laquelle on pratiquerait dans toute l'épaisseur du rocher, à une demi-liyue au-devant du canal vertical antérieur, une coupe oblique en arrière et en dedans. Cette coupe , parallèle au plan de ce canal , tomberait sur le tiers antérieur de la fenêtre o\alc et passerait derrière le fond du conduit auditif interne. Lue injection avec la seringue d'Anel, par l'orifice vestibulaire de Paquéduc, remplit promptement sa cavité membraneuse.

Pour préparer l'aquéduc du limaçon , il faut chercher son orifice crânien au-dessous du trou auditif, au-devant et audessus de l'ouverture de la dure-mère, qui laisse passer le nerf glosso-pharyngien ; on peut y introduire une soie roide et déliée, qui arrive très près de la fenêtre ronde, lorsqu'on a ouvert les rampes du limaçon. En poussant une injection de mercure par l'orifice inférieur, on remplit bientôt tout le labyrinthe. Le vestibule du limaçon doit être ouvert eu bas et en dehors, à la partie interne et inférieure de la base de cette cavité, et sous le conduit auditif interne.

Les coupes que nous avons faites pour la préparation de l'oreille, servent à faire connaître les artères et les veines.

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